Sic transit gloria mundi Le monde est compliqué ! Mais c’est le nôtre, façonné à notre image. Essayons d’être indulgents. Trump déclenche la guerre avec l’Iran. Puis il veut faire...
Revue Reflets n°60
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JUILLET / AOÛT / SEPTEMBRE 2026
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Dossier
Edito
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La paix est-elle possible ?
Prenons un exemple vécu :
Pas plus tard qu’avant-hier j’étais tranquille, lorsque mon épouse me fit un reproche. Cela aurait pu déclencher la guerre. J’avais besoin de me justifier. Le ton que j’aurais eu n’aurait pas calmé la situation. La tension était palpable. J’ai choisi de ne pas répondre. J’acceptais la blessure. Statu quo. Je me félicitais d’avoir évité la guerre mais j’avais mal.
Je me suis penché sur cette souffrance, petite mais bien présente. Il a fallu que j’aille chercher loin dans mon histoire pour identifier la douleur, j’étais coincé entre deux possibles :
– répondre pour me justifier ;
– me taire pour ne pas enclencher une escalade et ne pas être compris.
Heureux choix de rester silencieux avec un léger sourire intérieur. Après un moment, nous avons renoué, rétablissant la tendresse. Je ne souffrais plus, au contraire j’étais guéri, décoincé.
Qu’est-ce que je tire de cet exemple ?
Dans mon être, se trouve encore de l’ancien. La guerre n’est jamais loin. Mais il y a aussi du nouveau. Je peux éviter de la déclencher. Mais ce n’est pas la PAIX rêvée sans guerre.
Autre enseignement : de petite victoire en petite victoire sur mon histoire, sur le passé belliqueux, les espaces d’apaisement augmentent en durée et en qualité. Je gagne en sérénité
Edito
Le désastre de la guerre
Le fracas des bombes reste apparemment lointain, assourdi. Pourtant il nous affecte déjà.
La guerre attise la haine. Que ce soit en Ukraine, en Palestine ou en Iran, le mécanisme est le même que celui de la cour d’école quand j’étais petit :
– C’est lui qui a commencé !
– Il n’avait qu’à pas m’embêter !
– Mais…
Inévitablement nous ressentons de l’empathie pour un camp et de la détestation pour l’autre. Or détester altère notre être. Nous sommes destinés à aimer chacun avec ses défauts et ses qualités. Chaque guerre manifeste un lien qui ne veut pas être rompu mais qui n’arrive pas à s’exprimer autrement. Ne serait-ce que par nos pensées, nous sommes impliqués, passivement.
Examinons concrètement les conséquences de ces guerres :
– pollution de l’air par les fumées et particules toxiques des explosions ;
– pollution des sols contaminés durablement par les métaux lourds, les munitions non explosées, les débris ;
– pollution de l’eau par la destruction des infrastructures hydrauliques et la fuite des produits chimiques des usines bombardées. (L’impact écologique de la destruction du barrage de Kakhovka en 2023 a été énorme) ;
– pollution nucléaire potentielle à cause des combats autour de la centrale de Zaporijia ;
– impact sur le réchauffement climatique ;
– impact sur la biodiversité par la destruction des forêts, des habitats animaux, des mines disséminées.
L’estimation, pour la guerre en Ukraine, du CO₂ émis est de l’ordre de 200 millions de tonnes. C’est l’équivalent de celle des Pays-Bas en un an ou de 90 millions de voitures circulant en un an.
En Iran, il faut ajouter les pollutions dues au pétrole : frappe sur les dépôts pétroliers et gaziers, sur les raffineries, sur les bateaux provoquant des marées noires en plus de la contamination des sols.
Avec, en conséquence, les risques de cancers et de maladies respiratoires sur plusieurs décennies.
En seulement 14 jours d’opération, 5 millions de tonnes de CO2 dépensés soit l’équivalent de celle d’un million de voitures en un an.
Pour continuer à situer l’ordre de grandeur du coût de la guerre, l’armada autour d’un porte-avions comme le USS Gerald R. Ford consomme 400 000 litres de carburant pour 100 km, comme 50 000 voitures sur la même distance (ou 800 tonnes de CO₂).
Un avion embarqué, ce sont plusieurs milliers de litres par heure, même consommation qu’a minima 500 voitures pendant une heure.
Une bombe de 1 000 kg produit 1 100 kWh d’énergie explosive. Le coût, avec le largage, représente 100 à 1 000 fois l’explosion.
Le largage, en une mission, représente 50 000 à 200 000 kWh, soit l’équivalent d’une voiture électrique parcourant 250 000 à un million de km.
Le coût de la guerre en Ukraine est estimé à 700 milliards de dollars (en augmentation constante). C’est le P.I.B. de la Belgique ou le budget de la France. Côté ukrainien, la dépense par jour est de 170 millions de dollars.
Les dépenses militaires mondiales en 2025 sont de 2 900 milliards de dollars.
La guerre en Iran, ce sont 11,3 milliards en 6 jours, 30 milliards en quelques semaines, soit le budget annuel d’un petit État.
L’impact mondial à cause des effets indirects est estimé à 600 milliards de dollars.
La fermeture du détroit d’Ormuz coûte 100 milliards de dollars par mois.
Conclusion : la guerre est un désastre pour tous les habitants de la planète qui la payent en plus de l’aggravation du dérèglement climatique et de la pollution impactant tous les continents.
Dans votre cœur, dites NON à la guerre.
Ce n’est pas difficile et c’est agissant.
Le but de ce dossier, par différentes approches :
être touché par un désir de paix.
Christian Roesch
Directeur de la publication
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