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Extrait d’article

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Compléments Revue Reflets

Extrait d’article

Compléments Revue Reflets

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LE PARTAGE de haut en bas – Bernard Montaud

Cette double langue en Vérité de questions et de réponses, c’est le plus élevé des partages, et c’est celui qui cautionne et permet le partage du dessous. » Le partage du haut (celui des douleurs et questionnements) autant que celui du bas (des biens matériels) constitue, pour Bernard Montaud, la condition première pour réussir la vie communautaire. Quel est le but de la vie communautaire ? Historiquement, il y a quelques millions d’années, l’homme est passé d’une vie errante à une vie en tribus soumises encore beaucoup aux lois du monde animal. Puis, il y a environ dix mille ans, et de façon révolutionnaire, est apparu le début du sentiment amoureux, avec le désir de vivre à deux. La notion de couple est donc relativement récente, et pas encore complètement acquise quand on voit les difficultés à vivre le mariage et le nombre de divorces. Alors on peut s’interroger sur l’avenir de ce grand jeu et, selon moi, ce qui va un jour pousser les hommes à passer d’une vie à deux à une vie communautaire, ce sont deux forces. La première sera une force de partage. Parce que aujourd’hui, la consommation occidentale est devenue pathologique. L’ego occidental est devenu un ego pathologique quand, pour en avoir plus, il appauvrit les autres et appauvrit la terre. L’image qu’on aura de nous dans le futur sera celle d’Occidentaux monstrueux qui accentuaient la misère autour d’eux. On est donc bien devant l’évidence que pour pouvoir conserver un certain confort de vie il nous faudra apprendre à partager. Individuellement, nous ne pourrons plus avoir une grande maison, une voiture, une tondeuse, tous les objets qu’on n’utilise qu’une fois de temps en temps et qu’on pourrait donc bien avoir à plusieurs. Avec la crise, et pour ne pas trop perdre, il nous faudra posséder et partager à plusieurs ce que nous ne pourrons plus nous offrir seuls. La vie communautaire offrira ce partage matériel, ce que j’appelle « le partage du bas ». Cette expérience est déjà très ancienne dans le monde religieux. En quoi la vie communautaire laïque est-elle différente ? Il y a dans le principe de vie communautaire – et ça, les monastères l’ont très bien compris – une multiplication intense de la vie spirituelle. Car nous savons bien que c’est le début de la vie spirituelle que de supporter ses propres imperfections et vivre avec celles des autres. C’est la deuxième force que devra exiger la communauté : un regain d’envie spirituelle. Parce que, s’il est déjà difficile de vivre avec la misère du conjoint quand on est en couple, cette obligation de vivre avec la misère d’autrui se multiplie par cinq si on est cinq à vivre dans la communauté. Quand les hommes comprendront que nous sommes dans une carence pratiquement totale de vie spirituelle et de sens du sacré, il faudra bien revenir à la vie communautaire pour intensifier de manière naturelle nos vies spirituelles. Selon moi, les deux grands critères qui vont dans l’Histoire exiger l’apparition de la vie communautaire, c’est la nécessité de partage avec correction de notre ego pathologique et le besoin d’intensifier la vie spirituelle. Y a-t-il des conditions pour s’engager dans une vie    communautaire ? Comment s’y préparer ? Lire la totalité de l’article…Reflets n° 16 pages 24 à 26

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GRAMAU 11 août 2015 Aucun commentaire
Vivre en communauté à plus de 70 ans - Paule Maréchal
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Vivre en communauté à plus de 70 ans – Paule Maréchal

Nous sommes cinq personnes âgées qui vivons depuis plus de trois ans dans une maison achetée en commun. Qu’est-ce qui pousse des femmes de plus de 70 ans à lâcher tous leurs repères, vendre leur maison, s’éloigner de leur milieu familial et amical pour avoir l’audace de vivre ensemble la dernière étape de leur existence ? Est-ce le désir d’être responsables de leur vie jusqu’à la fin, de s’entraider dans les difficultés de la vieillesse, de partager ce qu’elles possèdent pour vivre mieux ? La réponse est « oui ». Et, pour moi, l’intime conviction que c’est ce que la vie attend de moi. Le sentiment que j’ai une dette à honorer. Qu’après avoir tant reçu il me faut donnerà mon tour. Dans les épreuves que la vie m’a réservées, j’aivécu la solitude et j’ai appris à me nourrir avec de toutespetites choses. Je ne les aurais peut-être pas vues dans d’autresconditions. N’est-ce pas ce qui est demandé à la vieillesse ? Apprendre à profiter de ses pertes pour gagner ailleurs ? Alors tout naturellement mon service s’est tourné vers la vieillesse, pour tenter de redonner ce que j’avais reçu. Le premier pas a été la création de cette maison communautaire pour personnes âgées. Vivre en communauté n’est pas une aventure facile. Il faut un engagement profond, une cause qui tienne vraiment à coeur. Cet engagement, nous l’avons pris sans affectif. Nous ne nous sommes pas choisies, nous avons choisi de vivre l’expérience. Nous appartenons toutes à la même recherche spirituelle. Nous connaissons les mêmes outils de transformation intérieure nous aidant à dépasser les difficultés du vivre ensemble. La communauté va nous donner la mesure de notre engagement, sans concession. Nous sommes sans cesse au pied du mur, invitées à rechoisir . Et cela nous conduit à un réengagement de plus en plus profond. … La communauté est un miroir à plusieurs reflets de par la diversité de nos natures. C’est un face-à-face entre nos imperfections personnelles et celles des autres. Comme il est ardu d’accéder au monde de l’autre pour comprendre ce qu’il vit intérieurement ! Comme il est difficile d’affronter ce reflet de nous que nous renvoient les autres ! Au début je souffrais chaque événement comme une atteinte personnelle. Le temps m’a amenée à prendre du recul. Maintenant, quand je souffre, c’est pour la communauté. Nous sommes en route pour rejoindre l’étape suivante : seulement profiter de chaque écueil pour en faire une opportunité de grandir. … La communauté est un organe exigeant. Elle réclame de chacune une transparence totale. Cette exigence est la porte ouverte vers la tolérance. Nous apprenons à nous livrer sans fausse pudeur, et chacune grandit en connaissance de soi et des autres. Livrer nos souffrances, entendre celles des autres, c’est cela qui nous conduit à la vraie liberté : la liberté intérieure qui nous fait renoncer à notre point de vue pour accepter celui des autres, par amour. C’est la communauté qui en bénéficie. … Ce qui nous permet de traverser les difficultés, c’est la conviction que ce que nous vivons est une solution pour l’avenir. Les maisons de retraite pourront un jour être supplantées par des communautés probablement pluri-générationnelles, fondées sur le partage, l’entraide, le service. Et la vieillesse retrouvera alors sa dignité et sa vraie place. Lire la totalité de l’article…REFLETS n°16 pages 27 à 30

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GRAMAU 22 juillet 2015 Aucun commentaire
Colocation solidaire - Etienne Villemain
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Colocation solidaire – Etienne Villemain

L’association Lazare propose des colocations entre personnes qui étaient à la rue et des jeunes volontaires bénévoles. Il y a neuf ans, au cours d’une retraite que j’ai faite au Béatitudes, une soeur a invité les personnes à tirer le nom d’un saint devant l’autel. Au moment de me lever, j’ai eu cette parole dans le coeur : « si c’est mère Teresa, tu te mets en colocation avec des personnes de la rue ». www.lazare contact@lazare.eu   Je suis tombé sur mère Térésa, avec en dessous, cette phrase : « vous n’êtes pas appelés à réussir mais à être fidèles ». Je n’avais au préalable aucune raison de m’engager auprès de cette population. Le lendemain, j’ai cherché à concrétiser cet appel. Je suis entré en contact avec Martin, qu’un ami commun nous a présenté, et nous avons déménagé pour habiter avec Karim, Rabah et Yves. C’était à la fois tout simple et extraordinaire. La condition sine qua non qui avait été établie, c’était d’avoir chez nous la « Présence Réelle ». Tous les matins, nous récitions les Laudes, la prière de l’Église, puis nous avions un temps d’Adoration. Cette expérience a été bouleversante pour tous, et nous avons souhaité la proposer plus largement. Nous avons commencé à chercher des nouveaux lieux et des jeunes volontaires prêts à quitter leur habitation pour venir vivre en colocation avec des personnes ayant connu la rue. Aujourd’hui, nous sommes environ 200 à Paris et plus de soixante en province à vivre cette expérience. Quel est votre projet actuel ? Je ne suis plus en colocation depuis mon mariage, en juin 2012. Avec mon épouse, nous habitons depuis quelques mois dans une maison qui a vocation à accueillir des personnes en difficulté. Nous débutons les gros travaux dans quelques semaines et espérons pouvoir recevoir les premiers habitants à l’automne 2015. Comme c’est une maison à la campagne, elle aura en premier lieu une vocation au ressourcement profond des personnes, au contact de la nature. Quel est le but de cet accueil ? Le projet consiste à avoir des appartements non mixtes où cohabitent généralement 8 personnes, dont la moitié avait un logement, et l’autre moitié qui n’en avait pas. Nous favorisons l’autogestion. Chacun a un service, chacun participe au loyer. Un soir par semaine, les gens dînent ensemble. La violence physique et verbale est interdite. La consommation d’alcool ou de drogue n’est pas non plus autorisée. Nous développons également des séjours, des weekends et des retraites, qui permettent aux gens de changer l’image qu’ils ont d’eux, et simplement de développer des liens d’amitié et d’avancer dans leur vie quotidienne. Comment vous y prenez-vous ? Nous voulons avant tout laisser l’Esprit Saint conduire les choses. Nous accueillons une personne, puis l’autre, puis la suivante. Nous tentons de prendre du temps pour chacun, sans entrer dans des calculs de statistique de taux de réinsertion, qui met la pression à tout le monde. Nous ne sommes pas là pour faire du chiffre, mais pour accueillir les gens (bénévoles, personnes de la rue, responsables) en vue du développement intégral de ce qu’ils sont. Comment résolvez-vous les difficultés de la vie communautaire ? … Lire la suite….Revue REFLETS n° 16  pages 37 et 38

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GRAMAU 16 juillet 2015 Aucun commentaire
Charlie Hebdo : La société malade de sa foi - Bernard Montaud
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Charlie Hebdo -La société malade de sa foi – Bernard Montaud

Qu’avons-nous fait pour mériter cet attentat ? Bernard Montaud nous interpelle. La société est malade : sa laïcité mal comprise ne reconnaît plus le sacré. Les terroristes sont des malades de la foi en réponse à notre propre maladie de la foi. Comment lisez-vous l’événement de l’attentat de Charlie Hebdo ? Il faut déjà voir une première chose : cela n’existe pas, de prendre une gifle et de n’avoir jamais rien fait auparavant pour la mériter. C’est très rare, de se faire gifler pour rien. Il est donc important de nous poser cette question : « Qu’avons-nous fait, pour mériter un tel attentat ? Qu’avons-nous fait pour mériter une telle réaction ? » Car s’imaginer que nous sommes tous innocents et que les autres sont tous des salops, ce n’est vraiment pas très élevé comme point de vue. Au lieu de regarder les événements et les choses toujours du point de vue des gentils et des méchants, du point de vue des bourreaux et des victimes, il faudrait plutôt s’interroger sur les misères réciproques de chacun pour que tous ces événements soient possibles. Il est important de s’interroger sur : quelle misère faut-il à une culture dite moderne pour prendre du plaisir à salir le dieu des autres ? Est-ce vraiment ça, la liberté d’expression : le droit de salir le dieu des autres ? Alors la liberté d’expression est un concept à revoir. Il faut s’interroger sur notre société, sur la nature et la misère de cette société, sur combien elle a dû perdre le sens du sacré pour s’amuser de la sorte à salir le dieu des autres. Je pense qu’on peut apercevoir les caricatures de Charlie Hebdo non pas comme l’expression d’une liberté de la presse, mais comme un signe d’une ignorance crasse du sacré. Car on peut aussi apercevoir les caricatures de Mahomet comme une profonde inculture de la part du monde moderne et comme une laïcité vraiment incomprise. La liberté d’expression ne peut pas nous donner le droit de salir le dieu des autres. Notre liberté ne s’arrête-t-elle pas là où les autres commencent à en souffrir ? Avec ce point de vue, quelle serait la misère des terroristes ? Effectivement, la deuxième chose à observer, c’est : quelle misère faut-il pour que de pauvres êtres réussissent à être importants, les deux derniers jours de leur vie, par des actes aussi odieux, aussi sordides et aussi injustes ? Il faut une grande misère humaine, une très grande misère morale, il faut avoir été si peu important dans sa société, dans sa famille, dans tous ses amours et auprès des autres pour avoir besoin d’une telle façon pathologique d’être important avec un faux martyre. Dans une société qui n’a plus aucune foi, qui ne sait plus croire en rien du tout, effectivement ne méritons-nous pas des malades de la foi pour nous interroger sur la foi ? Les terroristes sont des malades de la foi en réponse à notre propre maladie de la non-foi. … Cet événement Charlie Hebdo aura-t-il des conséquences à moyen terme ? Je crois qu’il aura des conséquences très graves. Nous ne nous rendons pas compte que pour résister à l’intégrisme ordinaire qui naît dans nos propres banlieues, pour résister à la folie de la foi dans les cités des grandes villes, des séries de mesures seront prises qui vont être une fascisation progressive de la société française. Même si c’est un fascisme de gauche qui sera bientôt suivi par un fascisme de droite avec ensuite un autre épisode qui sera sans doute un fascisme de gauche. On voit bien qu’avec une banalisation du terrorisme vont naître des séries de mesures, soi-disant « dans notre intérêt et pour notre sécurité », qui seront toujours liberticides. Car soi-disant « pour nous protéger », soi-disant « pour notre sécurité », il se met en place des mesures qui seront toujours de l’ordre d’un fascisme ordinaire. Oui, je crains qu’au nom de cette banalisation du terrorisme, nous nous retrouvions avec des mesures de plus en plus radicales conduisant à un fascisme larvé de la société occidentale. Au nom de la liberté, nous aurons de moins en moins de liberté. Au nom de la liberté de la foi, nous devrons apprendre à croire comme « ils » veulent ! Lire la totalité de l’article…REFLETS n°15 pages 11 et 12

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GRAMAU 25 juin 2015 Aucun commentaire
Prise en charge de L'HOMME GLOBAL - Jean-Guilhem Xerri
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Prise en charge de L’HOMME GLOBAL – Jean-Guilhem Xerri

Jean-Guilhem Xerri est psychanalyste et biologiste médical des hôpitaux, diplômé de l’Institut Pasteur et de l’École Supérieure de Commerce de Paris. Il est président d’honneur de l’association « Aux Captifs la libération ». Il a été membre du Conseil National des politiques de Lutte contre l’Exclusion et de la Conférence Nationale de Santé. Il est auteur d’articles et d’ouvrages sur les questions du soin, de l’humanisme et de la charité. Son dernier livre est paru en novembre 2014 : « À quoi sert un chrétien ? » Ed. Le Cerf Au premier abord, le couple soignant/malade ne s’intéresse qu’au corps. Mais l’humain est inséparable de sa chair. La souffrance de la maladie mortelle dépasse le somatique et le psychologique. Dr Jean-Guilhem Xerri propose d’oser aller plus loin. Faire progresser le soin, c’est chercher comment prendre en compte la nature spirituelle de l’homme. Pour la première fois, l’humanité parvient à se soigner, à la fois grâce à l’amélioration des conditions d’existence et aux progrès considérables de la médecine scientifique depuis les années 1950. Mais, au-delà de ses aspects de technique, d’organisation et de moyens, la question de la maladie et donc du soin est profondément spirituelle. Le couple maladie/soin est une histoire d’Homme, et donc d’hommes et de femmes, de chair et de sang, d’intelligences et de passions, de vie donnée et de vie reçue. Il est une histoire entre des personnes fragilisées et d’autres qui tentent de les soulager, avec ce qu’ils sont ; les uns devenant un jour les autres. La primauté actuelle de la rationalité technique oriente l’action de soigner vers le faire et le savoir-faire. La pression croissante des considérations économiques la conduit à être un objet de processus et donc d’évaluation. Le modèle anthropologique séparant le corps et l’esprit amène de fait à dissocier la personne de la souffrance qu’elle éprouve. Enfin, l’histoire de notre pays et la sécularisation de notre société renvoient les considérations spirituelles et philosophiques, et encore plus religieuses, dans la sphère privée. Tous ces éléments contribuent à ne pas interroger le sens, ou tout au moins à rendre difficile la formulation de questionnements d’autres ordres que strictement technique, économique ou au mieux éthique. Les dimensions de la souffrance et du soin qui dépassent le somatique ou le psychologique sont souvent ignorées et mises de côté. Pourtant, la maladie, et particulièrement le cancer, va interroger la personne dans ce qui fonde son identité profonde, parfois jusqu’à la faire vaciller. Dans la souffrance, quelle qu’en soit la porte d’entrée, l’identité est en crise. … Parce que la souffrance a des conséquences sur l’identité profonde, le soin ne peut pas se limiter à une approche technique soutenue par une représentation dissociée corps/ esprit de la personne. La démarche scientifique de la médecine doit s’associer à une attention à la globalité d’une personne singulière, perçue dans l’histoire de son existence, en lien avec un environnement. Aujourd’hui, de nombreux modèles montrent que la souffrance est un phénomène bio-psycho-social qui implique l’être entier. Envisager une prise en charge globale complète implique de considérer que l’Homme, le soignant comme le bénéficiaire du soin, est un être bio-psycho-social dont les besoins corporels requièrent d’être associés à des besoins psychologiques et sociaux. Il faut oser aller plus loin et considérer qu’il est aussi bel et bien un être spirituel ouvert à l’expérience intérieure, consentant à son mystère, confronté à l’énigme d’avoir à souffrir, à mourir, cherchant un sens à son histoire. Face à des tendances lourdes qui façonnent une humanité déshumanisée, l’enjeu consiste donc à développer une vision de l’homme sous son angle spirituel. Faire progresser le soin, c’est chercher comment prendre en compte la nature spirituelle de l’homme. Soigner pleinement un patient, c’est aussi lui reconnaître une vie spirituelle. Mais l’ignorance des sujets spirituels persiste dans la médecine contemporaine de l’Occident. La philosophie occidentale a surtout pensé le spirituel en opposition au matériel sous des catégories religieuses dont il peine à se séparer. Cette pensée dichotomique nous imprègne tellement qu’il nous est difficile de penser l’unité de l’être. Mais peut-on se satisfaire de considérer que le spirituel est une dimension de l’homme parmi d’autres, qui se situerait à côté de ses autres dimensions physique, psychologique et sociale et au même titre qu’elles ? … Il nous semble que la souffrance spirituelle n’est pas qu’un aspect de la souffrance globale. Il ne s’agit pas d’une question particulière, référée à une compétence particulière. Il s’agit, au contraire, d’une question centrale touchant à la nature même de la personne humaine et de son accompagnement. Les besoins spirituels ne sont pas que des besoins spécifiques, ils sont liés aux autres besoins et les sous-tendent. Ils ne font pas partie d’une classe à part, ils englobent l’être entier. Il n’y a donc pas de recette spirituelle à offrir à l’autre souffrant. Il n’est pas en « manque » de spirituel. Le besoin s’exprime dans une attente ou une demande de relation avec l’autre, de vérité, d’authenticité, de confiance. Lire la totalité de l’article…REFLETS n° 15 page 24 à 26

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GRAMAU 5 juin 2015 Aucun commentaire
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Avoir un cancer, être cancéreux, deux aspects d’être confronté à l’ESSENTIEL

Avoir un cancer, être cancéreux, deux aspects d’être confronté à l’ESSENTIEL – Docteur Christine Winand Pendant ses études médicales, on lui découvre un cancer de l’utérus. Opérée et guérie, le Dr Christine Winand a débuté sa vie professionnelle en exerçant aux quatre coins du monde. Elle a travaillé au sein d’une organisation humanitaire, dont deux ans en Bolivie dans l’hôpital le plus haut du monde au service des indiens Quechua et deux ans au Cambodge, peu de temps après la signature des accords de Paris. Médecin des Actes depuis 2005, sa recherche s’est focalisée sur la profonde singularité de chacun en matière de soin de santé. Avoir le cancer ne dure souvent qu’un temps grâce aux prouesses de la médecine moderne. Être cancéreux, c’est tout autre chose. C’est reconnaître que la tumeur n’est que la pointe d’un iceberg en souffrance extrême. Avec le cancer, la mort rôde, la vie doit impérativement avancer d’un pas. Patient et médecin des Actes forment pour chaque malade un couple de chercheurs de sens. Il n’y a pas deux suivis identiques. Être diagnostiqué cancéreux c’est tout à coup se découvrir mortel et les progrès de la médecine ne changeront jamais rien au coup au coeur, à l’âme qui se déchire, à l’être subitement liquéfié. Le malade s’effondre, se raidit, nie, relativise, prie ou maudit la terre entière. Quelle que soit la palette des réactions, le patient sait dans son for intérieur que quelque chose se meurt. Seconde d’éternité de densité maximale où passé, présent et futur se télescopent : la vie est inévitablement perçue autrement. Cet instant hors du commun sera souvent oublié. Il laissera une trace plus ou moins déterminante ou bien sera l’amorce d’une démarche de sens à la vie à la mort. Ce n’est plus la quantité qui compte, mais l’intensité de la rencontre avec soi-même, surtout là où ça hurle de nécessité d’évoluer. Impérieux besoin d’amour-propre pour cet être qui sombre corps et âme. Le temps est irrémédiablement compté, même si cela se chiffre en années, l’essentiel étant toujours de vivre pleinement ce pour quoi chacun est fait. … La maladie n’est pourtant jamais le mal, moins encore une punition. Elle est simplement le reflet impitoyable de ce qui souffre au fond de soi-même et n’aspire qu’à évoluer. Indication sans concession de ce qui doit être traité en priorité. Avec le cancer, la vie est toujours en danger, la mort n’est qu’à deux pas. Mort du corps, bien souvent retardée grâce aux performances de la médecine, mort de l’âme aussi, trop souvent ignorée. La régression a aussi lieu dans l’esprit, à l’image de l’involution mortelle des cellules cancéreuses. Si avoir un cancer peut se conjuguer au passé, être cancéreux reste au présent aussi longtemps que l’être intérieur n’aura pas fait le pas attendu. Lire la totalité de l’article…REFLETS n°15 pages 27 à 29

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GRAMAU 20 mai 2015 Aucun commentaire

La maladie: malheur ou opportunité? – Témoignage- François

Un jeudi matin de décembre, la maladie grave est venue frapper à la porte de mon existence. On m’a dit : « votre femme est atteinte d’un cancer ». Au début ce n’est qu’un gros mot, tellement gros qu’il est indigeste. J’ai souffert de sentir que celle que j’aimais était habitée par ce mal diffus. Puis soudain survient une intensité insoupçonnée, comme si devant cette adversité nouvelle notre couple s’arc-boutait, se rassemblait. Cette intensité a été le premier cadeau ! Surprenant ce vocabulaire dans ce type de circonstance ! Peut-être que cela a permis l’ouverture d’une porte dans mon esprit, une porte sous forme de question : « qu’est-ce que cette grave maladie vient faire dans nos vies ? ». Un sentiment flou m’habitait : celui d’une expérience qui nous modèlerait pour nous amener là où nous ne pourrions pas aller sans cette maladie. Ceci n’enlevait pas pour autant toutes les souffrances. A cet endroit, avoir la chance d’avoir des personnes de confiance qui nous accompagnaient a été déterminant. Cette « petite porte », au-delà de ma souffrance, ouvrait sur des possibles, car elle fermait ou éloignait pour un temps la porte des lamentations. En tant que mari j’étais touché par mes propres endroits où ma vie ne resplendissait pas. Mes souffrances concernaient des secteurs différents de ma vie. Et si être à l’écoute de ceux-ci me permettait de reconquérir une partie de moi-même, de guérir ces endroits en « mauvaise » santé pour mieux accompagner mon épouse? Pour moi, la vie ne valait le coup qu’à travers les soi-disant grands instants : les loisirs, la montagne, mon métier-passion, les fêtes, les jeux… Le quotidien me pesait tellement que j’étais souvent absent. Avec la maladie, le quotidien prenait une place « énorme » ! Devant l’insupportable de cette situation j’ai appris à profiter d’instants simples. Jamais je n’aurais été capable de planter un pommier comme je l’ai fait avec en toile de fond l’amour pour ma femme ! Jamais je n’aurais été capable de cette complicité avec mon fils sur une « bête » table à langer… Quelle opportunité que cette maladie ! Quelle surprenante aventure pour un handicapé du quotidien comme moi ! La maladie m’a révélé à quel point j’avais fermé l’accès à tous mes sentiments pour me protéger : il me fallait des instants très particuliers pour enfin ressentir mon amour pour les miens. Quel désespoir de constater que j’étais à ce point insensible, caché derrière un blindage, enfermé à double tour. Je parvenais même à cacher derrière ce blindage l’immense peine devant ce qui atteignait mon épouse ! Lors du 1er épisode du cancer, j’ai tout donné pour être sûr de plaire à mon épouse… FAUX don ! Car j’ai dû tout lâcher : vie professionnelle, loisirs… L’équilibre entre respecter la source (moi) et offrir ce que je pouvais donner était rompu… Je me suis usé à tel point que d’une part j’attendais des tonnes de mercis qui ne venaient pas et d’autre part je ne souhaitais qu’une chose, partir de la maison pour prendre du temps pour moi. Le 2ème épisode a été une lente reconquête d’une relation de couple, plus saine. J’ai cherché un équilibre plus juste entre être au service de ma femme et ma famille et prendre du temps pour souffler et oser me faire plaisir officiellement ! Pour cela il a fallu que j’ose demander malgré la peur de déplaire à ma femme. De façon surprenante, le fait de « partir » de façon plus claire, rendait mes retours beaucoup plus faciles. Ayant comblé mes envies j’étais simplement heureux d’être avec les miens. Par conséquent, je n’attendais plus de merci. Alors j’étais capable d’entendre ceux que je recevais ! De cette façon notre couple « malade » s’en est trouvé transformé. Chaque instant redevenait une rencontre plutôt qu’une contrainte. Récidives après récidives, le diagnostic ne faisait plus de doute : ma femme allait bientôt quitter cette terre. Je fus convoqué devant son courage et sa force mettant jour après jour toute son énergie à tenter son adage favori : « Je n’ai pas le choix de ce que je vis, j’ai le choix de comment je le vis ». Convoqué à tenter la plus grande des libertés : déguster l’instant, sans attendre les circonstances favorables. Décider que ce moment n’a pas le droit d’être médiocre. La maladie m’a ainsi poussé à tout mettre en œuvre pour vivre chaque minute avec intensité. Ainsi un jour, seul dans un café avec mon fils de 5 ans, je suis pris par la douleur de risquer de perdre mon épouse. Alors je lui dis : « Tu sais mon grand, je suis heureux d’être avec toi ici, et en même temps j’ai mal de savoir maman si malade. » Il rétorque : « Moi c’est pareil ! » Je rajoute : « C’est comme s’il y avait un nuage : maman malade, et qu’il y avait un soleil : ce temps de partage avec toi… Alors peut apparaître un arc-en-ciel. C’est beau et magique un arc-en-ciel. » Beau et magique, à l’image de cet instant banal… inoubliable. J’étais convoqué par la proximité de ce mystérieux dernier voyage à ouvrir les mains en acceptant ce mystère de la vie. J’ai tenté malgré tous les doutes et les questions de choisir de faire confiance à la Vie dont la mort fait partie, sans tout comprendre. N’est-ce pas cela la foi ? J’ai eu la chance d’être aux côtés d’une femme qui a permis ce chemin, en le faisant elle-même. Les personnes qui entraient chez nous dans les dernières semaines précédant son départ, témoignaient du calme de cette maison où les enfants jouaient : résultat de sa route à elle et du fait que nous lui emboîtions le pas, inspirés comme nous l’étions par sa tranquillité. Aujourd’hui je mesure à quel point je n’aurais jamais pu être l’homme que je suis sans l’incursion de cette aventure-maladie dans ma vie, sans l’accompagnement dévoué et patient de la part

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GRAMAU 9 mai 2015 Aucun commentaire
Jean-Claude Casadesus
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Jean-Claude Casadesus – La musique, voie cristalline vers la spiritualité

Héritier d’une longue lignée d’artistes, Jean-Claude Casadesus, chef d’orchestre de renommée internationale et fondateur de l’Orchestre National de Lille, nous reçoit dans l’appartement familial, au pied du Sacré-Coeur. L’âge n’a que peu de prise sur lui ; il est en pleine forme alors qu’il revient d’une tournée de concerts en Russie et en Chine. Il se livre avec la même sincérité, le même enthousiasme et cette même exigence qu’il vit avec son orchestre. Pour le maestro, musique et chemin de vie se confondent. Vous vivez la musique comme un chemin de vie. J’ai ressenti chez vous une spiritualité au-delà du monde religieux, transmise par votre famille. C’est un chemin vers la spiritualité la plus élevée, que l’on soit religieux ou pas. Je ne le suis pas, mais j’ai foi en certains idéaux, le bien, le mal, des comportements en accord avec l’idée que l’on se fait de l’humanité, c’est important. La musique est la traduction la plus poétique de la vie, un bien qui nous est donné, éphémère malheureusement. Il faut essayer d’en être digne, car c’est un chef-d’oeuvre. C’est aussi une calamité puisqu’on est certain qu’elle s’achèvera un jour ou l’autre et que souvent on est beaucoup plus préoccupé par la disparition de ceux qu’on aime que par sa propre mort. Il est très difficile de parler de la musique, il faut la ressentir, s’y plonger comme dans un bain de jouvence. C’est comme un parfum : on ne peut pas le décrire, il faut le respirer. Parfois, si on a l’humilité, la conscience, le recul, le respect qu’elle mérite, elle vous donne ses clés, – je parle des professionnels, des grands compositeurs – parce qu’elle a une disposition à illuminer l’univers. Elle s’adresse à l’imaginaire, un peu comme une auberge espagnole de la sensibilité où l’on apporterait sa disponibilité. Mais pour la transmettre, la traduire, la partager, il faut beaucoup de modestie face au chef-d’oeuvre. Et il faut du travail. On ne cesse jamais d’approfondir, face à une insatisfaction qui conduit à espérer être meilleur le lendemain que la veille. Donc, c’est un chemin de vie qui vous permet de ne pas vous ennuyer, une sorte d’épée de Damoclès qui offre aussi des découvertes, un questionnement sur soi-même. Diriez-vous que l’imperfection permet d’évoluer, alors que la perfection est sans issue ? Bien sûr. Une maison terminée est une maison morte. En musique, vous êtes gâté, il y a toujours quelque chose à faire. Une oeuvre que je n’ai pas dirigée depuis quelques mois, que je connais par coeur, je la revisite comme si je l’ouvrais pour la première fois. C’est plus facile parce que j’ai mes repères, mais la masse d’un orchestre est tellement vivante, tellement vibratile qu’elle vous attire dans des coins où vous n’aviez pas imaginé aller. On prend des risques parfois, de dynamique, de tempo, en lien avec le côté organique que vous devez donner à la musique. Le problème du chef : quand vous dites « Chargez ! », vous ne restez pas derrière la troupe. Vous êtes devant, sabre au clair et là, ils vous suivent. Sinon la masse est statique. Vous devez l’ « animer » pour révéler l’âme des partitions souvent géniales que nous avons pour mission de servir. Qu’est-ce qui vous motive profondément dans ce que vous faites dans les prisons, auprès des personnes défavorisées ? Porter la musique partout où elle peut être reçue. Un chauffeur de taxi qui m’emmenait à l’Opéra m’a dit : « Qu’est-ce que vous faites ? » « Je suis chef d’orchestre et je vais diriger à l’Opéra ». Il répond : « Oh ! ça, ce n’est pas pour nous ! » Ce jour-là, je me suis juré que je ferais tout pour que « ça » le devienne. Jouer dans des salles prestigieuses pour des happy few et des publics connaisseurs, c’est très bien. Mais, le plus important, c’est de nourrir les viviers de mélomanes de demain, d’où mon action envers les jeunes. Avec mon équipe, je m’occupe d’environ 15 000 enfants par an, mais aussi des publics empêchés, en souffrance, dans des entreprises, dans des hôpitaux. Et puis, je me suis dit : il y a des êtres humains en prison. Cela a été un combat, parce que les premières fois les gens me prenaient pour un fou. J’ai été, je crois, le premier à faire ça en France dans les années 1990. J’offre deux ou trois concerts en prison par an, pour les femmes et les hommes. Au début, on rentrait sous les invectives de ceux restés dans leurs cellules. Je faisais ouvrir les portes, on jouait et tout d’un coup ça se calmait. On sortait sous les acclamations, avec des prises de paroles, des questions posées auxquelles je répondais. Des détenus rencontrés après être sortis de détention m’ont dit : « Vous nous avez respectés, vous n’êtes pas venu jouer en jean. » On joue en smoking dans les prisons, dans des conditions un peu vétustes évidemment, mais avec le même engagement que dans des lieux-dits de prestige et cela fait aussi partie de notre honneur artistique. …pour lire la totalité de l’article…REFLETS n°15 pages 76 à 80

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GRAMAU 26 avril 2015 Aucun commentaire
LE PATIENT
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LE PATIENT, ACTEUR PRINCIPAL du parcours de soin Interview du Pr Serge UZAN

Serge Uzan est directeur de l’Institut universitaire de cancérologie, Chef du service Gynécologie-Obstétrique de l’Hôpital Tenon et doyen de la faculté de médecine Pierre et Marie Curie. « Regrouper les médecins et les infirmières sur un même site dans les facultés de médecine, avec une vraie culture commune auprès du patient » : c’est l’un des progrès qui devra advenir dans le monde de la santé afin de mieux former les acteurs de soin, d’après le professeur Serge Uzan. Aux Rencontres de cancérologie française, vous avez insisté sur la place du patient au centre de tous les dispositifs de prise en charge. Quelle est la place des soins de support ? Ils jouent un rôle essentiel dans la qualité de la prise en charge des patients. On entend par « soins de support », l’ensemble des soins que l’on apporte aux patients en complément des traitements spécifiques liés à leur cancer. Ces soins peuvent être justifiés par la prise en charge de complications directement liées à la maladie ou parfois au traitement. À titre d’exemple, citons certaines douleurs osseuses liées à la prise de traitement par anti-aromatases. Certains traitements de type chimiothérapie peuvent également entraîner des complications d’ordre cardiologique. Ces soins associés peuvent être nécessaires tout au long de la prise en charge thérapeutique et au delà de celle-ci, parfois pendant de nombreuses années. La prise en compte de ces symptômes liés au traitement représente la différence entre la douleur qui est un symptôme que le médecin va prendre en compte, et la souffrance qui est un effet secondaire parfois considéré comme inévitable. Cette prise en compte des symptômes et des souffrances, demandée par le patient, constitue un des éléments essentiels de sa qualité de vie pendant son traitement. … La difficulté pour le patient est non seulement de faire prendre en compte le symptôme dont il souffre, mais également de trouver la personne adéquate pour le prendre en charge. Dans mon exposé, j’ai cité le cas de ce président d’une association de patients qui, me parlant de son beau frère,me dit : « Il a des complications manifestement liées au traitement du cancer, mais le cancérologue lui dit que ça sort de son domaine de compétence et qu’il faut voir d’autres spécialistes… » Parfois le rôle du médecin est d’orienter correctement le patient, idéalement cela devrait être fait par le médecin généraliste mais il ne dispose pas toujours des réponses, d’où la nécessité d’une coopération particulièrement importante entre les oncologues, les spécialistes de soins de support, médecins et paramédicaux, et les médecins généralistes responsables des patients. Il faut que cette prise en charge dépasse largement le domaine exclusif de la cancérologie. Il y a quelque temps, un pneumo-oncologue strasbourgeois, le professeur Fraysse, parlait de la prise en compte des besoins spirituels des patients. Comment envisagez-vous ce point de vue ? Ce besoin de spiritualité peut être présent ou pas avant l’apparition du cancer, mais en général les patients vont le ressentir plus fort à ce moment là. Je crois qu’il ne nous appartient pas d’apporter des réponses dans ce domaine. C’est à chaque personne de trouver ses réponses avec lui-même d’abord, avec son entourage et avec sa relation habituelle à la religion ou à toute autre forme de spiritualité. En tout cas, il est probable qu’un meilleur moral, une meilleure façon de combattre et de se disposer à combattre la maladie permettent d’améliorer la qualité de vie. Tout ceci n’est vraiment qu’une question de foi. Pour lire la totalité de l’article…Revue REFLETS n°15 pages 52 -53

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GRAMAU 11 avril 2015 Aucun commentaire
Retrouver son ESSENTIEL-Guy Corneau
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Retrouver son ESSENTIEL-Guy Corneau

Le canadien Guy Corneau est psychanalyste jungien et auteur de six bestsellers traduits en plusieurs langues. Personnalité médiatique, il co-anime en tant que spécialiste plusieurs émissions télé et radio au Québec. Il a fondé Réseau Hommes et Réseau Femmes, regroupements d’entraide dont la formule s’est répandue dans plusieurs pays francophones. Atteint d’un cancer dont il s’est remis, il a considérablement changé son mode de vie, développant ses facultés créatrices. Depuis, il est devenu metteur en scène et acteur. Guy Corneau, qu’est-ce qui vous est arrivé ? J’avais un cancer du système lymphatique, du système immunitaire touchant l’estomac, la rate et les deux poumons. Il était très avancé, un grade 4, donc potentiellement un cancer terminal. Bien sûr, j’ai écouté chaque partie de mon corps. En fait j’écoutais ce que je n’avais pas pu intégrer, autant les blessures de l’enfance, les dévalorisations, les humiliations que des blessures plus récentes au niveau de l’amour. Pendant longtemps j’ai eu une colite ulcéreuse que je n’ai plus du tout. Le colon, c’est la dernière partie du corps où on intègre encore les nutriments et puis on rejette le reste. Là aussi, je ne pouvais ni intégrer certains éléments, ni les rejeter. Alors cela crée des états de colite, beaucoup de colères, d’angoisses, de rage même. Il y a toujours un aspect symbolique au corps et c’est intéressant d’y réfléchir. Qu’est-ce qui a changé dans votre vie depuis ? J’ai toujours été passionné par le théâtre, la musique, l’art, l’expression artistique et je me suis rendu compte que j’avais vraiment négligé ces aspects de ma personne à cause de ma carrière professionnelle de psychanalyste. J’ai donc vraiment tenté de réintégrer tout cela. … Maintenant, j’ai le loisir ou le luxe d’aller vraiment vers moi-même. Je suis content de répondre à ma créativité et c’est ce qui m’apporte la santé. Quel enseignement tirez-vous de votre cancer pour la société ? Le cancer n’est plus individuel, c’est actuellement une épidémie. Dans son livre Anticancer, mon ami David Servan- Schreiber en parle comme d’une maladie du style de vie, une vie qui va trop vite, où il y a trop de stress, où on mange mal, où on ne fait pas d’exercice. Je suis assez d’accord avec lui. Il aurait pu ajouter que c’est une maladie du style de vie intérieure aussi. Elle a trait à notre façon de gérer nos émotions, d’être toujours pris dans les mêmes mécanismes. Dans notre société, cette épidémie de cancers nous parle d’une division d’avec la vie, de nous-mêmes. C’est-à-dire que chaque personne qui a le cancer doit retrouver son ressenti réel, se mettre à son écoute et faire les changements nécessaires pour gagner en sérénité ; mais en tant que société, cette épidémie vient nous dire que l’on s’est trop éloigné de ce qui est bon pour les êtres humains, à savoir la convivialité, l’entraide, la collaboration, et pas l’argent, la compétition, la comparaison. Je suis persuadé que ces grandes maladies qui nous traversent nous invitent à retrouver l’essentiel en nous. Même chose pour l’épidémie du sida qui a permis de considérer les homosexuels autrement. Quelques-uns de mes patients en sont morts et j’ai été très touché par les bouleversements que cela a apportés à des familles entières. Souvent conservatrices, face à la perspective de la mort d’un de leurs membres, ces familles ont choisi l’amour et la paix. Ces grandes maladies servent à ré-ouvrir le cœur humain ou du moins, il s’agit là de la façon la plus honorable de s’en servir. Quel a été le rôle de la prière quand vous étiez malade ? Je ne suis pas très religieux mais en même temps je suis inscrit dans une vie spirituelle très engagée. Je médite chaque jour. Et méditer, pour moi, c’est vraiment déguster le fait d’être, déguster en dehors de toute demande, en dehors de toute comparaison ou recherche. Cela a été extrêmement bénéfique pendant que j’étais malade. La prière, ce n’est pas celle qui demande qu’on nous prenne en charge, c’est celle qui dit : « Je suis en difficulté, je vais faire ce qu’il faut. Je reconnais les choses, je suis prêt à faire des changements. Ma demande au fond, ce n’est pas une guérison, c’est un accompagnement, alors que l’univers ou les forces bénéfiques de l’univers m’accompagnent. » Cela me semble la prière juste. C’est celle qui dit que je suis un petit peu à côté de moi-même et que je suis prêt à me responsabiliser, à me découvrir plus créatif, plus créateur par rapport à ma vie. Et j’ai besoin d’un accompagnement pour y arriver, c’est-à-dire d’un apport des forces plus lumineuses de l’univers. On peut l’appeler Dieu, Jésus, Bouddha…comme on veut, mais pour moi il s’agit de s’éveiller à nos propres capacités en demandant un accompagnement qui le permet. Lire la totalité de l’article…REFLETS n°15 pages 30 à 32

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GRAMAU 26 mars 2015 Aucun commentaire
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