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Extrait d’article

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Compléments Revue Reflets

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Compléments Revue Reflets

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La joie festive, expression de la sagesse
Equipe de rédaction Reflets

La joie festive, expression de la sagesse, Denis Malis

« Après plus de deux décennies consacrées à la gestion et l’organisation des services techniques dans plusieurs collectivités territoriales et une vie de famille bien remplie avec trois enfants, une pratique dans les arts martiaux bien structurée, une décision radicale m’a ouvert les portes d’un nouveau paradigme. Celui de la liberté d’être. Après avoir participé activement à la création de deux temples bouddhistes et ayant le grand privilège d’être un élève très proche de mon maître, me voici depuis de nombreuses années enseignant de yoga, de méditation et du dharma. Je transmets également une passion, la géobiologie (la santé de l’habitat) et la sourcellerie. » Méditation La simplicité d’être, 2025, Mama éditions. Le sens de la fête dans le bouddhisme… Une thématique fort intéressante qui, en fait, questionne si peu de monde pour celles et ceux qui « font » la fête, mais peut-être pas pour celles et ceux qui « célèbrent » festivement un évènement, une date, une autorité spirituelle… Originellement, le mot « fête » (festa en latin) désigne les jours consacrés aux réjouissances religieuses, aux célébrations et aux jours chômés en l’honneur des dieux et divinités. Dans le bouddhisme, la fête ne se réduit pas à une agitation ou à une recherche de distraction, elle s’enracine dans un rapport profond au sacré, au vivant et à la conscience. Elle est un moment privilégié où la célébration permet le souvenir et le rappel de l’éveil du Bouddha, de la transmission de son enseignement, mais aussi permet de cultiver la gratitude envers les maîtres et la lignée, ainsi qu’envers tous les êtres, car rien n’existe isolément. Si cet article vous plaît, pensez à faire un don. Le fonctionnement du site a un coût. Il n’y a pas de publicité. Vous avez un bouton « don » sur le côté. Merci de votre participation quel que soit le montant. Lorsqu’une sangha (communauté) se rassemble, elle ne le fait pas pour rompre avec la quête intérieure mais, bien au contraire, pour l’honorer ensemble dans la joie, le rire, le silence, la récitation, la méditation ou l’offrande. Car la joie n’est pas ennemie de la sagesse ; au contraire, elle en est l’expression la plus naturelle. La joie naît de la compréhension profonde de la souffrance et de la cessation de la souffrance. Elle s’exprime par la simplicité : un sourire, un geste, un partage, une attention, un repas préparé avec soin… Lorsque l’on évoque le bouddhisme, la fête n’est pas le premier mot qui vient à l’esprit. On pense plus volontiers à la méditation, au silence, à l’impermanence, voire à une certaine austérité. La fête, à l’inverse, semble appartenir à un autre registre : celui de l’excès, de l’oubli de soi, de l’expansion des désirs des sens, des plaisirs consommés… Dans nos sociétés contemporaines, la fête est souvent investie d’une fonction qui la dépasse. Elle ne sert pas seulement à célébrer un évènement, une saison ou une rencontre. Elle devient un moyen de rompre avec le quotidien, de faire taire une inquiétude diffuse, de suspendre, pour quelques heures, le sentiment que quelque chose nous échappe. Le bouddhisme observe cela avec une grande sobriété. Il ne condamne pas. Il ne moralise pas. Il constate simplement que lorsque la fête est chargée de nous délivrer de l’inconfort fondamental de l’existence, elle se fragilise. Car elle promet ce qu’aucune expérience conditionnée ne peut offrir : une échappée durable hors de l’impermanence. Dans la perspective bouddhiste, la joie n’est ni suspecte ni sacrée. Elle est un phénomène parmi d’autres. Elle apparaît, elle se déploie, elle disparaît. Comme tout ce qui est vivant. On pourrait dire que le bouddhisme propose une joie sans contrat à durée indéterminée. Cette joie-là est plus simple. Moins spectaculaire, peut-être, mais étonnamment stable. Elle ne dépend pas de l’intensité de l’expérience, mais de la qualité de présence avec laquelle elle est vécue. Pour lire l’article en entier, Reflets n°59 pages 44 à 47 

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Equipe de rédaction Reflets 22 avril 2026 Aucun commentaire
Qu'est-ce que la fête
Christian ROESCH

Qu’est-ce que la fête ?

Trois mots surgissent comme un trépied : Fête – Célébration – Réjouissance Et une explication : la fête est avant tout un état d’esprit. Ceci me paraît tellement condensé, à l’encontre de l’idée de la fête, manifestation  extérieure plus ou moins collective. Une célébration, une réjouissance ? Qu’y a-t-il de plus fort à célébrer si ce n’est la venue du Royaume des Cieux ? Le reste en découle. Célébrer la naissance des prophètes, des saints, du Christ, sont des rappels. Célébrer les grands événements de l’existence individuelle sont aussi des rappels pour mesurer sa progression. Naissance, mariage… mort. Les fêtes collectives ont aussi leur utilité sociale comme les fêtes militaires, les fêtes de la nature. Si cet article vous plaît, pensez à faire un don. Le fonctionnement du site a un coût. Il n’y a pas de publicité. Vous avez un bouton « don » sur le côté. Merci de votre participation quel que soit le montant. Peu à peu, la notion de fête se met en place. Je vois les défilés militaires, le 14 juillet, l’armistice dont le but est de souder la nation devant les potentiels ennemis. Je pense aux fêtes de la nature, à celle des moissons pendant les vacances dans mon enfance. On leur a souvent greffé des fêtes liturgiques. Saint Vincent ne représente-t-il pas la fête des vendanges ? Ces fêtes liturgiques appellent la commémoration de ceux qui annoncent le Royaume. Naissance du Christ Jésus, mais aussi de Bouddha, de Mahomet. Là encore, manifestations collectives pour dire « Nous avons la même espérance. » Mais le sommet du trépied Fête – Célébration – Réjouissance me semble individuel. Oui, c’est un état d’esprit. Qu’en est-il au-dehors ? Oh, pas de manifestation exubérante, juste un discret sourire attendrissant le visage, même bien ridé. Et au-dedans ? Pour lire l’article en entier, Reflets n°59 page 19

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Christian ROESCH 8 avril 2026 Aucun commentaire
Peindre le sacré
Equipe de rédaction Reflets

Peindre le visage du sacré, Frédérique Lemarchand

Artiste peintre et sculptrice, au bord de la mort à chaque instant, Frédérique Lemarchand est inspirée, par le souffle auquel elle porte la plus vive attention. La preuve : sa joie de vivre. Qu’est-ce que le Sacré ? Y-a-t-il quelque chose qui ne soit pas sacré ? Rien de plus sacré que le corps. Le corps est un lieu sacré, c’est le jardin de la Création où danse la lumière du souffle. Le corps resplendit le beau qui le nourrit. Plus l’âme y rayonne, plus la terre s’illumine. Je vais citer Pic de la Mirandole : « Ô Adam, je t’ai fait ni mortel, ni immortel. Tu pourras dégénérer en formes inférieures qui sont animales. Tu pourras, par décision de ton esprit, être régénéré en formes supérieures qui sont divines. À la base de notre colonne vertébrale se trouve le sacrum. Le sacrum est Sacré, il fonde la verticalisation. L’os de l’épine dorsale, l’os de la queue ou l’appendice caudal, est un vestige de notre lointain passé animal. Cet os sacrum, ou os sacré, est ainsi nommé car il soutient les entrailles de l’animal que l’on offrait à Dieu dans les sacrifices. Le fondement est relié au sommet, tout ce qui est en haut et ce qui est en bas. » Cet énoncé de Pic de la Mirandole nous donne le choix de muter en progression ou de muter en dégénérescence. À savoir, est-ce que nous nous inscrivons uniquement dans une vie animale, procréatrice par le sexe, ou est-ce que nous sommes capables de livrer passage à l’Être vivifiant et créateur par le Verbe ? Au fondement du corps dans ses vertèbres sacrées, ici, le Yod qui symbolise l’étincelle de vie, le germe divin, la graine de tout ce qui existe. Le sacrum est un lieu de communion avec l’Être intérieur. Faire le Sacré, c’est l’œuvre même de la vie qui obéit à la loi fondamentale anthologique, mourir et ressusciter pour acquérir une intelligence et une sagesse nouvelles. Ça nous libère de tous nos savoirs afin de passer à une nouvelle conscience qui dépasse notre entendement. Accepter ces mutations, accueillir ces changements nous procure une joie sans chagrin au cœur même du chagrin, comme dit le poète Soufi Rûmî. C’est un amour expérientiel, plus nous mourons, plus nous devenons divins. Ainsi les Écritures disent : « Si le grain de blé ne meurt, il ne peut porter de fruit. » La semence représente le Fils de l’Homme qui meurt pour libérer le Fils de Dieu. Le Christ a accompli la descente aux enfers pour écraser la tête diabolique et libérer notre fructification en Elohim. Ce ne sont pas les souffrances qui sont inhumaines et non ontologiques qui libèrent, c’est leur mutation. Une mutation pour tous les temps, car Il dit : « Avant qu’Abraham fut, je suis. Le Christ a accompli ce baptême du Crâne afin que nous puissions le vivre et devenir ce Verbe qui prend chair, ce Verbe créateur car la parole est sacrée. Et elle prend chair en nous pour entendre Dieu et arriver à nous entendre. » Si cet article vous plaît, pensez à faire un don. Le fonctionnement du site a un coût. Il n’y a pas de publicité. Vous avez un bouton « don » sur le côté. Merci de votre participation quel que soit le montant. Comment trouves-tu le Sacré dans les épreuves de santé que tu traverses ? Nous avons le choix d’être disciples de la vie ou victimes de la vie. Nous avons le choix de choisir la vie ou la mort. Les choix de mort sont toujours dictés par le Satan. Chaque évènement de cette existence engendre des émotions que nous retrouvons admirablement ciselées dans le bestiaire de l’art roman. Ce monde de l’imaginal peuple la fosse de nos cœurs d’innombrables émotions. Alors, qu’est-ce que nous en faisons ? Nous les refoulons, ou alors, nous les prenons en main en les offrant sur l’autel de notre cœur au grand Transmutateur. Celui qui, petit à petit, va transformer notre âme animale en âme spirituelle. L’âme accomplit sa destinée grâce à l’incarnation car, incluse dans une enveloppe terrestre qui lui sert de vivier à sa transmutation, elle devient chair-lumière transfigurant notre corps animal en corps spirituel. Ce phénomène de transmutation libère le feu qui nous féconde pour enfanter le Divin. La respiration met l’âme en lumière. Le souffle est sacré. Pour lire l’article en entier, Reflets n° 58 pages 21 à 24

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Equipe de rédaction Reflets 23 mars 2026 Aucun commentaire
Cheminer avec Amma
Equipe de rédaction Reflets

Cheminer avec Amma Meenakshi, le sacré dans la vie ordinaire

Amma n’était pas venue en France depuis la Covid. Cet automne, elle était à Aix-en-Provence puis à Chartres au parc des expositions où elle a reçu 10 000 personnes par jour pendant trois jours. Trois jours intenses de joie et de sérénité. Nous sommes avec Pierre Lunel, biographe de nombreuses personnalités dont l’abbé Pierre, sœur Emmanuelle, et Amma. Rappelons qu’Amma, dès son plus jeune âge, est venue en aide aux personnes en souffrance autour de chez elle, en Inde. Elle leur apportait nourriture, soins, vêtements et elle a commencé à les étreindre (l’étreinte est nommée darshan). C’est une nouvelle voie fondée par Amma, celle du service désintéressé et pour lequel elle n’a jamais cessé de se donner. Ce 4 novembre, le programme est le même pour chaque journée : à partir de 11 heures Amma donne un enseignement, puis anime une méditation. S’ensuivent des chants sacrés et ensuite le darshan et ce jusqu’à 23 heures. Mille cinq cents bénévoles gèrent le bon déroulement de la journée. L’organisation est d’une grande qualité : tout se déroule sans heurt, sans bruit et en douceur. Chaque bénévole sait ce qu’il a à faire. Chapeau ! Pierre, de quel évènement s’agit-il ? On attendait depuis 2019 la tournée nouvelle d’Amma, interrompue par l’épidémie de la Covid. On retrouve Amma en ce 4 novembre égale à elle-même, comme si les ans n’avaient pas de prise sur elle, et sa capacité à être présente à chacun, aussi nombreux soient-ils. Qui vient la voir ? Des êtres humains en recherche et de toutes origines. Parmi eux, ceux qui viennent la voir depuis longtemps, parfois même depuis 1987, date de sa première venue en France.Les plus nombreux sont des gens qui ne l’ont jamais vue et qui en ont simplement entendu parler. Ils sont curieux d’apprendre… de savoir… Des gens le plus souvent inquiets parce que l’époque que l’on traverse est anxiogène. Bref on veut savoir ce qu’on ressent en la présence d’un grand maître. Est-ce un immense besoin d’amour ? On a tous besoin de tendresse. Quand j’entends les journalistes ironisant sur la câlino-thérapie d’Amma, cela me fait sourire. Tout le monde a besoin de tendresse, même ceux qui sont heureux (l’est-on jamais en totalité ?) On a besoin de tendresse pour rester heureux si on l’est, et si on ne l’est pas cette tendresse d’une mère fait un bien fou, même si le reste demeure entre nos mains. Le darshan n’est rien d’autre que l’expression de la tendresse d’une maman. Elle a commencé ainsi à 18 ans quand les pêcheurs et les paysans du Kerala venaient lui raconter leur détresse, et elle continue. Pourquoi donne-t-elle cette étreinte ? On oublie souvent une chose essentielle : quand une mère voit son enfant pleurer et lui raconter ses misères, que fait-elle ? Elle prend l’enfant contre elle, l’étreint, lui fait des bisous, le console, et cela avant même de donner des conseils et de trouver des solutions. Si cet article vous plaît, pensez à faire un don. Le fonctionnement du site a un coût. Il n’y a pas de publicité. Vous avez un bouton « don » sur le côté. Merci de votre participation quel que soit le montant. Un homme n’a évidemment pas cet instinct maternel spontané. Or on a d’abord tous besoin d’être d’abord consolé, de se sentir aimé. C’est sans doute pourquoi le bon Dieu envoie des grands maîtres féminins. Ce qu’elle fait, cela va au-delà de l’aspect affectif ? On oublie qu’il y a un enseignement. Ce n’est pas seulement une étreinte, c’est un trésor d’enseignement, issu d’une sagesse plurimillénaire. Un enseignement tiré et inspiré à partir de ce que les gens lui apportent. Elle enseigne comme Jésus, comme par parabole. Elle enseigne à partir de ce que les gens viennent lui raconter de leurs joies et de leurs peines et elle le transforme en leçons. Comme une alchimiste qui transformerait le plomb en or. D’où un enseignement très concret, très charnel, de la vie, du bon sens, c’est fait pour tout le monde et c’est merveilleux. Voilà l’enseignement d’Amma… Et une chose que l’on ne voit pas ici depuis la France : c’est l’œuvre gigantesque qu’elle a construite. Je suis allé en Inde dans ses universités, hôpitaux, villages, voir de mes yeux ce qu’elle a pu bâtir pour répondre à la misère humaine. Ce n’est pas la peine de consoler les malheureux si vous ne leur donnez pas les moyens de sortir de leur malheur. Il faut les nourrir, les soigner, les éduquer. Les « petites mains » d’Amma travaillent partout… Avec les femmes dans les villages, avec les personnes âgées, avec les orphelins et les malades dans les hôpitaux. Elle agit dans plus de 30 000 villages où les femmes n’ont rien. Avec Amma elles ont accès à des maisons, à des soins, à des métiers… Elle est un maître absolu : la tendresse et l’amour, un enseignement grâce auquel elle répond à des problèmes que l’on se pose tous : qu’est-ce que je viens faire sur terre ? Pourquoi notre époque est ainsi avec ses guerres stupides, des religions qui s’entretuent, une guerre entre les genres… ? Son enseignement apporte des réponses à tout cela. Pour lire l’article en entier, Reflets n° 58 pages 11 à 13

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Equipe de rédaction Reflets 9 mars 2026 Aucun commentaire
Guy Gilbert, prêtre des loubards
Equipe de rédaction Reflets

Guy Gilbert, prêtre des loubards

  Qui ne connaît pas Guy Gilbert, dit « le prêtre des loubards » ? Un parcours magnifique au profit des jeunes « révoltés, paumés, marginaux » blousons noirs qui ont comme seule loi celle de la rue, c’est-à-dire celle du plus fort qui « baise le plus faible ». Nous le rencontrons dans le domaine qu’il a créé, la Bergerie de Faucon, à l’entrée des gorges du Verdon. Depuis la Covid, il demeure là en permanence, dans un joli chalet en fuste (rondins empilés) qui surplombe la propriété de 5 hectares. De sa terrasse, il peut voir tout ce qui se passe. Les gars, les éducateurs, les animaux et la beauté du paysage. Juste à côté du chalet, l’enclos des sangliers où grogne un énorme mâle qu’il affectionne particulièrement. Faut dire que Guy Gilbert a 90 ans. Il a passé la main à un directeur qui continue son œuvre avec une équipe d’éducateurs. Ce matin, il est brièvement descendu de sa chambre, trop fatigué pour faire sa promenade quotidienne. Cet après-midi, son assistant lui rappelle qu’il a une visite. Cela lui donne de l’entrain et il nous reçoit sur sa terrasse, au soleil doux de l’automne méridional. Il apparaît, en bonne forme physique, heureux d’avoir de la visite. Quand nous lui faisons part des kilomètres parcourus pour venir le voir, il est tout ému. Avant toute question, il s’intéresse à nous avec beaucoup d’attention. Notre couple, depuis quand ? Notre âge, nos difficultés de vie, la revue Reflets, notre santé. À la fin de l’entretien, il nous bénit, nos six mains enlacées. Le père Guy Gilbert est fier de ce qu’il a réalisé dans son existence, il nous raconte son parcours, et nous le complétons par des extraits de son livre Des loups dans la bergerie . – C’est une histoire extraordinaire… ! Je suis entré au séminaire à 13 ans, puis je suis parti en Algérie. J’ai été réformé pour la guerre. J’ai refusé la réforme pour la donner à un gars qui m’avait dit : « Mon enfant va naître dans deux mois, je ne pourrai pas le voir ! » Et voilà, j’ai fait la guerre d’Algérie, comme un film. Ça a été très important pour moi et très difficile. J’ai refusé la torture, j’ai été mis en prison, muté ensuite dans une compagnie très dure. Puis, toujours en Algérie, le diocèse m’a envoyé dans un village où, en tant que prêtre-éducateur, j’étais avec des jeunes qui travaillaient au sein de nombreux ateliers et j’ai été bien accepté ! Un jour, un car est arrivé avec 25 délinquants. Le type m’a vu et m’a dit : « Tu es fait pour la rue toi ; moi je vais démissionner, tu vas prendre ma place » ; comme ça ! Ensuite je suis parti du diocèse d’Alger au diocèse de Paris, et j’ai vécu une vie d’aventure avec les loubards parisiens. Ah, très passionnant ! Qu’est-ce qui t’a le plus enchanté avec eux ? – Oh, leur misère. Et puis faire ce lieu de vie ici dans les Alpes-de-Haute-Provence. T’as vu comme c’est beau ? Ses yeux pétillent en évoquant ses souvenirs. Il continue : – Il y a 50 ans, en 1974, un gars m’a dit : « Achète une ruine, y en a marre de Paris, on la retapera. » Et j’ai acheté une ruine grâce au don d’une dame de Clermont-Ferrand, pile le prix demandé ! Je n’ai rien fondé, rien créé. J’ai écouté simplement un appel fort, fait de rêves apparemment irréalisables. Ce sont les jeunes, paumés, voyous, qui m’ont bouté hors de Paris. En me faisant acheter Faucon, ils m’imposaient une ruine. Sur le coup, j’ai douté. Mais l’éloignement des cités était à ce prix. Il fallait absolument fuir drogue, alcool, agressivité, incompréhension. Partir du désir des jeunes de quitter leurs lieux de débauche et de délinquance, c’est quelque chose de sain. « Bâtir » quelque chose à eux, pour eux, avec eux est autrement plus constructif que de leur fournir manoirs ou chaumières, qu’ils s’amuseront souvent à détruire. Quand ce n’est pas « leur » affaire, les jeunes souillent et cassent. (Extrait page 34) Si cet article vous plaît, pensez à faire un don. Le fonctionnement du site a un coût. Il n’y a pas de publicité. Vous avez un bouton « don » sur le côté. Merci de votre participation quel que soit le montant. Puis, avec les droits d’auteurs des premiers livres que j’ai écrits, et les bienfaiteurs qui sont venus aussi, on a pu construire. Ce sont les jeunes qui ont mis la main à la pâte pour construire, avec des maçons d’ici. Je venais tous les mois passer un week-end avec eux, et ils ont construit la maison ! C’était extraordinaire. Des dizaines d’éducateurs ont également participé à la construction. Vous avez vu comme la maison est belle ! Le vœu des gars et des filles était exaucé : « La baraque, pas en béton ! Les murs seront en pierre. » (Extrait page 39) C’était un bon travail, très dur aussi. Et puis il n’y avait pas un arbre, j’en ai planté… J’ai mis quelques animaux, j’ai constaté l’attrait particulier de nos jeunes pour les bêtes. Ce peuple de souffrants que je porte dans mon cœur depuis tant d’années m’est apparu très vite exceptionnellement proche de la bête. (Extrait page 101). Ce fut le début de la zoothérapie. Le travail est remarquable et positif. J’en ai bavé. D’Algérie à ici, ça a été une différence énorme, j’étais très bien en Algérie… !   Pour lire l’article en entier, Reflets n°58 pages 61 à 68

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Equipe de rédaction Reflets 22 février 2026 Aucun commentaire
Ta part de sacré ? Elle est en toi
Pierre Lunel

Ta part de sacré ? Elle est en toi…

  TA PART DE SACRÉ ? ELLE EST EN TOI… Consomme-la et surtout… sans modération ! On n’a jamais autant prié et médité qu’aujourd’hui. On n’a jamais autant œuvré, milité, bataillé pour l’ouverture, la tolérance, pour une forme simple et directe de spiritualité vécue. Jamais le spirituel et le sacré n’ont été aussi vivaces chaque fois qu’est annoncée la mort de Dieu à coups de clairon. L’Évangile est désormais postulé par les chrétiens comme devant être vécu à nu. Hors du dogme. Il se résume ainsi : le Notre Père, les Béatitudes, la charité, la compassion, la fraternité, la défense des petits, de la liberté, de l’égalité et de l’amour. Le bouddhiste, l’hindouiste et même l’athée se reconnaissent là-dedans. C’est cela qui intéresse la sagesse des gens et rien d’autre. Cela donne de la couleur et du parfum à la vie, à la mort, au temps, à l’espace, au destin, à la résurrection, à la réincarnation, au karma et au dharma, à la conscience. Nous ne sommes, au fond, rien de mieux que huit milliards de « bons et mauvais larrons » qui n’aspirons qu’à une seule chose : être heureux. Si possible avec  les autres. Tout le reste n’est qu’inventions créées de toutes pièces à l’usage de quelques-uns et qui cachent bien mal ce qu’elles sont : des armes pour régner, dominer, séduire, tromper, subjuguer… Le tout enveloppé dans du papier de soie : la protection, la sécurité, la santé et les congés payés. Si cet article vous plaît, pensez à faire un don. Le fonctionnement du site a un coût. Il n’y a pas de publicité. Vous avez un bouton « don » sur le côté. Merci de votre participation quel que soit le montant. Face à ce déferlement, mon goût de l’esprit, mon désir de sacré sont l’arme ultime dont je dispose pour m’opposer à devenir l’idiot utile du consumérisme débridé. Celle de mon âme… L’arme que craignent le plus ceux qui voudraient m’asservir. Que peuvent-ils contre mon libre arbitre redevenu frais comme un gardon, mon au-delà de la peur, de l’irrésolution, de la perte de sens ? Rien. Que peuvent-ils quand mon âme libérée et solidaire favorise l’infini au lieu du temps court, l’absolu au lieu du relatif, la conscience au détriment de l’ego, la liberté au lieu de la soumission ? Rien. Il n’est pas de meilleur antidote à l’asservissement que le pouvoir de l’âme. On peut asservir le corps et l’esprit. L’âme jamais ! Elle est l’adversaire numéro un des marchands d’illusion. Elle leur est inaccessible. Irréductible. Ils peuvent s’attaquer à la religion. Pas à l’âme. Par-dessus le marché l’âme conduit à l’amour… Cet empêcheur de monter les uns contre les autres ! Ce contrepoison à la peur, à la méfiance, à l’hostilité, à la haine, à la domination, à la consommation, à l’ego. Rien de tel que l’âme contre les guerres de Religion ! Contre elles, elle fabrique des dissidents, des provocateurs, des critiques, des prophètes et des sages. Mon âme est entre les mains de mon alchimiste intérieur. C’est lui qui la pétrit, la polit, la taille, et la fait pierre précieuse qui brille de ses composantes : tolérance et amour. Par la tolérance, je consens à ma propre insuffisance… Je consens à l’insuffisance des autres et même à celle des réponses qui me sont apportées. Cette insuffisance vécue, acceptée, décidée est un atout pour mon bonheur. Mon amour abolit mes frontières et mes murailles, il fonde ma fraternité, il m’enthousiasme. Par lui, je rejoins l’âme unique de la création par laquelle tout fût créé. Je rejoins des myriades et des myriades d’âmes qui se rejoignent toutes. Il me fait UN et indivisible avec l’humanité. Avez vous déjà éprouvé, ne serait-ce qu’une fois, cet amour qui vous fait ressentir frère ? Frère du connu comme de l’inconnu. Le vrai sacré est là. Pour lire l’article en entier, Reflets n°58 pages 52 à 53

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Pierre Lunel 9 février 2026 Aucun commentaire
Libérer le passé
Equipe de rédaction Reflets

Libérer le sacré, Sonia Mabrouk

Sonia Mabrouk, franco-tunisienne, est journaliste. Elle provient d’un milieu très cultivé,  . Depuis 2013 elle anime radio et télévision , d’abord à Public Sénat où elle présente le journal, puis à Europe 1, Grandes Voix, et à CNews depuis 2017. Son dernier livre Reconquérir le sacré, aux éditions de l’Observatoire, interpelle les citoyens à ne pas baisser les bras, en s’ouvrant au sacré, bien étiolé dans notre monde occidental. Vous distinguez le sacré individuel et le sacré collectif. Qu’est-ce que le sacré collectif dans notre monde occidental ? Le sacré est difficile à appréhender, à approcher. Je dirais pour tenter de le définir que c’est le besoin irrépressible, de tout temps, de se raccrocher à ce qui nous précède et à ce qui nous succède. Donc de se raccrocher à ce qui nous dépasse. Le sacré donne  accès à plus grand que soi. Pour autant, le sacré ce n’est pas quelque chose de surnaturel, ce n’est pas l’idolâtrie, ce n’est pas une sorte de grand trou noir non plus. Il correspond à une part irréductible de l’Homme à laquelle les « modernes » (les sociétés nihilistes, individualistes, technicistes) ont tourné le dos, estimant que c’est une notion périmée, archaïque alors que le sacré n’a jamais cessé d’exister. J’ai pour habitude de dire que vous avez beau essayer de chasser le sacré par la porte de votre esprit, il reviendra par la fenêtre de votre cœur. Beaucoup s’en offusquent, voyant le sacré comme un résidu appartenant au passé, aux périodes antérieures de l’Humanité. Mais en réalité, le sacré, aucune culture ne saurait le renier. C’est un lointain qui est proche paradoxalement du sacré qui est en nous. Comme l’écrivait Pascal, « Tu ne me chercherais pas si tu ne m’avais trouvé ». Il ne s’agit pas de reconnecter ou de connecter l’Homme au ciel, mais de le reconnecter avec lui-même via le sacré. Voilà pourquoi il me paraît essentiel d’y réfléchir. De mon point de vue, le sacré incarne l’une des grandes questions stratégiques, névralgiques et qui n’a rien d’anachronique aujourd’hui. Mais il reste un refoulé de nos sociétés, c’est un impensé de la raison occidentale. On a peur du sacré, il est ambivalent. D’ailleurs, il y a énormément de préjugés autour du sacré, c’est un mot presque devenu malséant. J’ai nommé ce livre « Reconquérir le sacré » au sens de reconsidérer la notion de sacré ou du sacré. C’est la question, me semble-t-il, fondamentale qui est posée de manière limpide par Saint-Exupéry. Il se désespère que plus rien ne vienne caresser le cœur des hommes dans ce monde asséché et il pose la question : « Que faut-il dire aux hommes ? ». C’est un questionnement qui conserve toute son intensité aujourd’hui. La magnifique dernière lettre d’Antoine de Saint-Exupéry, à un certain Général X le 30 juillet 1944, est un diamant aux multiples facettes. Quand il dit que les Hommes ne peuvent pas seulement vivre de frigidaires, de politiques, de bilans et de mots croisés ! Et Saint-Exupéry met en avant de manière charnelle ce désespoir spirituel. Il dit et écrit qu’on ne peut plus vivre sans poésie, couleur ni amour. Et il écrit cette phrase sublime « Rendre aux hommes une signification spirituelle, des inquiétudes spirituelles, faire pleuvoir sur eux quelque chose qui ressemble à un chant grégorien ». C’est en réalité une quête de sens qui laboure toute l’œuvre de Saint- Exupéry comme dans Citadelle. Il ne s’agit pas de reconnecter l’Homme au ciel mais de le reconnecter à lui-même. Pouvez-vous préciser les trois aspects que vous distinguez : sacré religieux, sacré spirituel, sacré de la nation ? Permettez-moi de lever un malentendu important : le sacré et la religion ce n’est pas la même chose. Le sacré et le clérical sont deux notions différentes même si elles peuvent se mêler bien sûr et c’est en cela qu’il y a un sacré religieux. C’est une longue histoire entre le sacré et les religions monothéistes. Mais le sacré peut être aussi athée. Et même férocement athée. Le sacré ne peut pas être en tous les cas réduit à la sainteté, à la sacristie, à la foi. Les religions n’ont pas le monopole de l’administration du sacré. Il n’y a pas seulement du sacré dans les églises, les synagogues et les mosquées. Il existe un sacré civil, un sacré laïc qui est présent, qui est plus ou moins prégnant. La grande question, me semble-t-il, n’est pas tant de savoir si Dieu existe mais c’est celle de savoir combien de temps encore l’Homme va-t-il se prendre pour Dieu ? Le transcendant que j’évoque dans ce livre, ce n’est pas un ordre religieux. Ce transcendant dont je parle c’est une verticale pas uniquement religieuse, c’est une verticale qui échappe au plan d’immanence. Si cet article vous plaît, pensez à faire un don. Le fonctionnement du site a un coût. Il n’y a pas de publicité. Vous avez un bouton « don » sur le côté. Merci de votre participation quel que soit le montant. C’est important d’insister sur ce sacré civil car le sacré religieux, lui, est exclusif et souvent source de conflits et de violences. Dans notre état laïc et souverain, on a congédié tout sacré venant imposer une norme ou une hiérarchie à la société. Je parlerais donc davantage d’un sacré républicain. Mais dans tous les cas, l’Homme ne peut pas vivre sans rites. L’Homme est un animal ritualisé. Il a besoin de « cérémonial », ce que permet le sacré. Quant au sacré de la nation, il renvoie, de mon point de vue, à tout ce qui nous lie dans une société. Le risque étant d’avoir une société sans rituels (et donc sans sacré) car celle-ci serait alors menacée de disparition certaine. Pour montrer l’importance des rites, des rituels et de la liturgie, je vais essayer d’évoquer ce que l’Homme perd s’il se passe de rituels et plus largement de ritualisation. Toute cohésion sociale au sens large repose sur un respect des rites et sur la sanctuarisation d’un cérémonial.

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Equipe de rédaction Reflets 21 janvier 2026 Aucun commentaire
Perdre le sacré pour lieux le retrouver
Christian ROESCH

Perdre le sacré pour mieux le retrouver

De quoi parlons-nous ? Qu’est-ce que le sacré ? Partons de l’axiome : le sacré, c’est l’unité avec Dieu. Au commencement – Béréchit dans la tradition judéo-chrétienne, big bang pour la science moderne – tout est UN. C’est dans la fusion l’union parfaite, potentialité de l’Univers, de la vie. Puis l’homme (Adam) prend conscience de lui-même et s’éloigne de Dieu. Cet homme, tribal, développe sa personnalité jusqu’à ce que, étant tellement préoccupé par sa personne, il finisse par oublier Dieu. L’homme moderne est un humain profane. Ne se reliant plus à Dieu, il souffre du manque d’amour. L’affectivité, le collectif de ressemblance ne sont que de pâles ersatz de l’Amour sacré. Pour compenser cette perte, l’homme a inventé les mythes et les rites. Tout rituel est un substitut du sacré. Les mythes racontent l’éloignement de Dieu. Ils parlent de la séparation, ils ravivent la mémoire de l’union perdue. Les rites rejouent l’union. Ils ont pour but d’unir à la divinité. Tous les rituels, païens, religieux, spirituels fonctionnent ainsi. Le sacré païen – être ensemble unis – s’exprime dans la fête nationale, dans la célébration des victoires militaires (le 11 novembre), dans le Panthéon, l’Arc de Triomphe, etc. Et aussi par les idoles vivantes : chanteurs, acteurs, sportifs rassemblant les fans… Le sacré religieux a aussi ses rites rappelant l’union du Ciel et de la Terre. Le pèlerinage à La Mecque, au fleuve Gange, à Jérusalem par exemple. Le sommet du sacré pour les chrétiens se manifeste dans la messe. L’eucharistie, au centre, relie intimement la personne au Christ. Le sacré spirituel s’incarne dans la pratique de retournement intérieur. Je me sépare dans un geste de colère, de haine, de mésentente. Je me réconcilie dans un geste de paix, d’écoute, d’amour. Par cet acte, je suis uni à moi-même, à l’autre, à l’amour divin. Ainsi je suis dans un instant sacré ; mon être est sacré ; la vie est sacrée. Si cet article vous plaît, pensez à faire un don. Le fonctionnement du site a un coût. Il n’y a pas de publicité. Vous avez un bouton « don » sur le côté. Merci de votre participation quel que soit le montant. Les trois aspects du sacré se complètent. Ils résument l’histoire humaine tout autant que l’histoire individuelle. À la naissance, je fus séparé du TOUT. Puis je m’en suis éloigné. L’édification de la personnalité a permis de compenser le sentiment de manque d’amour. Elle s’est appuyée sur les rites familiaux, scolaires, sociaux. Mais le manque s’est intensifié et j’ai éprouvé le besoin de retrouver cet amour perdu. Le processus de désacralisation est donc normal. Il est même nécessaire pour déclencher le désir d’union, afin de rétablir le lien avec Dieu. Les actes qui unissent resacralisent la vie. Pour lire l’article en entier, Reflets n° 58 page 19

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Christian ROESCH 8 janvier 2026 Aucun commentaire
Esquisse pour une agriculture du futur
Equipe de rédaction Reflets

Esquisse pour une agriculture du futur, Philippe Desbrosses

Docteur en sciences de l’environnement, université de Jussieu Paris VII, il est le fondateur d’Intelligence Verte et du conservatoire de la ferme de Sainte-Marthe. RAPPEL DES ENJEUX FONDAMENTAUX Nous avons besoin d’une Agri-culture dédiée aux biens essentiels de la Terre et des êtres vivants ; une Agri-culture vivrière – écologique – autonome – économe et salubre. Une Agri-culture inspirée des expériences millénaires et des savoir-faire des peuples qui nous ont précédés, car nos artifices modernes ont montré leurs limites. Par exemple les chinampas, ces jardins flottants aztèques, qui nourrissaient 150 000 âmes sur le lac de Mexico en 1519, lors de son annexion par Cortès… les Sukka-Kollu boliviens de la Puerta del Sol qui nourrissaient 120 000 habitants de la vallée de Thiahuanaco et constituent le système le plus ingénieux pour fertiliser les pentes desséchées de la Sierra ; là où survivent aujourd’hui quelques Indiens misérables et leurs lamas efflanqués, il y avait, il y a 600 ans, une ville prospère… et aussi l‘exemple des guaderios arabes du XIIe siècle en Andalousie dans la vallée du Guadalféo, de simples constructions en bois pour aiguiller l’eau de l’hiver et recharger les nappes phréatiques en dirigeant cette eau vers les failles de la montagne… Autant de découvertes performantes, issues du « génie de l’empirisme », donnant toute leur mesure, encore aujourd’hui, en favorisant les bienfaits de la nature, et ne supportant pas davantage que l’on y répande les poisons de synthèse qui tuent la vie et tuent la terre irrémédiablement. Si cet article vous plaît, pensez à faire un don. Le fonctionnement du site a un coût. Il n’y a pas de publicité. Vous avez un bouton « don » sur le côté. Merci de votre participation quel que soit le montant. L’INTELLIGENCE CONSISTE À CONJUGUER LES DEUX APPROCHES : Celle des connaissances populaires de la tradition… et celle des sciences modernes de notre époque, car les deux démarches ne sont pas antagonistes mais complémentaires et indissociables. Nous avons aussi à réparer l’immense désordre de l’agronomie moderne , dévoyée depuis plus d’un siècle pour servir les intérêts des cartels de l’industrie chimique, au détriment de la planète et de l’intérêt général, au détriment de la santé publique et de la pérennité des ressources vitales. Nous devons remettre les écosystèmes agraires en état et renouer avec la science de la gratuité, c’est-à-dire « la microbiologie des sols », cette puissance colossale abandonnée et dégradée par la prééminence des pratiques « anti-biotiques » à tous les niveaux de la chaîne alimentaire, depuis plus d’un demi-siècle… Rappelons seulement que le sol maternel perdait déjà en 1976 25 milliards de tonnes/an de sa couche fertile (publications scientifiques Sanchez 1 976 – Bounias 1 998) abrasée par l’érosion que génèrent et aggravent les pratiques du machinisme agricole… Retour indispensable aux prestations gratuites de l’écosystème naturel, dont l’Agri-Culture constitue l’un des enjeux majeurs. Depuis la seconde moitié du XXe siècle, les prises de conscience se sont multipliées, ce dont attestent les publications scientifiques sur les services que la Nature rendait à l’humanité (Hardin 1 968 – Westmann 1 977 – Cairns 1 992 – Daily et Costanza 1 997). Il convient de rappeler ici ces divers services, dans un ordre volontairement non-hiérarchisé : – production d’une atmosphère respirable et régulation de sa composition ; – fourniture, préservation, amélioration et répartition d’eau potable ; – contribution au maintien et à la régulation des climats. – formation de sols fertiles et contrôle de l’érosion, ainsi que de la sédimentation ; – mise à disposition de pollinisateurs et de disséminateurs de semences ; – constitution et enrichissement en continu d’une banque génétique (estimée à 30 millions d’espèces vivantes…) ; – contrôle biologique des pullulations par régulation trophiques et pathologiques de ravageurs. (99 % des ravageurs potentiels sont normalement contrôlés par leurs ennemis naturels) (DeBach 1 974) ; – production de denrées alimentaires de haute qualité nutritionnelle et sanitaire ; – production d’espèces d’intérêt médical et pharmacologique (au moins 85 % de la pharmacopée traditionnelle proviennent de sources végétales (Farnsworth 1 985) ; – production de matériaux de base de qualité (bois d’œuvre, cellulose, huiles, essences, etc.). Les enjeux de la gestion future de l’écosystème planétaire, auxquels l’Agriculture réorientée doit prendre sa part, sont considérables. Pour lire l’article en entier, Reflets n° 58 pages 6 à 8 

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Equipe de rédaction Reflets 22 décembre 2025 Aucun commentaire
La solitude, c’est la liberté
Equipe de rédaction Reflets

La solitude, c’est la liberté, Jacqueline Kelen

  Jacqueline Kelen est diplômée de Lettres classiques. Pendant vingt ans elle a été productrice d’émissions à France Culture. Elle a publié une cinquantaine de livres consacrés au déchiffrement des grands mythes, aux figures et aux richesses de la vie intérieure. En 2002 elle a reçu le prix ALEF des libraires pour son essai L’Esprit de solitude, où elle célèbre « la voie solitaire, seule voie salutaire ». Puis ce sera le Prix de la liberté intérieure 2020 pour le livre Histoire de celui qui dépensa tout et ne perdit rien, éd. du Cerf. Ses pensées mettent en avant la recherche de vérité et la liberté individuelle. D’où est venu ce besoin d’écrire sur la solitude ? Tout bêtement parce que je suis une solitaire.  Ça ne veut pas dire que je suis enfermée dans une caverne, que je ne vois personne, que je n’ai pas de rencontres. Mais, toute petite, il y a eu ce besoin en effet d’être seule. Je sentais un monde intérieur, la curiosité de découvrir la vie. C’est pour ça que j’ai appris à lire très vite. À 5 ans, je lisais couramment et j’ai dévoré des livres. Un livre était le plus beau cadeau de Noël pour moi. Sans intériorité, sans vie intérieure, sans le goût de l’étude, sans aussi la dimension contemplative qui n’est pas réservée aux religieux, la solitude est difficile à vivre. C’est pourquoi la plupart fuient cet état. Il me semblait aussi que la solitude était un rempart précieux contre tout ce qui est invasion du collectif, manipulation de tout genre, actions de l’extérieur (qu’elles soient bonnes ou pas bonnes), ainsi que les pressions familiales. De nos jours, même à l’école, de l’enfant qui est seul lors d’une récréation, on va dire qu’il est asocial ou qu’il a des problèmes relationnels. J’ai eu de la chance, mes parents me laissaient seule, tranquille, bien sûr avec un livre et un chat. Il y a ce côté aussi de toute société qui veut quand même que tous les citoyens fassent du vivre ensemble. Or, il y a un moment pour vivre ensemble et puis il y a un moment pour vivre seul, et pour moi, l’un ne l’emporte pas sur l’autre. Il est capital de préserver ça et même de défendre farouchement sa vie solitaire, sa solitude, parce que, pour moi, la solitude équivaut à la singularité. C’est ça le prix de la solitude. Ce que l’on oublie, c’est que l’être humain a un choix absolu ; il est unique et irremplaçable. Et toutes les manœuvres d’uniformité, de conformité, voire de clonage, sont effrayantes. Si la personne humaine est unique et irremplaçable, en effet, elle a tout avantage à se renforcer, se fortifier dans la solitude. La solitude, pour moi, c’est l’équivalant de la liberté. Qu’est-ce que la solitude pour vous ? Comment vous l’exprimeriez ? C’est la liberté. Ce n’est pas la liberté d’aller et venir. C’est le fait de penser par soi-même, de ne pas répéter. Je suis stupéfaite car, de plus en plus, en France, il n’y a plus d’esprit critique, plus d’humour. On gobe tout, on avale tout. Un être humain a des caprices, des désirs, des folies et puis de grandes aspirations. La globalisation de l’humain me paraît tout à fait redoutable par rapport à la liberté, c’est-à-dire la singularité. Cette singularité est une grosse responsabilité. La personne unique est irremplaçable, elle a son mot à dire. Elle peut dire des choses justes, des choses fausses, mais elle s’exprime, elle dit les choses. C’est le prix qu’elle paie d’ailleurs de sa solitude et de sa liberté, donc de penser par soi-même. Ça peut être très souvent à contre-courant. Mais, à l’époque où on est tous ensemble, c’est le collectif le plus important et je n’ai rien contre le collectif, mais je fais l’éloge, quand même, d’une voix solitaire. Alors que tout le monde veut guérir de tout, je publie quelque chose sur la divine blessure, sur la blessure qui est importante aussi. Que gagne-t-on avec la solitude ? À un moment, dans les journaux, on disait : « À quoi ça sert d’être professeur ? À quoi sert Dieu ? À quoi sert la beauté ? » Mais les dimensions les plus importantes, les plus précieuses de notre existence, sont inachetables et ne sont pas marchandables. L’amitié, l’amour, la justice, la beauté, le silence, l’âme ne peuvent pas s’acheter. La première chose qui me vient à l’idée, c’est une force intérieure qu’on appelle aussi – je trouve que c’est un beau mot – la fermeté d’âme. Ça renforce, parce qu’à la fois, il faut du courage et de la volonté (si on n’a pas cette nature personnelle plutôt solitaire presque sauvage) pour affronter une existence, du moins une journée, en disant « je suis seule, je suis seule à décider de ceci, de cela, et donc sans demander à autrui », ou sans être protégée par autrui, sans suivre autrui. Si cet article vous plaît, pensez à faire un don. Le fonctionnement du site a un coût. Il n’y a pas de publicité. Vous avez un bouton « don » sur le côté. Merci de votre participation quel que soit le montant. J’ai besoin d’énormément de silence pour étudier, pour écrire, pour aider aussi, pour regarder ce qui se passe dans le ciel ou autour de moi. La solitude, c’est cette force intérieure et cette liberté de penser qui fait qu’on est de moins en moins influençable ou manipulable à merci. Fermeté d’âme, c’est un beau mot. C’est un grand courage, ça ne veut pas dire qu’on a raison, mais on résiste à diverses pressions. Ce n’est pas une question de qualité ou de quantité. En démocratie, on dit que c’est la majorité. Mais, sur le plan moral ou sur les options profondes spirituelles, si vous êtes dans le vrai ou dans le juste, même s’il y a 1 000 personnes qui disent le contraire, eh bien, c’est vous qui êtes dans le vrai et le juste. Sur

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Equipe de rédaction Reflets 8 décembre 2025 Aucun commentaire
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