
« Après plus de deux décennies consacrées à la gestion et l’organisation des services techniques dans plusieurs collectivités territoriales et une vie de famille bien remplie avec trois enfants, une pratique dans les arts martiaux bien structurée, une décision radicale m’a ouvert les portes d’un nouveau paradigme. Celui de la liberté d’être. Après avoir participé activement à la création de deux temples bouddhistes et ayant le grand privilège d’être un élève très proche de mon maître, me voici depuis de nombreuses années enseignant de yoga, de méditation et du dharma. Je transmets également une passion, la géobiologie (la santé de l’habitat) et la sourcellerie. » Méditation La simplicité d’être, 2025, Mama éditions.
Le sens de la fête dans le bouddhisme…
Une thématique fort intéressante qui, en fait, questionne si peu de monde pour celles et ceux qui « font » la fête, mais peut-être pas pour celles et ceux qui « célèbrent » festivement un évènement, une date, une autorité spirituelle…
Originellement, le mot « fête » (festa en latin) désigne les jours consacrés aux réjouissances religieuses, aux célébrations et aux jours chômés en l’honneur des dieux et divinités.
Dans le bouddhisme, la fête ne se réduit pas
à une agitation ou à une recherche de distraction, elle s’enracine dans un rapport profond au sacré, au vivant et à la conscience. Elle est un moment privilégié où la célébration permet le souvenir et le rappel de l’éveil du Bouddha, de la transmission de son enseignement, mais aussi permet de cultiver la gratitude envers les maîtres et la lignée, ainsi qu’envers tous les êtres, car rien n’existe isolément.
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Lorsqu’une sangha (communauté) se rassemble,
elle ne le fait pas pour rompre avec la quête intérieure
mais, bien au contraire, pour l’honorer ensemble dans la joie, le rire, le silence, la récitation, la méditation ou l’offrande.
Car la joie n’est pas ennemie de la sagesse ;
au contraire, elle en est l’expression la plus naturelle. La joie naît de la compréhension profonde de la souffrance et de la cessation de la souffrance. Elle s’exprime par la simplicité : un sourire, un geste, un partage, une attention, un repas préparé avec soin…
Lorsque l’on évoque le bouddhisme,
la fête n’est pas le premier mot qui vient à l’esprit. On pense plus volontiers à la méditation, au silence, à l’impermanence, voire à une certaine austérité. La fête, à l’inverse, semble appartenir à un autre registre : celui de l’excès, de l’oubli de soi, de l’expansion des désirs des sens, des plaisirs consommés…
Dans nos sociétés contemporaines,
la fête est souvent investie d’une fonction qui la dépasse. Elle ne sert pas seulement à célébrer un évènement, une saison ou une rencontre. Elle devient un moyen de rompre avec le quotidien, de faire taire une inquiétude diffuse, de suspendre, pour quelques heures, le sentiment que quelque chose nous échappe.
Le bouddhisme observe cela avec une grande sobriété.
Il ne condamne pas. Il ne moralise pas. Il constate simplement que lorsque la fête est chargée de nous délivrer de l’inconfort fondamental de l’existence, elle se fragilise. Car elle promet ce qu’aucune expérience conditionnée ne peut offrir : une échappée durable hors de l’impermanence.
Dans la perspective bouddhiste, la joie n’est ni suspecte ni sacrée. Elle est un phénomène parmi d’autres. Elle apparaît, elle se déploie, elle disparaît. Comme tout ce qui est vivant.
On pourrait dire que le bouddhisme propose une joie
sans contrat à durée indéterminée. Cette joie-là est plus simple. Moins spectaculaire, peut-être, mais étonnamment stable. Elle ne dépend pas de l’intensité de l’expérience, mais de la qualité de
présence avec laquelle elle est vécue.
Pour lire l’article en entier, Reflets n°59 pages 44 à 47




