
Amma n’était pas venue en France depuis la Covid.
Cet automne,
elle était à Aix-en-Provence puis à Chartres au parc des expositions où elle a reçu 10 000 personnes par jour pendant trois jours. Trois jours intenses de joie et de sérénité.
Nous sommes avec Pierre Lunel, biographe de nombreuses personnalités dont l’abbé Pierre, sœur Emmanuelle, et Amma.
Rappelons qu’Amma,
dès son plus jeune âge, est venue en aide aux personnes en souffrance autour de chez elle, en Inde. Elle leur apportait nourriture, soins, vêtements et elle a commencé à les étreindre (l’étreinte est nommée darshan). C’est une nouvelle voie fondée par Amma, celle du service désintéressé et pour lequel elle n’a jamais cessé de se donner.
Ce 4 novembre, le programme est le même pour chaque journée : à partir de 11 heures Amma donne un enseignement, puis anime une méditation. S’ensuivent des chants sacrés et ensuite le darshan et ce jusqu’à 23 heures. Mille cinq cents bénévoles gèrent le bon déroulement de la journée. L’organisation est d’une grande qualité : tout se déroule sans heurt, sans bruit et en douceur. Chaque bénévole sait ce qu’il a à faire. Chapeau !
Pierre, de quel évènement s’agit-il ?
On attendait depuis 2019 la tournée nouvelle d’Amma, interrompue par l’épidémie de la Covid. On retrouve Amma en ce 4 novembre égale à elle-même, comme si les ans n’avaient pas de prise sur elle, et sa capacité à être présente à chacun, aussi nombreux soient-ils.
Qui vient la voir ?
Des êtres humains en recherche et de toutes origines. Parmi eux, ceux qui viennent la voir depuis longtemps, parfois même depuis 1987, date de sa première venue en France.Les plus nombreux sont des gens qui ne l’ont jamais vue et qui en ont simplement entendu parler. Ils sont curieux d’apprendre… de savoir… Des gens le plus souvent inquiets parce que l’époque que l’on traverse est anxiogène. Bref on veut savoir ce qu’on ressent en la présence d’un grand maître.
Est-ce un immense besoin d’amour ?
On a tous besoin de tendresse. Quand j’entends les journalistes ironisant sur la câlino-thérapie d’Amma, cela me fait sourire. Tout le monde a besoin de tendresse, même ceux qui sont heureux (l’est-on jamais en totalité ?) On a besoin de tendresse pour rester heureux si on l’est, et si on ne l’est pas cette tendresse d’une mère fait un bien fou, même si le reste demeure entre nos mains.
Le darshan n’est rien d’autre que l’expression de la tendresse d’une maman. Elle a commencé ainsi à 18 ans quand les pêcheurs et les paysans du Kerala venaient lui raconter leur détresse, et elle continue.
Pourquoi donne-t-elle cette étreinte ?
On oublie souvent une chose essentielle : quand une mère voit son enfant pleurer et lui raconter ses misères, que fait-elle ? Elle prend l’enfant contre elle, l’étreint, lui fait des bisous, le console, et cela avant même de donner des
conseils et de trouver des solutions.
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Un homme n’a évidemment pas cet instinct maternel spontané. Or on a d’abord tous besoin d’être d’abord consolé, de se sentir aimé. C’est sans doute pourquoi le bon Dieu envoie des grands maîtres féminins. Ce qu’elle fait, cela va au-delà de l’aspect affectif ? On oublie qu’il y a un enseignement. Ce n’est pas seulement une étreinte, c’est un trésor d’enseignement, issu d’une sagesse plurimillénaire. Un enseignement tiré et inspiré à partir de ce que les gens lui apportent.
Elle enseigne comme Jésus, comme par parabole.
Elle enseigne à partir de ce que les gens viennent lui raconter de leurs joies et de leurs peines et elle le transforme en leçons. Comme une alchimiste qui transformerait le plomb en or. D’où un enseignement très concret, très charnel, de la vie, du bon sens, c’est fait pour tout le monde et c’est merveilleux. Voilà l’enseignement d’Amma…
Et une chose que l’on ne voit pas ici
depuis la France : c’est l’œuvre gigantesque qu’elle a construite. Je suis allé en Inde dans ses universités, hôpitaux, villages, voir de mes yeux ce qu’elle a pu bâtir pour répondre à la misère humaine. Ce n’est pas la peine de consoler les malheureux si vous ne leur donnez pas les moyens de sortir de leur malheur. Il faut les nourrir, les soigner, les éduquer. Les « petites mains » d’Amma travaillent partout… Avec les femmes dans les villages, avec les personnes âgées, avec les orphelins et les malades dans les hôpitaux. Elle agit dans plus de 30 000 villages où les femmes n’ont rien. Avec Amma elles ont accès à des maisons, à des soins, à des métiers…
Elle est un maître absolu :
la tendresse et l’amour, un enseignement grâce auquel elle répond à des problèmes que l’on se pose tous : qu’est-ce que je viens faire sur terre ? Pourquoi notre époque est ainsi avec ses guerres stupides, des religions qui s’entretuent, une guerre entre les genres… ? Son enseignement apporte des réponses à tout cela.



