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Extrait d’article

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Compléments Revue Reflets

Extrait d’article

Compléments Revue Reflets

Extrait d’article
L’e-sport : nouvelle conquête du numérique
Françoise

L’e-sport : nouvelle conquête du numérique

L’e-sport : nouvelle conquête du numérique Christian Geniller Jean-Paul est entraîneur de football en Auvergne-Rhône-Alpes depuis maintenant plus de quarante ans. En discutant ensemble sur l’évolution du sport dans notre société, il me fait part de sa stupéfaction sur un récent vécu. Par hasard il a surpris ses jeunes joueurs âgés de quatorze-quinze ans tous réunis autour d’une console jouant au jeu vidéo FIFA (du nom de la Fédération internationale de football), produit par EA sports, s’exprimant comme il ne l’avait jamais vu auparavant, même sur le terrain de football : « Ils étaient plus joyeux, plus enthousiastes, plus motivés que sur le gazon », me dit-il. Et il ajoute : « Mais où va-t-on ? Où va le monde ? Comme Jean-Paul, nous sommes nombreux à ignorer la progression fulgurante de l’e-sport, le sport virtuel numérique. Quand tout cela a-t-il démarré ? Si l’histoire du jeu vidéo débute dans les années 1940, lorsque naît l’idée au sein des universités lors de recherches informatiques, les jeux vidéo ne sont connus du grand public qu’à partir des années 1970. L’essor du sport électronique – ou Esport, ou encore e-sport – commence à la fin des années 1980 avec les premiers jeux en réseau multi-joueurs, et à partir des années 1990 sur Internet. Au cours des années 2000 à 2010, l’e-sport acquiert de plus en plus de notoriété, et des tournois dotés de prix conséquents commencent à émerger sur la scène internationale. Selon la chaîne de télévision France 24 qui a consacré un reportage sur le sujet, le chiffre d’affaires de ce « phénomène » – reconnu comme véritable sport en 2016 par le CIO et en pourparlers pour intégrer le programme des futurs Jeux olympiques d’été – était d’un million de dollars en 2019, plus que la Formule 1. Avec 250 millions d’amateurs dans le monde, dont la moitié en Chine et aux USA, le nombre de spectateurs et téléspectateurs est impressionnant puisque 36 millions de personnes regardent la finale de la League of Legends en Corée du Sud, pays où tout a commencé, et où les joueurs, appelés gosu (maîtres), sont de véritables célébrités. En France, 7,3 millions de personnes âgées de plus de quinze ans ont déjà regardé une compétition e-sport, selon le dernier baromètre de France Esports et Médiamétrie. Axelle Lemaire, l’ex-secrétaire d’État chargée du Numérique et de l’Innovation, avait annoncé des mesures visant à favoriser l’expansion en France de ce sport émergent qui compte à ce jour 25 % de son marché mondial en Asie. Quelles conséquences pour nos jeunes, pour le sport, pour la société ? Dans le domaine public, des assises de l’e-sport ont été organisées conjointement avec le ministère de l’Économie et des Finances et celui des Sports. Datant du printemps 2019, la réunion a établi une feuille de route pour 2025 incluant « le développement d’une pratique e-sportive responsable et socialement valorisée » ainsi que la création d’une filière de formation permettant de structurer ce nouveau sport. En France, la Tony Parker Adéquat Academy basée à Lyon a ouvert récemment un cursus e-sport en association avec la Team LDLC. L’argent devenu roi coule à flots chez les éditeurs et les équipes professionnelles, attirant de plus en plus de jeunes. Ces derniers rêvent du statut de star que leur confère ce nouveau sport. Le magazine L’Équipe du 9 novembre 2019 consacre pour la première fois sa une au double champion du monde sur dota 2, Sébastien Debs, vingt-sept ans. Dans une interview croisée avec sa maman Corine, il raconte avec beaucoup de transparence son histoire ; et comment, âgé de quatorze ans, il s’est réfugié dans les jeux vidéo pour oublier son départ brutal du Liban, suite à l’invasion israélienne de 2006, et son rapatriement chez son oncle à Bordeaux. Malgré des études de commerce, Sébastien travaille désormais comme gamer, nom donné au joueur de jeux vidéo. L’entraînement et la pression des résultats est tellement forte qu’il connaît un burnout en 2016 après six ans de carrière et explique se sentir déconcerté devant les sommes d’argent reçues. Même si Corine ne le voit pas comme un sportif mais plutôt comme un intellectuel, Sébastien revendique son statut. Dextérité, temps de réaction, vigilance et précision, réflexion et patience, coordination d’équipe, telles sont les qualités principales requises pour devenir un excellent joueur, bien éloignées des vertus d’endurance, de force, de puissance musculaire de la majorité des sports les plus pratiqués, comme le football, le basket, le tennis ou encore le cyclisme. (…) Pour lire l’article en entier, REFLETS n° 36 pages 19 à21

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Françoise 8 septembre 2020 Aucun commentaire
Anita

Roger et ses proches amis…

⌋ Celui par qui tout a commencé : Pierre Pradervand Pierre a vécu plusieurs vies en une. Citoyen du monde, comme il se considère lui-même, il a vécu, travaillé et voyagé dans plus de quarante pays sur les cinq continents. Titulaire d’un doctorat en sociologie, il a œuvré pour le développement international durant vingt-cinq ans. Ses activités couvrent des métiers aussi variés que celui de chercheur, de coordinateur de programmes au développement, de journaliste, de consultant international et de formateur d’adultes. Il vit actuellement en Suisse où il anime notamment des séminaires sur la spiritualité au quotidien et le développement personnel, ateliers tous portés par l’énergie de  « Vivre autrement ». Comment avez-vous rencontré Roger ? Grâce à une de ses premières correspondantes, Lisbet Thew. En 1986, le département de Justice criminelle du Texas fixe une date précise pour son exécution, et Lisbet me contacte sur le conseil d’amis. Nous formons alors un comité de soutien informel ; chacun met quelques milliers de francs, et nous embauchons un avocat qui fera annuler la date d’exécution (mais pas sa peine de mort). C’est alors que je commence à correspondre avec Roger. Depuis, il est devenu un frère et un maître de vie. Qu’est-ce qui vous a incité à publier deux livres basés sur les correspondances de Roger ? Les lettres de Roger étaient  tellement extraordinaires que j’ai estimé que je devais les faire connaître au grand public. C’est la publication du premier livre qui, quelque part, lui a sauvé la vie, car les lecteurs ont été si touchés par son message qu’ils ont commencé à envoyer de l’argent pour sa défense. Depuis 2006, nous avons dépensé 735 000 euros environ, uniquement pour les frais d’avocat. Vous le soutenez depuis vingt ans. Quels sont les moments marquants de vos rencontres ? Ma première visite en 1998 en est un. Mais le moment le plus fort est évidemment l’annulation de sa condamnation à mort en 2012. Il a pu ainsi sortir du couloir de la mort et être transféré dans une prison « normale ». Je me souviens que la nouvelle est tombée le 22 novembre 2012. Je devais rendre visite à Roger les 25 et 26 novembre. J’étais donc sur place au Texas, et en rentrant à l’hôtel, je trouve devant ma porte sur le sol un message de notre avocat, déposé par le service de messagerie de l’hôtel : « votre ami a eu sa peine de mort suspendue ». J’ai pu annoncer moi-même cette nouvelle incroyable à Roger. Ça a été extraordinaire ! Au parloir, je le voyais toujours à travers une grosse vitre. Il fallait nous voir tous les deux ce jour-là ! Nous avons tapé sur cette vitre avec une énorme explosion de joie. Pendant près de 10 000 jours, il est resté dans le couloir de la mort avec, chaque jour, le risque d’être exécuté. Cette décision de justice a été une telle délivrance. Depuis sa sortie du couloir de la mort en 2016, avez-vous observé des changements chez lui ? Les changements relèvent plutôt de son impact sur la prison de Wynne Unit, où il est en train de transformer l’énergie en profondeur. Selon moi, la seule vérité qui libère est celle qui est ressentie dans le cœur. C’est ce que vit Roger aujourd’hui. Quels sont les prochains enjeux du comité de soutien international que vous avez fondé avec votre épouse Elly en 2006 ? L’enjeu n’est pas tant du côté du comité de soutien que de la nouvelle équipe de trois jeunes avocats que nous avons embauchés en janvier de cette année pour reprendre tout le dossier et tâcher de trouver le témoignage, ou la preuve manquante, pour le faire sortir de prison. C’est mon plus grand souhait, même si Roger a déjà atteint un sommet. Sa sortie est prévue en 2036, et il sera alors âgé de 72 ans, soit cinquante ans de prison pour un crime qu’il n’a jamais commis ! www.rogermcgowen.fr/comites-de-soutien REFLETS 36 pages 37 à 39

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Anita 3 septembre 2020 Aucun commentaire
AIDER donne du sens à la vie
Françoise

AIDER donne du sens à la vie

AIDER donne du sens à la vie À la rencontre des fondateurs de l’association Les amis de Roger McGowen, Pascal et Béatrice Bernard Pascal Bernard et Béatrice, son épouse, habités par un besoin de donner du sens à leur existence, entendent parler de Roger lors d’une conférence donnée par Pierre Pradervand. Pilotes de ligne tous les deux, Pascal accompagne ensuite Pierre Pradervand et Bernard Montaud à Houston, puis il commence à correspondre avec Roger par courrier. Béatrice continue avec lui. Ils créent l’association Les amis de Roger McGowen. Désormais, ils lui rendent visite une fois par mois. « Pas une fois, à chacune de nos rencontres, nous ne sommes repartis sans avoir appris quelque chose de la vie. Nous sommes devenus amis, il nous appelle sa famille blanche, c’est notre frère noir. » Comment définiriez-vous Roger ? La particularité de Roger est qu’il ne donne jamais de leçon, il est la leçon. C’est la personne la plus humble que nous connaissons. Il n’a qu’un moteur dans la vie, aider autour de lui et remercier pour tout ce qui lui est donné. Roger est un homme riche, un homme juste, un doux au sens biblique, un puissant, un seigneur au service de l’amour. Il est très peu affecté par la méchanceté de certaines personnes qui l’entourent, car il sait que c’est toujours la marque d’une souffrance intérieure. Il cherche plutôt le sens de chaque situation difficile rencontrée et dès qu’il le trouve, il s’en libère. Ce n’est pas toujours facile pour lui, mais il ne renonce jamais quel que soit le temps que cela peut lui prendre. Quand c’est très difficile pour nous, nous pensons à lui et, comme le lui suggérait sa grand-mère, nous suivons notre boussole intérieure, c’est-à-dire notre cœur qui doit nous guider dans toutes les situations. Quelles actions menez-vous pour lui venir en aide ? Nous cherchons chaque mois à apporter du sens à ce que nous vivons et nous trouvons ensemble des actions qui nous élèvent, lui comme nous. C’est ainsi par exemple que, face à la douleur de Roger en arrivant dans sa nouvelle prison de Wynne Unit où il découvre des hommes condamnés à la prison à vie et oubliés de tous, il nous est apparu qu’il était sans aucun doute dans cet endroit pour soulager la souffrance de ces hommes. Nous avons alors commencé par aider quatre de ses amis, nous avons permis à l’un d’eux de sortir de prison en lui fournissant un avocat, nous avons amélioré le quotidien des trois autres et surtout nous leur avons, avec l’aide de Roger, redonné un peu d’attention. Par la suite, l’association Les Roses Rouges Sur le Bitume (RRSB) a repris le flambeau, faisant de ces actions son fer de lance. Nous organisons des conférences, des « apéros- Roger », pour le faire connaître et nous récoltons des dons pour financer les avocats qui continuent de chercher à prouver son innocence. Bien-sûr, le souhait le plus cher de Pascal et Béatrice est de voir Roger libre. Ainsi il pourra rayonner encore plus à l’extérieur des prisons, et continuer à aider les détenus qu’il n’abandonnera jamais. Mais en attendant, l’essentiel est de poursuivre le soutien. « Ce qui est magnifique aujourd’hui, c’est que nous sommes de plus en plus nombreux autour de lui et de ses codétenus. Nous offrons ainsi à la vie une chance d’aller dans le sens du partage, de l’amitié, et du lien. (…) LES AMIS DE ROGER MCGOWEN EN France www.rogermcgowen.fr/soutien-roger-mcgowen Pour lire l’article en entier, REFLETS n° 36 pages 46 à 47

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Françoise 24 août 2020 Aucun commentaire
Krishnamurti
Françoise

DESTIN REMARQUABLE Krishnamurti, le sage libre

DESTIN REMARQUABLE Krishnamurti, le sage libre Maryline Hubaud Un regard profond presque étrange, une présence qui se sent même devant sa photo, Krishnamurti rayonne la sagesse, palpable juste en observant l’image. Le silence s’impose. Les traits sont en paix. Il émane quelque chose de particulier, un passage sur terre franchement pas ordinaire. Tout son parcours de vie est teinté d’une trajectoire hors normes, où seule la liberté et le lien avec l’essentiel le conduiront tout du long. Il se libère de tout dogme et sans hésiter il change d’orientation pour la pureté de la sensation de vérité en lui. Un maître, sans peurs, sans regrets, sans attaches : un précurseur. Très tôt, la vie intérieure, la culture et la sagesse se sont imposées à lui. Krishnamurti est venu pour cela, c’est une histoire très étrange que la sienne, loin de nos réalités bien occidentales. Né en 1895 d’une famille brahmane modeste, il est repéré, à l’âge de quatorze ans seulement, par la société théosophique comme étant le messie. Alors qu’il joue sur une plage avec son frère, Charles Webster Leadbeater, le dirigeant de la société théosophique , discerne chez lui celui qu’il cherche. Il dit avoir décelé une aura exceptionnelle chez le jeune garçon. Doté du pouvoir de lire les vies antérieures, il repère la mission de Krishnamurti comme étant « l’instructeur du monde » que les théosophes attendent. Très vite il le prend sous son aile pour l’éduquer, l’initier, lui donner l’enseignement nécessaire à la réalisation de sa destinée. Déjà là, le destin se trace loin du commun. Krishnamurti adore cette éducation qu’il considère comme salutaire à sa vie. Et il s’y consacre totalement avec une réelle obéissance. Jeune, il donne des séminaires et des conférences devant des milliers de personnes dans le monde entier. Rapidement, il apparaît comme un penseur de grande envergure, intransigeant et inclassable, dont les enseignements ne relèvent d’aucune religion spécifique, n’appartiennent ni à l’Orient ni à l’Occident, mais s’adressent au monde entier. De santé fragile, il traverse des épisodes physiques difficiles, et c’est au cours d’un de ces moments de douleur intense, où en apparence il perd connaissance, qu’il vit un processus d’éveil spirituel : […] J’étais suprêmement heureux, parce que j’avais vu. Rien n’a pu jamais être identique. J’ai bu à l’eau pure et claire et ma soif a été apaisée. […] J’ai vu la Lumière. J’ai touché la compassion qui guérit toute peine et toute souffrance ; ce n’est pas pour moi-même mais pour le monde. […] L’amour dans toute sa gloire a intoxiqué mon cœur ; mon cœur ne pourra jamais se refermer. J’ai bu à la fontaine de la Joie et de l’éternelle Beauté. Je suis intoxiqué de Dieu. À partir de cette expérience, ses ressentis se modifient, et il se distancie de l’enseignement et de l’éducation qu’il reçoit. La mort inattendue de son frère adoré, avec lequel il vit toute son initiation, le plonge dans une profonde douleur contre laquelle il lutte. L’expérience intérieure et spirituelle qui en ressort confirmera un changement total en lui. Il refuse d’être le messie, il refuse d’être un gourou, et il dissout la société spirituelle qui s’est érigée autour de lui. Âgé de trente-quatre ans, il prend une trajectoire autre qu’il ressent profondément, et c’est peut-être en cela qu’il est précurseur du 3e millénaire. Il n’y a rien là de tellement extraordinaire puisque je ne veux pas de disciples et je tiens à le dire. Dès le moment où l’on suit quelqu’un, on cesse de suivre la Vérité. Je ne me préoccupe pas de savoir si vous faites attention ou non à ce que je dis. Je veux faire une certaine chose dans le monde, et je la ferai avec une invariable concentration. Je ne me préoccupe que d’une seule chose essentielle : libérer l’homme. Je désire le libérer de toutes les cages, de toutes les peurs, et non pas fonder des religions, de nouvelles sectes, ni établir de nouvelles théories et de nouvelles philosophies. Tout le reste de sa vie, Krishnamurti rejette obstinément le statut de gourou que certains veulent lui faire endosser. Il ne cesse d’attirer un large public dans le monde entier : en Europe, en Australie, en Inde, en Amérique du Sud, aux États- Unis, mais sans revendiquer la moindre autorité ni accepter aucun disciple ; il s’adresse à ses auditeurs de personne à personne. Il passe sa vie à transmettre de manière libre. (…) Pour lire l’article en entier REFLETS n°36 pages 78 à 80

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Françoise 14 août 2020 Aucun commentaire
LA PRISON
Anita

LA PRISON, CHEMIN DE TRANSFORMATION INTÉRIEURE

  Condamné injustement, Roger se retrouve emprisonné dans une cellule de 6 m2, presque borgne, suffocante en été, glaciale en hiver. Il ressent la mort de son frère, tué dans un hold-up, comme un échec et une trahison personnelle de la promesse faite à sa mère. Le début du chemin : l’amour plutôt que la haine Du fond de sa cellule, seul, victime d’humiliations quotidiennes, vivant dans une ambiance de haine entre détenus, il découvre la colère qui habite au fond de lui. Celle-ci est incommensurable et lui fait frôler la folie. Dans ces conditions, il lui aurait été facile de se laisser consumer par la haine. Faire souffrir à la mesure de sa propre souffrance, voilà le cycle infernal de celui qui demeure en prison. Plusieurs années lui sont nécessaires pour admettre que la colère et les accusations dans lesquelles il sombre ne le conduiront qu’à sa propre destruction. Un jour, il décide de renoncer à ce cycle mortifère. Plus rien ni personne ne le fera désormais succomber à la haine. Au contraire, il essaiera de comprendre, de pardonner et d’aimer tout événement aussi injuste soit-il. « Un après-midi, je devins tellement plein de colère et ma poitrine me faisait tellement mal que je pensais que j’allais mourir. Je me couchai sur mon lit, fermai les yeux et je demandai à Dieu de m’aider. Je ne pouvais pas le faire seul et en même temps je ne pouvais pas continuer à vivre ainsi. Et à ce moment-là, j’entendis une voix qui me parlait à travers le temps, chaleureuse, caressante, pleine de compréhension et remplie d’amour. Et cette voix était celle de ma grand-mère qui me disait : « Roger Wayne, tu ne peux toucher le cœur, mais le cœur peut te toucher. Laisse-le te toucher. Laisse-le te guérir. Prie et ouvre ton cœur afin que l’Amour se fasse entendre. » Se remémorant les moments importants vécus avec elle, il se rend compte qu’elle lui a appris le pardon sur lui-même et les autres, il met en pratique le droit de se tromper. Elle lui répétait sans cesse : « Mon garçon, si tu laisses ton cœur fermé au monde, le monde te laissera son cœur fermé. » Il décide donc d’arrêter de se plaindre et trouve en toutes circonstances une bonne raison de remercier pour ce qu’il a. Il n’y a pas de honte à être gentil ! Depuis ce jour, il cherche la paix, il se met à prier, pour ouvrir son cœur. Il ne s’adresse pas à un dieu en particulier, car sa foi est libre. Sa grand-mère est devenue la confidente invisible de son cœur. Il tente de voir un enseignement en toute chose, même avec les insectes qu’il voit dans sa cellule : « Je ne les tue pas, parce que la même force qui m’a donné la vie, leur fournit aussi la leur. Tout ce qui existe a été placé ici pour une certaine raison. Je permets aux insectes d’avoir leur espace, et j’ai le mien. Les insectes m’apprennent des leçons. J’observe quelle force immense il faut pour rester en vie et exister. Leur courage me donne de la force. »[1] Se souvenant que sa grand-mère lui a aussi enseigné qu’ « il n’y a pas de honte à être gentil », Roger décide de mettre en pratique l’art de la bénédiction, l’art de bénir toutes choses, même ses bourreaux quotidiens, car bénir les autres, c’est se bénir soi-même. Alors, peu à peu, au lieu d’être responsable par culpabilité, il devient responsable par tendresse envers les autres. Chaque épreuve peut devenir une bénédiction Son attitude nous enseigne qu’une autre réponse est possible : à travers un choix responsable, triompher de la haine en toutes circonstances. En effet, au cœur de chacune de nos vies pouvons-nous toujours choisir ce qui nous rend meilleur. Nos épreuves, même injustes en apparence, sont des opportunités d’être meilleur. La plus grande d’entre elles peut devenir notre plus grand défi, car nous nous construisons en traversant des expériences qui sont des enseignements, et finalement tout peut devenir une bénédiction si nous percevons l’enseignement que la vie nous adresse dans ce qui nous arrive.  Ainsi, il reconnaît : « J’ai traversé tant d’épreuves en apparence injustes. Mais j’ai tellement gagné en expérimentant la victoire sur ces souffrances. » [1]. Roger McGowen et Pierre Pradervand, Messages de vie du couloir de la mort, éditions Jouvence. Pour lire l’article en entier, REFLETS 36 pages 28 à 30

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Anita 8 août 2020 Aucun commentaire
La correspondance
Françoise

La correspondance, la réhabilitation de cœur

La correspondance, la réhabilitation de cœur Parfois, ces murs sont difficiles à repousser et quand ils commencent à se refermer sur nous, une lettre ou une simple carte qui dit : « Je pense à toi » constitue une bouée qui en a sauvé plus d’un (Extrait d’une lettre de Roger du 17/09/2005, tiré du livre L’Audace d’aimer, éd. Jouvence). Les correspondances ont eu une place centrale dans la vie de Roger. Il a reçu ses premières lettres grâce à l’association Lifespark , et ces échanges sont vite devenus essentiels pour lui. Elles ont fait partie de son éducation, dit-il. Elles lui ont permis de s’ouvrir sur le monde et sur la vie spirituelle. Ces lettres ont été un soutien indéniable pour rester vivant et ne pas succomber à la folie du couloir de la mort. Le nombre de ses correspondants a progressivement augmenté. Mais ce n’est plus le fait de recevoir des lettres qui le sauve, c’est le contenu de ses propres écrits – de nombreux extraits ont été sélectionnés dans un ouvrage intitulé Messages de vie du couloir de la mort dont les recettes ont permis de payer un avocat, le sauvant de l’exécution. Suite à son transfert à la Wynne Unit de Huntsville, sa vie empire. Paradoxalement, l’isolement le préservait. Il sombre dans la dépression face à la misère humaine qu’il côtoie. Pour s’en sortir, il ressent le besoin vital de venir en aide aux autres détenus. Il développe une correspondance sauf que cette fois, les lettres ne seront plus les siennes mais celles qu’il fait écrire aux prisonniers, leur faisant vivre ce qu’il a lui-même traversé trente ans auparavant. Les correspondances constituent donc un élément fondamental des actions qui sont mises en place au sein de la prison. Ces liens avec le monde extérieur sont la preuve que des personnes, quelque part dans le monde, se soucient sincèrement d’eux, les oubliés de la société et de leur propre famille bien souvent. Comme en témoigne Roger dans une de ses lettres : « Il est presque impossible d’expliquer ce que ma correspondance avec toi et mes autres amis a signifié au cours des années. Elle a rempli ma vie au-delà de toute mesure ! Là où je me sentais seul, j’ai maintenant une merveilleuse famille de personnes que j’aime de tout mon cœur ! J’ai une raison de me lever le matin, avec un chant sur les lèvres, une prière dans le cœur et la compassion et l’amour à tout instant dans l’esprit. » « Ces correspondances ont une influence transformatrice très importante, nous précise Ronald Radford. Elles imposent à ceux qui s’y engagent de mesurer l’importance de ces échanges, grâce auxquels des hommes, dont l’existence est méprisée, retrouvent l’estime d’eux-mêmes. S’ils ne reçoivent pas régulièrement des nouvelles, ils s’inquiètent, pensent qu’on ne tient pas vraiment à eux ou qu’ils ont fait ou écrit quelque chose de mal. Ils sont très isolés, confinés dans un petit espace, alors cette porte pour entrer en contact avec quelqu’un dans le monde libre est essentielle. De son côté, Roger s’assure que le détenu choisi sera honnête et sincère. » Les correspondants de France, de Suisse ou de Belgique apprennent à confier à un ami les moments importants qu’ils ont vécus et les détenus partagent leurs expériences. Il leur arrive de conseiller leurs correspondants français qui les interrogent sur leurs propres difficultés. Voici un enjeu majeur pour le détenu : ma vie d’homme ne peut pas se résumer à mes erreurs, je peux moi aussi aider. Leurs écrits révèlent des trésors d’une sagesse simple issue de leurs expériences personnelles. (…) Pour lire l’article en entier REFLETS n° 36 pages 52 à 54

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Françoise 30 juillet 2020 Aucun commentaire
Un coin de ciel dans l’enfer carcéral
Anita

Un coin de ciel dans l’enfer carcéral

  Qui est Roger McGowen ? Aujourd’hui âgé de 56 ans, Roger McGowen est un prisonnier afro-américain détenu depuis 1987 au Texas pour un crime qu’il n’a pas commis. Il a survécu au couloir de la mort où il est resté enfermé durant vingt-cinq ans. Il est aujourd’hui incarcéré dans la prison pour longues peines de Wynne Unit à Huntsville au Texas. Comment se fait-il qu’il soit soutenu activement par des centaines de personnes dans le monde si ce n’est qu’il a réussi à commuer l’injustice la plus sévère en amour sans condition ? La sérénité perceptible sur son visage, incarnée dans sa générosité, interroge sur la capacité de transformer le pire en meilleur dans les conditions extrêmes, inhumaines de détention. Un enfant du ghetto Roger est né le 23 décembre 1963 dans le Fifth Ward, le ghetto le plus dur de Houston. Peuplé de Noirs et d’Hispaniques, c’est un quartier délabré dont 62 % de la population vivent en dessous du seuil de pauvreté. Le taux de criminalité est l’un des plus élevés du Texas. Roger est le septième d’une fratrie de dix enfants tous nés de père différent. Ses parents divorcent alors qu’il est encore enfant. Il s’attache très fortement à sa mère, Mary Ann McGowen, et à sa grand-mère qui aura un impact profond sur sa spiritualité. Elle lui inculque une sagesse simple et profonde. Elle le pousse à s’occuper de sa famille et, avec elle, il distribue de la confiture et du savon faits maison aux indigents tandis que les autres enfants se moquent de lui. Discret et souvent seul, c’est un enfant sage qui se tient loin des gangsters de son quartier. Dès l’âge de neuf ans, Roger commence à travailler après l’école avec son oncle qu’il aide à charger et décharger son camion remorque. Plus tard, il trouve un emploi dans un restaurant pour subvenir aux besoins de sa famille. Il démarre une formation professionnelle qu’il doit abandonner très tôt pour aider sa mère, après le décès de sa grand-mère. Un jeune homme fidèle en toute chose Jeune adulte, il prend sa vie en main. À l’âge de vingt-deux ans, il vit dans son propre appartement, avec sa femme et son enfant. Il travaille comme gérant d’un petit restaurant de quartier et continue à s’occuper de ses sœurs, qui habitent de l’autre côté de la ville. Un jour, victime d’une attaque cérébrale, sa mère est hospitalisée et reste dans le coma plusieurs jours. Elle en sort un bref instant alors que Roger prie à son chevet. Elle lui demande alors de veiller sur son frère aîné Charles, avant de retomber définitivement dans le coma et de décéder. Fort de cette promesse, Roger s’efforce de sortir de la spirale de la délinquance ce grand frère qu’il admire tant depuis sa plus tendre enfance. Mais les gangs et les caïds sont les plus tenaces. La fausse confession Le 29 avril 1986, des policiers frappent à la porte de l’appartement de Roger et le mettent en état d’arrestation. Un témoin a relevé le numéro des plaques d’immatriculation de sa voiture que son frère et son cousin lui ont empruntée la veille pour perpétrer un hold-up dans un bar. Plus grave encore, lors de ce braquage, la tenancière du bar a été tuée. Après avoir été « cuisiné » pendant six heures par les policiers, Roger, convaincu que le meurtrier est son frère, se laisse accuser pour le protéger. Avec un casier judiciaire vierge et un alibi, il pense que les preuves suffiront pour prouver son innocence lors du procès. À cette période, il passe par une phase dépressive à cause de la mort de sa mère : « Je me fichais de ce qui pouvait bien m’arriver. J’avais l’impression d’avoir le poids du monde entier sur mes épaules… Je pensais que peut-être, par mon sacrifice, je pourrais montrer à mon frère combien je l’aimais et que je le conduirais à changer de vie. » Mais Roger est défendu par un avocat commis d’office, alcoolique notoire qui ne prépare pas sa plaidoirie, et au dernier moment se base sur le rapport de police sans vérifier son alibi. Son procès est entaché de graves irrégularités : le procureur contacte en prison un repris de justice connu des services de police, qui accepte, contre une réduction de peine, d’inventer des hold-up qu’il aurait commis avec Roger. Ces mœurs judiciaires sont hélas monnaie courante, surtout si l’accusé est noir et pauvre. Roger fait appel afin d’obtenir un autre procès. Sans résultat. En mai 1987, à l’âge de vingt-quatre ans, il est condamné à mort par la cour du comté de Harris à Houston au Texas. Peu de temps après son incarcération, il apprend la mort de son frère dans un hold-up. Roger avait cru qu’en endossant le crime de son frère, il allait l’aider à retrouver le droit chemin. Son sacrifice a donc été inutile. Pour lire l’article en entier, REFLETS 36 pages 24 à 27

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Anita 24 juillet 2020 Aucun commentaire
F. Pichard : les dauphins sont des guides
Françoise

Frédérique Pichard : les dauphins sont des guides

Frédérique Pichard : les dauphins sont des guides La rencontre est chaleureuse et immédiate. Une certaine connivence s’établit sans effort. Sa sincérité, sa conviction donnent une chaleur à la mission qui lui est échue. Nous avions été interpellés par son livre Dialogue avec un dauphin, paru aux éditions le Souffle d’Or, dans lequel elle relate la rencontre qui a bouleversé sa vie avec Dony, dauphin ambassadeur venu rencontrer les hommes. Dony et ses congénères ont joué auprès d’elle le rôle de guides. Depuis, elle a créé l’institut Dony pour étudier et protéger les dauphins ambassadeurs et l’ensemble des cétacés. Nous avions envie d’en savoir plus. Frédérique Pichard est naturopathe et relaxologue de profession, spécialisée dans la thérapie par les élixirs floraux. Quel a été votre parcours ? Avez-vous été préparée à votre rencontre avec Dony le dauphin, essentielle pour votre vie ? Oui, la vie m’y a préparée. Depuis l’enfance, je suis très touchée par le règne animal, grâce à mon père. Tous les étés, à Luc-sur-Mer, ma sœur aînée et moi rêvions autour d’un squelette de baleine échoué dans le parc de la mairie. Plus tard, mon premier métier a été la danse, mais c’était trop dans la compétition. Puis mon rêve a été de voyager, et je suis devenue guide touristique. Dès l’âge de vingt-deux ans, pendant dix ans, j’ai fait le tour du monde. Durant ces voyages, certaines agences organisaient une rencontre avec des dauphins. Je refusais d’y aller parce qu’ils étaient en captivité. Un jour, en Polynésie, une petite voix m’a dit : « Pourquoi ne viens-tu pas puisque nous sommes là ? » C’était la troisième fois que je résistais. Je suis allée rencontrer un dauphin qui vivait en semi-liberté dans l’hôtel. Cette première rencontre m’a bouleversée. Je n’ai pas cessé de pleurer pendant une demi-heure. Pas de tristesse : c’était comme une réminiscence, comme si le regard du dauphin m’avait ramenée à une mémoire qui me bouleversait. J’en suis restée là, jusqu’à ce voyage à Cuba en catamaran où il était proposé de se mettre à l’eau au contact des dauphins. Après que tous les participants furent passés, une dauphine m’a regardée d’une façon très particulière, comme si elle captait quelque chose de mon âme. Je me souviendrai toujours de ce regard. Tout le monde m’attendait à bord du bateau : elle m’a happée dans un espace-temps que je n’ai pas contrôlé. Soudain, je me suis réveillée et je suis allée retrouver mon groupe. LES DAUPHINS DOIVENT ÊTRE LIBRES ET SAUVAGES Dès lors, j’ai choisi d’aller les voir pour soutenir ces dauphins en captivité. Il est aberrant d’enfermer ces êtres, les dauphins doivent être libres et sauvages. Je suis ravie qu’on mette un terme à leur captivité, en France en tout cas. Mais certains, dans ces centres-là, participent aussi au réveil des consciences. Quelques-uns sont en dépression, se laissent mourir, mais d’autres disent qu’ils ont de la joie à apporter aux humains, et acceptent leur rôle. Avant Dony, il y a donc eu toutes ces rencontres qui ont réveillé quelque chose en moi ; elles m’ont préparée à rencontrer les dauphins venus à côté de chez moi, au moment où je devais partir vivre en République dominicaine. Finalement, j’ai changé mes projets : je ne pouvais pas passer à côté de ce rendez-vous. Vous considérez les dauphins et les baleines comme des guides pour l’humanité et pour vous-même ? C’est ma vérité, mon expérience. Je n’ai plus aucun doute. J’ai des certitudes sur l’éveil des baleines par rapport aux humains. Dony est l’être qui m’a le plus touchée dans ma vie. Les animaux n’ont pas de langage, les mots s’effacent, on n’est plus dans l’interprétation, on est dans cet espace du silence, de regard à regard et d’âme à âme. Les chats, les chiens, tous nos animaux domestiques sont très proches pour nous aider à percevoir cela. Dony a été tout de suite à l’essentiel : il a vu ce qui, en moi, avait besoin d’être transformé au niveau émotionnel. À la première initiation dans l’eau, il m’a dit par télépathie : « Tu as peur de la mort. » J’étais convaincue de ne pas en avoir peur, et en fait si. Et il m’a montré ce qu’était ce passage de la vie à la mort, comme un endormissement. Il s’est mis sur le dos, m’a entourée de ses deux nageoires et m’a entraînée tout doucement en état alpha, – ils vivent en permanence dans cet état mi-endormi mi-réveillé, où les ondes cérébrales ralentissent, permettant de percevoir beaucoup plus de choses. En fait, par ce ralentissement il m’a montré que le passage de la vie à la mort pouvait être très doux, mais aussi être la source d’autres peurs. La peur fondamentale de la mort était la source originelle de mes autres peurs. Je n’en ai plus ressenti aucune pendant un an. Mais j’ai compris que c’était ponctuel : un moment de grâce, où la vie est plus facile et où l’on gagne de l’énergie. (…) Pour en savoir plus… www.institutdony.org Pour lire l’article en entier, REFLETS n°36 pages 69 à 73

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Françoise 14 juillet 2020 Aucun commentaire
Pandémie
Anita

Pandémie

  Dr Daniel Scimeca Élu à l’union régionale des professions de santé d’Île-de-France, le docteur Daniel Scimeca est le président de la fédération française des sociétés d’homéopathie et un praticien attaché à l’hôpital intercommunal de Créteil. Il est également rédacteur en chef des Cahiers de biothérapie. Ce préfixe « pan » envahit tout, nous affecte tous. D’un abord a priori sympathique lorsqu’il évoque une manière de voir tout autour de soi (panorama) ou de garder de bonnes relations avec l’ensemble des divinités possibles (panthéon), voici qu’il effraie, dérange et bouleverse tout. Une pandémie est l’existence d’une maladie qui affecte la totalité des individus concernés dans l’ensemble d’un territoire. Par extension, et du fait de la conscience désormais toujours planétaire des choses, la pandémie correspond à l’extension au monde entier. Endémie, épidémie, pandémie, le suffixe commun de ces mots est « démo », le peuple, et ces termes sont utilisés uniquement pour les humains. Pour être complet sur le vocabulaire et s’y retrouver, c’est le terme « zootie » qui définit les maladies des animaux et « zoonose » le passage d’une maladie des animaux vers l’homme. L’endémie est la présence quasi permanente d’une maladie dans un espace limité (un village, un pays). L’épidémie est la croissance rapide à un moment donné de l’incidence (les nouveaux cas) d’une maladie. La pandémie est une épidémie qui s’est propagée sur un vaste territoire, le monde entier en général. Si ces termes évoquent en premier lieu les maladies infectieuses, par extension, on parle désormais d’épidémie ou de pandémie d’obésité, de dépendance aux jeux vidéo ou d’épidémie de troubles anxieux. Nous assistons ainsi, avec un seul et unique virus à ARN provenant d’une province chinoise, à l’émergence de plusieurs pandémies simultanées : une pandémie virale qui donne une maladie nommée Covid-19, une pandémie anxieuse, et en poussant un peu plus loin l’usage du mot, une pandémie socio-économique. Après s’être transmis de l’animal à l’homme, ce virus devient une maladie de la psyché et une maladie du modèle économique de nos sociétés. Faire ce parallèle n’est pas simplement une figure de style. Cela crée une distorsion et un amalgame des opinions sur les différents sujets. Ainsi voit-on des experts en épidémiologie ou en virologie ne pas être d’accord entre eux, en fonction de leurs propres visions des conséquences sociales, psychologiques, économiques même. On peut voir les politiques sanitaires de tous les pays, criant haut et fort que seul le sanitaire compte et que la vie est plus précieuse que tout, prendre des décisions qui prennent en compte le niveau de tolérance sociale des mesures de confinement et le niveau de possible écroulement des modèles économiques en place. C’est probablement pour ces raisons que nous observons de telles passions, contradictions, rumeurs, spéculations complotistes en tous genres, et aussi de véritables conflits d’intérêts dans ce qui devrait plutôt cantonner chacun dans son domaine. Aux spécialistes de la santé de s’occuper de la santé physique. Aux structures sociales et aux politiques de venir en aide aux familles. Aux gouvernances et aux décideurs nationaux de sauver autant que faire se peut l’économie. Cela conduit de manière totalement irrationnelle à deux postures mentales face à la pandémie du Covid-19. Le mot posture étant pris comme une déformation de l’esprit critique et de la capacité de recul serein face à une situation de crise. Nous trouvons donc deux camps le plus souvent et ceux qui ne s’inscrivent dans aucun de ces deux (ce qui est mon cas) sont difficilement audibles, comme toujours pour les discours mesurés et nuancés. Je décrirais ainsi les négationnistes et les catastrophistes.   Pour lire l’article en entier, REFLETS n°36 pages 16 à 18

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Anita 6 juillet 2020 Aucun commentaire
Aider pour s'accomplir
Françoise

Aider pour s’accomplir

Aider pour s’accomplir Dès son enfance, Roger vit  entre pauvreté et violence dans son quartier. Il retrouve en prison ces deux fléaux, auxquels il aurait pu céder, mais il décide de prendre en main son destin dans un choix définitif : incarner l’amour inconditionnel dans ce lieu si dur, où le racisme, la misère et la haine règnent. Il part à la conquête de la dignité : accorder de la miséricorde pour la violence des gardiens et des autres prisonniers ; poser des actes concrets pour soulager la misère. De petits actes réalisés jour après jour aboutissent à de grands actes qui dessinent sa Tâche. Le cheminement de Roger Peu à peu, l’expérience intérieure de Roger en fait un prisonnier à part. Dès le couloir de la mort, il est reconnu par les autres comme une personne d’exception. Sa paix intérieure lui vaut le surnom « The Rock », le rocher. Ses codétenus le respectent et lui demandent conseil quand ils sont en difficulté. Lorsqu’un condamné à mort reçoit sa date d’exécution, il a le droit de demander un dernier échange avec des « proches ». Ainsi, Roger est souvent appelé pour accompagner cette dernière journée. Il sera ainsi « l’ami proche » pour près de cent trente prisonniers. Parfois, les entretiens sont silencieux et passent par le regard, un geste de tendresse, une dernière cigarette. Parfois, ils échangent. Roger doit alors trouver les mots qui consolent et qui réconfortent, suffisamment puissants et justes pour s’adresser à un ami qui mourra à l’aube. Peu à peu, il se met au service des autres condamnés et se questionne sur le sens de sa présence en prison : se pourrait-il qu’il y soit lui-même entré pour pouvoir venir en aide à ses codétenus ? L’arrivée à Huntsville ; le développement de son aide En 2016, Roger est transféré dans une prison pour longues peines : la Wynne Unit à Huntsville. Jusque-là isolé dans sa cellule du couloir de la mort, Roger découvre la guerre des gangs et des conditions de vie pires que dans le couloir de la mort. Cela le plonge dans un profond désespoir. Il découvre aussi le très grand dénuement dans lequel vivent certains prisonniers. Dans une correspondance privée, il écrit : « Quand je suis arrivé à Huntsville à l’unité pénitentiaire de Wynne, je n’avais aucune attente – surtout en venant du couloir de la mort – à part faire du mieux que je pouvais dans le respect des gardiens et des prisonniers… J’ai eu des compagnons de cellule qui ne savaient pas se laver ou nettoyer leur cellule, […] qui ne savaient ni lire ni écrire. J’ai eu des compagnons de cellule à qui j’ai dû montrer comment faire la lessive ou se passer de la lotion sur la peau. […] Un jour, j’ai arrêté de me demander comment tout cela était possible et j’ai décidé de me consacrer à tout faire pour changer cet état de fait lorsque je le rencontrerais. » Redonner de la dignité aux oubliés Lorsqu’il se trouvait dans le quartier des condamnés à mort, il fêtait son anniversaire en partageant une petite quantité de nourriture avec toutes les personnes de son unité : des détenus blancs, noirs et hispaniques. Sur les conseils de Bernard Montaud, Roger décide dans sa nouvelle prison de se consacrer à aider les prisonniers les plus démunis. Servir ainsi va le rendre libre au-dedans, même s’il est encore enfermé. Cela lui sauve la vie. Depuis, il organise, le dernier vendredi de chaque mois, des repas de partage, appelés spreads (propager), avec l’ensemble des détenus de son bloc. Cette initiative transforme la culture de gang en culture de partage. Au-delà des différences d’appartenance, de foi ou de race, les prisonniers se découvrent, prennent l’habitude de communiquer et développent une entraide jusque-là réservée aux seuls membres de leur gang. Ainsi, en participant à la préparation, à la cuisine, au service de table, tous font comme Roger l’expérience qu’ils peuvent retrouver une importance par le service aux autres. La nouvelle se répand, et rapidement beaucoup de membres de l’unité de Wynne veulent être transférés dans le même bloc que Roger pour y participer. La joie de partager est si contagieuse que les prisonniers eux-mêmes s’engagent pour organiser des spreads dans les autres blocs. S’ils sont transférés ailleurs, ceux qui y ont pris part veulent retransmettre à leur tour ce qu’ils ont reçu. Un an après leur mise en place, grâce aux dons de l’association Les Roses Rouges Sur le Bitume (voir page 48) qui soutient cette action, plus de deux mille prisonniers participent aujourd’hui à ces repas que Roger a renommé les « B-Days » en l’honneur de son ami Bernard. (…) Pour lire l’article en entier, REFLETS n°36 pages 31 à 33

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Françoise 30 juin 2020 Aucun commentaire
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