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Extrait d’article

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Compléments Revue Reflets

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Compléments Revue Reflets

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Ta part de sacré ? Elle est en toi
Pierre Lunel

Ta part de sacré ? Elle est en toi…

  TA PART DE SACRÉ ? ELLE EST EN TOI… Consomme-la et surtout… sans modération ! On n’a jamais autant prié et médité qu’aujourd’hui. On n’a jamais autant œuvré, milité, bataillé pour l’ouverture, la tolérance, pour une forme simple et directe de spiritualité vécue. Jamais le spirituel et le sacré n’ont été aussi vivaces chaque fois qu’est annoncée la mort de Dieu à coups de clairon. L’Évangile est désormais postulé par les chrétiens comme devant être vécu à nu. Hors du dogme. Il se résume ainsi : le Notre Père, les Béatitudes, la charité, la compassion, la fraternité, la défense des petits, de la liberté, de l’égalité et de l’amour. Le bouddhiste, l’hindouiste et même l’athée se reconnaissent là-dedans. C’est cela qui intéresse la sagesse des gens et rien d’autre. Cela donne de la couleur et du parfum à la vie, à la mort, au temps, à l’espace, au destin, à la résurrection, à la réincarnation, au karma et au dharma, à la conscience. Nous ne sommes, au fond, rien de mieux que huit milliards de « bons et mauvais larrons » qui n’aspirons qu’à une seule chose : être heureux. Si possible avec  les autres. Tout le reste n’est qu’inventions créées de toutes pièces à l’usage de quelques-uns et qui cachent bien mal ce qu’elles sont : des armes pour régner, dominer, séduire, tromper, subjuguer… Le tout enveloppé dans du papier de soie : la protection, la sécurité, la santé et les congés payés. Si cet article vous plaît, pensez à faire un don. Le fonctionnement du site a un coût. Il n’y a pas de publicité. Vous avez un bouton « don » sur le côté. Merci de votre participation quel que soit le montant. Face à ce déferlement, mon goût de l’esprit, mon désir de sacré sont l’arme ultime dont je dispose pour m’opposer à devenir l’idiot utile du consumérisme débridé. Celle de mon âme… L’arme que craignent le plus ceux qui voudraient m’asservir. Que peuvent-ils contre mon libre arbitre redevenu frais comme un gardon, mon au-delà de la peur, de l’irrésolution, de la perte de sens ? Rien. Que peuvent-ils quand mon âme libérée et solidaire favorise l’infini au lieu du temps court, l’absolu au lieu du relatif, la conscience au détriment de l’ego, la liberté au lieu de la soumission ? Rien. Il n’est pas de meilleur antidote à l’asservissement que le pouvoir de l’âme. On peut asservir le corps et l’esprit. L’âme jamais ! Elle est l’adversaire numéro un des marchands d’illusion. Elle leur est inaccessible. Irréductible. Ils peuvent s’attaquer à la religion. Pas à l’âme. Par-dessus le marché l’âme conduit à l’amour… Cet empêcheur de monter les uns contre les autres ! Ce contrepoison à la peur, à la méfiance, à l’hostilité, à la haine, à la domination, à la consommation, à l’ego. Rien de tel que l’âme contre les guerres de Religion ! Contre elles, elle fabrique des dissidents, des provocateurs, des critiques, des prophètes et des sages. Mon âme est entre les mains de mon alchimiste intérieur. C’est lui qui la pétrit, la polit, la taille, et la fait pierre précieuse qui brille de ses composantes : tolérance et amour. Par la tolérance, je consens à ma propre insuffisance… Je consens à l’insuffisance des autres et même à celle des réponses qui me sont apportées. Cette insuffisance vécue, acceptée, décidée est un atout pour mon bonheur. Mon amour abolit mes frontières et mes murailles, il fonde ma fraternité, il m’enthousiasme. Par lui, je rejoins l’âme unique de la création par laquelle tout fût créé. Je rejoins des myriades et des myriades d’âmes qui se rejoignent toutes. Il me fait UN et indivisible avec l’humanité. Avez vous déjà éprouvé, ne serait-ce qu’une fois, cet amour qui vous fait ressentir frère ? Frère du connu comme de l’inconnu. Le vrai sacré est là. Pour lire l’article en entier, Reflets n°58 pages 52 à 53

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Pierre Lunel 9 février 2026 Aucun commentaire
Libérer le passé
Equipe de rédaction Reflets

Libérer le sacré, Sonia Mabrouk

Sonia Mabrouk, franco-tunisienne, est journaliste. Elle provient d’un milieu très cultivé,  . Depuis 2013 elle anime radio et télévision , d’abord à Public Sénat où elle présente le journal, puis à Europe 1, Grandes Voix, et à CNews depuis 2017. Son dernier livre Reconquérir le sacré, aux éditions de l’Observatoire, interpelle les citoyens à ne pas baisser les bras, en s’ouvrant au sacré, bien étiolé dans notre monde occidental. Vous distinguez le sacré individuel et le sacré collectif. Qu’est-ce que le sacré collectif dans notre monde occidental ? Le sacré est difficile à appréhender, à approcher. Je dirais pour tenter de le définir que c’est le besoin irrépressible, de tout temps, de se raccrocher à ce qui nous précède et à ce qui nous succède. Donc de se raccrocher à ce qui nous dépasse. Le sacré donne  accès à plus grand que soi. Pour autant, le sacré ce n’est pas quelque chose de surnaturel, ce n’est pas l’idolâtrie, ce n’est pas une sorte de grand trou noir non plus. Il correspond à une part irréductible de l’Homme à laquelle les « modernes » (les sociétés nihilistes, individualistes, technicistes) ont tourné le dos, estimant que c’est une notion périmée, archaïque alors que le sacré n’a jamais cessé d’exister. J’ai pour habitude de dire que vous avez beau essayer de chasser le sacré par la porte de votre esprit, il reviendra par la fenêtre de votre cœur. Beaucoup s’en offusquent, voyant le sacré comme un résidu appartenant au passé, aux périodes antérieures de l’Humanité. Mais en réalité, le sacré, aucune culture ne saurait le renier. C’est un lointain qui est proche paradoxalement du sacré qui est en nous. Comme l’écrivait Pascal, « Tu ne me chercherais pas si tu ne m’avais trouvé ». Il ne s’agit pas de reconnecter ou de connecter l’Homme au ciel, mais de le reconnecter avec lui-même via le sacré. Voilà pourquoi il me paraît essentiel d’y réfléchir. De mon point de vue, le sacré incarne l’une des grandes questions stratégiques, névralgiques et qui n’a rien d’anachronique aujourd’hui. Mais il reste un refoulé de nos sociétés, c’est un impensé de la raison occidentale. On a peur du sacré, il est ambivalent. D’ailleurs, il y a énormément de préjugés autour du sacré, c’est un mot presque devenu malséant. J’ai nommé ce livre « Reconquérir le sacré » au sens de reconsidérer la notion de sacré ou du sacré. C’est la question, me semble-t-il, fondamentale qui est posée de manière limpide par Saint-Exupéry. Il se désespère que plus rien ne vienne caresser le cœur des hommes dans ce monde asséché et il pose la question : « Que faut-il dire aux hommes ? ». C’est un questionnement qui conserve toute son intensité aujourd’hui. La magnifique dernière lettre d’Antoine de Saint-Exupéry, à un certain Général X le 30 juillet 1944, est un diamant aux multiples facettes. Quand il dit que les Hommes ne peuvent pas seulement vivre de frigidaires, de politiques, de bilans et de mots croisés ! Et Saint-Exupéry met en avant de manière charnelle ce désespoir spirituel. Il dit et écrit qu’on ne peut plus vivre sans poésie, couleur ni amour. Et il écrit cette phrase sublime « Rendre aux hommes une signification spirituelle, des inquiétudes spirituelles, faire pleuvoir sur eux quelque chose qui ressemble à un chant grégorien ». C’est en réalité une quête de sens qui laboure toute l’œuvre de Saint- Exupéry comme dans Citadelle. Il ne s’agit pas de reconnecter l’Homme au ciel mais de le reconnecter à lui-même. Pouvez-vous préciser les trois aspects que vous distinguez : sacré religieux, sacré spirituel, sacré de la nation ? Permettez-moi de lever un malentendu important : le sacré et la religion ce n’est pas la même chose. Le sacré et le clérical sont deux notions différentes même si elles peuvent se mêler bien sûr et c’est en cela qu’il y a un sacré religieux. C’est une longue histoire entre le sacré et les religions monothéistes. Mais le sacré peut être aussi athée. Et même férocement athée. Le sacré ne peut pas être en tous les cas réduit à la sainteté, à la sacristie, à la foi. Les religions n’ont pas le monopole de l’administration du sacré. Il n’y a pas seulement du sacré dans les églises, les synagogues et les mosquées. Il existe un sacré civil, un sacré laïc qui est présent, qui est plus ou moins prégnant. La grande question, me semble-t-il, n’est pas tant de savoir si Dieu existe mais c’est celle de savoir combien de temps encore l’Homme va-t-il se prendre pour Dieu ? Le transcendant que j’évoque dans ce livre, ce n’est pas un ordre religieux. Ce transcendant dont je parle c’est une verticale pas uniquement religieuse, c’est une verticale qui échappe au plan d’immanence. Si cet article vous plaît, pensez à faire un don. Le fonctionnement du site a un coût. Il n’y a pas de publicité. Vous avez un bouton « don » sur le côté. Merci de votre participation quel que soit le montant. C’est important d’insister sur ce sacré civil car le sacré religieux, lui, est exclusif et souvent source de conflits et de violences. Dans notre état laïc et souverain, on a congédié tout sacré venant imposer une norme ou une hiérarchie à la société. Je parlerais donc davantage d’un sacré républicain. Mais dans tous les cas, l’Homme ne peut pas vivre sans rites. L’Homme est un animal ritualisé. Il a besoin de « cérémonial », ce que permet le sacré. Quant au sacré de la nation, il renvoie, de mon point de vue, à tout ce qui nous lie dans une société. Le risque étant d’avoir une société sans rituels (et donc sans sacré) car celle-ci serait alors menacée de disparition certaine. Pour montrer l’importance des rites, des rituels et de la liturgie, je vais essayer d’évoquer ce que l’Homme perd s’il se passe de rituels et plus largement de ritualisation. Toute cohésion sociale au sens large repose sur un respect des rites et sur la sanctuarisation d’un cérémonial.

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Equipe de rédaction Reflets 21 janvier 2026 Aucun commentaire
Perdre le sacré pour lieux le retrouver
Christian ROESCH

Perdre le sacré pour mieux le retrouver

De quoi parlons-nous ? Qu’est-ce que le sacré ? Partons de l’axiome : le sacré, c’est l’unité avec Dieu. Au commencement – Béréchit dans la tradition judéo-chrétienne, big bang pour la science moderne – tout est UN. C’est dans la fusion l’union parfaite, potentialité de l’Univers, de la vie. Puis l’homme (Adam) prend conscience de lui-même et s’éloigne de Dieu. Cet homme, tribal, développe sa personnalité jusqu’à ce que, étant tellement préoccupé par sa personne, il finisse par oublier Dieu. L’homme moderne est un humain profane. Ne se reliant plus à Dieu, il souffre du manque d’amour. L’affectivité, le collectif de ressemblance ne sont que de pâles ersatz de l’Amour sacré. Pour compenser cette perte, l’homme a inventé les mythes et les rites. Tout rituel est un substitut du sacré. Les mythes racontent l’éloignement de Dieu. Ils parlent de la séparation, ils ravivent la mémoire de l’union perdue. Les rites rejouent l’union. Ils ont pour but d’unir à la divinité. Tous les rituels, païens, religieux, spirituels fonctionnent ainsi. Le sacré païen – être ensemble unis – s’exprime dans la fête nationale, dans la célébration des victoires militaires (le 11 novembre), dans le Panthéon, l’Arc de Triomphe, etc. Et aussi par les idoles vivantes : chanteurs, acteurs, sportifs rassemblant les fans… Le sacré religieux a aussi ses rites rappelant l’union du Ciel et de la Terre. Le pèlerinage à La Mecque, au fleuve Gange, à Jérusalem par exemple. Le sommet du sacré pour les chrétiens se manifeste dans la messe. L’eucharistie, au centre, relie intimement la personne au Christ. Le sacré spirituel s’incarne dans la pratique de retournement intérieur. Je me sépare dans un geste de colère, de haine, de mésentente. Je me réconcilie dans un geste de paix, d’écoute, d’amour. Par cet acte, je suis uni à moi-même, à l’autre, à l’amour divin. Ainsi je suis dans un instant sacré ; mon être est sacré ; la vie est sacrée. Si cet article vous plaît, pensez à faire un don. Le fonctionnement du site a un coût. Il n’y a pas de publicité. Vous avez un bouton « don » sur le côté. Merci de votre participation quel que soit le montant. Les trois aspects du sacré se complètent. Ils résument l’histoire humaine tout autant que l’histoire individuelle. À la naissance, je fus séparé du TOUT. Puis je m’en suis éloigné. L’édification de la personnalité a permis de compenser le sentiment de manque d’amour. Elle s’est appuyée sur les rites familiaux, scolaires, sociaux. Mais le manque s’est intensifié et j’ai éprouvé le besoin de retrouver cet amour perdu. Le processus de désacralisation est donc normal. Il est même nécessaire pour déclencher le désir d’union, afin de rétablir le lien avec Dieu. Les actes qui unissent resacralisent la vie. Pour lire l’article en entier, Reflets n° 58 page 19

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Christian ROESCH 8 janvier 2026 Aucun commentaire
Esquisse pour une agriculture du futur
Equipe de rédaction Reflets

Esquisse pour une agriculture du futur, Philippe Desbrosses

Docteur en sciences de l’environnement, université de Jussieu Paris VII, il est le fondateur d’Intelligence Verte et du conservatoire de la ferme de Sainte-Marthe. RAPPEL DES ENJEUX FONDAMENTAUX Nous avons besoin d’une Agri-culture dédiée aux biens essentiels de la Terre et des êtres vivants ; une Agri-culture vivrière – écologique – autonome – économe et salubre. Une Agri-culture inspirée des expériences millénaires et des savoir-faire des peuples qui nous ont précédés, car nos artifices modernes ont montré leurs limites. Par exemple les chinampas, ces jardins flottants aztèques, qui nourrissaient 150 000 âmes sur le lac de Mexico en 1519, lors de son annexion par Cortès… les Sukka-Kollu boliviens de la Puerta del Sol qui nourrissaient 120 000 habitants de la vallée de Thiahuanaco et constituent le système le plus ingénieux pour fertiliser les pentes desséchées de la Sierra ; là où survivent aujourd’hui quelques Indiens misérables et leurs lamas efflanqués, il y avait, il y a 600 ans, une ville prospère… et aussi l‘exemple des guaderios arabes du XIIe siècle en Andalousie dans la vallée du Guadalféo, de simples constructions en bois pour aiguiller l’eau de l’hiver et recharger les nappes phréatiques en dirigeant cette eau vers les failles de la montagne… Autant de découvertes performantes, issues du « génie de l’empirisme », donnant toute leur mesure, encore aujourd’hui, en favorisant les bienfaits de la nature, et ne supportant pas davantage que l’on y répande les poisons de synthèse qui tuent la vie et tuent la terre irrémédiablement. Si cet article vous plaît, pensez à faire un don. Le fonctionnement du site a un coût. Il n’y a pas de publicité. Vous avez un bouton « don » sur le côté. Merci de votre participation quel que soit le montant. L’INTELLIGENCE CONSISTE À CONJUGUER LES DEUX APPROCHES : Celle des connaissances populaires de la tradition… et celle des sciences modernes de notre époque, car les deux démarches ne sont pas antagonistes mais complémentaires et indissociables. Nous avons aussi à réparer l’immense désordre de l’agronomie moderne , dévoyée depuis plus d’un siècle pour servir les intérêts des cartels de l’industrie chimique, au détriment de la planète et de l’intérêt général, au détriment de la santé publique et de la pérennité des ressources vitales. Nous devons remettre les écosystèmes agraires en état et renouer avec la science de la gratuité, c’est-à-dire « la microbiologie des sols », cette puissance colossale abandonnée et dégradée par la prééminence des pratiques « anti-biotiques » à tous les niveaux de la chaîne alimentaire, depuis plus d’un demi-siècle… Rappelons seulement que le sol maternel perdait déjà en 1976 25 milliards de tonnes/an de sa couche fertile (publications scientifiques Sanchez 1 976 – Bounias 1 998) abrasée par l’érosion que génèrent et aggravent les pratiques du machinisme agricole… Retour indispensable aux prestations gratuites de l’écosystème naturel, dont l’Agri-Culture constitue l’un des enjeux majeurs. Depuis la seconde moitié du XXe siècle, les prises de conscience se sont multipliées, ce dont attestent les publications scientifiques sur les services que la Nature rendait à l’humanité (Hardin 1 968 – Westmann 1 977 – Cairns 1 992 – Daily et Costanza 1 997). Il convient de rappeler ici ces divers services, dans un ordre volontairement non-hiérarchisé : – production d’une atmosphère respirable et régulation de sa composition ; – fourniture, préservation, amélioration et répartition d’eau potable ; – contribution au maintien et à la régulation des climats. – formation de sols fertiles et contrôle de l’érosion, ainsi que de la sédimentation ; – mise à disposition de pollinisateurs et de disséminateurs de semences ; – constitution et enrichissement en continu d’une banque génétique (estimée à 30 millions d’espèces vivantes…) ; – contrôle biologique des pullulations par régulation trophiques et pathologiques de ravageurs. (99 % des ravageurs potentiels sont normalement contrôlés par leurs ennemis naturels) (DeBach 1 974) ; – production de denrées alimentaires de haute qualité nutritionnelle et sanitaire ; – production d’espèces d’intérêt médical et pharmacologique (au moins 85 % de la pharmacopée traditionnelle proviennent de sources végétales (Farnsworth 1 985) ; – production de matériaux de base de qualité (bois d’œuvre, cellulose, huiles, essences, etc.). Les enjeux de la gestion future de l’écosystème planétaire, auxquels l’Agriculture réorientée doit prendre sa part, sont considérables. Pour lire l’article en entier, Reflets n° 58 pages 6 à 8 

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Equipe de rédaction Reflets 22 décembre 2025 Aucun commentaire
La solitude, c’est la liberté
Equipe de rédaction Reflets

La solitude, c’est la liberté, Jacqueline Kelen

  Jacqueline Kelen est diplômée de Lettres classiques. Pendant vingt ans elle a été productrice d’émissions à France Culture. Elle a publié une cinquantaine de livres consacrés au déchiffrement des grands mythes, aux figures et aux richesses de la vie intérieure. En 2002 elle a reçu le prix ALEF des libraires pour son essai L’Esprit de solitude, où elle célèbre « la voie solitaire, seule voie salutaire ». Puis ce sera le Prix de la liberté intérieure 2020 pour le livre Histoire de celui qui dépensa tout et ne perdit rien, éd. du Cerf. Ses pensées mettent en avant la recherche de vérité et la liberté individuelle. D’où est venu ce besoin d’écrire sur la solitude ? Tout bêtement parce que je suis une solitaire.  Ça ne veut pas dire que je suis enfermée dans une caverne, que je ne vois personne, que je n’ai pas de rencontres. Mais, toute petite, il y a eu ce besoin en effet d’être seule. Je sentais un monde intérieur, la curiosité de découvrir la vie. C’est pour ça que j’ai appris à lire très vite. À 5 ans, je lisais couramment et j’ai dévoré des livres. Un livre était le plus beau cadeau de Noël pour moi. Sans intériorité, sans vie intérieure, sans le goût de l’étude, sans aussi la dimension contemplative qui n’est pas réservée aux religieux, la solitude est difficile à vivre. C’est pourquoi la plupart fuient cet état. Il me semblait aussi que la solitude était un rempart précieux contre tout ce qui est invasion du collectif, manipulation de tout genre, actions de l’extérieur (qu’elles soient bonnes ou pas bonnes), ainsi que les pressions familiales. De nos jours, même à l’école, de l’enfant qui est seul lors d’une récréation, on va dire qu’il est asocial ou qu’il a des problèmes relationnels. J’ai eu de la chance, mes parents me laissaient seule, tranquille, bien sûr avec un livre et un chat. Il y a ce côté aussi de toute société qui veut quand même que tous les citoyens fassent du vivre ensemble. Or, il y a un moment pour vivre ensemble et puis il y a un moment pour vivre seul, et pour moi, l’un ne l’emporte pas sur l’autre. Il est capital de préserver ça et même de défendre farouchement sa vie solitaire, sa solitude, parce que, pour moi, la solitude équivaut à la singularité. C’est ça le prix de la solitude. Ce que l’on oublie, c’est que l’être humain a un choix absolu ; il est unique et irremplaçable. Et toutes les manœuvres d’uniformité, de conformité, voire de clonage, sont effrayantes. Si la personne humaine est unique et irremplaçable, en effet, elle a tout avantage à se renforcer, se fortifier dans la solitude. La solitude, pour moi, c’est l’équivalant de la liberté. Qu’est-ce que la solitude pour vous ? Comment vous l’exprimeriez ? C’est la liberté. Ce n’est pas la liberté d’aller et venir. C’est le fait de penser par soi-même, de ne pas répéter. Je suis stupéfaite car, de plus en plus, en France, il n’y a plus d’esprit critique, plus d’humour. On gobe tout, on avale tout. Un être humain a des caprices, des désirs, des folies et puis de grandes aspirations. La globalisation de l’humain me paraît tout à fait redoutable par rapport à la liberté, c’est-à-dire la singularité. Cette singularité est une grosse responsabilité. La personne unique est irremplaçable, elle a son mot à dire. Elle peut dire des choses justes, des choses fausses, mais elle s’exprime, elle dit les choses. C’est le prix qu’elle paie d’ailleurs de sa solitude et de sa liberté, donc de penser par soi-même. Ça peut être très souvent à contre-courant. Mais, à l’époque où on est tous ensemble, c’est le collectif le plus important et je n’ai rien contre le collectif, mais je fais l’éloge, quand même, d’une voix solitaire. Alors que tout le monde veut guérir de tout, je publie quelque chose sur la divine blessure, sur la blessure qui est importante aussi. Que gagne-t-on avec la solitude ? À un moment, dans les journaux, on disait : « À quoi ça sert d’être professeur ? À quoi sert Dieu ? À quoi sert la beauté ? » Mais les dimensions les plus importantes, les plus précieuses de notre existence, sont inachetables et ne sont pas marchandables. L’amitié, l’amour, la justice, la beauté, le silence, l’âme ne peuvent pas s’acheter. La première chose qui me vient à l’idée, c’est une force intérieure qu’on appelle aussi – je trouve que c’est un beau mot – la fermeté d’âme. Ça renforce, parce qu’à la fois, il faut du courage et de la volonté (si on n’a pas cette nature personnelle plutôt solitaire presque sauvage) pour affronter une existence, du moins une journée, en disant « je suis seule, je suis seule à décider de ceci, de cela, et donc sans demander à autrui », ou sans être protégée par autrui, sans suivre autrui. Si cet article vous plaît, pensez à faire un don. Le fonctionnement du site a un coût. Il n’y a pas de publicité. Vous avez un bouton « don » sur le côté. Merci de votre participation quel que soit le montant. J’ai besoin d’énormément de silence pour étudier, pour écrire, pour aider aussi, pour regarder ce qui se passe dans le ciel ou autour de moi. La solitude, c’est cette force intérieure et cette liberté de penser qui fait qu’on est de moins en moins influençable ou manipulable à merci. Fermeté d’âme, c’est un beau mot. C’est un grand courage, ça ne veut pas dire qu’on a raison, mais on résiste à diverses pressions. Ce n’est pas une question de qualité ou de quantité. En démocratie, on dit que c’est la majorité. Mais, sur le plan moral ou sur les options profondes spirituelles, si vous êtes dans le vrai ou dans le juste, même s’il y a 1 000 personnes qui disent le contraire, eh bien, c’est vous qui êtes dans le vrai et le juste. Sur

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Equipe de rédaction Reflets 8 décembre 2025 Aucun commentaire
J'ai encore un immense chemin à parcourir
Equipe de rédaction Reflets

J’ai encore un immense chemin à parcourir, Matthieu Ricard

Fils du philosophe français Jean-François Revel et de l’artiste peintre Yahne Le Toumelin, Matthieu Ricard passe une thèse de génétique cellulaire à l’institut Pasteur, puis devient moine bouddhiste en 1979. Il s’établit au monastère de Shechen au Népal. Il est auteur de livres, traducteur, photographe et interprète du dalaï-lama en français. Au milieu des années 1980, avec Rabjam Rinpoché, il lance plusieurs petits projets pour améliorer les conditions de vie des populations de l’Himalaya et fonde l’ONG Karuna- Shechen en 2000. Voir l’interview de Sunita Sharma, directrice de Karuna-Shechen au Népal, à la suite. www.karuna-shechen.org Quel temps consacrez-vous à la méditation par jour? Quel est votre but? Le terme méditation n’est pas vraiment approprié pour décrire la pratique spirituelle selon le bouddhisme tibétain, qui inclut des pratiques nombreuses et variées, certaines très élaborées (visualisations, récitation de mantras), et d’autres beaucoup plus dépouillées (contemplation de la nature de l’esprit). La pratique spirituelle va également de pair avec l’étude qui permet d’arriver à une juste vision de la nature ultime de la réalité (interdépendance de toutes choses, impermanence, union des apparences et de la vacuité d’existence propre). Le sens originel du mot méditation en sanskrit, bhāvanā, signifie « cultiver » des qualités et capacités qui ne sont que latentes en nous. En tibétain, le mot sgoms signifie « familiarisation » et se réfère au fait de se familiariser avec la façon dont fonctionne notre esprit, et avec une nouvelle vision du monde (l’union des apparences et de la vacuité). Le but est de passer de la souffrance à la libération de la souffrance, de l’ignorance et de l’égarement à la connaissance. Quel temps consacrez-vous à votre retrait du monde par an ? Qu’en retirez-vous ? J’ai passé cinq années en retraite solitaire, en Inde, au Bhoutan et au Népal. J’ai été ensuite distrait de mes retraites par des activités diverses qui sont arrivées par la force des choses et par le désir de me mettre au service d’autrui, mais j’ai toujours essayé de passer régulièrement du temps dans un ermitage. Comment équilibrez-vous le temps consacré à Karuna-Shechen et le temps à la contemplation ? J’ai œuvré de mon mieux au sein de Karuna-Shechen depuis sa création il y a 25 ans, portant les projets avec l’aide de quelques amis proches durant les dix premières années, puis confiant progressivement la gestion des projets à une équipe qui œuvre avec compétence à l’implémentation des projets. À l’aube de mes 80 ans, il est grand temps que je retourne à ma vocation d’origine — l’étude, la pratique spirituelle et la traduction de textes tibétains. Est-ce qu’avec l’âge votre vie intérieure évolue ? J’ai encore un immense chemin à parcourir, mais fort du sentiment d’être dans la bonne direction — grâce à l’inspiration de mes maîtres spirituels, principalement Kangyur Rinpoché et Dilgo Khyentsé Rinpoché – chaque pas est une joie en forme d’effort. Avez-vous plus besoin de solitude ? Qu’est-ce qu’elle vous apporte ? La solitude non désirée peut être très pesante et avoir des effets délétères, tandis que la solitude désirée de l’ermite est profondément enrichissante et préserve le lien aux autres êtres sensibles et au monde qui nous entourent. Les humains sont des êtres sociaux par nature, qui ont un besoin profond d’appartenance, et les personnes qui bénéficient de liens sociaux riches et chaleureux jouissent d’une meilleure santé mentale et d’un système immunitaire plus robuste ; elles sont moins sujettes aux addictions (tabac, alcool, drogues), souffrent moins de maladies cardiaques et de démence sénile, et vivent, en moyenne, plus longtemps. Si cet article vous plaît, pensez à faire un don. Le fonctionnement du site a un coût. Il n’y a pas de publicité. Vous avez un bouton « don » sur le côté. Merci de votre participation quel que soit le montant. De nombreux travaux de recherche montrent que la solitude est associée à de nombreux troubles de la personnalité et rend ceux qui en souffrent plus anxieux, irritables, déprimés et égocentriques. Elle expose également aux psychoses, au suicide, à l’altération des performances cognitives et à un risque accru de maladie d’Alzheimer. Elle est associée à un ensemble de facteurs qui contribuent à la mortalité prématurée des individus. En temps ordinaire, nous passons près des trois quarts de nos heures d’éveil en compagnie d’autres personnes, et les moments partagés avec d’autres sont dans l’ensemble jugés plus gratifiants que le temps passé seul. C’est aussi dans le cadre de relations sociales épanouissantes que les jeunes font l’apprentissage de nombreuses compétences et aptitudes en matière de communication, de réciprocité, de résolution des conflits, d’amitié, etc. Éprouver des difficultés à établir et à maintenir de telles relations va de pair avec les souffrances inhérentes à l’isolement. Quelque 15 à 30 % des individus éprouvent des sentiments persistants de solitude ; seulement 6 % disent ne jamais se sentir seuls. Mais contrairement aux idées reçues, le sentiment de solitude semble plus fréquent au cours de l’adolescence que durant la vieillesse. Hors des cas extrêmes (l’isolement carcéral quasi total produit des résultats catastrophiques sur la santé mentale des détenus, la solitude est synonyme d’isolement social perçu, et non d’isolement objectif. Certains peuvent mener une existence relativement solitaire et ne pas se sentir seuls, tandis que d’autres, à l’inverse, ont une vie sociale riche et se sentent seuls au sein de la multitude. Dans la vie courante, la solitude peut aussi être un état souhaitable qui favorise la créativité, facilite la concentration, la réflexion et l’apprentissage. On peut donc apprécier la solitude pour des motifs bénéfiques, et pas nécessairement comme un moyen d’éviter des interactions sociales potentiellement anxiogènes. Il existe également une solitude riche et inspirante, celle procurée par les grands espaces, la nature vierge, la cohabitation avec les animaux sauvages. Enfin, il y a la solitude de l’ermite qui choisit avec joie et sérénité de vivre en retrait, pour un temps, loin de toute distraction, afin d’approfondir sa pratique spirituelle. Je me souviens d’un matin au Tibet. Assis au bord du lac Manasarovar — le lac de l’Éternelle Fraîcheur —

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Equipe de rédaction Reflets 22 novembre 2025 Aucun commentaire
La solitude
Equipe de rédaction Reflets

La solitude , Paule Maréchal

Paule Maréchal, poétesse, ancienne institutrice.   La solitude naît avec nous. Notre solitude… chacun la sienne. Du domaine protégé, amoureux, que nous traversons dans le ventre de maman, nous sommes projetés à la naissance dans un monde inconnu, sans chaleur. Notre naissance est un traumatisme qui va donner sa couleur propre à notre solitude. La couleur de notre blessure. Nous sommes tous uniques par notre façon de souffrir. Et nous nous sentons seuls dans notre façon d’entrevoir ce monde avec les yeux de la blessure personnelle. Elle naît avec nous, et elle va évoluer au cours de notre vie, passer par différentes étapes. La solitude de la vie active n’est pas la même que la solitude de la vieillesse. Que faire de cette solitude ? Nous ne pouvons pas la vaincre : elle est. Mais nous pouvons l’aimer, la considérer avec beaucoup de soin. C’est un véritable rendez-vous avec soi-même. Lui parler. Consoler l’enfant qui est en nous, si seul. Elle va nous permettre de nous rencontrer dans un dialogue avec nous-même. Il me revient un souvenir. J’étais installée depuis peu dans une région où je ne connaissais personne. À un moment la solitude est devenue trop lourde ; malgré un budget très serré j’ai décidé de m’offrir un repas à la crêperie. Dans cette crêperie il y avait deux salles : une au rez-de-chaussée et une au premier étage. Lorsque je suis arrivée, la salle du haut était complète et on m’a installée dans la salle du bas. Et j’ai passé la soirée en tête à tête avec moi-même ! Inutile de vous dire que je n’étais pas très heureuse ! J’ai questionné cette douleur et l’évidence m’est apparue ! Je n’avais pas cherché à bien vivre cette solitude mais à lui échapper ! Je m’étais offert une compensation ! Magnifique leçon ! Deux ou trois mois après mon expérience de la crêperie, c’était Noël. Pour la première fois j’allais passer cette fête seule. J’appréhendais un peu. J’avais décidé d’être à l’écoute de moi-même. Il fallait que j’y gagne quelque chose ! J’ai cherché ce que je pourrais faire de cette soirée. Différentes solutions me sont apparues que j’ai éliminées les unes après les autres. Au dernier moment j’ai décidé d’aller à la Messe de minuit. Alors que je descendais vers l’église, soudain, les cloches se sont mises à sonner à toute volée. Mon cœur a fait un bond. Un immense élan me poussait vers Celui dont j’entendais l’appel. Dans l’église, au milieu des chants et de la simplicité, j’ai trouvé la joie. Elle m’accompagnait tandis que je rentrais par les rues calmes. La porte refermée, elle était toujours là. Et soudain, alors que je terminais mon repas, elle s’est enflée, a agrandi mon cœur, a débordé de moi, incontrôlable. Elle se nourrissait de tout : de l’éclat d’un meuble, du reflet de la lampe, de la musique, tout était joie. Elle m’enivrait. Je n’étais plus seule. Mon maître intérieur était avec moi. Tous les êtres qui me sont chers ont défilé en moi. Je berçais sur mon cœur ceux dont je connais la souffrance. Et mon amour s’est étendu à tous ceux qui souffrent de par le monde de la maladie, du froid, de la faim, de la folie des hommes. J’aurais voulu les laver de toute peine. Mon cœur était assez grand pour les contenir tous et mes bras assez larges pour les bercer. Cette souffrance des hommes, que j’ai tant de mal à regarder en face, je l’accueillais, je la faisais mienne et mon amour en grandissait. J’aime à penser que cet amour a adouci leurs blessures, ne serait-ce qu’un instant. Il était si vaste, il venait d’ailleurs. Si cet article vous plaît, pensez à faire un don. Le fonctionnement du site a un coût. Il n’y a pas de publicité. Vous avez un bouton « don » sur le côté. Merci de votre participation quel que soit le montant. Cette nuit, j’en suis sûre, il est né aussi pour moi. Quelque chose a bougé. J’ai fait un pas vers les hommes. Et si ma peur se changeait en amour ? C’est mon plus beau Noël, un merveilleux cadeau ! Il me fallait être seule pour le vivre. Seule pour ne plus être seule. Comment rejoindre cette solitude amoureuse ? Car oui, je baignais dans un amour ineffable ! En cultivant la joie : la joie d’être, de remercier le ciel pour tous les cadeaux offerts. La vieillesse nous offre une grande liberté : les obligations ont disparu, la vie sociale diminue. Avec le grand âge, les pertes se font de plus en plus précises : perte d’une importance sociale, de la beauté, de la santé…. pour y gagner le monde intérieur qui prend de plus en plus d’importance. La vieillesse est un âge sacré et la solitude y conquiert une tout autre stature. Elle nous permet un autre dialogue avec notre ange gardien, ou avec le Seigneur. Et pourquoi pas avec Dieu ? Le monde invisible dans lequel se lover, se fondre pour en ressortir dans un état de paix profonde. De la solitude, passer à la communion. Pour lire l’article en entier, Reflets n°57 pages 34 à 36   Pour commander le livre

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Equipe de rédaction Reflets 7 novembre 2025 Aucun commentaire
Mode vestimentaire ultra-fast-fashion = ultra-consommation
Christian ROESCH

Mode vestimentaire ultra-fast-fashion = ultra-consommation

En peu d’années, la consommation vestimentaire s’est accélérée. Au rythme de la mode été-hiver s’est substituée la fast-fashion avec les grandes marques internationales. Le renouvellement est devenu quasi hebdomadaire. Avec une demande des consommateurs qui en veulent plus et à un moindre coût, ainsi qu’une qualité moindre des vêtements produits et des tendances toujours plus éphémères, le phénomène de surconsommation s’en trouve amplifié. La fast-fashion séduit 45 % des Français. Selon une étude de l’ADEME(1), le critère économique l’emporte largement sur les considérations environnementales. Ainsi, 45 % des Français s’habillent dans des enseignes de fast-fashion, connues pour renouveler leurs collections à un rythme rapide (Zara, H&M, Primark). Ces marques proposent des vêtements à bas prix, très accessibles, mais à forte empreinte carbone. Et récemment, sous l’effet de gros producteurs chinois pour la plupart, vendant en grande partie sur le Net, le renouvellement est devenu continu. C’est l’ultra-fast-fashion. 24 % des personnes interrogées déclarent acheter sur des sites d’ultra-fast-fashion (Shein, Temu, Asos) qui lancent quotidiennement des milliers de nouveaux modèles. Ces consommateurs se distinguent par leur volonté affirmée de « pouvoir acheter beaucoup et renouveler souvent ». Cette fast (et encore plus, ultra-fast) fashion a provoqué une ultra-consommation, sans nécessité. Les vêtements achetés ainsi sont peu portés, parfois inutilisés, jetés, éventuellement revendus pour en acheter de nouveaux. Toujours selon l’ADEME, qui alerte sur la surconsommation textile, plus de la moitié des vêtements des Français ne sont jamais portés, avec en moyenne 42 pièces neuves achetées par personne en 2024. La fast-fashion, notamment via des plateformes numériques comme Shein ou Temu, favorise les achats impulsifs et une rotation accélérée des garde-robes, touchant particulièrement les jeunes femmes et les ménages modestes. Pendant plus d’un an, avec l’Observatoire des consommations émergentes (ObSoCo), ils ont interrogé quelque 4 000 personnes et analysé le contenu d’une quarantaine de penderies à travers le pays. Résultat : environ 3,5 milliards d’articles textiles ont été achetés en 2024 en France. Parmi eux, près de 120 millions d’articles achetés depuis plus de trois mois n’ont jamais été portés. Cependant « seulement un tiers des consommateurs considère qu’il a trop de vêtements », note Pierre Galio, chef du service consommation responsable de l’ADEME. De plus, la perception des acheteurs est biaisée : le nombre de vêtements est bien plus élevé qu’ils ne le pensent. Les personnes interrogées dans le cadre de l’enquête publiée fin juillet 2025 affirment acheter en moyenne 13 vêtements par an (hors accessoires, sous-vêtements et mode enfant). Pourtant, les visites effectuées à leur domicile révèlent une tout autre réalité : chaque individu possède en moyenne 175 vêtements, alors qu’il pense en détenir seulement 79. Cet écart montre à quel point la conscience des volumes accumulés est floue. La première motivation à cette frénésie d’achat semble le plaisir d’acheter, suivi de la satisfaction d’avoir une garde-robe importante. Acheter est une activité antimorosité. Plus l’atmosphère est lourde, plus ce besoin se fait sentir. Une autre motivation courante provient de l’illusion du changement extérieur. Le renouvellement de l’habit est confondu avec un renouveau de la personne. Désastre socio-environnemental Mais cette frénésie d’achat a un coût. Acheter beaucoup, pas cher et souvent, coûte finalement plus cher qu’acheter solide et durable. Le fond du problème est global. Cette hyperproduction et consommation sont une catastrophe écologique. Selon Oxfam France, l’industrie du textile engendre des impacts socio-environnementaux désastreux à l’échelle mondiale. Le secteur de la mode compte parmi les industries ayant un des impacts les plus importants sur les changements climatiques et renforce les inégalités socio-économiques à travers le monde. Les multinationales de la fast-fashion (mode rapide, jetable, basée sur l’hyperconsommation) sont les principales actrices de ces catastrophes. Les populations les plus pauvres de la planète sont celles qui en paient le prix fort. Cette production et surconsommation de masse sont à l’origine du désastre socio-environnemental de l’industrie textile. Une personne achète 40 % de vêtements de plus qu’il y a 15 ans et les conserve deux fois moins longtemps, ce qui a de nombreuses conséquences sur notre planète. Selon l’ADEME : en Europe, 4 millions de tonnes de déchets vestimentaires sont jetés par an. Chaque année, un Français achète 9 kg de vêtements et en trie seulement 3 kg. Alors que la production mondiale de vêtements a doublé entre 2000 et 2014, leur durée de vie a diminué d’un tiers. En France, seuls 10 à 12 % sont revendus en seconde main. 80 % finissent enfouis ou incinérés. Si cet article vous plaît, pensez à faire un don. Le fonctionnement du site a un coût. Il n’y a pas de publicité. Vous avez un bouton « don » sur le côté. Merci de votre participation quel que soit le montant. Chaque seconde, l’équivalent d’un camion poubelle de vêtements est brûlé ou enfoui. Pas revendu. Pas recyclé. Juste jeté. Pour rappel, près de 6 millions de tonnes de textiles sont jetés chaque année en Europe, soit 11 kg par personne par an. Le coût environnemental de cette frénésie est considérable. Un jean vendu 20 € génère 23,2 kg de CO2 équivalent pour sa fabrication, et mobilise jusqu’à 7 000 litres d’eau sur l’ensemble de son cycle de vie. L’industrie du textile a un impact environnemental considérable, représentant environ 8 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Avec près de 4 milliards de tonnes de CO2 émises chaque année, elle contribue de manière significative au réchauffement climatique. Les sources de ces émissions incluent la production de matières premières, les processus de fabrication, ainsi que les demandes de transport et d’emballage. C’est l’une des industries les plus polluantes du monde. Au coût écologique s’ajoute le coût humain Seulement 2 % des travailleurs du textile touchent un salaire décent qui leur permet de vivre dignement. Source : Dana Thomas, Fashionopolis, 2020. Depuis l’effondrement du Rana Plaza(2) au Bangladesh, nous savons les conditions de travail en Asie, proches de l’esclavage. Les femmes en sont particulièrement victimes. Selon Oxfam France, les femmes représentent 60 millions de travailleurs au sein de l’industrie textile dans le monde, avec un volume

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Christian ROESCH 22 octobre 2025 Aucun commentaire
Le mystère de la solitude
Christian ROESCH

Le mystère de la solitude

8,2 milliards d’individus sur terre actuellement. Et pourtant je me sens seul. Pas toujours, pas toute la journée. Cela ne dépend pas du nombre de personnes autour de moi. Cela ne dépend que de mon état intérieur. Si je regarde plus précisément, le sentiment de solitude n’apparaît pas par hasard. Il résulte d’une rupture. Pas forcément spectaculaire. Il suffit d’une séparation, même en pensée, avec autrui. Par exemple si je quitte une personne en pensant du mal d’elle, c’est une rupture du lien, même si elle n’est que momentanée. Si je la quitte heureux, en pensant du bien, ce n’est pas une rupture et, bien que séparé, je ne pense pas solitude. Si cet article vous plaît, pensez à faire un don. Le fonctionnement du site a un coût. Il n’y a pas de publicité. Vous avez un bouton « don » sur le côté. Merci de votre participation quel que soit le montant. Alors quel est le mystère ? Toute situation, lorsque je suis soumis à mon fonctionnement ordinaire, s’achève dans la séparation et, en l’occurrence, par une rupture. Le noyau de ma personnalité, mon « petit moi » a besoin de s’affirmer. Il ne sait le faire que « contre ». À la fois dans l’orgueil et dans le désespoir : « Je suis seul ! » Cette souffrance est vite masquée par un besoin de rencontre afin de recréer un lien. Paradoxe : je suis à la fois soumis à l’esprit collectif – faire société – et à l’indépendance de l’ego. Si bien que constamment, ce bruit de fond « je suis seul » émerge périodiquement malgré les occupations de la journée. Comme tout un chacun, je l’interprète subconsciemment « je suis mal aimé ». Est-ce un mal ? Oui et non ! Oui parce que j’en souffre en interprétant que « les autres ne savent pas m’aimer ». Douleur de fond de ma petite humanité. Non car heureusement je connais l’autre face. La solitude est le prix à payer pour se sentir unique. En me disant « je suis unique », il n’y a plus de souffrance. « Unique » me parle de mes qualités. Il n’y a que moi qui peux les mettre en œuvre. Mais nouveau paradoxe, l’ego seul ne peut pas conduire à des actes de qualité car il ne va que vers la rupture. Il a besoin d’être guidé au-dedans. Par qui ? Peu importe comment on nomme ce guide intérieur : Ange, Lumière, Paraclet, Pareil de Lumière, Jésus, Bouddha, Krishna… Je ne suis plus seul. L’unicité est au-delà de la solitude. Je suis uni. Uni-unique. Comme le Père et le Fils ! Il existe donc deux états de moi-même : Soit je suis seul. Contre tous, contre l’univers entier. Soit je suis unique. Uni avec tous, avec l’univers entier Pour lire l’article en entier, Reflets n°57 page 25

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Christian ROESCH 6 octobre 2025 Aucun commentaire
L'humain est un être de prière
Daniella Litoiu

L’humain est un être de prière, interview Xavier Accart

Xavier Accart est journaliste, écrivain. Rédacteur en chef du magazine Prier, il anime l’émission « À l’école de la prière » sur Radio Notre-Dame. Vous avez publié il y a trois ans L’Art de la prière, 50 méthodes éprouvées pour faire l’expérience de Dieu. Comment vous sont venus l’idée et l’élan d’entreprendre cette recherche et écrire ce livre ? J’ai écrit le livre que j’aurais aimé lire il y a 20 ans quand je ressentais le désir de prier et je ne savais pas comment faire. J’étais un peu comme le personnage de la cosmonaute dans le film d’Alfonso Cuaron : Gravity qui, suite à un accident spatial, se retrouve en imminence de mort et s’exclame : « Je voudrais prier mais personne ne m’a appris à prier. » Plusieurs choses ont convergé vers la décision d’écrire ce livre : je suis devenu rédacteur en chef du magazine Prier et en même temps j’ai créé une émission sur Radio Notre-Dame : À l’école de la prière. Les rencontres faites à travers ces deux activités m’ont permis d’approfondir cette recherche d’un art de la prière. À la base, je suis un chercheur. J’ai souhaité écrire un livre clair et documenté pour retransmettre tout ce patrimoine spirituel qui est très largement ignoré dans le monde catholique. Cela m’a pris une dizaine d’années. C’était une recherche intellectuelle mais aussi existentielle. J’ai interrogé un certain nombre de personnes dont les témoignages figurent également dans le livre aux côtés des grandes figues de la spiritualité chrétienne. J’ai bien évidemment expérimenté pour moi-même différentes formes de prière. Quel a été l’impact sur vous de cette recherche ? Ma recherche et mon expérience personnelle au sujet de la prière ont précédé de beaucoup l’écriture du livre. En l’écrivant, il y a eu bien évidemment une porosité entre ce que je découvrais et ma vie. Par exemple, j’ai intégré à la pratique les métanies de la tradition orthodoxe comme une manière de mise en route par le corps pour entraîner l’âme dans la prière. J’ai découvert également l’importance du Journal spirituel que j’aimerais bien plus intégrer à ma vie. Il s’agit de noter au quotidien brièvement, sans s’épancher, les différentes résonances du jour en nous de la parole de Dieu. En les notant au quotidien, un fil, une direction pour notre vie intérieure se dégage à la relecture. C’est une tradition spirituelle que l’on retrouve chez sainte Élisabeth de La Trinité ou chez Pierre Favre, un des fondateurs des jésuites, et chezbien d’autres figures chrétiennes. La psalmodie, une véritable découverte pour moi, fait aussi partie des expériences qui m’ont marqué et que je tente de mettre dans ma pratique. J’ai fait publier aux éditions du Cerf une recherche du moine bénédictin Anselm Grün avec qui je suis en contact sur les techniques des Pères de l’Église pour faire de la psalmodie une voie contemplative. Il va même jusqu’à dire que cette cantillation entrecoupée et pénétrée de silence conduit plus loin dans le recueillement que la simple méditation silencieuse. Si cet article vous plaît, pensez à faire un don. Le fonctionnement du site a un coût. Il n’y a pas de publicité. Vous avez un bouton « don » sur le côté. Merci de votre participation quel que soit le montant. Prier est une pratique assez intime que l’on n’affiche pas aisément. Qu’observez-vous quant à l’actualité de la prière dans le monde bien profane dans lequel nous vivons ? La prière personnelle a une dimension intime, en effet. Mais dans la tradition chrétienne, pour que cette prière personnelle soit juste, qu’elle ne soit pas seulement subjective, elle doit rester connectée à la prière liturgique qui est une prière communautaire que l’on pourrait qualifier d’objective. La prière liturgique, comme la vertu de foi, nous aide à sortir de l’orbite de notre moi pour s’ouvrir au Tout-Autre. Dans notre paroisse, il y avait une jeune femme qui au départ n’était pas baptisée et, ressentant un fort désir de prier mais ne sachant pas comment faire, s’adressait à… la lune ! C’est ainsi qu’elle est rentrée dans la vie de prière et aujourd’hui est devenue chrétienne et carmélite. Ma conviction est que l’humain est un être de prière, qui s’ignore parfois. La prière est inscrite en lui. L’humain n’est pas lui-même sa propre origine. Dans sa dimension de créature il reçoit son être et sa vie d’ailleurs, de Celui qui nous donne « l’être, le mouvement et la vie », comme dit saint Paul. La prière, dans son sens le plus profond, est cette relation à notre origine, à notre Créateur. Elle est méconnue mais elle est vivante dans nos profondeurs. Notre conscience est tournée vers l’extérieur et tellement assourdie par le bruit extérieur qu’elle perd le contact avec ce mystère. La prière, dans un sens plus commun, c’est cette activité volontaire et consciente dont la finalité est de laisser émerger cette relation qui nous précède. Nous avons à nous ouvrir à ce mystère profond qui est une véritable source qui peut inonder toutes nos facultés, tout notre être. Dans ce sens, l’actualité de la prière est permanente. Nous vivons dans un monde où nous sommes envahis et fascinés par les images extérieures de tous les écrans présents dans nos vies. Est-ce que la prière ne serait pas une source d’images intérieures ? J’explique dans le livre ce qu’est la captologie, une discipline basée sur les neurosciences, qui étudie la manière dont notre attention peut être captée et retenue en permanence par des contenus qui défilent sur nos écrans et qui envahissent notre esprit. Pour lire l’article en entier, Reflets n° 56 pages 41 à 43

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Daniella Litoiu 21 septembre 2025 Aucun commentaire
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