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Extrait d’article

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Compléments Revue Reflets

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Compléments Revue Reflets

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Le conflit israélo palestinien - selon Emmanuel DESJARDINS
GRAMAU

Le conflit israélo-palestinien selon Emmanuel DESJARDINS

Emmanuel Desjardins a suivi l’enseignement de Swami Prajnânpad, transmis par son père, Arnaud Desjardins, depuis plus de trente ans. Outre ses recherches en sciences politiques et en sociologie, il est l’actuel directeur de l’ashram d’Hauteville. Il est l’auteur de deux livres : Prendre soin du monde (Ed. Alphée-J.P. Bertrand), et Spiritualité, de quoi s’agit-il ? (Ed. La Table Ronde), avec Arnaud Desjardins. Lorsque la rédaction de Reflets m’a sollicité sur le thème du conflit israélo-palestinien, j’ai pensé tout d’abord refuser cette proposition pour la bonne raison que, n’étant pas un spécialiste du sujet, je ne voyais pas ce que je pourrais y apporter de vraiment pertinent. J’ai certes fait des études de sciences politiques et de sociologie mais jamais sur ce thème. Je serais plus à l’aise pour parler du totalitarisme, de l’idéalisme, de l’illusion, du progressisme ou d’autres sujets qui ont longtemps mobilisé mon intérêt. Néanmoins, après réflexion, je me suis dit qu’il serait peut-être intéressant de montrer comment le chemin spirituel peut nous aider à aborder des questions politiques complexes face auxquelles nous pouvons nous sentir démunis, ignorants et impuissants En premier lieu, le chemin apporte une discipline rigoureuse par rapport aux pensées engendrées par ce genre de conflit. Comme le disait Socrate : « Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien ». Très clairement, je n’aurai ni le fin mot de l’histoire ni toutes les clés de compréhension, mais au moins puis-je essayer de ne pas entretenir d’opinions sur ce sujet, de ne pas nourrir de « certitudes » forcément approximatives et contestables. Ne pas avoir d’opinions, ne pas juger, ne pas prendre parti. Plutôt essayer de comprendre. La seule façon de se positionner est de se situer à un niveau plus profond où la notion même de victime et de coupable n’existe plus. Les deux partis souffrent et ont des raisons de souffrir, les deux partis sont bourreaux, les deux partis sont victimes. Ne pas avoir d’opinion ne signifie pas être insensible, au contraire. J’essaie de me relier à la souffrance qui règne sur ce petit bout de terre qu’on a appelé « la terre sainte » et qui est déchiré par la haine, l’incompréhension et la souffrance. Est-ce que je peux me mettre à la place des uns et des autres et tenter de ressentir ce qu’ils ressentent ? Jusqu’à quel degré puis-je ouvrir mon coeur et me rendre vulnérable pour éprouver la peur, l’humiliation, la colère, la haine, le désespoir ? Lire la totalité de l’article… Revue REFLETS n°14 page 21

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GRAMAU 25 février 2015 Aucun commentaire

Les caricatures de Mahomet dans Charlie Hebdo – Christian Roesch

Le prochain numéro de REFLETS, à paraitre le 17 mars traitera de l’attentat contre Charlie hebdo et ses conséquences. L’importance de ce fait d’actualité nous a incités à demander leur approche à des témoins choisis de sensibilités spirituelles différentes. Dans le numéro 6 de décembre 2012, nous avions déjà traité le sujet des caricatures de Mahomet dans Charlie hebdo. Notre lecture portant sur le fond n’a pas pris une ride. Après le film vidéo américain qui a déclenché des violences anti-américaines dans le monde musulman, Charlie-Hebdo publie des caricatures du prophète. Le directeur de Charlie-hebdo ne pouvait pas ignorer que dans le climat provoqué par le film qui se moquait du prophète de l’Islam il déclencherait des manifestations. Dans les pays islamiques et de la part des musulmans vivant en France la réaction a été vive. A travers les caricatures salissant la mémoire du prophète de l’Islam, ce sont les musulmans eux-mêmes qui se sont sentis salis, pas respectés et humiliés. Et au fond, chaque croyant adorant un dieu a pu se sentir concerné. Nous pouvons comprendre aussi les arguments de Charlie-Hebdo qui soutient avec raison qu’il respecte la loi française. Nous pouvons entendre son besoin d’affirmer son droit à la liberté d’expression sous prétexte de se « marrer ». Nous pouvons accepter que la rédaction ait flairé le bon coup médiatique permettant de réaliser une excellente vente. (Tous les journaux ont été vendus dans la journée et une réédition a été faite immédiatement.) Nous sommes en face de deux douleurs assez semblables. Pour les musulmans, cet irrespect est ressenti comme s’ils n’avaient pas le droit d’exister ainsi. La rédaction de Charlie-Hebdo manifeste son besoin de s’affirmer dans sa singularité envers et contre tous. Elle nous dit qu’elle a le droit d’exister même contre les autres. Sur le fond, les premiers défendent le droit à la religion. Les seconds défendent le droit à l’athéisme. Le regard tranquille que nous portons  sur cet événement nous invite à dire : D’une part, la religion, les croyants ne peuvent se défendre des provocations par la violence. C’est un contre-sens qui montre une immaturité spirituelle. Cela ressemble à des gamins qui se disputent « Mon papa c’est le plus fort, c’est le meilleur ; tu n’as pas le droit de te moquer de mon papa ! » D’autre part, l’athéisme, les athées ne peuvent fonder leur point de vue sur la moquerie de la religion. « Ton papa est ridicule ; moi, je m’en fous, je n’ai pas de papa ! » C’est d’une immaturité égale. L’athéisme devrait être une école de tolérance et de respect pour ceux qui pensent différemment. L’athéisme est sorti de la religion au 18ème siècle. Se moquer de ses racines, de ses origines montre une confusion avec l’anticléricalisme et indique une perte des repères moraux. Le gouvernement est confronté à ce problème et devra clarifier son approche pour atteindre une réelle neutralité. REFLETS n°6

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GRAMAU 9 février 2015 Aucun commentaire
Jean-Marie PELT : Le monde a-t-il un sens?
GRAMAU

Jean-Marie PELT: Le monde a-t-il un sens?

Dans Reflets n° 13 nous avions interviewé Jean-Marie Pelt – pharmacien agrégé, botaniste et écrivain – sur la nourriture. Nous vous avions annoncé une interview sur son parcours. Quel plaisir de rencontrer ce scientifique, homme de foi, débordant d’activité, plein d’humour. Son dernier ouvrage Le monde a-t-il un sens ? (éd. Fayard) co-écrit avec Pierre Rabhi, nous fait découvrir le « principe d’associativité » montrant que la vie doit plus à l’alliance qu’à la rivalité. Vous êtes un défenseur de l’écologie. C’est une attitude multiple, scientifique, économique, politique, spirituelle. Pouvez-vous préciser chacune de ces approches ? L’écologie commence par être une science. Le point de départ, c’est la définition en 1866 du mot « écologie » par Haeckel, le zoologiste allemand, comme science des interrelations entre les êtres vivants et leur milieu. En 1800, Alexander von Humbolt, allemand lui aussi, avait fait une expédition en Amérique du Sud avec l’objectif de mettre en évidence l’unité de la nature. Cette idée de nature était déjà très forte dans la tradition germanique, ce sont donc les Allemands qui ont fondé l’écologie. … Plus on consomme, plus on gaspille L’écologie comme économie de la nature. Dans la terminologie grecque, l’écologie, c’est le discours sur la maison et l’économie, ce sont les normes de gestion de la maison. C’est-à-dire que la terre, notre maison à nous, les humains, se doit d’être gérée selon des normes, c’est l’économie. Ces normes ont toujours été d’être économes. Puis le mot a dévié : ce n’était plus être économe, c’était être consommateur, et l’économie s’est pervertie. Il ne s’agit plus d’économiser les ressources et d’en faire un usage prudent et non gaspilleur. Au contraire, plus on consomme, plus on gaspille. C’est la fameuse théorie qu’il faut beaucoup de croissance pour avoir de l’emploi. C’est une théorie perverse qui ne peut pas durer. Ce fut vrai lors des dernières décennies mais ça ne marche plus comme chacun le voit. Normalement, il faut arriver à un état « stationnaire », un état d’équilibre entre les activités, l’emploi, la consommation et l’utilisation de la planète, – qu’on pourrait appeler, si on est optimiste, un état d’harmonie. Mais n’importe qui voit bien qu’actuellement l’économie n’est pas très harmonieuse. … L’élévation spirituelle est essentielle pour l’écologie Enfin spirituelle, c’est notre approche à nous. Nous avons une approche spirituelle de l’écologie, qui se résume en une seule idée : vous pouvez être un très bon écologiste, éteindre une lampe, manger bio, mettre une petite éolienne sur votre maison, faire des économies d’énergie, rouler à vélo, marcher à pied, et être absolument invivable pour les autres. Il ne sert à rien d’être écologiste si vous tourmentez votre épouse et si vous persécutez vos collaborateurs. Si, au boulot, vous avez un caractère de chien, cela ne sert à rien de faire de l’écologie. Il faut avoir le souci des relations positives, pas seulement avec la nature, mais aussi avec les humains. Et ça, c’est porté par les grandes traditions spirituelles. L’élévation spirituelle est essentielle pour l’écologie et le fait qu’elle est absolument absente des Verts m’interpelle. … Quel regard portez-vous sur l’évolution de l’homme, à court terme d’abord et à moyen terme ? À court terme, va-t-il vers cette associativité ? J’ai deux regards, un peu contradictoires. Le premier, c’est de me  dire : quand on voit comment raisonnaient et se comportaient les Romains, le cirque, les gladiateurs, c’était d’une sauvagerie incroyable. Aujourd’hui, on voit que les Catalans ne veulent plus de férias, de corridas. Je me dis qu’une évolution s’est faite parce que comme c’était avant,on ne l’accepte plus. Il y a aussi un mouvement pour la paix qui rend difficilement imaginables les guerres d’autrefois. On ne dit pas assez souvent qu’en Europe, on a la paix depuis 70 ans. Ce n’est jamais arrivé, puisqu’on s’est toujours tapé dessus. Donc, l’humanité progresse dans le bon sens. Après ça, je regarde la carte du monde et je vois des conflits partout, des conflits inquiétants. Cette montée en puissance de l’islamisme radical et les intégrismes. Pour lire la totalité de l’article…REFLETS n°14 pages 40 à 45

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GRAMAU 7 février 2015 Aucun commentaire
Le conflit israélo palestinien - selon Tahar Ben Jelloun
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Le conflit israélo-palestinien – selon Tahar Ben JELLOUN

L’offensive israélienne de cet été contre Gaza, indûment appelée « Bordure protectrice », a ravivé le vieux conflit israélo-palestinien. Comment l’abordez-vous ? Comme tout le monde je l’aborde avec difficulté, colère et pas mal de désespoir. Car c’est un conflit global, il ne concerne pas que les Israéliens et les Palestiniens, mais tous les pays de la région avec en plus la très puissante Amérique (puissante par le lobby pro israélien) et toute l’Europe qui continue de porter la responsabilité et la culpabilité d’avoir participé au génocide des Juifs. Donc, la question est complexe. La responsabilité des Arabes est récente, disons à partir de 1948, mais celle des Américains et des Européens est plus ancienne et surtout pèse beaucoup dans l’histoire. Ils participent à l’occupation et à la colonisation de territoires appartenant depuis le partage des Nations Unies aux Palestiniens. Quelle lecture faites-vous de ce conflit ? Une fois posées les responsabilités et les lâchetés des uns et des autres, je dirai que ce conflit est sans fin, qu’il ne connaît pas de solution juste et durable. Israël du fait qu’il n’a jamais respecté aucune des très nombreuses résolutions des Nations Unies et qu’il fait la guerre sans rendre de comptes à personne, ne veut pas la paix ou alors une paix taillée sur mesure lui garantissant toutes les sécurités et oubliant la vie des Palestiniens ; la paix ne l’intéresse pas, car elle fera de lui un Etat comme les autres, or Israël ne supportera pas de devenir un Etat banal. En cela il fait tout pour poursuivre la colonisation et refuse les enquêtes internationales sur ses responsabilités dans les différentes guerres de cette dernière décennie (d’après le Figaro du 14 novembre 2014, « Israël ferme la porte aux enquêteurs de l’ONU »). Il a au fond une politique arrogante, jouant sur la culpabilisation (toute critique du sionisme est assimilée à de l’antisémitisme). Quelle perspective voyez-vous ? … Pour lire la totalité de l’article…Revue REFLETS n°14 page 29

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GRAMAU 21 janvier 2015 Aucun commentaire
Pauvre victime!Bruno BERTE-Jean Luc KOPP
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Pauvre victime! Bruno BERTE et Jean Luc KOPP

PAUVRE VICTIME! Bruno BERTE et Jean-Luc Kopp, Psychanalystes et psychanalystes corporels. Vous êtes-vous déjà prêté à ce jeu stupéfiant, lire les grands titres des journaux et observer ce qui se passe en nous ? Valérie Trierweiler explique enfin pourquoi elle a écrit Merci pour ce moment 01.10.2014 – Voici Le Pape autorise la location de la chapelle Sixtine 17.10.2014 – Courrier international Les supporters du Bayern de Munich ont saccagé Rome ! 22.10.2014 – Courrier international Elie Wiesel serait partisan des implantations de colonies juives 22.10.2014 – Ha’Aretz Front national, la mue du « parti du diable » 23.10.2014 – Courrier international Élections de mi-mandat : Michelle, la botte secrète d’Obama 04.11.2014 – Washington Post Contre l’État islamique, il est trop tôt pour crier victoire 22.10.2014 – Los Angeles Times Eh bien il nous suffit d’entendre ou de lire les titres d’un quelconque journal d’informations pour qu’immédiatement un avis nous échappe ! Impossible d’éviter en nous l’expression d’une tendance ou d’un commentaire : « Oui et quel pognon elle s’est fait, déjà 600 000 exemplaires vendus ! » « N’importe quoi François ». « Il faut empêcher ces jeunes de partir au Jihad ». « Les supporters de foot sont vraiment des gens limités et violents ». « Elie Wiesel, le Prix Nobel de la paix !!! » etc… Pour ou contre ? Nous sommes comme invités à choisir d’emblée notre camp. À l’instar de n’importe quel quidam du café du commerce nous y allons de notre avis. Jamais donc nous ne pouvons lire ou entendre un événement de façon neutre. Être « neutre », du latin neuter, ni l’un ni l’autre – qui dans un conflit, une discussion, un désaccord, ne prend parti ni pour l’un ni pour l’autre, est-ce donc mission impossible ? Ce phénomène ne vaut-il que pour les faits d’actualité ou existe-t-il aussi pour les événements de notre vie ? En réponse, il me revient immédiatement l’incident suivant,mon actualité personnelle. Dans le cadre de travaux sur ma maison, une grande échelle fut déployée pour atteindre le toit puis laissée là. Le samedi suivant un grand vent a renversé l’échelle qui est tombée avec vacarme en écrasant en partie la clôture du voisin. Il n’en fallut pas plus pour qu’immédiatement se lève en moi une grosse colère vis-à-vis de mon cousin qui certes m’avait prêté l’échelle mais qui avait quitté le chantier sans prendre la peine de m’aider à ranger l’échelle ! Pas question en cet instant de nuancer mes propos, j’étais forcément victime de la négligence de mon cousin ; « il ne se rend pas compte, ça lui est égal de me mettre dans l’embarras ! Quel imbécile ! » Je n’ai qu’une idée, lui régler son compte par une volée de reproches bien sentis. Cet exemple des plus ordinaires nous montre bien que nous sommes incapables dans l’instant de percevoir ce qui se trame en nous. La guerre intérieure : une victime et un bourreau J’ai besoin en la circonstance de ranger les protagonistes de l’événement en deux camps : d’un côté, moi, le pauvre malchanceux victime de cette grave négligence, de l’autre, mon affreux cousin qui dans sa désinvolture me crée des problèmes. D’où me vient ce besoin de lire l’événement en me considérant comme la victime ? C’est comme s’il y avait en nous une force irrépressible nous incitant à lire l’événement selon un point de vue orienté. L’effet miroir Cette négligence que je souligne chez mon cousin, me renvoie à la mienne. Car en examinant de plus près l’événement je suis obligé de reconnaître que j’avais pensé à plusieurs reprises qu’il me faudrait déplacer cette échelle car un vent fort suffirait à la renverser ; or j’ai bizarrement ignoré ces pensées comme si j’avais voulu que cela se produise ! Je savais et je n’ai rien fait. C’est déjà un premier niveau de lecture de l’événement que de consentir à l’utiliser comme un reflet dans un miroir. Cette histoire d’échelle ne parle que de moi. Poussons le jeu de l’exploration un cran plus loin… Tout ressentir en fonction de son histoire personnelle? … Pour lire la suite et la totalité de l’article, REFLETS n°14 pages 23 à 25

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GRAMAU 9 janvier 2015 Aucun commentaire
Une vie simple - Rencontre avec Christian BOBIN
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Une vie simple – Rencontre avec Christian BOBIN

Une vie simple Rencontre avec Christian BOBIN Christian ROESCH Ce qui frappe de prime abord dans la rencontre avec Christian Bobin, c’est la simplicité. Pas loin de son Creusot natal, il habite, en pleine campagne à la lisière de la forêt, une maison toute simple, à son image, sans aucun décalage. Sans internet ! Que nous sommes loin « des milieux littéraires » ! Cet amoureux des mots, des humains s’émerveille continuellement. Un rien l’enchante : un silence, un regard, un chant d’oiseau… et la page blanche pour dire la beauté délicate de toute vie. Extraits… D’où vient votre foi magnifique dans la vie ? De tout ce qui apporte une très bonne nouvelle, que mes yeux grossiers ont du mal à déchiffrer, mais dont ils reconnaissent la vérité. Le messager peut être un oiseau, la fleur de l’aubépine, la pensée d’une personne disparue, une phrase dans un livre ou un fragment de lumière. Si je cherche une source plus identifiable, je vous dirai : c’est mon père. Mon père était un sage qui ne savait pas qu’il l’était. Ouvrier dans la grande usine du Creusot, il a ensuite pu devenir enseignant de dessin technique. Je suis sans doute son seul échec scolaire ! Mais il m’a instruit comme, je crois, on instruit vraiment, c’est-à-dire par sa présence, par ce qu’il était plus que par ce qu’il disait. Et je l’ai vu grandir comme je continue à le voir grandir au-delà de sa mort car les choses ne s’arrêtent jamais. Il accueillait tout le monde comme si chacun était unique. Il était attentif aux personnes indépendamment de leur costume, de leur richesse, de leur crédit social. Il aimait les gens profondément. Il pensait aussi que le simple fait de vivre suffisait à tout. Il n’était pas quelqu’un d’écriture ou de longue parole. Pour lui, la vie répondait en silence aux questions que nous pouvions lui poser. J’ai senti sur moi le souffle d’une confiance toujours présente, en moi. Et pour lui, pour cet homme, mon père, j’ai une gratitude, une dette que j’ai la joie de voir grandir tous les jours. D’ailleurs pour moi, écrire c’est juste témoigner de ce qu’on a vu, pas plus, pas moins. … Vous parlez souvent de l’ange, une présence familière. Ce que j’appelle ainsi, ce sont juste les moments les plus subtils de la vie qu’on peut tous connaître. Les anges sont à la pointe de la fleur de la vie, du côté le plus fin, mais parfois aussi piquant. Ils peuvent provoquer un petit retrait si on s’approche trop, mais ce sont des flux de la vie, des passages vitaux très subtils que chacun de nous connaît, comme cette délicatesse qui vient alors aux hommes. Ce que connaissent aussi à merveille les nouveaux-nés, non pas qu’ils soient des anges, mais de leur petite poigne rose ils arrivent à attraper la tunique de Dieu, tant elle est frêle cette main, tant elle est sans prétention. Quelque chose vous parle comme jamais et pourtant ça ne passe pas par des mots. Par exemple en musique, en entrant dans l’intervalle entre deux notes de Bach ou de Mozart : cet intervalle est absolument infini. Le monde nous habitue à des expériences très grossières, pour des raisons mercantiles on force le bruit, les couleurs, les images, on force l’énergie, la vitalité devient mauvaise, la volonté se durcit. À l’opposé, on peut faire des expériences d’une incroyable finesse. Les anges passeraient là mais sans ressembler à l’imagerie habituelle ou à la peinture très belle d’un Fra Angelico. Ce sont les moments où notre cœur aune délicatesse de dentelle de Bruges, où l’on sent quelque chose d’aussi délicat et étrangement invincible. C’est ainsi que je les vois aujourd’hui. Pour Jean Grosjean, les anges sont des facteurs, ils nous amènent quelque chose, à charge pour nous de savoir le lire. … Votre regard plonge au cœur du simple, de l’ordinaire. En fait c’est le seul bien que nous ayons, tout se trouve là. Je vois ici un verre d’eau sur la table et je ressens la présence incroyable, presque écrasante, de ce verre d’eau parce que ces choses-là, si pauvres, sont les seules qui seront encore là dans les heures épuisantes. Je me souviens d’un rosier dans le noir d’une nuit d’été et d’être comme tué par son parfum. La vie ordinaire ne cesse de vouloir nous aider. Nous sommes fous de vouloir aller dans le spectaculaire, de croire qu’il faut toute une machinerie pour nous émerveiller. Rien de plus émerveillant que le vivant, que l’éphémère, que l’ordinaire. … Une question devant cette critique du monde moderne, vous êtes parfois aussi sévère avec l’institution religieuse. Que diriez-vous pour la défendre ? Par exemple que sans elle on n’aurait pas les plus beaux textes du monde et grâce aux prêtres, ou aux rabbins – je pense aux trois religions du livre – on peut ajouter le bouddhisme aussi, sans ces hommes il n’y aurait pas ces choses-là. Donc, on peut dire que l’Église est lourde, fautive et essentielle. Parce que qu’est-ce que je saurais moi du Christ si le maître livre qui rapporte ses propos n’avait pas été transmis depuis deux mille ans jusqu’à moi. C’est le travail de l’Église, de nous transmettre les plus beaux textes, la réserve de nourriture essentielle, le pain sans lequel on mourrait de faim, c’est ça l’Église, juste des traces de doigts sur ce livre. Lire la totalité de l’article…REFLETS n°14 pages 74 à 80

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GRAMAU 31 décembre 2014 Aucun commentaire
Décyptez-vous-mêmes l'actualité - Christian Roesch
GRAMAU

Décyptez vous-mêmes l’actualité – Christian Roesch

Dans l’éditorial du numéro précédent, nous vous proposions de décrypter l’actualité, par vous-mêmes, comme nous essayons de le faire chaque trimestre. Quelle gageure ! Nous relevons le défi que nous nous sommes donné. Que voulons-nous dire par ce titre « Décryptez vous-mêmes l’actualité » ? De nombreux médias ont pour objectif de donner du sens. Mais quel sens ? Politique ? Social ? Féministe ? Religieux ? Nous avons choisi un autre axe : la lecture spirituelle. C’est le non-sens de ce qui arrive dans le monde autant que dans notre vie qui est douloureux. C’est une source d’inquiétude, d’angoisse provoquant parfois des gestes d’anéantissement alimentant les médias et entretenant un sentiment d’impuissance. Le non-sens est désespérant. Décrypter Selon notre éthique, c’est mettre en relation notre monde intérieur avec le monde extérieur. Chacun sait plus ou moins que nos organes des sens filtrent les informations reçues. Les yeux, les oreilles, le toucher trient donc, déforment, chacun à sa manière, selon son histoire personnelle. Mais savons-nous précisément ce que laisse passer et ce que retient le filtre ? Si nous ne le savons pas, que pouvons-nous connaître de la réalité ? Les rédacteurs de REFLETS font ce travail de connaissance sur eux-mêmes, tentant de percevoir au-delà de « leur » propre filtre. Vous-mêmes Cela change tout. Le filtre de celui qui écrit l’article n’est pas le vôtre. L’auteur aboutit à une certaine (au sens de sûr et relatif) perception de la réalité. Votre histoire reconnue, acceptée, aimée vous mènera à une certaine perception, différente et tout aussi juste. La vôtre vous mettra en joie car elle participe à l’ordre des choses. Trouver de la joie avec l’actualité, même la plus sombre, n’est pas banal. L’actualité Ce sont les événements du monde communs à tous les lecteurs. Mais apprendre à les décrypter vous-mêmes ouvre la possibilité de comprendre votre actualité personnelle. C’est-à-dire les événements heureux ou malheureux qui vous arrivent. Heureux, ils ne demandent aucun effort, seulement déguster et remercier ; malheureux, ils méritent de s’y arrêter. Mettre du sens enlève au moins 80 % de la souffrance. L’apaisement fait apparaître l’ordre des choses. Certains, dont je fais partie, le qualifieront de divin, car en soulevant le filtre, c’est un autre monde qui apparaît. Vaste, lumineux, paisible. Comment ne nous ferait-il pas envie ? C’est le but de REFLETS. Dans les années 80, Gitta Mallasz ( Scribe de « Dialogues avec l’ange » Ed. Aubier-Flammarion ) montrait à Bernard Montaud comment regarder le « J. T. » (Journal télévisé) sans être désappointé par les douleurs du monde. Elle regardait les événements comme si elle posait ses yeux sur une cour de récréation d’école primaire, avec la même tendresse amusée. Puis Bernard Montaud a enseigné à son tour cette lecture en développant le mécanisme pour arriver à ce regard miséricordieux. Ensuite, nous avons bâti une méthode pour écrire sur l’actualité. C’est de cette lignée que nous souhaitons vous faire profiter pour cesser d’être ballottés devant les drames permanents présentés par les médias. Bien sûr, cela n’est pas gagné en une fois. Décrypter demande un effort d’un genre inhabituel puisqu’il s’agit d’aller voir en soi-même. C’est la clef de toute connaissance. Pour vous accompagner vers votre décryptage, nous avons choisi parmi l’actualité un sujet difficile : Le conflit israélo-palestinien – Parce que c’est un sujet récurrent. Ce dossier sera encore utilisable pendant des années. – Tout le monde a une opinion. – Ce sujet est hypersensible. Nous l’avons vérifié devant le refus de nombreuses personnalités à répondre à quelques questions. Le problème est complexe car y interviennent l’histoire récente, le génocide nazi, l’histoire ancienne avec l’expansion de l’Islam dès le VIIIe siècle, l’histoire biblique encore plus ancienne, les religions monothéistes reconnaissant les mêmes prophètes, les soutiens actuels de part et d’autre en vertu de ceci ou cela. Préparer ce dossier nous a convaincus de deux choses : – Que c’est une des grandes plaies du monde. – Qu’il n’y a pas de neutralité véritable. Nous avons entendu « équité » renvoyant les parties dos à dos. Ou : « moi, je ne prends pas partie » Ou : « Il faudrait arrêter la violence dans les deux camps ». Chaque point de vue exprimé montre une souffrance intérieure s’extériorisant dans une empathie pour les victimes d’un côté ou de l’autre ou des deux côtés. Mais quid des combattants, des commanditaires, des manipulateurs ? L’empathie pour les victimes est assez spontanée. Celle pour les bourreaux est plus rare. Pourtant s’élever nécessite de comprendre aussi les bourreaux. Il faut du temps pour percevoir que nous ne sommes pas que victimes, mais que nous sommes aussi des bourreaux pour autrui. Nous n’avons pas très envie de voir cet aspect de nous. (Lire l’article « Pauvre victime ! » page 25) Merci aux personnalités qui ont accepté de répondre à nos quatre questions sur ce conflit. Elles montrent qu’il existe d’autres approches que la nôtre. Toutes sont justes quand elles aboutissent à un apaisement. Article d’introduction du Dossier  » Décryptez vous-mêmes l’actualité  » REFLETS n°14 pages 18 et 19

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GRAMAU 19 décembre 2014 Aucun commentaire
Alexandre MEN
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Alexandre Men , un précurseur de la renaissance du christianisme – Gérard Fomerand

Quand en 1935 Alexandre Men naît au monde, la Russie traverse l’une des périodes les plus sombres de sa longue et souvent tragique histoire. Le régime stalinien est au faîte de sa puissance et une meurtrière chape de plomb s’est abattue sur ce qui était devenu l’URSS. Le christianisme, sous sa forme orthodoxe héritée de Byzance, est devenu une spiritualité des catacombes. La plupart des monastères et des églises ont été fermés, voire détruits, plus de 100 000 prêtres, moines et laïcs ont été fusillés et des centaines de milliers envoyés au goulag. Un athéisme d’État oscille entre persécutions et phase de paix relative. Mais, jusqu’à la fin des années 1980, l’atmosphère générale est faite d’exclusion, de « délit » non dit de christianisme, et l’une des faces de la répression était l’envoi en hôpital psychiatrique. Une grisaille désabusée va croissante dans ce désert spirituel qu’est devenue la Russie. … Celui qui deviendra le père Alexandre Men, car il est ordonné prêtre en 1960, va donc traverser toute cette période d’un stalinisme déclinant et de la grande désillusion de la société russe face à l’utopie sanglante qui promettait un univers radieux. Il fait partie de cette constellation d’étoiles qui, peu à peu, vont faire renaître dans les personnes leur soif d’une verticalité spirituelle dans le monde de l’horizontalité matérialiste qu’était devenue l’Union soviétique. Un homme de tradition et d’ouverture Le Père Alexandre Men plongeait ses racines spirituelles dans l’univers de la tradition théologique, ascétique, mystique et contemplative de l’Orient chrétien. Profondément historien de goût et de pratique, il écrivit un monumental ouvrage, Les sources de la religion, et des chefs-d’oeuvre comme Le Fils de l’Homme ou Le ciel sur la terre. Ses livres ne seront jamais publiés de son vivant en Russie, mais à l’étranger. En 1986, le KGB lance contre lui ce qui sera l’ultime offensive en l’accusant d’avoir organisé des cercles religieux. Commence alors la période de la perestroïka qui, avec la célébration en 1988 du millénaire de la christianisation de la Russie, va enfin ouvrir les portes de la liberté après 70 ans de persécution. Ce n’est qu’à partir de cette année 1988 et jusqu’à sa mort tragique en 1990 qu’il donnera la pleine mesure de son charisme prophétique qui avait été si longtemps occulté par la terreur d’État. Durant cette courte période de trois années, il va multiplier les conférences, passages à la télévision, entretiens avec des journalistes russes et occidentaux. Le 19 octobre 1988, il parle dans une école de Moscou. C’était la première fois depuis 1917 qu’un prêtre était autorisé à évoquer en public le témoignage de l’Évangile. … Première chapelle érigée sur le lieu de son assassinat Le Père Alexandre Men fascinait et dérangeait simultanément. Des milliers d’hommes et de femmes affluaient aux liturgies qu’il célébrait et cela dérangeait aussi bien les derniers îlots de soviétisme que certains courants traditionalistes orthodoxes ou franchement antisémites. Et, au petit matin du 9 septembre 1990, il est assassiné à coups de hache donnés par-derrière alors qu’il allait prendre son train pour se rendre dans sa paroisse. Les responsables de ce meurtre ne furent jamais identifiés, ce qui est souvent le cas dans l’histoire récente de la Russie. Étaient-ils des orthodoxes traditionalistes ulcérés par l’oecuménisme du Père Men, des agents de la police politique ou tout simplement des antisémites ? Nul ne le sait à ce jour. Dans un étrange et prophétique paradoxe, la veille au soir, le 8 septembre 1990, il donnait sa dernière conférence publique à la maison de la technique de Moscou, conférence au titre prémonitoire « Le christianisme ne fait que commencer ». Lire la totalité de l’article …REFLETS n°13 pages 72 à 75

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GRAMAU 7 décembre 2014 Aucun commentaire
Vie spirituelle et alimentation-Bernard Montaud
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Vie spirituelle et alimentation-Bernard Montaud

Bernard Montaud a fondé, il y a plus de trente ans, Art’As, une voie spirituelle. Ses recherches prennent une autre dimension en 1985 lorsque Gitta Mallasz – dernier témoin des Dialogues avec l’ange – vient vivre auprès de lui et de son épouse. En 2006, il crée le Centre des Amis de Gitta Mallasz d’où il transmet son enseignement renouvelé, en France et à l’étranger. www.lesamisdebernardmontaud.org Quelle est la place de l’alimentation aujourd’hui dans votre vie ? Elle a la même place que le reste. Elle est simplement arrivée plus tardivement que la sexualité, que mes repos, que les autres secteurs de la vie courante qui étaient entrés tout naturellement dans ma vie spirituelle. Mais elle a la même juste place que tout ce qui la compose. C’est-à-dire que j’apporte beaucoup de soin à ce qu’est pour moi manger juste. Et mon « manger juste » n’est pas le manger juste du diététicien, n’est pas le manger juste du médecin, c’est mon manger juste. Je veux dire que manger juste, pour moi, c’est pratiquer chaque fois que je me surprends à manger faux et m’accepter dans cette erreur. Donc voilà, la nourriture est entrée dans ma vie spirituelle comme d’autres secteurs de la vie y étaient entrés auparavant. Est-ce que vous êtes partisan de l’alimentation bio ? Je suis partisan de l’alimentation de là où nous sommes et de ce que nous vivons. Je ne suis partisan d’aucun sectarisme et d’aucun intégrisme ou quoi que ce soit. Je pense que manger est une activité humaine qui, à ce titre, comporte donc forcément nos traces traumatiques, et il nous faut rencontrer celui qui se construit ou se détruit à travers bien manger ou mal manger. Ce n’est pas le bio qui nous fait bien manger, c’est notre histoire acceptée et aimée qui nous fait bien manger. « Est-ce que je vis bien avec mon passé ou est-ce que je vis mal avec mon passé ? » C’est ça qui nous fait bien ou mal manger. Ce n’est pas manger bio ou pas bio. C’est : « Est-ce que j’ai suffisamment dit ‘je t’aime’ ou est-ce que je mange pour compenser mon manque d’expériences amoureuses ou mon manque de déclarations amoureuses ? » Que pensez-vous des régimes alimentaires ? Rien de bien. Je pense que l’alimentation comporte deux étages. Un premier étage appartient à un plan de conscience déposé au fond de nous et hérité du monde animal et qui est : manger à sa faim. En Occident, on est rarement confronté à la limite de ne pas manger à sa faim. On est toujours trop en train de manger au-delà de notre faim. Mais c’est un premier niveau d’expérience : « Ai-je mangé à ma faim ? » Là intervient le problème de la satiété, mais qui relève d’une attention à soi-même. Est-ce que je suis présent quand je mange au point de savoir que je n’ai plus faim ? Ou est-ce que je suis absent quand je mange au point de ne même pas savoir que je me ressers alors que je n’ai plus faim ? Il y a donc un problème de présence à soi pendant l’alimentation. Nous mangeons avec notre histoire. Se nourrir comporte aussi un deuxième étage : c’est l’expérience du plaisir de la dégustation. La dégustation, ce n’est pas pour manger à sa faim, ce n’est pas pour ne plus avoir faim. La dégustation, c’est prendre du plaisir. C’est donc autre chose, et que le monde animal ne peut pas savourer. L’animal, lui, mange uniquement à sa faim. Alors que déguster, c’est le plan de conscience propre à l’ego, le plan de conscience du « moi ». « Quel est mon plaisir à moi ? Est-ce que je me reconnais dans mon plaisir ? Est-ce que je peux affirmer ma personne dans mon plaisir ? » C’est un peu ce que découvre l’adolescent dans la sexualité : « À partir du moment où j’ai droit à mon orgasme, c’est bien moi. » Le « moi », ici, s’établit à travers mon orgasme, mon plaisir : c’est bien moi. On retrouve le même principe dans l’alimentation. Elle se situe entre ces deux satisfactions : une satisfaction de « je n’ai plus faim » et une satisfaction de « j’ai eu du plaisir, j’ai aimé ». Est-ce qu’il n’y a pas au-dessus une autre nourriture, spirituelle cette fois ? Vous l’avez évoqué en parlant de vos périodes de jeûne. Bien sûr. Et je pense que ce n’est pas par hasard que toutes les voies spirituelles invitent à des expériences de jeûne, à des expériences de nourriture contrôlée, à des expériences de nourriture maigre. Je pense que ce n’est pas par hasard que les monastères ne sont pas réputés pour être des grandes tables gastronomiques françaises. Ce n’est pas par hasard qu’il y a une frugalité de l’alimentation pour stimuler l’alimentation divine, l’alimentation de la prière, l’alimentation de la louange, l’alimentation de l’expérience spirituelle. Je crois que quand on regarde bien la nature de l’expérience spirituelle, on s’aperçoit qu’il y a souvent nécessité de sacrifice alimentaire et de sacrifice sexuel pour rencontrer un faire l’amour et un manger ailleurs, faire l’amour avec autre chose et manger autre chose. Donc évidemment qu’il y a des ponts spirituels dans l’alimentation. Pour lire la totalité de l’article…REFLETS n° 13 pages 34 à 37

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GRAMAU 1 décembre 2014 Aucun commentaire
ARCABAS - peintre habité par le sacré
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ARCABAS- peintre habité par le sacré

Jean-Marie Pirot – connu internationalement sous le nom Arcabas – et son épouse Jacqueline – un couple aimant, si vivant à l’âge de la sagesse – nous reçoivent dans leur jolie maison à Saint Hugues de Chartreuse, pas trop loin de l’église qu’il a décorée pendant tant d’années. Arcabas se défend d’être un peintre d’art sacré. Pour lui tout est sacré. Peindre un sujet profane ouvre aussi sur le sacré. Aujourd’hui à 88 ans il s’assied plus de dix heures par jour devant son chevalet : ainsi, il manifeste l’attitude « adorante » qui guide sa vie. Pourquoi à l’âge de 26 ans, vouloir décorer une église ? À 17 ans, j’étais un « Malgré nous », enrôlé de force sous l’uniforme allemand. Je me suis évadé et je suis parti à Paris où j’avais un frère qui m’attendait. J’étais un fils à part dans ma famille de catholiques. Ma maman et mon papa étaient de fervents croyants qui n’ont pas imposé à leurs enfants de suivre la voie normale. Quand j’arrive à Paris, je me fous pas mal de la religion et de tous ses problèmes et je m’inscris à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts. J’y rencontre un ami, un gars du Nord, un bon vivant. Dans un appartement plus ou moins abandonné du boulevard de l’Opéra, il faisait une illustration de la Bible, commandée pa un quidam. Il me tenait un langage étrange avec des citations de l’évangile que je comprenais mal car je ne l’avais pas encore lu. Et un jour, je me suis dit qu’il fallait que je lise ces évangiles d’où sortaient ces propos étranges avec une certaine beauté cachée. Je les ai lus et j’ai eu une espèce de coup de foudre. Quelque chose s’est fait lentement, par degré de prise de conscience et je suis devenu celui que j’étais. Quand j’ai quitté l’École des Beaux-Arts, j’avais 21 ans, ma vie commençait enfin. Je me suis mis à rêver un peu à vouloir faire mon Michel-Ange. Et j’ai cherché des églises où des murs pourraient m’être proposés, en Savoie en particulier. Mais les responsables religieux n’ont pas osé faire confiance à un jeune artiste sortant de l’école. Quand vous avez commencé la décoration, qu’aviez-vous en tête, une vue d’ensemble ? Oui, même s’il m’a fallu trois phases et trente années pour tout réaliser. Lors de la première phase des travaux (en 1952), j’ai peint des toiles de jute sur les murs et puis curieusement j’ai peint les arcs-doubleaux en orange comme si c’était une barque renversée. En fait, je me demandais pourquoi avoir fouillé des espaces supérieurs de l’église alors que je n’y avais rien fait. Mais pourquoi ? J’ai eu peur d’avoir raté l’église. En 1973, de retour du Canada, j’ai compris qu’elle n’était pas ratée, mais simplement non terminée. Je devais intervenir à nouveau. J’ai été prémonitoire de moi-même et ce sont des choses secrètes dont on ne peut pas parler. Le mot « inspiration », je l’utilise très peu parce que je me sens d’abord un artisan. Qu’est-ce qui guide vos mains ? Ce sont mes anges qui sont là. C’est étonnant que vous ayez tant duré sur cette oeuvre-là. Qu’est-ce qui vous a motivé pour continuer si longtemps ? Un peintre ne peut pas abandonner une œuvre qui est en route, qui ne respire encore pas, mais qui va le faire si vous lui donnez un peu plus d’amour. Toile – Les pélerins d’Emmaüs Parmi mes chantiers, Saint-Hugues est le plus précieux, le plus fini, le plus complet. Mais à Bergame, en Italie, j’ai un exemple similaire. Même dans l’architecture, je suis intervenu. J’ai tracé tout le chemin que doit tracer un peintre quand il a la chance de vivre. C’est une question de fidélité et de coeur. Pour lire la totalité de l’article…REFLETS n°13 pages 76 à 81

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GRAMAU 22 novembre 2014 Aucun commentaire
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