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Extrait d’article

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Compléments Revue Reflets

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Compléments Revue Reflets

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Equipe de rédaction Reflets

ACCEPTER SES DOUTES

Dans mon métier de kinésithérapeute, je soigne des sportifs de haut niveau ; je connais l’exigence, la rigueur, l’engagement et le talent nécessaires à la réussite de ces champions ou championnes. Nathalie Péchalat fait partie de ces êtres d’exception, avec la grâce en option. Quelle joie ce fut de la voir danser sur cette glace, familière à l’évidence, accompagnée de l’élégant Fabian Bourzat, son partenaire. Vingt trois ans de carrière à glisser avec ses patins, de Rouen à Détroit en passant par Caen, Lyon et Moscou. Une vie de voyages, de déménagements, mêlant amitiés et amours dans son intense vie de patineuse. Et lorsque Nathalie prend la plume, ses écrits, fluides et joyeux, produisent le même effet que son évolution sur la glace. Son livre Les bénéfices du doute, sorti en novembre 2020, est un régal d’anecdotes, nous transportant de ville en ville, de patinoires en patinoires. Elle ose se livrer en toute sincérité, avec ses faiblesses, ses doutes dans un monde sportif où il est si difficile d’exprimer ses difficultés au risque de se démasquer et perdre sa légitimité de champion. Mais Nathalie Péchalat le souligne dans son livre, « les plus heureux ne sont pas forcément ceux qui gagnent ! » Son palmarès en danse sur glace avec Fabian, de double championne d’Europe, double médaillée de bronze aux championnats du monde, leurs prodigieuses envolées aux Jeux olympiques côtoyant les grandes nations du patinage, résonnent comme un accomplissement. Quand elle décide de quitter ses patins de compétitrice en 2014, une courte période de doute s’immisce dans sa vie. Sa rencontre avec l’acteur Jean Dujardin, passionné de rugby, leur union et un deuxième enfant à venir « boostent » sa vie. Dans son livre, elle rend hommage à ses parents, à cette maman toujours dans l’action. Les engagements de Nathalie Péchalat, dans les sports de glace où elle devient présidente de la Fédération française en mars 2020, ou encore dans différentes associations, sont sincères et passionnés. Mais elle n’oublie jamais « Mr Doute » qu’elle explique, dans son livre, avoir humanisé. Et c’est tant mieux, car pour notre plus grande joie, elle ouvre une porte vers un monde intérieur agissant pour le meilleur de l’humain. Une excellence qu’elle a si bien fréquentée dans son sport. Nous avons eu le grand privilège de l’interviewer. Son authenticité et son enthousiasme nous ont réjouis Par Christian Geniller Nathalie Péchalat, vous relatez votre parcours et vos doutes avec une grande sincérité dans votre livre. Ouvrez-vous une porte aux sportifs comme une main tendue pour les encourager à se livrer sur leurs faiblesses et leurs difficultés ? L’envie de faire le livre après plusieurs conférences sur le doute vient de l’idée qu’avec ces connaissances, j’aurais pu gagner plus tôt un confort et un bien-être dans mon quotidien. Mon expérience personnelle et professionnelle peut faire écho à chaque lecteur pour qu’il puisse en retirer ce qui lui est propre. Tous les sportifs de haut niveau ont des doutes, ce n’est pas au moment où les médias les cueillent. L’objectif est de les accepter, non comme une faiblesse mais comme une force dans un process de gestion. Pour les plus jeunes, mon témoignage vise à les amener à gagner en bien-être sans craindre de douter. Nous apprenons à gérer nos stress et émotions, mais pas nos doutes. Mon travail a été de m’en servir de manière positive. Dans l’enfance, le doute n’était pas présent, comme inconscient pour moi. Le but du jeu était de bien patiner, de bien faire ses devoirs, bien écouter papa-maman, bien mettre la table et, le reste du temps, de profiter de la vie. L’adolescence est venue, avec ses enjeux et choix de vie, le doute est apparu. Pour moi, tout se joue entre 15 et 20 ans, dans les chemins de vie que l’on prend. En tout cas, en ce qui me concerne, je m’étais persuadée que cinq ans à bien travailler lors de cette période allaient déterminer mes cinquante prochaines années. L’idée n’est pas, dans ce livre, de raconter mes expériences pour mon ego, mais de réconforter, car dans tous les choix, le doute est présent.  Dans le sport où la performance est très présente, apprendre à mieux se connaître devient un apport pour aller vers une plus grande intériorité ? Nous sommes toujours dans une course folle dans le haut niveau, à rechercher le résultat, la performance. Il n’y a que le résultat qui compte. Mais, en fin de carrière, au bout de la ligne d’arrivée, on se rend compte que cela a fait plaisir un temps. Dans le club France pendant les Jeux olympiques, j’ai observé que les plus heureux n’étaient pas forcément les vainqueurs. Qu’un milieu de tableau qui s’était dépassé ressentait une joie intense. Si c’était simple d’être heureux quand on gagne, ça se saurait. Il y a une expression aux JO qui dit : « Celui qui n’est pas heureux sans médaille ne le sera pas avec ». Le bien-être dépend de multiples facteurs : la préparation de l’après, avoir donné le meilleur de soi, savoir si on relance une olympiade, notre projet de vie. Le cheminement et ce que l’on en a fait est important à la fin. Je suis catastrophée de voir les jeunes devant leurs écrans s’identifier aux personnages de la « téléréalité » alors qu’ils ne sont absolument pas des modèles ! Ils n’ont pour exemple que la possession et le paraître. Les sportifs de haut niveau véhiculent de beaux projets. Qu’est-ce que je mets en place, moi, correctement, pour atteindre mon objectif ? Mais cela s’applique aussi à la santé par le sport, à la recherche d’une cohésion en équipe. Le bonheur n’est pas le but, mais la conséquence d’avoir donné le meilleur de soi. Et le doute sert à prendre des décisions, à les conforter, les revoir, en assumant ses choix sans regret pour se sentir fier et heureux de ce que l’on fait.       Si cet article vous plait, pensez à faire un don. Le fonctionnement du site a un coût. Il n’y a pas de publicité. Vous

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Equipe de rédaction Reflets 18 mai 2021 Aucun commentaire
Frédérique Lemarchand

Je ne suis pas née vivante, je le deviens.

Rescapée d’une maladie de naissance incurable dont la probabilité de survie ne dépassait pas les 12 ans, Frédérique Lemarchand a finalement atteint 34 ans, avant de bénéficier d’une grande aventure humaine qu’est la transplantation d’organes. En 2012, elle a reçu la mystérieuse bouture d’un cœur et deux poumons, le jour du plus grand rassemblement mondial de prières pour les malades, le 11 février, jour de Notre Dame de Lourdes, après avoir attendu cette greffe pendant plus de 20 ans. Elle a fait l’expérience de la maturation intérieure, de la patience, de la persévérance, de la souffrance, du silence, de la solitude, de l’impuissance, d’une profonde sensibilité, de l’isolement et de la force de la vie. Autant d’averses qui favorisent la germination spirituelle. En décembre 2020, un rejet se manifeste. C’est un effondrement et un enfantement à la foi(s) C’est un effondrement et un enfantement à la foi(s), ce neuvième anniversaire de greffe dont les ramifications invraisemblables me font passer par les contrastes les plus tranchants. L’épreuve du rejet de la greffe ouvre des portes intérieures où dansent l’ange terrestre et l’homme céleste, deux en Un. C’est au stade d’un rejet très avancé que je suis retournée cet hiver, tel l’enfant prodigue, au lieu de ma « re-création » à l’hôpital. J’ai été époustouflée par l’hospitalité du service qui, malgré toutes les contraintes actuelles, a réalisé une nouvelle fois des prouesses médicales. Les traitements sont hautement toxiques Les traitements sont hautement toxiques avec comme possibilité la mort immédiate. Les perfusions ravagent les veines et deviennent pourtant Feu qui ne consume pas. Les cellules broyées par ces thérapeutiques de l’extrême sont inondées de grâces, aucun effet secondaire. Il n’est pas possible d’imaginer qu’un tel Amour nous attende là, jusque-là. Il m’a fallu être sans plus aucune défense pour recevoir cet incommensurable Amour. J’affirme que ce n’est pas ce qui entre en nous qui est déterminant, mais ce que l’on en fait. L’estocade du monde laisse place à une matière d’avenir encore inconnue. Le corps est notre terre, c’est la Promesse au-delà. Si cet article vous plaît, pensez à faire un don. Le fonctionnement du site a un coût. Il n’y a pas de publicité. Vous avez un bouton « don » sur le côté. Merci de votre participation quel que soit le montant. Une nouvelle fois, cette croix dévoile que malgré la toxicité des produits qui tuent le système immunitaire, il y a un Principe qui sauve tout. Il se trouve au cœur même de l’épreuve ; lorsque je prends conscience que je ne suis ni dans la beauté ni dans l’amour ni dans la sainteté, alors l’Esprit entre en moi. Plus je me vois loin, plus Il me pardonne et rénove tout. Je réalise que si j’ai été conduite où je ne voulais pas, face à ce que je redoutais le plus dans cette situation de rejet, c’est que je ne pardonnais pas au monde d’être le monde. Depuis ce pardon, je vis activement l’Esprit de totale Unité. Place au chant de l’Esprit qui est partout et ouvre l’horizon. Mon cœur s’incline devant tous les priants Mon cœur s’incline devant tous les priants en ce jour du plus grand rassemblement de prières faites pour les malades, jour de Notre Dame de Lourdes où Notre Mère est apparue à Bernadette. Que Notre Dame nous garde et nous guide vers l’Esprit de l’unité de l’amour, la joie de la paix, rendant possible la vie de Tout. Pour lire l’article, REFLETS n° 39 pages 20 à 21

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Frédérique Lemarchand 10 mai 2021 Aucun commentaire
Jean-Luc Martin Lagardette

Caricatures : négliger les sensibilités et les convictions est légal mais toujours dangereux

  Jean-Luc Martin-Lagardette a été reporter à la Voix du Nord, rédacteur en chef de Décision Environnementale, formateur en journalisme. Aujourd’hui, journaliste indépendant, il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur l’épistémologie et la déontologie journalistiques, l’environnement et les droits de l’âme. Jean-Luc Martin-Lagardette se définit comme « défenseur de la diversité intellectuelle et du caractère unique de chacun dont la prise en compte conditionne un vivre ensemble durable ». Pour ne plus vivre l’horreur d’autres assassinats barbares dus à des caricatures attaquant le « sacré », une réflexion en profondeur par-delà le seul droit, plus sage, plus fraternelle, s’impose. Certes, c’est grâce à l’irrévérence, aux caricatures, à l’affranchissement des interdits que notre pays s’est libéré du joug des dogmes imposés. La moquerie et la dérision, notamment des dessins de presse, ont aidé à saper l’emprise de la religion sur les esprits et la tyrannie des despotes sur les corps. Après des décennies de luttes et au travers de drames successifs, la liberté d’expression est parvenue à nous libérer de ces oppressions. Elle a été consacrée dans nos lois. C’est un trésor inestimable qui continue à dispenser ses bienfaits, près de 140 ans après la loi sur la liberté de la presse. Sur notre sol, non seulement la religion catholique, mais toutes les religions peuvent être – et sont – la cible de caricatures désobligeantes. C’est une excellente chose que cela soit possible, même si cela peut parfois s’apparenter à un blasphème. D’ailleurs, les représentants de ces religions, y compris musulmans (pour la plupart d’entre eux du moins), s’y sont faits, à contrecœur souvent, mais ils ont fini par accepter ce salubre exercice démocratique. Mais cette histoire concerne l’histoire de la France. C’était et cela reste un mécanisme endogène. Nous ne sommes pas une planète isolée. Nous sommes en relation constante avec le monde, et immédiatement et partout aujourd’hui avec Internet. Pas la même histoire Dans le cas spécifique actuel, comment penser que le fruit de notre histoire puisse être compris d’emblée par nos voisins proches ou lointains qui ont connu un tout autre écosystème de pensées, de traditions, sous-tendu par une histoire des idées et des évènements aux antipodes des nôtres ? D’accord, nous nous comportons chez nous comme nous le voulons. Mais, quand les images humiliant les croyances sont le plus blessantes possible, nous touchons à ce que beaucoup ont de plus sacré chez eux, eux qui n’ont pas du tout la même histoire. Comment imaginer qu’ils puissent subir sans broncher ce qu’ils vivent comme une atteinte à leur dignité, voire à leur Dieu ? Ne réagissons-nous pas tous vivement quand on nous attaque sur ce qui nous est cher ? Que ressentirions-nous, nous Français, par exemple (et c’est un faible exemple), si un chef d’État étranger soutenait une caricature montrant une Liberté/Marianne se bouchant les yeux et pleurant, en voyant le président et nos compatriotes adorer les caricatures aux effets mortifères et se dire : « C’est dur d’être aimée par des cons » ? Certes, nous n’irions pas pour autant assassiner l’auteur de la caricature. Là est toute la différence. Si encore les blessures infligées par ces dessins aidaient à la transformation des mentalités ou à la qualité des relations entre les peuples, on pourrait y souscrire sans réserve. Autre aspect de la question, qui a son importance : la valeur « liberté d’expression » doit-elle être défendue inconditionnellement, même au prix du sang des autres ? Sincèrement, quel caricaturiste pâtirait de retenir un dessin très avilissant qui aurait pour conséquence quasi certaine d’envoyer certains de nous à la mort ? Et de faire preuve d’imagination pour en produire un autre, plus malin ? Ce ne serait plus Charlie, sans doute. C’est son droit de se comporter comme il se comporte. Mais Charlie n’est pas la France à lui tout seul. Si cet article vous plait, pensez à faire un don. Le fonctionnement du site a un coût. Il n’y a pas de publicité. Vous avez un bouton « don » sur le côté. Merci de votre participation quel que soit le montant Une conception partisane et doctrinaire Le président de la République, qui lui représente notre pays, est parfaitement dans son rôle en défendant le principe de la liberté d’expression. Mais il a une responsabilité supplémentaire à celle de Charlie et de la presse en général. Il est la voix de la France dans le monde et se doit, dès lors, de représenter des valeurs universelles. Or, si certains considèrent que le sens du sacré n’est pas une raison valable pour limiter leurs expressions, nombreux sont ceux qui pensent le contraire, y compris en France (Jacques Chirac, par exemple) : https://www.20minutes.fr/politique/2897087-20201030-caricatures-mahomet-jacques-chirac-bien-declare-liberte-expression-doit-exercer-esprit-responsabilite et dans le monde occidental (Justin Trudeau, au Québec), https://www.ouest-france.fr/charlie-hebdo/caricatures-pour-justin-trudeau-la-liberte-d-expression-n-est-pas-sans-limites-7035363  et pas dans une seule religion. Le problème posé par les caricatures et leur réception dans de nombreux pays à connotation musulmane n’est pas en fait une question de droit, mais de sensibilité et de conviction, dimensions au contour fluctuant mais aux pouvoirs incommensurables qu’il est toujours dangereux de négliger ou de mal mesurer. En érigeant les caricatures de Charlie Hebdo en symbole de la liberté d’expression, le président Macron trahit l’universel, car il prend fait et cause pour l’une des deux conceptions (le sacré n’est pas un motif pour encadrer la liberté d’expression). Il dénature par là-même la précieuse laïcité qui, elle, se doit de ne pas prendre parti pour les conceptions des croyants ou des non croyants. Dans le cas présent, la liberté de salir le sacré, la transcendance, n’est pas universelle, mais doctrinaire, partisane, inspirée par l’athéisme ou le matérialisme (dont les rédacteurs de Charlie sont des partisans avérés). Cette conception n’est déjà pas rassembleuse en France (voir le débat actuel sur l’Observatoire de la laïcité) : https://www.saphirnews.com/Separatismes-l-Observatoire-de-la-laicite-r-appelle-medias-et-politiques-a-leurs-responsabilites_a27445.html.  Comment pourrait-elle être comprise dans les pays dont la fibre religieuse est à fleur de peau ?   Pour lire l’article en entier, REFLETS n° 39 pages 26 à 29

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Jean-Luc Martin Lagardette 3 mai 2021 Aucun commentaire
Arnaud Riou

Où est la vérité ? Arnaud Riou

  Arnaud RIOU est enseignant spirituel et chaman. Il est l’auteur de quinze ouvrages parus dans neuf pays, dont Réveillez le chaman qui est en vous, Calme et Les Nouveaux Sages. Il prépare actuellement le tournage du film Etugen dont la sortie sur les écrans est prévue à l’automne 2021. Où est la vérité ? La vérité ? Suivez ceux qui la cherchent mais fuyez ceux qui disent l’avoir trouvée. Car dès qu’elle sort du terreau de ses doutes, la vérité se rigidifie et devient un dogme, un concept, une théorie. Car ce qui est vrai pour l’un ne l’est pas pour l’autre. Ce qui est logique, évident, raisonnable, respectueux, normal, cohérent, pour l’un apparaît comme délirant, dangereux, offensif, irresponsable pour l’autre. Pourtant, chacun se croit aligné dans sa vérité. Si cet article vous plaît, pensez à faire un don. Le fonctionnement du site a un coût. Il n’y a pas de publicité. Vous avez un bouton « don » sur le côté. Merci de votre participation quel que soit le montant. Dans les laboratoires, les biologistes se dépassent pour inventer de nouvelles molécules et un vaccin. Ils sont à leur place. Ils sont dans leur vérité. Les patrons de ces firmes imaginent tous les moyens pour augmenter leur chiffre d’affaire et leur marge. Ils suivent leur vérité économique. Les actionnaires espèrent recevoir des dividendes alléchants, c’est leur intention. Les opposants à la vaccination s’y opposent. Chacun ne fait que suivre sa propre nature, sa carte du monde, ses opinions, ses certitudes, sa cohérence qu’il tente, tant bien que mal, de conjuguer avec celle du monde dans lequel il vit. Croire que l’on détient la vérité, c’est s’éloigner de sa route et de son mouvement. Car la vérité est toujours dans le mouvement. Tant de données factuelles, objectives, reconnues et adoptées il y a cinquante ans par la communauté scientifique se sont avérées obsolètes aujourd’hui. Tant de vérités d’aujourd’hui apparaîtront demain comme des hérésies. L’intelligence, c’est notre capacité à nous adapter à l’autre et à vivre dans le mystère. Dans cette période troublée, puissions-nous développer le discernement, l’écoute, la curiosité et l’humilité dans notre quête de vérité. Pour relire l’article, REFLETS n° 39 pages 52 à 53 

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Arnaud Riou 27 avril 2021 Aucun commentaire
Véronique Nahoum-Grappe

Liberté d’expression : une valeur, un signe… Véronique Nahoum-Grappe

Véronique Nahoum-Grappe est anthropologue. Elle travaille sur la différence des sexes et sur les conduites d’excès. Auteur de plusieurs ouvrages, son expertise est très recherchée. La jeune chanteuse kirghize Zere Asylbeck, 19 ans, s’est filmée en 2018 dans un clip où elle chante en soutien-gorge : « Pourquoi devrais-je être ce que toi ou la société veut que je sois ? Je suis humaine ! J’ai droit à la liberté d’expression. Où est ton respect ? Je te respecte ! Respecte-moi ! » (chanson intitulée Kyz). La liberté d’expression s’offre ici comme le droit à un double dévoilement, celui de la vérité de la nudité et celui de la parole politique qui revendique l’égalité et le respect de la différence. En ce début du XXIe siècle, les mouvements féministes au Kirghizstan, mais aussi ailleurs dans de nombreuses aires géographiques où les femmes sont trop souvent enfermées sous les carcans et les voiles, tendent à mettre ensemble poitrine dénudée et combat pour les libertés de dire, de faire et d’être – comme dans La Liberté guidant le peuple (huile sur toile d’Eugène Delacroix, 1830) ou lors des performances politiques des courageuses Femen se dénudant sur la place publique (mouvement féministe ukrainien créé en 2008). #METOO, UN SIGNE DE COURAGE ET LE CHEMIN D’UNE LIBÉRATION Le mouvement féministe contemporain porte à son point d’acmé le lien entre liberté de parole et dévoilement de l’histoire déniée du corps depuis le mouvement #metoo qui s’est diffusé dans de nombreux pays, et démultiplié en une myriade d’autres mouvements homologues. Tous ces textes décrivent des crimes sexuels de domination commis au sein de l’espace public ou privé contre les femmes (en majorité) et contre les enfants des deux sexes. Ces crimes où la violence sexuelle peut être aussi pétrie de séduction perverse – si facile pour un ascendant adulte en face d’un enfant qui lui fait confiance, et l’inceste est alors un crime de profanation – sont historiquement peu visibles et ont échappé le plus souvent aux coups de la loi, la victime portant seule la charge de la culpabilité et de la honte. Une incroyable multitude de textes ont été mis en ligne sur la planète entière, paroles libérées dont la grande majorité anonyme n’est pas vengeresse, contrairement à leur réputation : dans ces textes, l’énonciation l’emporte de loin sur la dénonciation. Déjà, parler de ce sujet anciennement tabou et porteur de honte, de souillure et de mort sociale pour les femmes, la sexualité, constitue pour elles un signe de courage, un geste de dévoilement, et le chemin d’une libération.   Cette prise de parole massive des femmes, surtout depuis la seconde moitié du XXe siècle, est un des derniers stades de notre histoire des droits « de l’homme » depuis au moins trois siècles, qui a inscrit la liberté d’expression comme valeur politique nationale. Mais les critiques fusent sur cet usage potentiellement démultiplié que suppose l’immédiateté de l’envoi d’un texte sur les réseaux sociaux. LA LIBERTÉ D’EXPRESSION QUI FONDE NOTRE DÉMOCRATIE LA MENACERAIT Car les effets non prévus de cette exceptionnelle avancée en termes de communication horizontale, universelle et immédiate s’offrent comme autant de dangers portés sur les démocraties. Cette « liberté d’expression », historiquement inédite et qui s’exerce dans l’espace semi-public de l’écran – présent dans l’espace privé mais devenu « place publique » – devient la cible d’une critique étonnante : elle menacerait nos démocraties pourtant fondées sur elle ! Comment comprendre cet effet autophage d’une de nos valeurs sacrées, « la Liberté d’expression » ? Ainsi, un mouvement féministe pourrait devenir accusateur et délateur en amont et à la place du travail de la justice ? Ou bien, le président d’une immense nation, étrange, lunatique et belliqueux, peut s’autoriser à des milliers de « twitt » étonnamment mensongers dans une parole frénétiquement libérée ? Il ne s‘agit plus ici du mensonge politique officiel obligatoire imposé par une dictature à l’ancienne (encore à l’œuvre dans bien des pays du monde), mais de l’extension d’un étrange régime du faux poussé sur le sol de nos valeurs démocratiques et qui explose dans une gerbe de mille informations erronées, quelquefois délirantes, mais libres d’être exprimées ! UNE VALEUR QUASI SACRÉE DANS NOTRE CULTURE FRANÇAISE Pourtant les mots « Liberté d’expression ! » résonnent comme un grand cri collectif lancé au visage du tyran qui veut interdire toute parole différente de la sienne. Dans notre culture française, la liberté d’expression constitue une valeur quasi sacrée, indiscutable, qui définit toute vraie démocratie. Il faut décrire le « scénario » historique, le système d’images implicitement convoqué par le lien entre ces deux champs, celui de la liberté, et celui de la parole… L’utopie démocratique se construit historiquement dans l’articulation de deux grands axes : celui d’un accroissement au long court des « égalités » et « fraternités » sur tous les plans politiques, économiques et sociaux, sexués, raciaux, et celui de l’avènement d’une liberté de penser et d’expression de plus en plus achevée voire radicale, source d’inventivité et d’intelligence scientifiques, littéraires, artistiques. Depuis l’enfermement voire l’assassinat du messager porteur de la mauvaise nouvelle, de l’enfant qui a dit à voix haute et publiquement que le Roi était nu, du savant qui a osé démontrer et  murmurer que la terre était ronde et qu’elle tournait, de l’opposant qui atteste preuves à l’appui la malversation du chef, du journaliste qui décrit minutieusement comment le système est pourri, du témoin survivant au charnier, du lanceur d’alerte qui rend visible le mensonge politique si bien sur-joué, l’histoire semble répéter un même graphe inusable sous différentes variantes : que de romans policiers, de films d’aventures, de séries qui retracent un même parcours héroïque ! Si cet article vous plaît, pensez à faire un don. Le fonctionnement du site a un coût. Il n’y a pas de publicité. Vous avez un bouton « don » sur le côté. Merci de votre participation quel que soit le montant. Le héros, parfois l’héroïne, ne se bat pas seulement contre les malfaisants criminels destructeurs de biens et de

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Véronique Nahoum-Grappe 12 avril 2021 Aucun commentaire
Martine Régis

Démocratie versus Civicratie

    Martine Régis accompagne depuis plus de trente ans, individuellement et en groupe, des personnes désireuses d’emprunter d’autres voies que celles du formatage collectif… voies qu’elle a elle-même foulées pour une expérience de Vie, à partager et offrir… Art digital et livres témoignent de son chemin.  www.martineregis.fr  Nous vous proposons sa réflexion sur la démocratie Démocratie versus Civicratie ! Pourquoi ne pas user d’un néologisme, Civicratie, afin de tenter de définir ce que peut être un véritable peuple souverain au XXIe siècle, lorsque c’est le citoyen, un et indivisible, qui s’éveille… C’était apparemment l’idée dans l’antiquité, avec démos et cratos, c’est-à-dire le peuple aux commandes, au moins par le vote. Une tentative d’équilibre entre peuple et élite à l’époque. Était-ce vraiment le cas ? Rien n’est moins sûr ! Et puis le monde n’était pas ce qu’il est aujourd’hui… Mais l’important est de savoir où nous en sommes en cette nouvelle année, sous les auspices d’un Uranus percutant qui prend la main, le pouvoir (?), à des fins qui seront déterminées par la Conscience que, chacun, nous aurons de la notion de pouvoir versus puissance, que nous sommes amenés à confronter. Démos, le peuple, est à présent envisagé comme un tout, manipulable, facilement impressionnable, à son insu, par des courants d’idées balancés dans le tissu informatif comme autant de germes, de virus, bref dans un style épidémique, à défaut d’académique, en vue d’y faire naître des mouvements que l’on croirait spontanés tandis qu’ils sont téléguidés. La démocratie (ça ne date pas d’hier) est présentée comme la liberté de choix d’un peuple, alors qu’il est emprisonné, ce peuple, dans des peurs savamment entretenues, formaté : toute capacité de discernement lui est ôtée par le matraquage d’une information parasite brouillant les pistes et l’entendement, et on l’affame afin que la survie devienne la seule issue ! Alors quel choix ?! Si cet article vous plait, pensez à faire un don. Le fonctionnement du site a un coût. Il n’y a pas de publicité. Vous avez un bouton « don » sur le côté. Merci de votre participation quel que soit le montant. Gagner sa souveraineté par le cœur plutôt que par la violence Faisant partie de ce peuple appelé à gagner sa souveraineté par la voie du Cœur et de la Conscience, et non celle de la violence attendue, je  m’engage autant que je le peux à utiliser les outils qui sont les miens, comme ceux de tous : l’empathie, le non-jugement, la distanciation, le discernement, la curiosité me donnant l’envie de chercher autre chose en moi que les voies du confort intellectuel ; et aussi : la Présence juste, solide, déterminée, affirmée, sans pour autant verser dans l’affrontement avec ce qui s’oppose… Je m’emploie à devenir meilleure en tout point, et ne me résigne jamais, remettant cent fois sur le métier l’ouvrage, ayant cessé de suivre les lignes toutes tracées d’une dualité partisane. On voit bien que nous y sommes entraînés – depuis si longtemps ! – afin de nous parquer, nous marquer, nous cantonner dans des idéologies qui n’ont pas de sens, plus aucun. De gauche, de droite ou d’un pseudo-centre, celles-ci nous mènent droit dans le mur des préjugés, des certitudes, des croyances, et nous enferment dans la masse d’un peuple prévisible, quelle que soit la couleur que l’on pense avoir choisie ! Que ce soit clair, le peuple est ce qu’il est par uniformisation des idées, même si entretenues dans une opposition bien utile à maintenir en l’état… Une idée saugrenue : associer intelligence et collectif De temps en temps, émergent des expressions ronflantes, donnant l’impression au peuple -auquel chacun nous appartenons – qu’il participe aux mouvements de société. L’une d’entre elles a accroché mon oreille : intelligence collective ! (j’en ai déjà parlé !) Mais qui a eu cette idée saugrenue d’associer intelligence et collectif ? Comment l’intelligence, apanage d’abord individuel parce que se frottant aux connaissances, celles du soi éclairées par le Soi, comment peut-elle être collective ? Ce mot est devenu le contraire de l’intelligence. Il est à présent  chargé de la lourdeur du formatage de la pensée unique. Il est celui de l’étêtement des émergences novatrices. Il est celui de la stérilisation des matrices de pensées innovantes ! Le collectif est effrayant finalement dans le ressenti que l’on peut en avoir de ce qu’il implique d’interdit à sortir de la masse, de se déterminer comme un Être à part entière, offrant son intelligence, et la partageant avec les autres intelligences. Vous me direz… mais c’est pareil ! Non ! Pas du tout ! L’intelligence est avant tout une coloration, une sensibilité individuelle, nourrie quand ce fût possible, par une enfance où la libre expression des talents fût entretenue, valorisée, souhaitée. Et cela donne naissance à tellement d’intelligences différentes qu’elles ne peuvent être réduites à du collectif, puisqu’il implique un arasement de celles qui sortent du cadre !!! Et le souci majeur est bien là : l’éducation au fil du temps n’a plus permis cette originalité de l’individuel venant enrichir le pluriel. Tout s’aligne, et l’ignorance s’impose.   Le mot Civicratie souligne l’importance de chaque citoyen au sein du groupe   Pour lire l’article  REFLETS n°39 pages 14 à 16

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Martine Régis 5 avril 2021 Aucun commentaire
Jean-Yves Leloup

JEAN-YVES LELOUP : dire merci à ce qui est

À 19 ans, Jean-Yves Leloup vit une mort clinique. Un tournant pour sa vie. Il développe un intérêt pour les expériences d’éveil. Dominicain, puis prêtre orthodoxe, il est connu aujourd’hui comme écrivain, théologien et philosophe. Il est le fondateur de l’Institut pour la rencontre et l’étude des civilisations et du Collège International des thérapeutes. Il a donné des traductions et interprétations de l’Évangile, des Épîtres et de l’Apocalypse de Jean et aussi des évangiles considérés comme apocryphes. www.jeanyvesleloup.eu Et une transmission de son enseignement est proposée en ligne : https://elearning.jeanyvesleloup.eu   De quand date votre attirance pour la spiritualité ? Depuis ma petite enfance, je me pose la question : qu’est-ce qui est vraiment ? Qu’est-ce qui résiste à la décomposition et à la mort ? J’ai eu un début de réponse avec cette mort clinique à Istanbul relatée dans L’Absurde et la Grâce ; dans d’autres situations aussi, j’ai pu voir « ce qui reste quand il ne reste plus rien » : un espace infini de silence, de lumière, de paix, rien. Il n’existe pas de mots puisque les mots sont dans l’espace-temps, dans ce qu’on peut mesurer, voir et peser. Il s’agit d’une expérience au-delà de tout, qui peut être « saisie », appréhendée par les sens ou la raison. C’est une expérience fondatrice ? Oui, un fondement sans fond, « ouvert », d’où apparaît toute chose, comme dans l’espace apparaissent mille et une choses. L’espace est là, invisible, infiniment présent et « insaisissable » – je préfère ce terme, à vide ou vacuité. Cet insaisissable est la source de la vie, de la conscience, de notre possibilité d’aimer. Cette mort clinique faisait suite à un dérèglement de tous les sens, un épuisement physique, mental, affectif. Né dans une famille athée où l’important est la réussite matérielle, la réputation, je me suis demandé ce qu’est cette réalité qui subsiste et qui demeure. À Istanbul, il existe deux lieux importants : la mosquée bleue et Sainte-Sophie. Une fois remis debout, mes premiers pas m’ont dirigé vers la mosquée où, dans la méditation, dans la prière, j’ai perçu comme un écho de cet infini espace/bleu. Ensuite, je suis allé en face, à Sainte-Sophie, une grande basilique byzantine avec le même espace, un peu encombré et dénaturé aujourd’hui. J’y ai rencontré pour la première fois le visage du Christ, dans une icône, et c’était toujours du bleu, mais cette fois le bleu d’un regard : là, j’étais vu, regardé, la vacuité était habitée par une présence. Qui est là ? Qui se révèle ? Qui se manifeste là ? Autour du visage du Christ était écrit : « ό ώv », en grec « Celui qui est, l’Être, Je suis ». Toujours à Istanbul, dans ce qui reste du quartier grec, le patriarche Athénagoras m’a initié à la présence de « Celui qui est », celui qui a dit : « Avant qu’Abraham fût, « Je suis ». » Ce « Je suis » résonnait avec ce que je venais de vivre. Il y a une réalité qu’il s’agit de découvrir, qui est ce « Je suis ». Le patriarche m’a envoyé au mont Athos, j’ai commencé à découvrir le christianisme, cette présence d’un « Je suis » au cœur du temps, qui le déborde et qui ne meurt pas quand tout passe et trépasse. Comment cette expérience vous a-t-elle conduit à devenir prêtre ? Je venais de découvrir une réalité essentielle, le Royaume de Dieu à l’intérieur de nous, le règne de cet Esprit, non pas quelque chose, mais quelqu’un. Comment ne pas se consacrer à ce quelqu’un, à cette présence ? Comment Le servir ? Mon premier désir était d’être moine. Je crois à l’efficacité de la contemplation, du silence et de la solitude. Au mont Athos, j’ai rencontré des moines inconnus qui vivent dans leur grotte, leur cellule, pourtant ils exercent une action réelle sur le monde. Il m’a été demandé de garder le lien avec cet espace de contemplation, mais aussi de le partager. D’où le choix d’être prêtre. De retour en France, je suis rentré chez les Dominicains à Toulouse, dans un couvent qui s’intéressait à la patristique, aux Pères de l’Église, aux origines et au premier millénaire du christianisme que j’avais découvert au mont Athos. Je suis devenu prêtre chez eux. (…) Si cet article vous plait, pensez à faire un don. Le fonctionnement du site a un coût. Il n’y a pas de publicité. Vous avez un bouton « don » sur le côté. Merci de votre participation quel que soit le montant. Vous êtes un passionné des textes sacrés. Que peut apporter leur approfondissement dans la spiritualité au quotidien ? Tous ces textes sacrés sont un écho de notre maître intérieur. À travers les textes sacrés, c’est lui qui parle, à travers Moïse, à travers Abraham, à travers les psaumes de David, à travers les sages, les prophètes, à travers Lao Tseu, c’est l’être qui parle. Le premier grand texte sacré, c’est la nature. Le texte des Écritures, c’est en langage humain ce que nous disent le rouge-gorge, le nuage ou même les pierres, qui ont un langage extrêmement silencieux, mais profond et lumineux parfois. Malheureusement, on ne comprend plus le langage de la mousse, la langue des oiseaux, des nuages. On ne sait plus déchiffrer ce que nous dit la nature, alors on a besoin du texte des sages, des prophètes. Mais ce qui nous permet de décrypter ces deux livres, celui des Écritures et celui de la nature, c’est le livre du cœur. C’est à partir de là que les Écritures peuvent nous éclairer et enrichir notre vie quotidienne, nous rappeler au cœur de notre vie quotidienne qu’il y a en nous autre chose que nous, autre chose que ce qu’on appelle « le monde », autre chose que l’économie, le pouvoir, la manipulation, la volonté de puissance. Cela nous rappelle que tout cela n’est pas tout. D’autres dimensions sont à explorer, où nous pouvons trouver du sens, de

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Jean-Yves Leloup 29 mars 2021 Aucun commentaire
Jean-Claude Winkel

Rompre le silence … et après ?

  Jean-Claude Winkel, est psychanalyste corporel depuis 1997. De 2012 à 2015 il vécut en Colombie où il participa à la prise en charge de prostituées et d’étudiants qui avaient subi des violences sexuelles durant leur enfance. Il est cofondateur de l’IFPC (Institut Français de Psychanalyse Corporelle) et fondateur de l’association Délivrance.   www.delivrance.asso.fr    Depuis plusieurs décennies, la question de l’inceste et des violences sexuelles sur les enfants s’invite à intervalles réguliers dans l’espace public et provoque à chaque fois la sidération, quand ce n’est pas l’incrédulité.   Aujourd’hui, sans doute avec la libération de la parole qui se publie et s’échange dans l’actualité, mais aussi avec la multiplication des dévoilements publics, des personnes toujours plus nombreuses découvrent qu’elles ont été abusées durant leur enfance. D’autres savaient déjà qu’elles avaient subi un inceste, mais il s’agissait d’une époque, au milieu du siècle dernier, où les gens devaient cacher ce qui leur était arrivé, puis tout oublier pour ne pas créer de scandales qui viendraient entacher leur famille. Car, lorsque l’inceste est dévoilé, c’est toute l’histoire d’une famille qui est révélée. Une de ces longues histoires qui se transmettent et souvent se reproduisent jusqu’à ce qu’un jour quelqu’un la fasse sortir du silence.  L’enfant qui vient d’endurer ce traumatisme subit un choc qui le plonge dans un état de sidération et provoque une dissociation. Il lui reste un profond mal-être qui se manifeste de différentes façons. Fréquemment même, il ne se souvient plus de ce qui lui est arrivé. Cela explique en partie pourquoi ces révélations ne se produisent pas immédiatement après les faits, mais souvent des années après.  Si cet article vous plait, pensez à faire un don. Le fonctionnement du site a un coût. Il n’y a pas de publicité. Vous avez un bouton « don » sur le côté. Merci de votre participation quel que soit le montant. Ces dévoilements déjà nombreux vont permettre à d’autres victimes de s’exprimer. Mais cette vague de révélations n’est encore que la partie de l’iceberg qui émerge. Les témoignages continueront à se manifester et à s’amplifier.   La première « révélation » est un soulagement pour l’esprit de la personne qui a été abusée, comme si enfin toute une série d’évènements de sa vie prenait sens. Ce premier soulagement psychique est d’autant plus important s’il trouve une oreille bienveillante qui peut dire : « Je te crois », mais aussi : « Ce type de comportement est interdit par la loi ». Car bien souvent ces actes ont été suivis par des réflexions contraires : « Je ne te crois pas » ou « T’as vu comme tu t’habilles ? », ou bien encore « Où est le problème ? ».  Mais aujourd’hui, on semble croire que libérer la parole, mettre au grand jour des secrets de la vie d’une famille, dénoncer, changer les lois, porter plainte, intenter des procès…, pourrait réparer la victime ou guérir l’auteur, tout en protégeant la société des personnes dangereuses pour elles-mêmes et pour les autres. Pourtant, libérer la parole ne suffit pas pour réparer les préjudices subis par l’enfant qui a enduré l’inceste ou tout autre abus sexuel. Car, comme le dit la pédopsychiatre Yvonne Coinçon : « Restés seuls avec leurs souffrances, et leurs douloureux secrets tus, les enfants, devenus adultes, auront souvent des difficultés importantes dans leur propre vie, dans leur rôle parental ou social, et au pire auront des difficultés à ne pas reproduire ce qu’ils ont vécu. »     n’hésitez pas à regarder notre article :  https://revue-reflets.org/victimes-guerres-enfants-soldats-condition-inacceptable/ Pour lire l’article  REFLETS n°39 pages 17 à 19  

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Jean-Claude Winkel 24 mars 2021 Aucun commentaire
Voiture autonome : émancipation et asservissement
Alain Pamart

La voiture autonome : émancipation et asservissement

La voiture autonome est un véhicule automobile apte à circuler sur la voie publique sans recours à un conducteur quels que soient le trafic et les circonstances. Configurée d’ores et déjà sur certains modèles en mode de fonctions combinées d’automatisation, elle devrait  s’ordonner en conduite semi-autonome par exemple sur autoroute. Selon diverses prévisions encore assez peu convergentes, la voiture complètement autonome serait susceptible quant à elle d’arriver sur le marché vers 2025/2030 voire 2035.    La montée en charge du parc automobile autonome : Le recours à la voiture autonome est appelé à s’étaler en toute vraisemblance sur plusieurs décennies. De multiples paramètres vont nécessairement interférer dans ce déploiement de manières différentes. Notons brièvement :  Les multiples contraintes et exigences posées par les technologies novatrices : capteurs, caméras, lasers, carte 3D, signal GPS, mode de communication inter-véhicules avec analyse par « intelligence artificielle ».  Les impératifs d’infrastructures préalables et indispensables : connexion fiable à 100 % et fiabilité du signal de transmission quelles que soient les circonstances (conditions atmosphériques, zone sans visibilité), nécessité d’un maillage suffisant des installations de capteurs, de fréquences allouées, de réseaux adéquats de télécommunication. L’interdépendance et la compatibilité des logiciels et systèmes de communication sur toutes les régions du globe, conjuguées avec une sécurisation optimale en cas de défaillance ou de menace de piratage. Pour les années à venir, soulignons que s’y juxtaposera l’intervention des pouvoirs politiques et de divers organes, institutionnels ou non, contribuant à peser sur cette montée en charge en vue de garantir une absence totale de danger.  L’impact du facteur humain : Le facteur le plus probable de cette montée graduelle en charge sera également le facteur humain. L’acquisition de tel ou tel modèle de voiture  est le plus souvent associée au désir de la conduire. L’autonomie sera-t-elle plus largement vécue comme une amputation de cet agrément, illustrant un sentiment de dépossession de son véhicule car n’en ayant plus la maîtrise ?  Allons-nous vers des achats partagés ? Ou des flottes privées auxquelles on aura recours pour ses déplacements ? Dans sa forme aboutie d’autonomie intégrale, le seul décisionnaire en cours de conduite sera exclusivement le véhicule et non plus aucun des passagers sauf pour quelques fonctions primaires : démarrage, temps de parcours souhaité, indication de la destination. Dans cette version, sera-t-il préservé sur certains modèles un espace dédié comprenant encore volant, frein, accélérateur uniquement destinés à une utilisation d’urgence ou encore en cas de défaillance du système d’automation ? Si cet article vous plait, pensez à faire un don. Le fonctionnement du site a un coût. Il n’y a pas de publicité. Vous avez un bouton « don » sur le côté. Merci de votre participation quel que soit le montant. Le remaniement de l’environnement routier.  L’enlèvement des panneaux de signalisation majoritairement devenus inutiles va fortement impacter le paysage routier car les informations utiles de circulation seront directement captées par le système d’automate. Notons que cet enlèvement est incompatible à la survivance de véhicules classiques dépourvus de système de connexion. Les décennies prochaines vont voir se profiler successivement des strates très différenciées de répartition des véhicules : d’abord une coexistence de véhicules traditionnels de plus en plus automatisés pour ensuite se partager le réseau routier avec l’arrivée ascendante des véhicules autonomes ou quasi autonomes. Divers prévisionnistes postulent que la généralisation des véhicules autonomes va entrainer une réduction modérée puis accélérée du nombre de véhicules individuels. Le surcoût non négligeable de l’autonomie devrait en effet se traduire par un volume d’acquéreurs plus restreint. Parallèlement, le parc de camions ainsi que celui des taxis VSL et des véhicules de regroupement devraient par contre s’accroitre de façon mesurée. Globalement, dans un terme plus ou moins prochain, une véritable nouvelle physionomie de nos déplacements pourrait s’opérer par une modification de nos modalités, réduisant l’usage de nos voitures particulières, par exemple en raison de l’achat de services plus usuels via une plateforme de mise à disposition de véhicules, ou  du déploiement des transports en commun,  ou de la multiplication des moyens de transports de regroupement et de covoiturage grâce à l’instantanéité de la connectique.  La grande gagnante devrait être la fluidité du volume routier, d’abord par la réduction du nombre de véhicules, ensuite par une optimisation de la circulation grâce au respect des vitesses autorisées et surtout grâce à une gestion optimisée des aléas routiers : obstacles, accidents, bouchons, voies de circulation réduites, ralentissements, etc.  La voiture autonome et les problèmes liés à la 5G La voiture autonome est très largement consommatrice d’ondes puisqu’impérativement connectée en permanence. Elle est dépendante de trois paramètres indissociables : d’abord un réseau à transfert immédiat de quantité de données tel la 5G, ensuite un applicatif Internet de connexions et d’interactions multiples entre tous les moyens de transport et enfin la mise en place d’un standard de communication.  La 5G suscite des craintes sanitaires. Scientifiquement, le caractère néfaste de ces ondes courtes et de faible intensité n’est toujours pas clairement établi. Trop d’intérêts sont en jeu. Des personnes dites « électrosensibles » affirment subir des symptômes réels : anxiété, céphalées, fatigue, tendances dépressives. Divers représentants du corps médical énoncent les influences hautement plausibles portant sur le cancer, le stress cellulaire, les dommages génétiques, les déficits de mémoire ou les désordres neurologiques et enfin les impacts négatifs sur le bien-être.  Il est de fait acquis que les ondes courtes de la 5G vont réclamer une multiplication d’antennes de transmission, générant ipso facto une proximité accentuée et constante.  Au-delà du problème de santé, le développement de ces réseaux pose le problème de la dépendance aux opérateurs mondiaux qui décident de notre avenir sans qu’ait lieu un réel débat démocratique. La voiture n’est qu’un aspect de la connectivité qui nous rend totalement dépendants. Voiture autonome contre humain dépendant ! N’est-ce pas un contresens frappant ? Cependant pouvons-nous arrêter le cours du progrès qui facilite le quotidien ? À la fin du XIXe siècle, les réfractaires au progrès n’ont pu arrêter le développement de l’automobile à la place du cheval ! Nul doute, ce formidable potentiel de ces nouvelles technologies va générer un réel basculement de type sociétal du concept

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Alain Pamart 1 mars 2021 Aucun commentaire
Cécilia Dutter

Une quête infinie Cécilia Dutter

Romancière et essayiste, Cécilia Dutter est l’auteure d’une vingtaine d’ouvrages Trois  de ces ouvrages sont consacrés à la figure spirituelle lumineuse d’Etty Hillesum, jeune femme juive néerlandaise, morte à Auschwitz, ayant laissé un journal et une correspondance riches d’enseignements et porteurs d’un message de paix et de foi universelle au coeur même de la tragédie de la Shoah. Cécilia Dutter est également présidente de l’association Les Amis d’Etty Hillesum, reconnue d’utilité publique, qui compte près de 500 adhérents. Elle est critique littéraire. http://cecilia-dutter.fr Qu’est-ce que la foi pour vous ? C’est très difficile à exprimer. Je dirais que c’est cette conviction absolue qui m’habite au quotidien d’être dans les bras de plus grand que moi et cette espérance que je place en plus grand, toujours avec cette idée de confiance en la vie, si on ne veut pas dire Dieu. Quand on parle d’amour universel, de Dieu, de spiritualité, on est dans cet essentiel qui nous relie, cette part qui fait qu’on est humain. C’est notre part lumineuse, solaire, créative, notre regard d’enfant sur la vie, qui nous permet de créer au sein de la création. Dans mon croire à moi, puisque je suis chrétienne, je dirais aux côtés du Christ. Il existe plusieurs chemins pour gravir la même montagne. Même si on n’arrive pas au sommet, du moment qu’on grimpe… C’est une quête infinie de toute façon et qu’on continue peut-être après la mort. Comment voyez-vous l’avenir de la foi ? J’aimerais qu’on aille vers plus de spiritualité. Je ressens profondément chez les gens une quête de sens ; la matérialité ne leur suffit pas. Il y a un manque de culture sur le plan spirituel et un amalgame à cause des préjugés très importants sur les religions, parce qu’elles aussi ont fait n’importe quoi. La religion catholique a été parfois enseignée de façon rebutante. Si on revient aux fondamentaux, même sans parler de religion : les Évangiles, la Bible sont un miracle de sagesse inépuisable. Je ne suis pas pour un prêt à penser, que beaucoup attendent. La quête spirituelle est un parcours avec des allers et retours, des croisements. Le doute aussi fait partie de la foi. Spiritualité et matérialité s’enrichissent ; profondeur et surface sont infiniment complémentaires. Mais quel dommage de ne rester qu’à la surface ou de n’être qu’en profondeur, parce que la vérité, c’est l’imbrication des deux, monde visible et monde invisible qui sont sans cesse en interaction. Ma vision, c’est mon espérance qui n’est peut-être qu’à l’occasion de grandes périodes chaotiques comme celle que nous traversons actuellement. Le monde se rend compte qu’être hyperconnecté, ce n’est pas mal pour certaines choses, mais que c’est aussi une forme de déshumanisation terrible. Si on ne laisse pas une place pour le vide, comment Dieu ou la foi peuvent-ils s’immiscer en nous ? Si cet article vous plait, pensez à faire un don. Le fonctionnement du site a un coût. Il n’y a pas de publicité. Vous avez un bouton « don » sur le côté. Merci de votre participation quel que soit le montant. (…) Pour lire l’article en entier REFLETS n°38 pages 40 à 42

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Cécilia Dutter 25 février 2021 Aucun commentaire
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