Skip to content
  • Mon compte
    • Mes commandes
    • Moyens de paiement
    • Mes téléchargements
  • Mon compte
    • Mes commandes
    • Moyens de paiement
    • Mes téléchargements
0,00 € 0 Panier
  • Accueil
  • Boutique
  • Qui sommes-nous ?
  • Atelier d’écriture
  • Newsletters
  • Compléments à la revue
  • Contact
  • Don
  • Accueil
  • Boutique
  • Qui sommes-nous ?
  • Atelier d’écriture
  • Newsletters
  • Compléments à la revue
  • Contact
  • Don

Extrait d’article

  1. Accueil>
  2. Extrait d’article

Compléments Revue Reflets

Extrait d’article

Compléments Revue Reflets

Extrait d’article
La paix, une sublimation
Père André-Marie

La paix, une sublimation, chronique du père André-Marie

  Avant de parler de paix, il faudrait examiner la relation intrinsèque qui relie la sérénité, le pardon et la paix. Celle-ci n’est pas l’oubli, mais la libération volontaire de l’amertume. En pardonnant je cesse de porter le poids des offenses passées qui enchaînent mon esprit. C’est un acte de courage qui transmute la douleur en sagesse, purifiant mon énergie pour m’aligner sur la vibration que seul l’Amour inconditionnel pourrait faire naître. Lorsque le ressentiment s’efface, le tumulte intérieur s’apaise. La paix est le silence fertile qui remplace le bruit de la colère. La paix n’est pas l’absence de conflit, mais une harmonie enfin retrouvée où tous peuvent s’exprimer à l’unisson pour célébrer l’infini entre le passé et le présent. Le pardon est la clé dont la porte qu’elle ouvre est la paix. Le pardon retire les obstacles émotionnels pour que la paix puisse s’installer naturellement là où la rancœur ne siège plus. Pardonner aux autres et à moi-même est l’unique sentier vers une sérénité durable. Pour qu’une paix véritable puisse exister il faut que les événements dramatiques du passé ne soient pas oubliés ni même neutralisés par une espèce de fadeur Il faut absolument que ces drames soient accueillis, assumés, digérés pour que cette acceptation puisse devenir la sublimation qu’est la paix. « Prier pour vos ennemis, dit Jésus… pardonnez et vous serez pardonnés… bénissez ceux qui vous maudissent… » Si cet article vous plaît, pensez à faire un don. Le fonctionnement du site a un coût. Il n’y a pas de publicité. Vous avez un bouton « don » sur le côté. Merci de votre participation quel que soit le montant. Seule une paix venue « d’ailleurs » pourrait changer le cœur des belligérants, pour qu’ils deviennent des frères. Les frontières ne seront plus alors des murs, mais des lieux de rencontre, des terrains de jeux où les enfants pourront jouer aux billes, découvrant que gagner n’est pas battre l’autre mais se surpasser. Mais si on n’en restait qu’au plan humain, il faudrait constater que la paix n’est jamais aussi profonde que lorsqu’elle naît des décombres, pour une reconstruction. Ce sont les cicatrices du passé qui donnent tout son sens à la sérénité d’une paix véritable. Elle n’est pas véritable par l’absence de conflit, mais le silence des tempêtes surmontées. Car l’harmonie n’est solide que si elle a connu la discorde. Lorsque j’étais enfant, alors que la guerre était finie, je rentrais à la maison questionnant : « – Pourquoi papa, à la procession, il n’y avait ni monsieur le curé, ni la croix, ni les enfants de chœur ? – Mais grand sot ce n’était pas une procession, c’était le défilé du 11 Novembre. – C’est quoi papa le défilé du 11 Novembre ? – C’est la fête de l’Armistice ! – Mais c’est quoi la fête de l’Armistice ? – C’est la fin de la guerre. Il paraît qu’à cette réponse je me suis mis à pleurer avec une telle désespérance qu’il avait fallu faire venir ma marraine pour me consoler. – Pourquoi pleures-tu Nount’ch ? – Parce que la guerre c’est très vilain ! – Oui tu as raison, il n’y a rien de plus vilain que la guerre. Ça fait pleurer les mamans. – Mais alors, si la guerre c’est si vilain, pourquoi que c’est nous qu’on a gagné ? Est-ce qu’il y a plus de mamans allemandes qui ont pleuré que de mamans françaises ? Et le bon Dieu il fait quoi dans tout ça ? Il laisse pleurer les mamans ?… Alors il y a des bonnes larmes et des mauvaises larmes ? » On m’avait bien donné des explications, mais les explications des grandes personnes ça ne peut pas rentrer dans la tête d’un enfant, parce que les enfants ont un petit cerveau et comme leur cœur est trop grand pour rentrer dedans, alors ils pensent avec leur cœur. Les grands, ils pensent avec leur porte-monnaie. Pour lire l’article en entier, Reflets n°60 pages 38 à 39

Lire la suite »
Père André-Marie 23 août 2026 Aucun commentaire
Nous sommes en paix
Equipe de rédaction Reflets

Nous sommes la paix Sofia, Stril-Rever

Sofia Stril-Rever est une activiste spirituelle et autrice primée, connue internationalement comme la biographe du dalaï-lama avec qui elle a co-écrit 4 livres traduits en plus de 20 langues. Elle inspire une nouvelle génération d’acteurs du changement à incarner un leadership de la conscience et du cœur avec ses initiatives Be the Love et LoveForce. En 2023 elle a initié la célébration de la Journée Internationale de la Conscience aux Nations unies à Genève, appelant à une civilisation de l’amour. http://www.bethelove.global www.loveforce.global « Comment vivre dans un monde qui meurt ? » Je n’ai pas oublié cette question que me posa un jour une étudiante de Sciences-po Paris au tout début d’un séminaire : « Comment vivre dans un monde qui meurt ? » Ces mots portaient le poids d’une génération. Le vertige d’une jeunesse qui arrive à l’âge adulte alors que l’humanité est engagée dans une lutte fatale contre elle-même et contre le vivant. Comment espérer, aimer, construire… quand le monde alentour s’effondre ? Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Chaque année, les gouvernements du monde dépensent plus de 2,500 milliards de dollars pour l’armement — soit quatre-vingts fois la somme nécessaire pour éradiquer la faim dans le monde. Nous investissons dans la mort plutôt que dans la vie. Et sur un groupe de 20 élèves à l’École internationale de Genève, une école-monde qui compte 140 nationalités, une seule élève affirmait croire en la bonté humaine. Une sur vingt. Cette perte de confiance en l’humanité est l’un des symptômes d’un monde qui meurt. Pourtant l’étudiante, dont la question m’avait interpelée, est revenue vers moi à la fin du séminaire, transformée. En se reconnectant à son cœur, le deuil qu’elle portait pour le monde avait fait place à l’élan de rendre le monde meilleur. Ce basculement n’était pas venu des savoirs partagés. Il était né d’un travail intérieur que nous avions traversé ensemble, où il s’agissait autant d’analyser que de ressentir à l’intime de soi un espace de paix. Car la paix ou la bienveillance ne sont pas des abstractions mais des expériences et une présence à incarner. La Journée Internationale de la Conscience : vivre la paix en conscience et avec amour En 2023, j’ai ressenti l’appel de célébrer pour la première fois la Journée Internationale de la Conscience au palais des Nations à Genève, avec un collectif de fondations et d’O.N.G. Parce que cette journée, adoptée à l’unanimité des États membres en 2019, demande de construire la paix sur la conscience — au sens anglo-saxon de l’éthique — et sur l’amour, compris comme une force collective au service de la justice sociale et de l’évolution humaine. Dans un monde dominé par les logiques insensées de la dissuasion et de la terreur nucléaires, les intervenants de cette journée – scientifiques, artistes, penseurs, méditants, leaders de Palestine, Soudan ou Amazonie pour la paix – ont montré que la conscience et l’amour peuvent transformer radicalement les individus et les sociétés. Le Mur des consciences : réinventer la paix Au cœur de la Journée Internationale de la Conscience 2026, une installation a bouleversé les regards. Je l’avais appelée Le Mur des consciences. Sur les panneaux, des dessins d’enfants de Gaza, des messages de jeunes Européens, l’Appel des mères palestiniennes et israéliennes pour la paix ou la Déclaration de Dhaka sur l’éthique et la bienveillance. Autant de témoignages d’humanité qui rappellent que derrière les chiffres et les discours, il y a des vies. Invitées d’honneur, Christina Kitsos, vice-présidente de la ville Genève, et Melissa Parke, prix Nobel de la paix 2017 avec l’O.N.G. ICAN, insistèrent pour se faire photographier devant Le Mur des consciences, par solidarité avec les enfants de Gaza et avec Francesca Albanese. Ces images devinrent virales parmi les communautés palestiniennes. Pour ces victimes de déshumanisation systématique, être représentées au palais des Nations prit un sens très fort : une part de leur humanité leur était rendue. Nous sommes la paix La paix commence dans cette capacité à regarder l’autre. Les guerres ne naissent pas sur le champ de bataille mais dans nos esprits, lorsque pour la défense de notre identité ou d’intérêts nationaux, nous normalisons le massacre de groupes que la propagande d’État présente comme des animaux, rats, cafards, vermine… rendant ainsi leur extermination acceptable, voire nécessaire. L’éducation doit donc devenir une force de réhumanisation, appelant les jeunes générations à embrasser notre humanité commune. Et si la paix doit être enracinée dans la conscience et l’amour, réinventer la paix signifie réinventer l’éducation. Lors de la Journée Internationale de la Conscience 2026, dans la salle Tempus du palais des Nations, ils étaient 250 jeunes à qui s’est adressé le sous-secrétaire général de l’ONU pour la jeunesse, le Dr Felipe Paullier, pédiatre uruguayen de 32 ans et porte-parole d’une génération qui n’accepte plus de rester assise au bord du monde. Elle refuse d’être spectatrice d’un avenir qui se déciderait sans elle. Elle se mobilise, alerte, fait bouger les lignes : Malala, Greta, Vanessa Nakate, Elizabeth Wathuti ou Licypriya Kangujam… que j’appelle avec affection « mes petites sœurs du millénaire », ont compris que la paix ne se négocie pas uniquement entre États. La paix est une responsabilité intime, mais aussi un lien qui nous unit. Je me souviens, plus jeune, avoir cherché la paix à l’extérieur. Dans les autres, dans le monde. Et je ne l’ai pas trouvée. Jusqu’au jour où j’ai compris que la paix est déjà là – en moi, en nous. Aujourd’hui, si l’on me demande ce qu’est la paix, je réponds : « Vous êtes la paix. Je suis la paix. Ensemble, nous sommes la paix. Même dans un monde en guerre. » La génération LoveForce Certes, la paix intérieure à elle seule ne peut éradiquer les forces structurelles et politiques qui alimentent les guerres, mais elle transforme la manière d’y faire face. Avoir reconnu la paix en soi permet de se battre pour la justice et le changement, sans haine ni violence. Ancré dans les consciences, l’amour devient une force capable de briser le cycle des conflits. Gandhi,

Lire la suite »
Equipe de rédaction Reflets 8 août 2026 Aucun commentaire
Le scandale sanitaire hors norme des perturbateurs endocriniens
Equipe de rédaction Reflets

Le scandale sanitaire hors norme des perturbateurs endocriniens, Dr Christian Vélot

Nous publions cet article extrêmement clair sur les perturbateurs endocriniens (PE) non pas dans le but d’augmenter l’inquiétude – nous le sommes déjà suffisamment – mais de provoquer un petit sursaut de conscience.  Comment se fait-il que nous laissions faire cette dégradation (parmi d’autres) qui atteint toute la planète et par rebond notre être ? Dans notre corps et aussi dans notre esprit puisqu’un des effets est de brouiller le masculin et le féminin. Sommes-nous devenus si insensibles pour que nous soyons si passifs ? Il ne s’agit pas de révolution sociale et politique mais de respect, d’amour pour nos Êtres. Plus fort que toute manifestation, se souhaiter la propreté pour notre intériorité (qui dépend de nous) nous donnerait la force de refuser la contamination par tous ces produits qui ne relèvent principalement que du profit. Dépolluons notre cœur. La tendresse pour nos milliards de cellules salies qui constituent notre corps, la compassion pour notre esprit à assainir procurent une victoire inégalable sans guerre contre personne. Cette victoire renverse les forces destructrices. Merci à Christian Vélot de nous éclairer brillamment sur cet aspect de la pollution qui continuera après nous. Docteur en sciences biologiques et médicales et généticien moléculaire à l’université Paris-Saclay, Christian Vélot est membre du conseil scientifique du Comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique (Criigen) et administrateur de la Fondation Sciences Citoyennes. Notre environnement se caractérise aujourd’hui — et depuis plusieurs décennies — par la présence inquiétante et quasi généralisée de molécules de synthèse étrangères à la vie (xénobiotiques), rémanentes et dangereuses pour la santé, que l’on appelle des POP (polluants organiques persistants). Il s’agit pour la plupart de perturbateurs endocriniens (PE) dont on entend beaucoup parler, mais pour lesquels rien n’est fait de la part des pouvoirs publics, tant pour empêcher leur présence et leur propagation que pour en limiter les effets néfastes. Définition des perturbateurs endocriniens (PE) La notion de PE a été introduite en 1991 par madame Theo Colborn, zoologiste et épidémiologiste américaine, plusieurs décennies après que des biologistes ont alerté la communauté scientifique suite à des observations d’anomalies de l’appareil génital et de troubles de la reproduction de divers animaux exposés dans leur environnement à des polluants chimiques capables d’interférer avec les actions des hormones [1-9]. Theo Colborn donne alors à ces polluants le nom de « perturbateurs endocriniens », qu’elle définit comme toute substance ou mélange de substances entraînant des effets néfastes sur la santé de l’organisme qui y est directement exposé et/ ou de sa descendance, en raison d’une altération de l’équilibre hormonal résultant de désordres de la fonction endocrinienne. Le système endocrinien est composé de l’ensemble des organes et glandes qui ont la capacité de relâcher des hormones dans le sang. Il comprend les ovaires, les testicules, les glandes thyroïdes, parathyroïdes et surrénales, l’hypophyse, l’hypothalamus, le pancréas, ainsi que les cellules sécrétrices d’hormones situées dans le tube digestif, les reins, le cœur et le placenta. Les PE comprennent notamment les bisphénols (constituants de plastiques), les phtalates (assouplissants de plastiques) les parabènes (conservateurs), les composés perfluorés (agents réfrigérants, produits imperméabilisants, antitaches…), les polybromodiphénylethers (retardateurs de flamme), de nombreux pesticides (insecticides, herbicides, fongicides, etc.), les PCB (contaminants des eaux, très persistants et s’accumulant dans les poissons), les dioxines (rejetées principalement par les incinérateurs de déchets), certains métaux lourds (mercure, plomb, cadmium, etc.). Si cet article vous plaît, pensez à faire un don. Le fonctionnement du site a un coût. Il n’y a pas de publicité. Vous avez un bouton « don » sur le côté. Merci de votre participation quel que soit le montant. PE et maladies chroniques De nombreuses études ont mis en évidence le lien entre des maladies dites « chroniques » — les fameuses « co-morbidités » dont on a tant entendu parler pendant la crise COVID mais contre lesquelles on n’a pour autant rien fait, le masque et le gel hydro-alcoolique n’y pouvant rien… — et l’exposition à des produits chimiques tels que les bisphénols [10, 11], le plomb [12], les pesticides [13, 14], les dioxines [15], les phtalates [16] et autres perturbateurs endocriniens [17-27]. Ces maladies chroniques incluent les cancers, les maladies cardiovasculaires, le diabète de type 2, l’obésité, les troubles neuro-dégénératifs, les anomalies de différenciation sexuelle et du développement… Dès 2008, l’Organisation mondiale de la santé (O.M.S.) alertait sur l’explosion des maladies chroniques alors responsables de 63 % des décès dans le monde (soit 36 millions de  morts) dont 29 % avaient moins de 60 ans [28]. On assiste notamment à une explosion des cancers [29-33] qui ont augmenté de 33 % entre 2005 et 2015 [34], ainsi que des maladies cardiovasculaires [35]. En 2015, le cancer a causé plus de 8,7 millions de décès dans le monde et a été la deuxième cause de décès derrière les maladies cardiovasculaires [36]. Une particularité des PE est qu’ils sont, dans la grande majorité, lipophiles. Ils n’ont donc aucune difficulté à traverser la bicouche lipidique qui constitue la membrane de chacune de nos cellules (membrane plasmique), et vont s’accumuler dans nos tissus gras, et donc dans le cerveau dès lors qu’ils sont en capacité de franchir la barrière hémato-encéphalique. Une autre caractéristique est leur très grande stabilité, qui en fait des molécules bio-accumulables : la dose absorbée aujourd’hui s’ajoute à celle absorbée hier, avant-hier, la semaine dernière, voire les années précédentes. C’est la raison pour laquelle la notion de DJA (dose journalière admissible) n’a aucun sens pour les PE. Cette stabilité varie d’une famille de PE à une autre, voire d’un PE à un autre au sein d’une même famille. Les plus stables sont sans doute les PCB, dont la demi-vie (temps nécessaire pour qu’ils disparaissent à 50 %) peut atteindre 2 700 ans ! Le fait que la fabrication et l’utilisation de ces substances sont interdites en France depuis 1987 ne signifie donc pas que nous ne sommes plus concernés — et loin de là — par leur pollution. Leur large utilisation dans de nombreux secteurs a entraîné une contamination généralisée de l’environnement et notamment

Lire la suite »
Equipe de rédaction Reflets 20 juillet 2026 Aucun commentaire
Faire la paix intérieure
Equipe de rédaction Reflets

Faire la paix intérieure, Jocelin Morisson

  Jocelin Morisson est journaliste scientifique, auteur et traducteur, rédacteur en chef de la revue trimestrielle Natives, dédiée aux peuples racines et aux racines des peuples. Dernier ouvrage paru : Le Secret de la vie, avec Romuald Leterrier, Guy Trédaniel éditeur, 2026. “Assez de l’idolâtrie du moi et de l’argent. Assez des démonstrations de force. Assez de guerres. La véritable force se manifeste en servant la vie ». En augustinien affirmé, le pape Léon XIV sait le poids de ses mots adressés sans le nommer au président américain Donald Trump. C’est d’ailleurs sur le terrain théologique qu’a répondu l’entourage de Trump en évoquant le concept de « guerre juste » – cher à saint Augustin. En droit international, la « guerre juste » ne peut s’envisager que dans le cadre d’interventions humanitaires. L’Église catholique a, quant à elle, abandonné ce point de doctrine au milieu du XXe siècle. « Il n’existe pas de guerre juste », a confirmé le pape François en mars 2022, à propos du conflit en Ukraine. Dès lors, le seul horizon est la paix, et il doit s’agir là aussi d’une « paix juste », au sens des prophètes de l’Ancien Testament : pas de paix sans justice. N’est-ce pas l’objet de la Création que d’ordonner le chaos, le pacifier, en donnant à chaque chose sa « juste » place ? Pour l’être humain, cette juste place est à trouver, pour finaliser l’ouvrage, mais les fruits sont la paix et la joie. C’est « la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence », qu’apporte Jésus ressuscité, et elle n’est pas de ce monde. D’autres enseignements nous disent que la paix, la joie, l’amour et toutes ces belles choses sont notre nature même, qu’il s’agit « seulement » de révéler en ôtant les voiles d’illusions qui la recouvrent. Ataraxie et apatheia Notre paix intérieure peut elle aussi se révéler un horizon lointain. À condition de pouvoir se l’offrir, le luxe de cultiver la sérénité apparaîtra finalement comme un prérequis, au bonheur peut-être, ou en tout cas à l’absence de trouble, l’absence de peur, d’anxiété ou de mal-être. L’ataraxie des Grecs anciens est ainsi un état de quiétude par lequel l’âme est sereine, tranquille et équilibrée. Il faut donc éliminer la source des troubles, ce que différentes écoles et voies nous invitent à faire en insistant sur tel ou tel aspect. Pour les épicuriens, il s’agit de pratiquer des plaisirs raisonnables en acceptant un certain niveau de souffrance. Pour les stoïciens, la paix intérieure n’est possible que si l’on accepte les choses telles qu’elles sont, renonçant à agir sur celles qu’on ne peut maîtriser. Quant aux sceptiques, ils encouragent à suspendre le jugement et à ne s’attacher à aucune doctrine. Plus encore que l’ataraxie, c’est l’apatheia qu’il faut viser : l’état du sage qui méprise la douleur ou ne la ressent plus. Le « détachement » de Maître Eckart s’en rapproche, bien qu’on puisse le juger extrême puisque « l’homme qui se tient ainsi en tout détachement, (…) on le dit mort au monde… » L’apatheia, littéralement absence de « passions », donc de souffrance, a donné « apathie » qui désigne en psychologie un manque d’intérêt global pour le fait même de vivre. L’apathie est souvent la conséquence d’un traumatisme. En y encourageant, les stoïciens et les sceptiques suggèrent que la vie est en elle-même un traumatisme. Habiter le monde Faut-il alors fuir le monde pour fuir la souffrance, ou mourir au monde pour y renaître transfiguré ? Selon la psychologie contemporaine, la plus haute forme de paix intérieure naîtrait du fait de n’avoir aucun désir d’être compris, admiré, plaint ou connu ! Pour le bouddhisme, la cessation de la souffrance qui est au cœur du « projet » ne peut s’appuyer que sur l’équanimité, un état de sérénité durable et de tranquillité de l’âme qui s’atteint en identifiant les causes de la souffrance (ignorance, avidité, aversion) et en pratiquant la compassion. Il s’agit aussi de se défaire de l’identification au moi et au corps. L’éveil spirituel qui peut en découler est aussi une transfiguration, une métanoïa, soit une métamorphose qui procède de l’individuation chez Jung, ou un « retournement tout entier de l’être » selon les chrétiens orthodoxes. On a là matière à méditer car au contraire de vouloir fuir le monde il faudrait vouloir pleinement l’habiter, cela ne pouvant se réaliser qu’« à travers » le corps. Jung et sa « conjonction des opposés » nous aident à comprendre qu’habiter pleinement le monde, c’est le transcender, car c’est le toucher et être touché par lui, de sorte que les deux font un. Et c’est aussi transcender le temps et l’espace. La réalisation véritable, selon les traditions asiatiques, conduit à la félicité qui n’est autre que notre véritable nature, en tout cas l’une de ses manifestations. Une autre forme de la paix de Dieu, même si le shivaïsme souligne que « la substance du monde et celle du créateur sont une », insistant sur l’immanence du divin. Pour lire l’article en entier, Reflets n°60 pages 56 à 59

Lire la suite »
Equipe de rédaction Reflets 9 juillet 2026 Aucun commentaire
La fête, harmonisation du Vivant
Equipe de rédaction Reflets

La fête, harmonisation du Vivant Rencontre avec Tigran

  Tigran est visité, dès son enfance, par des expériences extraordinaires. Rêves lucides, extases spontanées et clairaudience peuplent ses jeunes années. Touché par les arts sacrés et les plantes enseignantes, il étudie le chant classique et l’ethnomusicologie avant de publier ses premiers livres et de partir à la découverte des cultures du monde. Après avoir œuvré pendant 25 ans comme éditeur dans le champ de la nature et des spiritualités, il signe son retour aux plaisirs de la plume avec la saga Shaman. À quelles fêtes de tradition chamanique avez-vous assisté ? Quel sens ont-elles ? Pour préciser les choses, j’ai fait des études de musicologie (diplômé il y a 35 ans à la Sorbonne), et j’ai basculé en 1990 en ethnomusicologie, moment où je me suis intéressé aux musiques de transe, et où je suis allé enregistrer des musiques ethniques sur différents continents. Il y a des fêtes qui se veulent sacrées, car elles sont en fait des rituels, des cérémonies et qu’elles opèrent dans un contexte sacré, que l’on parle d’un chamanisme masculin et parfois très territorial, ou féminin et plus subtil, sophistiqué ou au contraire archaïque. C’est quelque chose qu’on retrouve dans tous les chamanismes sur divers continents : des chamanismes du chaud ou du froid ou des chamanismes liés aux esprits des animaux, des ancêtres, des lieux, des chamanismes avec ou sans tambours, avec ou sans plantes. Il y a un fond sacré dans ce type de « fête » puisqu’elle se révèle être une cérémonie, par exemple en hommage à un chamane disparu, à l’équinoxe, au solstice, à un rituel (de guérison physique, psychique, pour le retour de la pluie, l’abondance de la chasse, la qualité des récoltes, ou la pacification de relations entre un plan et un autre). La fête, dans les différents chamanismes que j’ai pu côtoyer, n’était pas profane. Elle est par essence sacrée et il ne s’agit pas d’être croyant ou pas, d’être pratiquant ou pas. Cela fait partie d’une cohérence de fond car le sacré est partout. Si cet article vous plaît, pensez à faire un don. Le fonctionnement du site a un coût. Il n’y a pas de publicité. Vous avez un bouton « don » sur le côté. Merci de votre participation quel que soit le montant. Quand on veut résoudre un problème par une fête, elle n’est pas récréative, elle a une utilité, une fonction et un but de ré-harmonisation, de pacification, de résolution de certains conflits, de certains problèmes qui peuvent aussi être matériels. Si vous avez une verrue, dans les traditions chamaniques, on va bien sûr s’en occuper, mais considérer que la verrue, c’est l’épiphénomène en bout de chaîne, qui est la dernière manifestation de quelque chose, mais qui n’est pas le problème en soi. Le vrai problème serait d’abord énergétique. On va voir s’il y a quelque chose dans une forme de trame qui ne serait plus harmonieuse, lumineuse. On va même aller plus loin et aller chercher, derrière la cause de cette dysharmonie, la cause qui peut être émotionnelle. On va s’attacher à remonter à la racine plutôt qu’à être hypnotisé par l’épiphénomène de fin de course, car si on supprimait la verrue, ça en ferait apparaître une autre ailleurs ou un eczéma ou autre. Pourquoi je fais une parenthèse sur cet aspect de guérison ? D’une part, parce que la guérison, dans les fêtes chamaniques, est souvent au cœur du sujet. Chamane, c’est un mot qui vient des Toungouses, au nord de la Mongolie, en Sibérie, et qui, à l’origine, veut dire celui qui sait et s’agite. Mais dans d’autres cultures on parle de femme-médecine, d’homme de connaissance, de femme de pouvoir, de curandera, de guérisseur, au même titre d’ailleurs que dans nos propres traditions européennes où nous avons toujours eu des rebouteux, des barreurs de feu, des guérisseuses. Et il y a quelque chose dans la fête, que ce soit par la transe ou les symboles sacrés, qui a un certain sens. Ces fêtes ont un but : réintroduire de l’harmonie, des énergies de guérison, de la beauté ou de l’ordre dans le chaos et dans le désordre. Le chamane est en général un expert dans le voyage vers les puissances de l’invisible, vers un autre monde auprès duquel il va intercéder auprès de certains esprits, pour ramener sur terre des énergies de guérison et des informations, parfois au fil de certaines négociations (d’où un certain nombre de rituels d’offrandes, quand on honore des esprits). Au fil d’offrandes, de chants, de tambours, de cercles de femmes, et de chemins cérémoniels, on honore non seulement un lieu mais l’esprit du lieu, un arbre et, en fait, davantage l’esprit de l’arbre. Ceci pour rappeler que, dans ces cultures chamaniques, la relation à la nature elle-même, aux éléments, aux défunts, aux règnes, est fondamentalement sacrée. Il y a des fêtes qui ont parfois une visée thérapeutique, d’autres qui semblent commémoratives. Il y a donc différentes sortes de fêtes qui ont toutes un but d’harmonisation avec les esprits, entre les règnes et les personnes ? Oui, mais avec le temps, il y a peut-être certaines déviances ou désacralisations qui ont, notamment, été influencées par les apports du tourisme occidental. Quand on introduit dans certaines de ces fêtes l’alcool ou que l’argent vient s’en mêler, on voit que ces paramètres vont modifier certains contextes qui étaient beaucoup plus recueillis. Il y a une double vision, une double signification qui parfois échappe complètement au visiteur de passage qui ne verra que la forme de la fête, mais qui passera peut-être à côté d’une autre fonction dans la mise en relation entre le chamane et le monde invisible. La fête, ça peut être parfois une fête d’équinoxe ou de solstice, une célébration en l’honneur de la pleine lune ou du soleil. Ce qu’il y a derrière n’est pas seulement un caractère festif, mais aussi la volonté d’honorer les esprits, de se prémunir contre d’éventuelles déconvenues au cœur de l’hiver, et de témoigner par avance de son respect pour honorer

Lire la suite »
Equipe de rédaction Reflets 23 juin 2026 Aucun commentaire
les clés pour un futur sain
Equipe de rédaction Reflets

Amour et sagesse : les clés pour un futur sain, Dr Daniel Chevassut

  Daniel Chevassut, aujourd’hui à la retraite, a été médecin homéopathe, praticien attaché des hôpitaux, créateur et responsable en 1998 d’une consultation de la souffrance en milieu hospitalier. Pratiquant bouddhiste, il fut représentant de cette tradition religieuse au sein de l’Assistance publique de Marseille. Pour les gens de ma génération, et peut-être également  pour les plus jeunes, nous traversons actuellement une époque très difficile : déshumanisation, dictature informatique, cyberattaques multiples, déviances de l’intelligence artificielle, avenir robotisé, violences croissantes, guerres, incitation à la surconsommation, problèmes écologiques, etc. Comment l’expliquer et que faire ? Ce n’est pas facile à expliquer, mais probablement mon exercice de médecin hospitalier spécialisé dans la prise en charge de la souffrance et de la fin de vie m’a aidé à y voir plus clair. En effet, écouter les patients, leurs proches, leur famille, leur parcours de vie, leur histoire, accompagner leur dernier souffle, permet d’avoir une vision plus profonde de ce qui peut permettre à un être humain d’être heureux. Être confronté à la souffrance, que celle-ci soit physique, psychologique, sociale, etc., ou encore aux derniers instants de vie met en évidence, d’une manière limpide, ce qui est essentiel dans la vie. Ce qui est essentiel dans la vie, c’est tout simplement l’amour. L’amour authentique, c’est ce souhait du cœur profond pour faire tout ce qui nous est possible pour rendre l’autre heureux. L’autre doit être compris au sens large : les êtres humains, les animaux, la nature, etc., d’autant que nous sommes tous interdépendants. Un de mes maîtres spirituels m’avait dit il y a bien longtemps : « Plus l’être humain sera perturbé intérieurement, plus la nature se mettra au diapason : tremblements de terre, tempêtes, etc. » C’est ça, l’interdépendance et c’est ce que l’on observe aujourd’hui. Comme le disait si bien Pierre Rabhi : « La terre ne nous appartient pas, c’est nous qui appartenons à la terre ». Arroser une plante lorsqu’elle est déshydratée est un acte précieux, c’est un acte de respect et d’amour. L’informatique et l’intelligence artificielle ont certes des avantages. Néanmoins, une des conséquences de cette digitalisation excessive est la diminution des contacts humains ainsi que celle de la capacité à ressentir et à éprouver. Or, l’être humain est un être sensible. Le ressenti est une source d’informations essentielles, non négligeables. Souvent, les personnes qui exercent actuellement dans le domaine de l’informatique ou de l’intelligence artificielle me font penser aux personnes qui ont créé la bombe atomique. Celles-ci étaient sûrement des personnes brillantes, intelligentes et probablement aussi des bonnes personnes. Mais avaient-elles conscience des conséquences de leur acte ? Sûrement pas. Ce qui leur a manqué, c’est la sagesse. La sagesse est essentielle pour une vie heureuse. Si cet article vous plaît, pensez à faire un don. Le fonctionnement du site a un coût. Il n’y a pas de publicité. Vous avez un bouton « don » sur le côté. Merci de votre participation quel que soit le montant. La sagesse, c’est la vision profonde de comment les choses fonctionnent vraiment. Elle est bien au-delà de tout intellect et de toutes démarches scientifiques. Elle est le fruit d’une réalisation spirituelle profonde, une voix de la Vérité qui nous guide intérieurement. Lorsque j’exerçais à l’hôpital, je pratiquais ce que j’appelais la radiographie contemplative. Avant même d’écouter et d’examiner un patient, je ressentais, simplement. Sans analyse, je ressentais qui j’avais en face de moi. Puis dans un deuxième temps, j’écoutais et j’examinais la personne, en accord avec ce que la science médicale m’avait appris. Bien souvent, cette vision profonde m’a donné des informations fondamentales sur la situation de ce patient, informations que je n’aurais jamais pu trouver par un simple interrogatoire, la conséquence étant bien souvent un bon traitement et de bonnes décisions concernant certains examens complémentaires nécessaires. Cette sagesse nous permettrait de prendre les bonnes décisions pour un futur sain. Pour lire l’article en entier, Reflets n°59 pages 9 à 10

Lire la suite »
Equipe de rédaction Reflets 9 juin 2026 Aucun commentaire
Écouter la voix de l'essentiel
Equipe de rédaction Reflets

Écouter la voix de l’essentiel, Laurent Jouvet

  Né à Djibouti en 1957, d’un père militaire souvent en déplacement, Laurent Jouvet a gardé l’empreinte du nomadisme. Après des études à l’École normale de Grenoble, il devient professeur de biologie et de physique, il poursuit ses études au conservatoire de musique de Genève. Il entre en 1983 au monastère de Hautecombe (Savoie) puis au monastère de la Grande Chartreuse et il quitte la vie monastique en 1990. Il reprend des études d’organiste en Allemagne, devient maître de chapelle, dirige l’ensemble baroque de Stuttgart. En 2003, il rentre en France et depuis, il anime dans toute l’Europe des stages de méditation, de grégorien, et intervient dans différents monastères à ce sujet. Il écrit maints ouvrages de spiritualité. Est-ce qu’il y a un évènement particulier qui t’a attiré vers la vie spirituelle ? Pas particulièrement, je pense que c’était une espèce de lame de fond de toute ma vie. Quand j’étais au collège, j’étais souvent fourré dans les églises… À part que ce n’était pas du tout ma tradition ! J’ai commencé à jouer de l’orgue, puis j’ai fini par accompagner des cultes protestants, puisque je viens d’une culture protestante. Ensuite, je suis entré au monastère, avec cette quête de l’essentiel, de la mystique. Une manière de chercher des réponses aux trois grandes questions de ma vie : de quoi s’agit-il quand on parle de spiritualité et de mystique ? Quels sont les moyens pour progresser dans ce chemin ? Et puisque c’est ma fonction, comment est-ce que ça peut se transmettre, ou plutôt, comment est-ce qu’on peut aider à éveiller les gens qui viennent à nous ? Qu’est-ce qui t’a fait entrer dans la vie monastique ? J’avais idéalisé la vie monastique. Dans un monastère, il y a une ambiance un peu feutrée, sacrée. Les moines chantent et, comme je suis musicien, le chant grégorien m’a toujours attiré. Et donc, ça m’a dirigé vers le monastère, mais peut-être pas pour les bonnes raisons. Dans une église catholique, derrière le conservatoire de Genève où j’étais étudiant, j’allais entre deux cours me poser pour essayer de rentrer un peu en moi. Il y avait quelques livres, entre autres des petits livres sur des saints ; ils présentaient la vie spirituelle d’une manière un peu particulière : de grands mystiques qui avaient de grandes extases, de grandes souffrances, et qui vivaient des choses extraordinaires. Je me suis dit : ça doit être ça, cette espèce de dépouillement absolu et de rencontre un peu exaltante avec… « Dieu », pour faire simple. Je me suis évidemment vite rendu compte que la réalité est bien différente, et c’est bien normal : les moines sont des êtres humains comme les autres. Qu’est-ce qui t’en a fait sortir ? Je n’y étais pas vraiment nourri spirituellement. On a bien accès à tout ce qu’on veut au niveau littérature, mais au niveau de la direction spirituelle, le monde monastique est très orienté vers l’observance. Si tu observes les règles de l’ordre, tu fais bien ton travail. La vie monastique, pendant des siècles, est considérée comme un travail. C’est pour ça qu’on parle d’office monastique. On est là pour prier pour le monde. On est là pour faire les offices et ne pas en manquer un seul. C’est un boulot comme les autres. Mais le problème majeur que je vois dans les représentations que l’on a au monastère, c’est toujours la mise à distance du divin : on est toujours en train de parler à une troisième personne, à quelqu’un, à Dieu, à Jésus, à Marie, à un saint, bref à une instance extérieure à soi. Pourtant, dans l’Évangile, Jésus dit bien : « Le Royaume des cieux (c’est-à-dire le lieu où Dieu habite) est en toi ». Le divin habite en moi et les mystiques n’arrêtent pas de le répéter, comme Maître Eckhart et beaucoup d’autres. Comme le rôle de directeur spirituel est donné au maître des novices, on dépend beaucoup de sa personnalité. Je suis tombé sur des gens sympathiques et assez remarquables. Pour mon premier maître des novices, la solution, c’était la dévotion : « Tu as un problème ? Il faut demander à la Vierge Marie ! » Pour moi qui venais du protestantisme, c’était hors sujet. Et mon deuxième maître des novices, lui, mettait beaucoup l’accent sur la psychologie. Or, la psychologie vient après l’éveil, car c’est seulement après avoir compris que l’essentiel habite au fond de soi que l’on peut revisiter ses conditionnements et sa psyché. Je pense qu’il est beaucoup plus pertinent d’entrer d’abord dans la grande conscience ouverte et aimante, qui est l’éveil ou l’union à Dieu, pour permettre ensuite de revisiter, avec beaucoup de bienveillance, mes nœuds, mes traumatismes qui sont relativement petits par rapport à l’immensité de la conscience qui s’est éveillée. Je suis sorti de la vie monastique, car je sentais que quelque chose me manquait. Je peux lire tout ce que je veux, mais il faut quelqu’un auprès de moi qui me dirige dans le bon sens en disant : « Fais gaffe, ne va pas là, c’est une impasse, mais essaie ça… » Mais ce n’est qu’aujourd’hui que j’ai pu analyser ce besoin d’accompagnement spirituel. Si cet article vous plaît, pensez à faire un don. Le fonctionnement du site a un coût. Il n’y a pas de publicité. Vous avez un bouton « don » sur le côté. Merci de votre participation quel que soit le montant. Tu le dis, dans ton histoire, au fond, tu es très nomade ! Oui, l’Esprit souffle où il veut, et chez moi c’est en plein vent ! Cela dit, j’ai beaucoup appris au monastère. J’ai appris le grégorien, la théologie, la philosophie, le grec, le latin… Mais il y a des choses que j’enseigne aujourd’hui que j’aurais bien aimé entendre quand j’étais au monastère : par exemple, ce qu’est pragmatiquement « l’union à Dieu » dans un contexte monastique, ou « l’éveil » quand on est dans un autre contexte ? Tout était très intellectuel et donc inaccessible à

Lire la suite »
Equipe de rédaction Reflets 22 mai 2026 Aucun commentaire
Brigitte Bardot : celle qu’on n’a pas su voir
Christian ROESCH

Brigitte Bardot : celle qu’on n’a pas su voir

  Comme beaucoup de personnes d’un certain âge, j’avais une certaine admiration pour Brigitte Bardot, teintée d’une légère ironie condescendante pour la ménagerie dont elle s’était entourée. À l’occasion de sa mort, j’ai lu les articles publiés dans Paris Match n° 4001 et 4006, en particulier ceux de Christian Brincourt et d’Arthur Loustralot. Entre les lignes, ce fut une révélation. L’activité de Brigitte Bardot pour la protection des animaux correspondait exactement à la notion de TÂCHE selon l’enseignement de Gitta Mallasz. Précisons ce qu’est une tâche, quels en sont les critères : – ce pourquoi nous sommes venus sur terre ; – elle ne peut s’accomplir qu’avec notre partie Lumière, complément invisible de notre partie matière, visible. Nommée ange, ou pour Gitta Mallasz Pareil de Lumière, ou Maître intérieur, guide ; – le plus souvent, la tâche succède au métier. Le déclencheur est la crise de la quarantaine ; – ainsi il y aurait deux parties dans la vie active : le métier puis la tâche ; – plus la première partie est réussie, plus elle est un socle solide pour la seconde. La première concerne la vie affective, professionnelle et sociale ; – la première est centripète gravitant autour du moi, conjuguant le verbe avoir ; – la seconde est centrifuge, centrée sur « je sers », conjuguant le verbe être. Brigitte Bardot coche toutes les cases. Une réussite professionnelle époustouflante. Une vie sociale internationale, artiste adulée dans le monde entier. Une vie affective d’avant-garde. C’est une femme libre, à l’aise avec son corps, libre dans ses amours. Et, au sommet de la gloire, elle décide de tout arrêter. Elle a 38 ans. Le moment de la crise de la quarantaine est un appel, difficilement formulable, à changer de vie. Chacun perçoit plus ou moins ce constat implacable : « Mais ma vie ne peut pas être que ça ! » Brigitte plaque tout. Elle trace son destin : adoucir la vie des bêtes confrontées à la sauvagerie humaine. Prodigieux « saut dans l’inconnu » comme l’appelait Gitta Mallasz. Passage délicat d’un monde connu où B.B. réussit facilement, à un monde nouveau, fondé sur des valeurs tout autres. Ce n’est plus gagner de l’argent grâce à ses talents, avec une reconnaissance publique, idolâtrique. C’est un monde de don de soi, d’inspiration, sans repère, quittant la matérialité, les amours éphémères pour l’engagement total, porté par un amour d’une autre nature. B.B. se consacre corps et âme aux animaux. On se trompe sur ce terme. La vigueur de sa tâche n’est pas dans l’affection qu’elle portait aux bêtes qui l’entouraient, ni même dans les refuges qu’elle a fondés. Les médias aiment à relever cet aspect très visuel qui lui va si bien. Des chatons dans les bras, des chiens à ses pieds, âne, chèvre, poulain dans l’encoignure de la porte. Si cet article vous plaît, pensez à faire un don. Le fonctionnement du site a un coût. Il n’y a pas de publicité. Vous avez un bouton « don » sur le côté. Merci de votre participation quel que soit le montant. En réalité, l’activité principale de Brigitte se passe à son bureau, à écrire aux ministres, aux députés, au président de la République, aux grands de ce monde. C’est un combat qu’elle a mené contre l’archaïsme, les traditions sauvages, pour faire évoluer la conscience humaine, la sensibiliser aux souffrances animales. Elle a combattu la sauvagerie humaine en allant sur les lieux les plus durs. En 1977, non sans risque, elle se rend sur la banquise canadienne pour dénoncer le massacre des bébés phoques. Elle y rencontre Paul Watson qu’elle soutiendra jusqu’au bout. Trois ans plus tard, le résultat est là : l’interdiction de l’importation en Europe des peaux et produits dérivés des phoques. Dès 1962, elle militait pour l’étourdissement du bétail dans les abattoirs. En 1986, elle crée une fondation, reconnue d’utilité publique en 1992. À ce sujet, citons Christian Brincourt : Pour financer le refuge de Bazoches, Brigitte a vendu sur la Place des Lices, ses robes, sa lingerie, ses bibelots… Plus tard elle a mis aux enchères devant 3000 personnes et 17 chaînes de télévision internationales, l’ensemble de ses objets de valeur, bijoux ou meubles. Avec les 500 000 euros recueillis, fut créée la Fondation Brigitte Bardot, baptisée avec cette formule : « J’ai donné ma jeunesse et ma beauté aux hommes, je donne ma sagesse et mon expérience aux animaux ». Reconnue d’utilité publique en 1992, la Fondation Brigitte Bardot est aujourd’hui présente dans plus de 30 pays et gère un budget de plus de 20 millions d’euros. Pour lire l’article en entier, Reflets n°59 pages 6 à 7

Lire la suite »
Christian ROESCH 9 mai 2026 Aucun commentaire
La joie festive, expression de la sagesse
Equipe de rédaction Reflets

La joie festive, expression de la sagesse, Denis Malis

« Après plus de deux décennies consacrées à la gestion et l’organisation des services techniques dans plusieurs collectivités territoriales et une vie de famille bien remplie avec trois enfants, une pratique dans les arts martiaux bien structurée, une décision radicale m’a ouvert les portes d’un nouveau paradigme. Celui de la liberté d’être. Après avoir participé activement à la création de deux temples bouddhistes et ayant le grand privilège d’être un élève très proche de mon maître, me voici depuis de nombreuses années enseignant de yoga, de méditation et du dharma. Je transmets également une passion, la géobiologie (la santé de l’habitat) et la sourcellerie. » Méditation La simplicité d’être, 2025, Mama éditions. Le sens de la fête dans le bouddhisme… Une thématique fort intéressante qui, en fait, questionne si peu de monde pour celles et ceux qui « font » la fête, mais peut-être pas pour celles et ceux qui « célèbrent » festivement un évènement, une date, une autorité spirituelle… Originellement, le mot « fête » (festa en latin) désigne les jours consacrés aux réjouissances religieuses, aux célébrations et aux jours chômés en l’honneur des dieux et divinités. Dans le bouddhisme, la fête ne se réduit pas à une agitation ou à une recherche de distraction, elle s’enracine dans un rapport profond au sacré, au vivant et à la conscience. Elle est un moment privilégié où la célébration permet le souvenir et le rappel de l’éveil du Bouddha, de la transmission de son enseignement, mais aussi permet de cultiver la gratitude envers les maîtres et la lignée, ainsi qu’envers tous les êtres, car rien n’existe isolément. Si cet article vous plaît, pensez à faire un don. Le fonctionnement du site a un coût. Il n’y a pas de publicité. Vous avez un bouton « don » sur le côté. Merci de votre participation quel que soit le montant. Lorsqu’une sangha (communauté) se rassemble, elle ne le fait pas pour rompre avec la quête intérieure mais, bien au contraire, pour l’honorer ensemble dans la joie, le rire, le silence, la récitation, la méditation ou l’offrande. Car la joie n’est pas ennemie de la sagesse ; au contraire, elle en est l’expression la plus naturelle. La joie naît de la compréhension profonde de la souffrance et de la cessation de la souffrance. Elle s’exprime par la simplicité : un sourire, un geste, un partage, une attention, un repas préparé avec soin… Lorsque l’on évoque le bouddhisme, la fête n’est pas le premier mot qui vient à l’esprit. On pense plus volontiers à la méditation, au silence, à l’impermanence, voire à une certaine austérité. La fête, à l’inverse, semble appartenir à un autre registre : celui de l’excès, de l’oubli de soi, de l’expansion des désirs des sens, des plaisirs consommés… Dans nos sociétés contemporaines, la fête est souvent investie d’une fonction qui la dépasse. Elle ne sert pas seulement à célébrer un évènement, une saison ou une rencontre. Elle devient un moyen de rompre avec le quotidien, de faire taire une inquiétude diffuse, de suspendre, pour quelques heures, le sentiment que quelque chose nous échappe. Le bouddhisme observe cela avec une grande sobriété. Il ne condamne pas. Il ne moralise pas. Il constate simplement que lorsque la fête est chargée de nous délivrer de l’inconfort fondamental de l’existence, elle se fragilise. Car elle promet ce qu’aucune expérience conditionnée ne peut offrir : une échappée durable hors de l’impermanence. Dans la perspective bouddhiste, la joie n’est ni suspecte ni sacrée. Elle est un phénomène parmi d’autres. Elle apparaît, elle se déploie, elle disparaît. Comme tout ce qui est vivant. On pourrait dire que le bouddhisme propose une joie sans contrat à durée indéterminée. Cette joie-là est plus simple. Moins spectaculaire, peut-être, mais étonnamment stable. Elle ne dépend pas de l’intensité de l’expérience, mais de la qualité de présence avec laquelle elle est vécue. Pour lire l’article en entier, Reflets n°59 pages 44 à 47 

Lire la suite »
Equipe de rédaction Reflets 22 avril 2026 Aucun commentaire
Qu'est-ce que la fête
Christian ROESCH

Qu’est-ce que la fête ?

Trois mots surgissent comme un trépied : Fête – Célébration – Réjouissance Et une explication : la fête est avant tout un état d’esprit. Ceci me paraît tellement condensé, à l’encontre de l’idée de la fête, manifestation  extérieure plus ou moins collective. Une célébration, une réjouissance ? Qu’y a-t-il de plus fort à célébrer si ce n’est la venue du Royaume des Cieux ? Le reste en découle. Célébrer la naissance des prophètes, des saints, du Christ, sont des rappels. Célébrer les grands événements de l’existence individuelle sont aussi des rappels pour mesurer sa progression. Naissance, mariage… mort. Les fêtes collectives ont aussi leur utilité sociale comme les fêtes militaires, les fêtes de la nature. Si cet article vous plaît, pensez à faire un don. Le fonctionnement du site a un coût. Il n’y a pas de publicité. Vous avez un bouton « don » sur le côté. Merci de votre participation quel que soit le montant. Peu à peu, la notion de fête se met en place. Je vois les défilés militaires, le 14 juillet, l’armistice dont le but est de souder la nation devant les potentiels ennemis. Je pense aux fêtes de la nature, à celle des moissons pendant les vacances dans mon enfance. On leur a souvent greffé des fêtes liturgiques. Saint Vincent ne représente-t-il pas la fête des vendanges ? Ces fêtes liturgiques appellent la commémoration de ceux qui annoncent le Royaume. Naissance du Christ Jésus, mais aussi de Bouddha, de Mahomet. Là encore, manifestations collectives pour dire « Nous avons la même espérance. » Mais le sommet du trépied Fête – Célébration – Réjouissance me semble individuel. Oui, c’est un état d’esprit. Qu’en est-il au-dehors ? Oh, pas de manifestation exubérante, juste un discret sourire attendrissant le visage, même bien ridé. Et au-dedans ? Pour lire l’article en entier, Reflets n°59 page 19

Lire la suite »
Christian ROESCH 8 avril 2026 Aucun commentaire
« Précédent Page1 Page2 Page3 … Page46 Suivant »

Rechercher

Suivez-nous

Facebook Youtube

Newsletter

Inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter pour recevoir les actualités de Reflets.

loader

Votre adresse courriel sert uniquement à vous envoyer notre newsletter et des informations sur les activités de Revue Reflets. Vous pouvez vous désabonner à tout moment grâce au lien qui figure dans la newsletter.

Derniers articles

Loading...

La paix, une sublimation, chronique du père André-Marie

par Père André-Marie
•
23/08/2026

Nous sommes la paix Sofia, Stril-Rever

par Equipe de rédaction Reflets
•
8/08/2026

Le scandale sanitaire hors norme des perturbateurs endocriniens, Dr Christian Vélot

par Equipe de rédaction Reflets
•
20/07/2026

Faire la paix intérieure, Jocelin Morisson

par Equipe de rédaction Reflets
•
9/07/2026

La fête, harmonisation du Vivant Rencontre avec Tigran

par Equipe de rédaction Reflets
•
23/06/2026

Découvrir

Catégories
  • 10 problèmes de la Terre
    • La disparition de la biodiversité
    • La pauvreté, les mouvements migratoires
    • La politique pervertie
    • La santé technicisée
    • La surconsommation
    • La surpopulation mondiale
    • Les trois pollutions de la Terre
  • Article inédit
    • Inédit n°54 Le Dossier
  • Avenir de la foi
    • Au cœur de l'Occident mystique
  • Extrait d'article
    • Savez-vous encore jouer
  • Interview
  • Newsletter
  • Parcours remarquable

La revue du trimestre

Loading...
Reflets n°60

Atelier d'écriture Reflets

La méthode Reflets, expérimentée depuis 2012 pour écrire les articles de la revue, est l’outil utilisé pour passer de l’écriture émotionnelle à l’écriture inspirée.

Révélez votre génialité

S'inscrire

Nos partenaires

REFLETS, revue trimestrielle, porte un autre regard sur l’actualité essayant d’apercevoir ce qui se joue au-delà de l’aspect émotionnel, pour la société, la civilisation, voire l’Histoire.

Envelope Facebook-f Youtube

A la une

Loading...
Reflets n°60

Revue Reflets n°60

JUILLET / AOÛT / SEPTEMBRE 2026

Voir tous les numéros

Liens utiles

  • Pourquoi s’abonner
  • Mentions légales
  • Politique de confidentialité
  • CGVU
  • Pourquoi s’abonner
  • Mentions légales
  • Politique de confidentialité
  • CGVU

Revue Reflets © 2025 – Agence LEFTEO

×

Panier