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Extrait d’article

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Compléments Revue Reflets

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Compléments Revue Reflets

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Danser, c’est prier, Interview de Franck Legros

Danser, c’est prier Interview de Franck Legros Le corps, l’esprit et l’âme… La danse les exalte. Franck Legros s’est donné à Dieu avec cet art pour dire son essentiel et pour garder les jeunes dans l’Église. Il était  danseur professionnel mais  insatisfait de sa vie : uniquement danser ne lui permettait pas de donner du sens à son existence. Attiré par la vocation religieuse il a concilié son art à la prêtrise,  pour unifier les trois dimensions de l’homme : physique, artistique et spirituel. Il dit : « Lorsque j’interprète la danse de l’âme de Moïse, j’ai cette impression aussi douce qu’extraordinaire que tout mon être dialogue avec Dieu, entre terre et ciel ». Un vent de liberté souffle sur Évreux ! À quoi sert l’art de la danse ? Pour moi la danse intègre tout l’être humain. C’est une porte ouverte sur l’unité de sa personne en prenant en compte son corps, son esprit et son âme. Souvent, on peut voir dans un corps des blessures, un repli sur soi, un certain enfermement. Je crois que la danse peut être un vrai vecteur de guérison et même de libération du corps et de l’âme. La danse est un vecteur de communion universel Et dans ce sens-là, spirituellement, c’est aussi une ouverture vers Dieu le créateur. C’est aussi une façon de s’approprier l’espace qui est autour de soi. (…) Comment conciliez-vous le prêtre et le danseur ? Je pense que Jésus-Christ est le prêtre par excellence et le danseur par excellence. Il est celui qui a intégré le spirituel et l’incarné. Et je m’appuie aussi beaucoup sur ce grand personnage, le roi David, qui avait cette liberté de pouvoir danser pour son Dieu et pour son peuple d’Israël, quitte à se ridiculiser. Le peuple chrétien est un peuple de liberté Certains, effectivement, peuvent être choqués qu’un prêtre danse, mais en fait c’est pour moi le moyen de dire que le peuple de Dieu, le peuple chrétien est un peuple de liberté. Et la liberté s’exprime aussi dans le corps. (…) Danser fait-il partie de votre service divin ? D’abord, il y a une utilité personnelle : chaque matin, au lever, je me dois de choisir la joie et la liberté. Ce sont tous les textes de Saint Paul. Ce sont aussi les textes d’Isaïe qui dit : « Quitte ta robe de tristesse et reçois l’onction de joie ». Il m’arrive donc,  dans la chapelle, de prendre la décision de chanter. J’aime beaucoup cela. Et aussi de frapper des mains ou de danser ; pas simplement quand tout va bien mais même parfois quand c’est difficile, parce que je me dis que Dieu est en moi et que le chemin de la joie et de la victoire est là. Et ensuite entraîner le peuple de Dieu. Je pense que l’Église catholique a profondément besoin de quitter la robe de tristesse, de se mettre en joie et de danser pour libérer l’esprit de Dieu en elle : cela habite mes tripes. L’Église a besoin de ça et les gens ont besoin de ça. Est-ce que vous créez les chorégraphies dans des circonstances spécifiques pour un enseignement ? En fait, il y a différentes circonstances. Majoritairement, je crée pour des spectacles d’évangélisation. C’est-à-dire que je monte des chorégraphies qui vont mettre en œuvre des passages de la Bible. Ces spectacles ne sont pas réservés à des spectateurs chrétiens, ils s’adressent à tous. Quitte ta robe de tristesse et reçois l’onction de joie  Et en d’autres circonstances, moi en dansant, je permets à ceux qui sont là de réaliser que Dieu nous rend libres. Parfois, je fais des chorégraphies rapides avec des jeunes ou des moins jeunes pour leur faire goûter cela. Dieu n’attend pas que tout le monde soit des danseurs étoiles, ce n’est pas le but. Tout le monde peut mettre son corps en mouvement, à sa mesure, pour respirer. (…) Comment souhaitez-vous conclure ? Ma conclusion, c’est mettre en avant mon envie que l’Église soit libre. C’est mon grand cri : qu’elle choisisse la joie et la liberté. Pour lire l’article en entier, Reflets n° 20  pages 39 et40 *************************************************************************

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Françoise 21 juillet 2016 Aucun commentaire
Les religions face à Dieu
Françoise

Les religions face à Dieu ,Cardinal Roger Etchegaray

Les religions face à Dieu Cardinal Roger Etchegaray Dans l’histoire des religions, la rencontre d’Assise du 27 octobre 1986, voulue par le Pape Jean-Paul II, est un point de référence incontournable. Elle a été un événement unique dans son originalité et par son exemplarité, mais comme souvent on en mesure l’importance après coup. Assise avait un objectif précis, celui de la paix par une prière non point commune mais exprimée par chaque religion dans un site commun, à l’abri de tout syncrétisme Né en 1922, Roger Etchegaray est originaire du pays basque. Il fut ordonné prêtre en 1947, puis nommé évêque, archevêque de Marseille ; il fut créé Cardinal par Jean-Paul II en 1979. Pendant plus de 20 ans, il fut l’un des principaux collaborateurs du pape polonais. Il fut le délégué spécial du pape pour organiser la rencontre inter religieuse d’Assise en 1986. La pluralité religieuse ne s’impose pas seulement comme un fait massif, mais elle se présente comme un mystère où trop peu de gens encore voient un projet particulier de Dieu. Nous entrons dans une nouvelle donne géo-religieuse et non dans le foisonnement d’une religiosité hors-piste qui réduirait la religion à un menu à la carte selon les goûts ou les intérêts de chacun. L’homme, note un théologien, est rapidement religieux, mais lent à croire. Ce vrai dialogue entre les religions nous hisse loin de toute subjectivité, au niveau même des croyances, sans lesquelles aucune autre Rencontre d’Assise ne serait possible. Grande est la responsabilité des leaders des communautés religieuses, car ils ne sont pas de purs figurants. La rencontre entre les grandes religions monothéistes (judaïsme, christianisme et islam) semble désormais mieux nouée, mais le dialogue avec les sagesses orientales nous trouve encore « désorientés ». Plus que long est le chemin qui s’élargit depuis Assise. Plus que d’interreligieux, il s’agit avant tout de préconiser le dialogue « intra-religieux », celui qui nous pousse davantage au-dedans de nous-mêmes tout chargés des interrogations jaillies de la rencontre des autres religions. Balbutiant, vacillant, déçu ou trahi par ses propres actions, l’homme d’aujourd’hui attend beaucoup de l’Église, bien plus qu’il ne l’avoue et même ne le pense. Telle est mon expérience, alimentée par toutes mes rencontres à travers le monde. Je me souviens des paroles martelées par le pape Jean-Paul II à l’aéroport du Bourget lors de sa première visite en France le 1er juin 1980 : « Le problème de l’absence du Christ n’existe pas. Le problème de son éloignement de l’homme n’existe pas… Il n’y a qu’un seul problème qui existe toujours partout : le problème de notre présence auprès du Christ, de notre permanence dans le Christ ». (…) Lire la suite Reflets n° 19 pages 30 à 31 *************************************************************************

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Françoise 21 juin 2016 Aucun commentaire
Confidence d 'Artiste Jean-Claude GUILLEBAUD
Françoise

Confidence d ‘Artiste : Jean-Claude GUILLEBAUD, Voyage au bout de la violence

Confidence d ‘Artiste Jean-Claude GUILLEBAUD Voyage au bout de la violence Jean-Claude Guillebaud a été journaliste grand reporter à Sud Ouest, au Monde et au Nouvel Observateur où il tient aujourd’hui une chronique hebdomadaire. Après avoir été directeur littéraire au Seuil pendant plus de trente ans, il est actuellement directeur littéraire aux Arènes et à l’Iconoclaste. Devenir un monstre du jour au lendemain… Tout être humain, même le plus doux d’entre nous, possède en lui un pire et un meilleur. Jean-Claude Guillebaud l’a expérimenté. À l’âge de 72 ans, il choisit de s’en délivrer en confiant son pire, vécu lors de ses reportages de guerre, dans son livre Le tourment de la guerre, éd. L’Iconoclaste, dont il aborde ici quelques thèmes. Quelle était votre intention dans ce livre sur le tourment de la guerre ? J’ai dédié ce livre à mon père et au philosophe René Girard qui a beaucoup compté dans ma vie. En 2007, lors de la promotion de son dernier ouvrage Achever Clausewitz, un livre d’entretiens sur le thème de la guerre, je lui avais dit : « J’ai un livre qui m’attend au tournant depuis plus de quinze ans. Il faut que j’écrive sur la guerre. Si j’y arrive, je te le dédierai. Et mon rêve serait d’arriver à mettre de la chair à tes analyses. » Le tourment de la guerre, c’est d’abord un tourment personnel. Je suis né en 1944, j’ai donc 24 ans en mai 1968. J’appartiens à une génération plutôt antimilitariste qui n’a pas connu la guerre, il ne fallait pas y réfléchir, il fallait la condamner. En même temps, je vouais une grande admiration à mon père qui a eu une carrière militaire héroïque toute sa vie. Mais c’est aussi un tourment collectif. Voilà soixante-dix ans que nous étions en paix. Quand j’étais étudiant, comme tout le monde, j’étais convaincu que l’état naturel d’une société, c’était la paix, et que la guerre était un archaïsme, une folie, qui allait disparaître. René Girard m’a beaucoup aidé à comprendre que c’était une erreur : l’état naturel d’une société, c’est la violence, qui est là, tout le temps, et qu’il s’agit de conjurer, de tenir à distance pour protéger la paix. Cette dernière est sans cesse à reconstruire, à restaurer. En tant que correspondant pour Le Monde, pour Sud-Ouest puis Le Nouvel Observateur, j’ai vécu dans la guerre pendant 26 ans et j’avais des choses difficiles à dire, qui sont dans le livre et que, pour certaines d’entre elles, je n’avais jamais racontées auparavant. On est toujours en train de râler contre nous, à se détester. C’est parce que nous ne nous aimons pas que cette violence s’exprime à l’extérieur et qu’elle devient collective ? Bien sûr. Mais il y a aussi cette phrase magnifique de la philosophe Simone Weil : « Il faut avoir le courage de regarder les monstres qui sont en nous. » Cela veut dire que la violence n’est pas seulement chez l’autre, elle est aussi chez nous ; si on s’imagine que la violence c’est seulement l’autre, alors on est entraîné dans une logique exterminatrice car on finit par se convaincre que pour débarrasser le monde de la violence, il n’y a qu’à tuer l’autre ! En réalité, n’importe lequel d’entre nous est capable de devenir un monstre du jour au lendemain ; je l’ai vu, c’est l’enseignement de mon métier. Un ami libanais parle de cette espèce d’ivresse de la violence qui peut saisir le plus doux des humains : « Quand on dit qu’on va prendre les armes, pour dire qu’on entre en guerre, c’est une mauvaise expression. Il faudrait dire qu’on va être pris par les armes, c’est-à- dire que ce sont elles qui vont nous aspirer dans leur propre logique. » Est-ce que le terrorisme manifesterait la différence de moyens ? Le terrorisme existe depuis toujours. Ce qui est radicalement nouveau, c’est qu’il est désormais pratiqué par des gens que la mort indiffère, voire qui souhaitent mourir en martyr. Comment fait-on pour résister militairement à des jeunes qui sont prêts à mourir quand nous, Occidentaux, restons – à juste titre – attachés à la vie ? (…) Quand j’ai découvert la guerre notamment au Viêt Nam en 1969, j’ai réalisé que nous pouvions tous succomber à l’ivresse de la guerre. Comme mes confrères, j’ai accepté de faire les reportages « excitants » qu’on nous demandait, par exemple des bombardements en piquet derrière le pilote, ou – sanglé à côté du mitrailleur d’un hélicoptère de combat – de l’arrosage à la mitrailleuse lourde pour tuer tous ceux qui pouvaient préparer une embuscade. Or, je dois avouer que pendant quelques minutes, pour employer une expression vulgaire, j’ai « pris mon pied » comme un gosse. Et immédiatement après, j’ai eu honte de ce que j’avais ressenti. J’ai pris l’habitude d’appeler ça « les plaisirs dégoûtants ». Et tous mes confrères éprouvaient cela. Sans en parler. J’ai essayé de creuser la question et je me suis aperçu que notre mémoire collective d’Européens est adossée à des siècles et des siècles durant lesquels la plupart des grands écrivains ont célébré la guerre : elle donnait à l’homme la possibilité d’aller jusqu’au bout de lui-même, elle lui permettait d’éprouver les amitiés les plus fortes, celles qu’on noue dans la bataille et face à la mort, de sentir la solidarité, l’héroïsme, l’amour et la fierté de soi. Nous avons oublié ces siècles de « célébration » de la guerre. (…) Quand j’étais étudiant, j’étais convaincu que nos sociétés allaient être gouvernées par la raison, la rationalité, le marché et que les croyances allaient disparaître de nos vies. J’avais oublié que la spiritualité fait partie de l’homme. C’est Edgar Morin qui m’a aidé à le comprendre parce qu’il a toujours écrit que la raison est un mode d’approche du réel très important mais que ce n’est pas le seul mode. Son livre Amour, poésie, sagesse le prouve ; ce sont trois choses que la raison est incapable de saisir. Je n’ai

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Françoise 6 juin 2016 Aucun commentaire

Destin Remarquable : L’émir Abd el-Kadder , par Maryline Hubaud

Destin Remarquable L’émir Abd el-Kadder visionnaire, stratège militaire… et maître spirituel par Maryline Hubaud Connu comme un guerrier émérite, Abd el-Kadder fut l’adversaire le plus redouté de l’armée française en Algérie. Ne garder que cette vision de cet homme de sagesse serait réducteur tant il a cherché à œuvrer pour un monde universel, cimenté par les vertus que l’humanité doit mettre en commun. Précurseur, il était doté d’une éthique politique particulièrement respectueuse de la loi religieuse, afin de ne rien faire qui puisse nuire à son peuple ni aux autres. Accepter l’autre quel qu’il soit, comme un élément qui pouvait enrichir sa propre compréhension de la vie et tendre vers un modèle d’Homme universel, tel que le définit le soufisme. Tant qu’il y aura des sages sur terre, l’humanité sera sauvée… L’Émir Abd el-Kadder, inspiré de la tradition soufie, fait partie de ceux qui par leurs actes, leurs rencontres, leurs choix et leur vie de contemplation ont contribué à cette évolution. Né en 1808 au sein d’une famille de lettrés soufis, il grandit dans une Algérie imprégnée de traditions où l’éducation se fait principalement au sein des Zâwiyas, lieux d’enseignement traditionnel et d’initiation spirituelle, garants de toutes les formations. Ainsi, la courtoisie, le respect de la parole donnée, le sens du devoir et la notion de hiérarchie dans l’ordre de la création, tous conformes à la pensée musulmane, y sont inculqués. Abd el-Kadder, en plus de cette éducation religieuse, morale et intellectuelle, est formé au plan de l’adresse et de l’endurance physique. Il est donc éduqué aussi bien par l’action que par la méditation, sur un ensemble de disciplines telles que les sciences religieuses, la langue et la littérature arabe, les mathématiques, l’astronomie, l’histoire et la philosophie. À tout juste 20 ans, il participe à la résistance populaire face à l’armée française, prend le contrôle des principales villes côtières, et se distingue très vite par sa bravoure. Il devient alors Émir, titre qui lui confère pouvoir et autorité spirituelle. Il organise un état, met en place toute une société autour de lui et, en fin stratège, établit des relations diplomatiques pour gérer son territoire. Pendant 15 ans, il conduit une lutte presque incessante contre l’occupant. Ses hommes, avec une fidélité sans faille, le suivront dans tous les combats jusqu’à la fin, jusqu’à l’exil. (…) « Nous ne nous sommes pas permis d’assumer la tâche du gouvernement par ambition, par orgueil ou par amour du pouvoir ni pour les vanités de ce bas monde, mais – et Dieu lit dans le fond de mon coeur – pour combattre la cause de Dieu, pour prévenir la fratricide effusion du sang musulman, pour protéger leurs propriétés et pour pacifier le pays comme l’exige la ferveur de la foi et du patriotisme. » Ce qui le distingue de tous les hommes de pouvoir, outre sa capacité à rassembler et à gouverner, c’est sa tentative de poser les fondements d’un état moderne imprégné de sa vision spirituelle. Le comportement chevaleresque, la grandeur morale et l’humanité de l’Émir sont reconnus par tous ceux qui le combattent. (…) « Ne demandez jamais quelle est l’origine d’un homme, interrogez plutôt sa vie, ses actes, son courage, ses qualités et vous verrez qui il est. » (Emir Abd el-Kadder) En ce qui concerne la défense que nous avons prise des populations chrétiennes et la protection que nous leur avons accordée, dans leurs personnes et dans leurs biens – dans la proportion de nos moyens et de notre zèle – tout cela, comme vous le savez très bien, n’est que l’accomplissement des dispositions de notre Sainte loi et de ce que commande l’Humanité́. » (Lettre d’Abd el-Kader à Chamîl) Humaniste et visionnaire, intellectuel passionné par l’étude, philosophe, poète, guide spirituel et homme de modernité, Abd el-Kader est animé par une foi enthousiaste dans l’avenir et le progrès de l’humanité. Témoignant en permanence d’un intérêt tout particulier pour les innovations techniques, il adhère au projet de construction du canal de Suez. Maître spirituel, il a suivi la voie soufie, la voie du juste milieu, inspiré par son maître, le Cheik Ibn’Arabi, auprès duquel il a demandé à être inhumé. Il aborde dans ses méditations les thèmes qui lui sont chers : l’unité divine et le ravissement amoureux, l’élan du pur amour et de l’adoration parfaite. « Si les musulmans et les chrétiens avaient voulu me prêter leur attention, j’aurais fait cesser leurs querelles ; ils seraient devenus, extérieurement et intérieurement, des frères.» Pour lire l’article en entier, Reflets n° 19 pages  72 à 74 *************************************************************************

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Françoise 6 juin 2016 Aucun commentaire
Foi spirituelle et foi religieuse sont comme nos deux bras par Bernard Montaud
Françoise

Foi spirituelle et foi religieuse sont comme nos deux bras par Bernard Montaud

Foi spirituelle et foi religieuse sont comme nos deux bras Bernard Montaud Fondateur de la Psychanalyse corporelle®, Bernard Montaud est à l’origine de la voie spirituelle Art’as, dans la lignée de l’enseignement de Gitta Mallasz, le Dialogue Essentiel et aussi de la tradition chrétienne. À l’occasion de sa participation à la rencontre internationale sur l’Islam spirituel à l’UNESCO (voir page 40), nous l’avons interviewé sur les deux aspects de la foi. Bernard Montaud, que représente pour vous cette rencontre à l’UNESCO autour de l’islam spirituel ? D’abord, ayant été invité à cette rencontre, elle constitue pour moi un très grand honneur. Mais surtout, je crois que nous ferions une grave erreur si nous pensions que le fanatisme religieux qui s’exprime dans l’islam ne concerne que l’islam. Je pense que nous sommes devant une maladie de la foi qui concerne l’ensemble de l’espèce humaine, toutes religions confondues, et qu’il faudra reconsidérer à l’intérieur de toutes les religions ce qu’est la vraie foi et ce qu’est la fausse foi. Nous avons à nous interroger sur : à quoi servent ces intolérances, à quoi servent ces fanatismes, à quoi servent ces intégrismes sinon à nous rappeler à l’ordre d’une vraie foi, d’une foi tolérante, d’une foi qui partage, d’une foi qui comprend. Oui, je pense que par défaut de sacralisation dans nos sociétés, nous avons produit la folie de la foi par manque de foi et que ce n’est pas le problème seulement de l’islam, c’est le problème de tous les mouvements spirituels et de toutes les formes de foi. Le thème de cette rencontre est l’islam spirituel. Cela veut dire qu’il n’y a pas qu’un islam religieux ? Faites-vous une différence entre la foi spirituelle et la foi religieuse ? Oui, tout à fait. Selon moi, il y a une foi spirituelle qui concerne une foi en soi, en sa propre grandeur. Croire en la grandeur de soi, c’est un premier niveau de la foi. Et la foi spirituelle de toutes les traditions, qu’elles soient soufie, bouddhiste ou chrétienne, c’est cette espèce de conversion intérieure qui nous fait passer du pire au meilleur de nous-mêmes. Être meilleur, voilà le souci de la foi spirituelle. La foi religieuse, c’est une autre forme de foi. Elle s’appuie sur la relation entre la créature et le créateur. Et elle interpelle d’une autre façon : quand je suis meilleur, qu’est-ce que je peux faire au nom de Dieu ? À quoi peut servir ma vie au nom de Dieu ? C’est là où la foi religieuse devient complémentaire de la foi spirituelle. Donc ce sont deux formes de foi différentes. L’une n’a pas besoin de Dieu, c’est la foi spirituelle ; l’autre a besoin de Dieu, et c’est la foi religieuse. Est-ce qu’il y a un ordre dans ces deux formes de foi – spirituelle et religieuse – ou bien sont-elles équivalentes ? On peut passer de l’une à l’autre ? Je dirais qu’elles sont à l’image du bras droit et du gauche. Il n’y a pas un ordre, il n’y a pas un bras qui est meilleur que l’autre, chacun a son utilité. C’est dans la complémentarité des deux bras que nous pouvons embrasser. (…) Il est nécessaire que la foi spirituelle et la foi religieuse se rencontrent, elles sont complémentaires. C’est toujours à l’image du bras droit et du bras gauche : il est bien nécessaire qu’ils se rencontrent, ne serait-ce que pour prier… Et les formes de foi, différentes entre elles, ont besoin de se rencontrer ! Au niveau de la foi, nous avons à faire voir au monde que nous acceptons nos différences pourvu que nous priions ensemble. Cela me paraît un acte politique majeur, et que le Cheikh Bentounès a magnifiquement réussi par ce congrès. Quel message voudriez-vous faire passer à l’occasion de ces Journées ? (…) J’aimerais que, comme il le désire, nous soyons de nombreux mouvements à œuvrer pour créer une journée du vivre ensemble et du faire ensemble et du croire ensemble. Il me paraît ridicule en 2015 que les protestants se battent contre les catholiques, que les sunnites se battent contre les chiites, que les ceci se battent contre les cela dans la foi. C’est un non-sens de la foi puisque la foi, c’est partager, c’est recevoir la foi de l’autre. Je pense que le premier devoir du croyant est d’autoriser quiconque à croire en ce qu’il veut. Et de la même manière qu’il existe une journée du 1er mai où les syndicalistes défilent la main dans la main, en première ligne, tous syndicats confondus, il faudrait instaurer une journée où nous défilerions, les musulmans, les bouddhistes, les religieux, les non religieux, les engagés spirituels, les voies spirituelles, petites ou grandes, tous, la main dans la main. Parce que nous ne pourrons pas constamment nous battre contre ces petites guerres de religions stupides qui ne sont que des mesquineries spirituelles. (…) Pour lire la suite, Reflets n° 19 pages  26 à 27 *************************************************************************

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Françoise 14 mai 2016 Aucun commentaire
La foi qui croît et la foi qui est crue par Katie Badie
Françoise

La foi qui croît et la foi qui est crue par Katie Badie

La foi qui croît et la foi qui est crue KATIE BADIE D’origine britannique, Katie Badie a été animatrice biblique dans une paroisse anglicane de la City à Londres avant de venir en France pour faire des études de théologie. Pendant 16 ans elle a été pasteur dans une Eglise protestante évangélique à Paris. Mariée, elle est mère de deux enfants lycéens. Actuellement elle est responsable du Service biblique de la Fédération protestante de France. Faites-vous une différence entre foi spirituelle et foi religieuse ? Quand j’étais jeune, je refusais l’étiquette « religieuse » pour ma foi chrétienne. Il est vrai que mon lien avec la religion institutionnelle était lointain et informel, passant par un cercle d’amis, la lecture de la Bible et le christianisme ambiant. Quand finalement j’ai commencé à fréquenter une église locale, j’ai eu le sentiment de trouver une famille plutôt que d’adopter une pratique religieuse. Pour une partie des protestants, c’est la foi du cœur qui compte. Dans certains milieux, le baptême n’est administré qu’à ceux qui font profession d’une foi personnelle ; on est attentif aux signes d’un engagement spirituel intime et d’une relation vivante avec le Christ. Dans ces cercles, l’intérêt pour les formes de la religion peut paraître plutôt suspect ! Mais pour tous les protestants, la conscience individuelle devant Dieu et la nécessaire action de l’Esprit-Saint dans le cœur et l’intelligence, pour comprendre les Écritures notamment, sont fondamentales. Selon l’Évangile de Jean, Jésus dit : « Le vent souffle où il veut ; tu l’entends, mais tu ne sais pas d’où il vient ni où il va. Il en est ainsi de quiconque est né de l’Esprit » (Jean 3:8). Insaisissable et indéfinissable, le souffle de l’Esprit-Saint précède et suscite la foi ; il crée la communion avec Dieu. Le Nouveau Testament utilise très peu le vocabulaire de la religion : la seule fois où il est appliqué aux chrétiens est dans l’Épître de Jacques : « Si quelqu’un se considère comme un homme religieux alors qu’il ne tient pas sa langue en bride, mais qu’il se trompe lui-même, sa religion est futile. La religion pure et sans souillure devant celui qui est Dieu et Père consiste à prendre soin des orphelins et des veuves dans leur détresse, et à se garder de toute tâche du monde » (Jacques 1:26-27). (…) Alors oui, je faisais pendant de nombreuses années une distinction nette entre foi spirituelle et foi religieuse. Cependant, il faut aussi accepter le regard extérieur sur son vécu personnel et, selon les catégories sociologiques, ma foi était dès le départ une foi religieuse. Puis, en poursuivant un chemin de foi personnel, et ceci sans rupture ni autre conversion, j’ai intégré les pratiques, l’histoire et la théologie de la religion chrétienne et je suis devenue pasteur et bibliste protestante ! Enfin, il faut reconnaître que même dans les cercles où l’on insiste le plus sur la profession personnelle de la foi, il existe des cours de préparation au baptême et des pratiques (plus beaucoup) plus normatives et ritualisées que l’on veuille bien admettre ! La foi a aussi un contenu transmis ; il existe la foi qui croit et la foi qui est crue . fides qua creditur, fides quae creditur (…) Y a-t-il une hiérarchie ? Mon itinéraire personnel me dispose à privilégier la foi spirituelle, parce que l’adhésion personnelle et l’intériorité me semblent essentielles. Mais ma foi spirituelle évolue à l’intérieur d’une tradition religieuse spécifique. Dans notre contexte aujourd’hui, la foi spirituelle peut se vivre dans toutes les traditions religieuses et en dehors, par des spiritualités personnalisées, voire non-croyantes ou humanistes. À première vue, la foi spirituelle pourrait apparaître plus porteuse du sens de notre destin commun et de communion entre les êtres humains. Et il me semble que toute recherche du spirituel ou d’intériorité qui résiste au matérialisme, au consumérisme et au cynisme, crée un terreau favorable à l’ouverture et au dialogue. Cependant, ce serait naïf d’occulter le fait que subsistent des spiritualités mortifères, culpabilisantes et trompeuses, et cela à l’intérieur de toutes les traditions religieuses, et en dehors ! « Prenez garde que personne fasse de vous sa proie au moyen d’une philosophie trompeuse et vide », avertit l’apôtre (Épître aux Colossiens, chap. 2). Qu’apporte alors la foi religieuse ? (…) Lire la Bible, est-ce une pratique spirituelle, religieuse ou intellectuelle ? La Bible dépasse des frontières confessionnelles ; elle fait partie du patrimoine culturel de l’humanité. Aujourd’hui naissent de nouveaux réseaux de lecture de la Bible qui rassemblent des gens de tous horizons. Quelles en seront les interactions avec la pratique religieuse ? L’avenir nous le dira. (…) Pour lire la suite Reflets n° 19 pages 18 et19 *************************************************************************

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Françoise 4 mai 2016 Aucun commentaire
La nature est un tout
Françoise

La nature est un tout, Philippe Desbrosses

La nature est un tout Philippe Desbrosses Fondateur d’Intelligence Verte, Philippe Desbrosses a été chargé de mission auprès du Ministère de l’Agriculture et expert consultant auprès de l’Union Européenne, membre du comité de veille écologique de la Fondation Nicolas Hulot, et du Conseil d’administration du CRIIGEN (Comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique), présidé par Corinne Lepage. Voir l’article “Un précurseur de l’agrobiologie européenne” -Reflets N°12. Devrions –nous reconnaître un droit aux écosystèmes ? Un droit à la nature ? Dans quel but ? Philippes Desbrosses nous livre quelques réflexions sur les audiences publiques du Tribunal International des Droits de la Nature des 4 et 5 décembre 2015 à Paris, conjointement à la COP 21. Le Tribunal est une initiative citoyenne unique pour témoigner publiquement de la destruction des conditions de vie sur Terre – que les États et les entreprises non seulement permettent, mais parfois encouragent – et proposer de nouveaux instruments juridiques visant à préserver la sûreté de la planète et les droits de ses habitants. Le Tribunal des Droits de la Nature a été initié par la Global Alliance for the Rights of Nature en 2014. La première session, présidée par Vandana Shiva, s’est tenue à Quito en janvier pendant le Global Rights of Nature Summit ; puis la deuxième à Lima en décembre pendant la UNFCC-COP20, présidée par Alberto Acosta. La 3e session du Tribunal International des Droits de la Nature s’est tenue les 4 et 5 décembre à la Maison des Métallos conjointement à la COP21. Ce tribunal est organisé par la GARN en partenariat avec le mouvement ‘End Ecocide on Earth’ (EEE), NatureRights et ATTAC. Le Tribunal des Droits de la Nature propose une alternative systémique à la protection environnementale ; il considère en effet la Nature comme un sujet de droit, dotant d’une valeur intrinsèque les écosystèmes pour lesquels il énonce le droit d’exister et de se perpétuer. Le Tribunal s’attache aussi à offrir une voix aux peuples autochtones afin qu’ils partagent avec la communauté mondiale leurs préoccupations et leurs solutions singulières concernant la terre, l’eau, l’air et la culture. Le Tribunal International des Droits de la Nature s’inscrit dans une démarche aux objectifs multiples : – promouvoir un changement des consciences, – souligner la nécessité d’élargir le cadre juridique international et les législations nationales, – ceci afin de garantir la sûreté de la planète par la sauvegarde de la biodiversité et le respect de la dynamique des écosystèmes. La session de Paris COP 21 a statué principalement sur : – les crimes climatiques contre la nature – la fracturation hydraulique – l’agro-industrie et OGM – les mega barrages en Amazonie – les défenseurs de la Terre Mère – les écocides liés à l’exploitation pétrolière – la financiarisation de la nature, considérée comme un crime Le retour de l’un des juges ayant siégé à Paris, Philippe Desbrosses, marque pour REFLETS l’importance de cette initiative citoyenne dans le contexte actuel. Son analyse « L’ampleur et la gravité des exactions que nous avons eues à connaître étaient particulièrement impressionnantes. Les témoignages pathétiques que nous avons entendus, transmis par des victimes, nous ont beaucoup affectés et inquiétés sur l’avenir de notre planète. Elle est littéralement livrée au pillage et à la spéculation financière dans de nombreuses contrées du globe, au profit exclusif de quelques oligarchies et gouvernements complices des prédations. » Quelques exemples Le méga-barrage de Belo Monte qui va engloutir 5 000 km2 de forêt amazonienne, avec dégâts collatéraux, de l’amont à l’aval : sont concernées les routes et les constructions dans la forêt amazonienne. La présidente brésilienne Dilma Roussef spolie sans vergogne les droits des communautés autochtones et passe outre les mises en garde de l’ONU concernant les droits de l’homme. Autres sujets : les gaz de schiste Aux États-Unis, la fracturation hydraulique dans le seul État de l’Oklahoma, avec ses 30 000 forages, provoque près de 5 000 séismes par an, de 2,5 à 3,6 sur l’échelle de Richter et pollue les eaux douces des nappes et des rivières. Vandana Shiva et José Bové ont plaidé contre la prolifération des OGM et de l’agriculture industrielle dans le monde ; ceci fait peser une lourde menace sur l’avenir des écosystèmes et donc sur leur capacité à nourrir les populations. Avec les autres juges, nous étions atterrés par ce que nous avons découvert. Et en même temps, nous avons ressenti un très fort sentiment de solidarité et de fraternité. Nous avions le sentiment de faire quelque chose d’utile et d’urgent : faire évoluer la législation internationale et faire condamner les États et les multinationales à l’origine de ces destructions environnementales. (…) Aujourd’hui, la société civile semble impuissante devant les abus dont elle est victime. La cause principale de tous nos maux est la financiarisation de la société, la folie du capitalisme sauvage. On regarde la nature seulement sous son aspect utilitaire. Si elle n’a pas de valeur marchande immédiate, elle est détruite ou abandonnée. Or chaque maillon forme une chaîne. La Nature est un Tout et elle doit être sauvegardée dans son intégralité. Nous nous apercevrons collectivement de cette réalité quand il sera trop tard pour faire machine arrière. (…) Ces crimes contre l’environnement vont-ils un jour être reconnus ? C’est un dossier qui avance très vite car les initiatives dans la société civile se multiplient et convergent vers le même objectif : ne plus laisser faire les prédateurs de la planète. (…) Pour lire l’article en entier,  Reflets n° 19 pages 61 à 63 *************************************************************************

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Françoise 4 mai 2016 Aucun commentaire
L'embrigadement pour Daesh par Dounia Bouzar
Françoise

L’embrigadement pour Daesh par Dounia Bouzar

L’embrigadement pour Daesh par Dounia Bouzar Dounia Bouzar, ancienne éducatrice, est anthropologue du fait religieux, directrice du Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l’Islam. Elle se consacre au désembrigadement des jeunes tombés sous l’emprise djihadiste. Son livre La vie après Daesh, les Éditions de l’Atelier, est bouleversant. Avec son équipe, elle court sur tous les fronts pour ramener à la vie de jeunes femmes et de jeunes hommes déshumanisés, soutenir les parents désemparés, accompagner les uns et les autres dans la reconstruction d’une vie familiale et sociétale. Ici, Dounia Bouzar nous explique en détail le processus d’embrigadement ; partant de la crise d’adolescence, il conduit à produire des assassins. Le processus de radicalisation  comprend un embrigadement relationnel et un embrigadement idéologique. L’embrigadement relationnel provoque une adhésion du jeune à son nouveau groupe et un embrigadement idéologique suscite une adhésion du jeune à un nouveau mode de pensée. 1/L’embrigadement relationnel Il isole le jeune de tous ses anciens interlocuteurs qui contribuaient à sa socialisation. Cela passe par des vidéos qui utilisent la théorie du complot, pour placer le jeune dans une vision du monde paranoïaque, où il ne peut plus faire confiance à personne. Dès cette première étape, le jeune commence donc à se méfier des adultes qui l’entourent. On lui dit que le malaise qu’il éprouvait auparavant (comme tout adolescent) provient du fait qu’il a été élu par Dieu pour discerner la vérité du mensonge, contrairement à tous ceux qui l’entourent. Isoler le jeune n’est que la première étape de la radicalisation. La deuxième étape va consister à détruire l’individu au profit du groupe. À ce stade, le discours radical introduit progressivement deux notions qui nous rappellent de mauvais souvenirs historiques : la pureté de groupe et la primauté du groupe purifié… Seule « l’union des Véridiques » (ceux qui possèdent le vrai islam) peut permettre de combattre la dégénération du monde occidental. (…) Progressivement, l’identité du groupe remplace l’identité individuelle (…) Le fonctionnement du groupe radical redéfinit les frontières entre la sphère privée et la sphère publique, jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien de la première. L’élu ne doit plus avoir de droits en dehors des intérêts du groupe. Il n’a plus de temps personnel. Il n’a plus d’espace personnel. Il n’a plus de lien avec aucun territoire, avec aucune nation, avec aucune mémoire. Le radicalisé se considère déjà comme un apatride… Lui ôter sa nationalité revient à se poser en miroir de Daesh. (…) Je me permets de faire une petite parenthèse pour remarquer que les radicaux présentent tel ou tel comportement de rupture comme une simple application de l’islam, au pied de la lettre. Cela leur permet de se placer sur le registre de leur droit à la liberté de conscience et de culte. L’interlocuteur est déstabilisé, ne voulant pas être discriminant ou stigmatisant. Il valide alors à son tour ce comportement de rupture comme s’il s’agissait d’une simple application de l’Islam. C’est grâce à ce procédé que les radicaux ont redéfini l’islam, année après année. Ils ont redéfini les relations hommes/ femmes, les relations musulmans/non musulmans, les relations musulmans/ sociétés démocratiques… Dans certaines entreprises, les managers ont laissé des conducteurs refuser de toucher un volant au motif qu’une collègue femme l’avait utilisé. Dans certains lycées, des jeunes ont fait croire que l’islam interdisait de faire des dessins. Des hommes ont fait croire que l’islam interdisait de tendre la main à une femme, etc. – enfin, rupture avec les parents : le discours radical propose une communauté de substitution qui se réapproprie l’autorité parentale. Mis à part au sein des familles radicalisées, je ne connais pas de jeune radical qui obéit à ses parents. Même si son père a fait trois fois le pèlerinage à La Mecque, il est déclaré hypocrite (a trahi le vrai message de l’islam) ou égaré (n’a jamais compris le vrai message de l’islam). Ne parlons pas du père juif, chrétien ou athée. Parmi les 1 000 jeunes que notre centre a suivis entre avril 2014 et aujourd’hui, il n’y a pas de jeune radicalisé qui ne soit désaffilié. Tous ont le sentiment d’appartenir à un nouveau groupe sacré supérieur qui détient la vérité. Tous témoignent que ces « nouveaux frères et sœurs » sont plus importants à leurs yeux que leurs vrais frères et sœurs. 2/L’embrigadement idéologique Il y a un lien direct entre l’embrigadement relationnel et l’embrigadement idéologique puisque la fusion au sein du groupe s’opère sur la conviction d’être élu par Dieu pour détenir la vérité. Sans embrigadement relationnel, il n’y a pas de conviction d’être élu, et sans conviction d’être élu, il n’y a pas d’embrigadement relationnel. Depuis deux ans, sur les terrains francophones, il existe une véritable individualisation de l’embrigadement idéologique. Les rabatteurs adaptent le discours djihadiste aux aspirations cognitives et émotionnelles de chaque jeune. C’est pour cette raison que je parle de « mutation du discours djihadiste ». Les rabatteurs proposent plusieurs mythes adaptés aux différents profils psychologiques des jeunes. C’est à partir de ce moment-là, de mon point de vue, que l’on assiste à l’engagement du jeune. Il change de système cognitif : sa manière de penser, de parler, d’agir… Les raisons proposées pour s’engager dans Daesh sont donc multiples… (…) Nous gagnerons parce que nous aimons la mort plus que vous aimez la vie Arrive alors le dernier tournant de la radicalité. Il faut d’abord indiquer que, quelle que soit la raison de l’engagement, la fin est toujours la même : c’est une double déshumanisation qui attend le jeune. En prémices à la double déshumanisation, Daesh commence par normaliser la cruauté. Les vidéos s’assoient ouvertement sur les tabous sociaux et les freins moraux qui interdisent le meurtre et la torture. Arrive alors ce que l’on peut appeler la déshumanisation du terroriste lui-même : progressivement, le champ de la conviction recouvre la globalité du psychisme et des affects. C’est la fameuse phrase de Daesh : « Nous gagnerons parce que nous aimons la mort plus que vous aimez la vie. » Certains

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Françoise 4 mai 2016 Aucun commentaire
GRAMAU

Le musée de l’homme et les races humaines par Christian ROESCH

Le musée de l’homme et les races humaines par Christian ROESCH (…) Le rôle du musée est de montrer concrètement la diversité de l’espèce humaine. Des milliers de moulages de bustes humains, des objets provenant d’endroits les plus reculés du monde, une scénographie attrayante, tout contribue à rendre hommage à l’humanité. Il essaie de répondre à trois questions fondamentales : D’où venons-nous ? Qui sommes-nous ? Où allons-nous ? (…) D’où venons-nous ? Nous sommes le sujet, le fruit du projet divin de créer l’homme à son image. Il n’y a pas de doute que l’apparition de l’homme s’est faite dans un ordre précis. D’abord le règne minéral : c’est la formation du système solaire et de la planète Terre. Puis le règne végétal dans l’océan primitif qui est suivi très rapidement du règne animal et enfin tardivement du règne hominal. Il est évident que nous sommes loin d’être à l’image de Dieu. Il serait très prétentieux de se penser aboutis et au sommet d’une hiérarchie. Cependant le point de vue biblique éclaire le débat que les scientifiques n’ont pas encore tranché : l’homme n’est pas un animal. C’est le quatrième règne dans l’ordre d’apparition. Un infini sépare chaque règne même si des formes difficiles à classer servent de passage entre les règnes. Les débuts de l’humanité sont aussi difficiles à cerner que ceux des autres règnes. Le fameux « chaînon manquant » quel est-il ? Qui sommes-nous ? Pourtant un espace infranchissable sépare l’animal de l’homme : la pensée réfléchie. Les animaux ont un langage. Pourtant un espace infranchissable sépare l’animal de l’homme : la pensée réfléchie. Les animaux ont un langage. Les hommes ont la parole. (…) Pour lire la totalité de l’article…REFLETS 18 pages 12 à 15

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GRAMAU 19 mars 2016 Aucun commentaire
LE POUVOIR DES CONSOMMATEURS
GRAMAU

LE POUVOIR DES CONSOMMATEURS, Interview d’Edgar MORIN

LE POUVOIR DES CONSOMMATEURS Interview d’Edgar MORIN Philosophe, sociologue, ancien résistant, humaniste engagé, initiateur de la pensée complexe, Edgar Morin est un des grands visionnaires de notre époque. Nous l’avons interviewé lors du colloque international « Humanisme & Mindfulness : une éducation pour le XXIe siècle » qui s’est déroulé à Karma Ling, sur l’écosite du domaine d’Avalon en Savoie, au mois de septembre. Est-ce que l’écologie, sans l’apport de la spiritualité, peut changer le monde ? L’écologie ne peut changer le monde que s’il y a une conscience, d’abord, de tous les problèmes humains, sociaux, personnels provoqués actuellement par les processus de destruction de la biosphère, de dégradation de la nature, etc. Premièrement, il faut prendre conscience – et c’est quelque chose qui relève de l’esprit – que c’est le processus de notre civilisation qui a été destructeur pour la nature. Il faut prendre conscience aussi que ce processus nous aveugle nous-mêmes puisque notre civilisation nous a masqué cette relation indissoluble qu’il y a entre l’homme et le monde naturel. (…) Plus nous progressons dans la production du développement matériel, plus nous progressons vers un sous-développement spirituel (…) L’agroécologie redonne de la dignité au travail humain (…) Il y a une réforme de société qui est en même temps une réforme intérieure personnelle. Et la réforme intérieure, c’est effectivement développer la vie de l’esprit. Il y a une équivoque dans le mot spiritualité : les gens pensent qu’il s’agit de religion. La spiritualité, c’est cultiver la réflexion sur soi-même, chercher, aller vers la sérénité par la pleine conscience, trouver en quelque sorte une relation meilleure avec soi-même et avec autrui. (…) Comment passer de la consommation prônant « l’avoir » à la préservation de la terre privilégiant « l’être » ? Tout d’abord, l’agriculture industrialisée est une agriculture qui tue les sols, qui tue la vie. Pas un oiseau ne chante dans les monocultures étendues à l’infini ; pas un moineau, parce qu’il n’y a pas un ver de terre. Il n’y a rien. Les engrais artificiels, les insecticides, tout ceci contamine les aliments. Nous avons finalement une nourriture insipide, éventuellement dangereuse. Par contre, l’agroécologie retrouve les traditions de l’agriculture fermière et bénéficie en même temps des connaissances scientifiques d’aujourd’hui ; c’est elle qui redonne vie aux terres, redonne vie au travail, retrouve des animaux plutôt que des machines, redonne de la dignité au travail humain parce que, par exemple pour les vignes, évidemment il faut cueillir les grappes à la main plutôt qu’avec des machines à vendanger. Ce qui est vrai pour l’agriculture est encore plus vrai pour l’élevage… (…) Nous devons aller vers une consommation saine (…) Quelle action concrète chacun peut-il mener pour préserver la terre ? Chacun peut d’abord faire ce qu’il peut dans l’utilisation de ses déchets, de ses ordures, dans le choix de sa consommation en se nourrissant de produits fermiers et de produits bio plutôt que ceux du supermarché. Chacun peut faire quelque chose, mais il est évident qu’il s’agit de la synergie de tous. Si les consommateurs s’unissaient, ils auraient un pouvoir immense. (…) Il suffirait qu’ils soient éclairés, qu’ils sachent boycotter les produits infâmes ou néfastes et qu’ils puissent choisir les produits de qualité, pour transformer le marché. (…) Pour lire la totalité de l’article…REFLETS 18 pages 26 à 29

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GRAMAU 8 mars 2016 Aucun commentaire
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