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Compléments Revue Reflets

Extrait d’article

Compléments Revue Reflets

Extrait d’article
Boris Cyrulnic
Boris Cyrulnik

UNE FORCE MYSTERIEUSE

Neuropsychiatre, Boris Cyrulnik est connu pour avoir développé le concept de résilience. Il est directeur d’enseignement du diplôme « Clinique de l’attachement et des systèmes familiaux » à l’université de Toulon. Il dirige des groupes de recherche sur la résilience. Il est également un homme engagé pour la protection de la nature et des animaux.  Selon le psychiatre, qu’est-ce la foi ? Ça consiste à croire que quelque chose d’impossible à percevoir va arriver. Vous me dites que vous allez me donner 100 000 euros. Vous m’inspirez confiance, donc je vous fais foi. Mais bien sûr, vous allez me donner 100 000 euros ? Certainement ! Donc, la réponse à votre question c’est je vous fais tellement confiance que je crois que quelque chose d’impossible à percevoir  va arriver. C’est ma définition de la foi. Est-ce que les fois sont égales ? Toutes les fois sont égales parce que chacun pense que la seule vraie foi, c’est celle qu’il ressent. Si vous êtes musulman, vous aurez foi dans le coran qui décrit une représentation de quelque chose qu’il est interdit de percevoir. Si vous êtes chrétien, vous allez faire foi à d’autres paroles, celles de Jésus. Si vous êtes d’une autre ou même sans religion, vous allez faire foi à quelqu’un qui vous inspire tellement confiance ou dont vous avez tellement besoin, que cette foi-là sera pour vous la vraie, l’unique, puisque vous ignorez les autres et vous n’en avez pas besoin. Donc, toutes les fois se valent pour un sujet. Mais pour quelqu’un qui ferait une enquête extérieure, comme un sociologue par exemple, il dirait qu’il y a des barèmes différents de la foi : il y a des gens qui ont la foi de manière inconstante, ils ont des moments de foi qui alternent avec des moments de doute ; il y a des gens qui ont une telle foi qu’ils deviennent fanatiques et se mettent à haïr ceux qui n’ont pas la même foi qu’eux. Si cet article vous plait, pensez à faire un don. Le fonctionnement du site a un coût. Il n’y a pas de publicité. Vous avez un bouton « don » sur le côté. Merci de votre participation quel que soit le montant. Est-ce qu’on peut augmenter sa foi ? Oui. Si vous arrivez au monde aujourd’hui en Egypte, vous aurez beaucoup plus de chances d’acquérir la foi d’un musulman que d’acquérir la foi d’un chrétien qui réside là où le catholicisme est imprégné de la foi du Vatican. Et pourtant chacun est convaincu et ressent une vraie foi. Elle est variable selon les individus mais on peut l’augmenter puisque Dieu est invisible dans toutes les religions. La preuve c’est qu’il faut un interprète que chaque religion appelle prophète. Pour les musulmans, c’est Gabriel et Mahomet. Pour les catholiques, c’est Jésus. Pour les juifs, c’est Moïse parce que Dieu, c’est une force. Le miracle d’avoir créé le monde et le miracle de nous avoir mis au monde, c’est vraiment invraisemblable, impensable. On ne peut pas percevoir cette force-là qu’on appelle Dieu, donc on ne peut qu’y croire, c’est-à-dire avoir la foi. La foi peut être variable au fil de notre existence : il y a des moments où on en a moins besoin et d’autres où elle est intense en nous. Il y a des médiateurs de la foi qu’on appelle les prêtres, ou les mosquées, les cathédrales, les synagogues, les chapelles, les objets du culte, l’encens, les statues. Pour les religions qui n’ont pas peur des représentations, comme le catholicisme, la foi est médiatisée par les statues, les croix du Christ, des tableaux représentant le Christ, l’aventure des prophètes, des saints. Donc, le catholicisme privilégie l’art et les statues qui embellissent les cathédrales, les chapelles. Je ne suis pas chrétien mais je trouve que les cathédrales sont des chefs-d’œuvre de transcendance spirituelle. Je n’ai pas la foi mais j’y rentre avec un sentiment qui me fait comprendre que certains ont la foi, parce que la cathédrale monte vers le ciel d’abord – elle représente quelque chose de magnifique – et vers une force, cette force mystérieuse, impensable, qui a créé le monde et nous a mis au monde. Et je comprends qu’on ait une élévation mystique, médiatisée par des objets comme les cathédrales, les chapelles, les prières, les chants religieux ou les cérémonies religieuses.  À votre avis, est-ce que la foi se développe en ce moment dans le monde ? Ça se développe dans une certaine partie du monde et ça s’atrophie dans d’autres. Il y a des pays très chrétiens où la foi est en train de s’effondrer sans conflit, sans désespoir. Au Canada, il y avait presque une tyrannie chrétienne, les prêtres rentraient dans les maisons pour surveiller le ventre des femmes. La Sainte Catherine (la Catherinette), c’était une manière de faire remarquer aux femmes : « Tu as 25 ans, tu n’as pas mis au monde un seul enfant, tu n’as pas honte… ». J’ai travaillé au Québec : il y avait une femme qui avait mis au monde 23 enfants et il y avait beaucoup de familles nombreuses de 16, 17 enfants ! En Italie, en Espagne, la Mama était divinisée parce qu’effectivement le corps des femmes a ce pouvoir incroyable de mettre au monde des êtres vivants. Les premières déesses sculptées ont probablement été des femmes enceintes, que ce soit dans l’art précolombien ou dans la préhistoire. C’est un miracle qu’un corps de femme possède ce pouvoir. Et les femmes l’ont payé très cher : par cette divinisation, elles ont été réduites à la maternité, ce qui a entravé le développement de leur personnalité. Maintenant que notre culture valorise le développement de la personnalité des hommes et des femmes, on voit que la natalité s’est effondrée en une seule génération au Canada, en Italie, en Espagne et dans d’autres pays chrétiens, probablement parce que l’amélioration du fonctionnement de l’État rend la foi moins nécessaire. Quand un pays est bien organisé, on a moins besoin de foi. On a besoin d’une foi religieuse, qu’elle soit musulmane, juive, chrétienne ou

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Boris Cyrulnik 17 février 2021 Aucun commentaire
Equipe de rédaction Reflets

Les monnaies locales complémentaires et citoyennes

Les monnaies locales complémentaires et citoyennes Maxime Mocquant Dionysos, pour remercier Midas, lui accorda un vœu. Ce dernier, aveuglé par son appétit de richesse, lui demanda de pouvoir transformer en or tout ce qu’il touchait. Devenu incapable de manger ou de boire, Midas s’en retourna vers Dionysos pour être libéré de son vœu : pour ce faire, il devait se laver les mains dans les eaux du fleuve Pactole. Cette histoire de la mythologie grecque nous rappelle que la première richesse se trouve dans la satisfaction des besoins du quotidien, et non dans l’accumulation de biens tout précieux qu’ils paraissent. Dans notre mémoire collective, la monnaie dont nous nous servons est reliée à des métaux précieux, l’argent et l’or. Alors, quoi de plus naturel que d’accumuler cette monnaie, qui fera de nous des humains riches, ou prévoyants devant la peur de manquer. Dans les années -350 avant J.-C. déjà, Aristote dénonçait la chrématistique, entendue comme l’art de s’enrichir indéfiniment, avec pour but unique l’accumulation de la monnaie. Les accords de Bretton Woods, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, ont fait du dollar la seule monnaie échangeable contre de l’or, lui conférant ainsi une valeur de monnaie de réserve. Les États-Unis possédaient alors les deux tiers de la réserve mondiale d’or. En 1971, beaucoup de pays qui n’avaient plus confiance dans le dollar exigèrent d’être payés en or. La réserve de Fort Knox s’épuisant, les États-Unis, alors englués dans la guerre du Vietnam, décidèrent le 15 août de mettre fin à la convertibilité du dollar. Depuis cette date, la monnaie a perdu toute valeur matérielle réelle. La réalité d’aujourd’hui, bien différente, répond à trois principes. Les monnaies telles que l’euro sont structurellement en quantité inférieure aux besoins. De l’ordre de 8 à 15 fois moins. Le manque structurel doit être compensé par une monnaie de substitution, privée, la monnaie scripturale bancaire, sans pouvoir libératoire, n’étant qu’une promesse de monnaie centrale. Cette monnaie bancaire est émise en s’endettant auprès des banques qui font comme si elles nous prêtaient quelque chose qu’elles possèdent. Et comme il se doit, nous devons rembourser ces prêts avec des intérêts. Et ces intérêts nous appauvrissent, au profit de quelques-uns qui, eux, s’enrichissent. Ce phénomène est devenu visible et flagrant lors des dernières crises, et plus encore avec la crise sanitaire actuelle. Aujourd’hui, les dettes publiques sont tellement imposantes que les prêteurs ont besoin d’être rassurés quant aux remboursements. Ce qui implique des augmentations d’impôts et une baisse des services publics, devenus « trop chers ». Ce n’est pas que nous dépensons trop, c’est qu’il faut faire des économies pour donner le change aux prêteurs, et les rassurer sur notre capacité à rembourser. Les implications de cette dynamique sont diverses et nous conduisent directement vers des crises de plus en plus fortes. Les petits épargnants sont eux aussi inquiets quant à l’avenir, et préfèrent donc stocker leur argent en le plaçant sur des comptes rémunérateurs. On en arrive à une logique spécifique : faire travailler l’argent. Il est en effet devenu plus simple, pour s’enrichir, de faire travailler l’argent plutôt que des artisans et des ouvriers. La valeur travail humain est donc dévalorisée. Autre implication de cette logique, la monnaie se raréfie, il n’y en a plus assez pour faire fonctionner l’économie. C’est ce qui a motivé la création de monnaies locales complémentaires. LA MONNAIE LOCALE CONDUIT À DEVENIR DES CITOYENS PLUS RESPONSABLES Ces monnaies, que l’on ne peut thésauriser, permettent aux économies locales de fonctionner ; elles circulent comme un fluide qui viendrait en irriguer toutes les parties. Le particulier paye en monnaie locale un bien acheté à un commerçant ou à un artisan. Ces derniers doivent trouver pour l’écouler des fournisseurs locaux acceptant cette monnaie. Le circuit devant s’autoalimenter, si et seulement si une partie significative de la population d’un même territoire joue le jeu. La production de monnaie locale se décide à partir d’un choix démocratique. En effet, face à un besoin particulier qui réclame beaucoup de liquidité, créer de la monnaie peut se faire à condition que la communauté soit d’accord sur le projet de réalisation de ce besoin. Petit à petit, le surplus de monnaie va revenir à l’association qui la gère, et s’il n’y a plus de besoin, l’excédent sera détruit. Dit comme cela, les monnaies locales deviennent un outil de développement des économies sur un territoire donné. Toutes se dotent d’une charte et des meilleures intentions possibles. Il existe aujourd’hui environ 90 monnaies locales en France. Si cet article vous plait, pensez à faire un don. Le fonctionnement du site a un coût. Il n’y a pas de publicité. Vous avez un bouton « don » sur le côté. Merci de votre participation quel que soit le montant. (…) Pour lire l’article en entier REFLETS n°38 pages 10 à 11

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Equipe de rédaction Reflets 8 février 2021 Aucun commentaire
Equipe de rédaction Reflets

Nouvelles révélations sur l’agrochimie

Gilles-Éric Séralini, né en 1960 à Bône en Algérie, est un biologiste français, professeur de biologie moléculaire à l’université de Caen. Lanceur d’alerte, il est cofondateur, administrateur et membre du conseil scientifique du CRIIGEN (Comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique) et parrain de l’association Générations Cobayes. Il est mondialement connu comme expert indépendant, spécialiste des OGM et des pesticides associés. De 2011 à 2017 il a gagné sept procès contre les lobbys qui l’avaient diffamé. Il a reçu en 2015 le prix international du lanceur d’alerte et le prix Théo Colborn en 2016 pour la santé environnementale aux États-Unis. www.seralini.fr     Jérôme Douzelet est artisan cuisinier, et conférencier. Il est aussi administrateur du CRIIGEN. Soucieux de l’éthique et des produits naturels, il a découvert le goût des pesticides. G.E. Séralini et lui ont écrit ensemble Plaisirs cuisinés ou poisons cachés : Dialogue entre un chef et un scientifique, éd. Actes Sud, Le Goût des pesticides dans le vin, éd. Actes Sud. www.spark-vie.com www.lemasderivet.com Le professeur Gilles-Eric Séralini est un spécialiste des OGM et des pesticides associés, reconnu mondialement. Depuis des années, il étudie la toxicité de ces produits et en particulier celle du Roundup. Il découvre avec effarement les tricheries, mensonges et camouflages de la société Monsanto pour vendre ses produits. Dès 2012, il publie les conclusions dûment étayées de ses études : les produits Roundup et les OGM associés ont des effets délétères sur le foie et les reins. Ils contiennent nombre de produits toxiques. Sa révélation provoque une vague de contestation contre ces produits. Les photos des rats nourris aux OGM circulent partout dans le monde. La réaction de Monsanto ne s’est pas fait attendre. Toute leur stratégie va se concentrer non seulement à démolir la validité de l’étude, mais aussi à dénigrer son auteur, à payer des contre-études et faire pression sur les milieux universitaires, les éditeurs, les revues scientifiques. En 2017, la publication des « Monsanto papers » a révélé les pratiques malhonnêtes et frauduleuses de Monsanto et de ses affidés. Ceci à l’occasion des plaintes d’une centaine de milliers de personnes. Gilles-Eric Séralini, aidé de Jérôme Douzelet, a décortiqué la montagne de documents mis au jour. Tous deux ont analysé les techniques, les astuces des avocats, le lobbying auprès des politiques et des milieux scientifiques. Aujourd’hui ils publient leurs conclusions dans un livre : L’affaire Roundup à la lumière des Monsanto Papers. À la lumière de cette enquête passionnante, le constat est sans appel : la science, la politique, les institutions publiques sont dévoyées au profit de mastodontes d’une économie mondiale sans scrupule. Si cet article vous plait, pensez à faire un don. Le fonctionnement du site a un coût. Il n’y a pas de publicité. Vous avez un bouton « don » sur le côté. Merci de votre participation quel que soit le montant.   Pour lire l’article REFLETS n° 38 pages 19

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Equipe de rédaction Reflets 31 janvier 2021 Aucun commentaire
artemisia-annua
Equipe de rédaction Reflets

L’ARTEMESIA, un antiviral naturel

Connue en Occident sous le nom d’Artemisia annua, Qing Hao est une plante aromatique prescrite en Chine depuis plus de 2300 ans comme puissant remède contre le paludisme. La plupart des décès liés au paludisme, la maladie la plus mortelle de la planète, pourraient sans doute être évités si l’ensemble des personnes vivant dans les régions à risque consommaient quotidiennement de la tisane d’Artemisia annua. Elle a fait récemment l’actualité, car elle a été utilisée avec succès pour prévenir des attaques virales dans plusieurs pays africains, à Madagascar ou au Vietnam, ce qui a contribué à limiter dans ces pays les décès dus à la Covid-19. Au scandale de l’OMS et de l’industrie pharmaceutique. Son histoire vaut la peine d’être contée. Un remède né de la guerre du Vietnam La malaria provoque 450 000 morts par an, dont 90% sur le continent africain. Un enfant en meurt toutes les deux minutes. Pendant la guerre du Vietnam, elle frappe tous les soldats. Les militaires américains consomment de la chloroquine, médicament chimique dérivé de la quinine issue du quinquina, ou de la méfloquine ou lariam, qui cause de graves effets secondaires. Les soldats vietnamiens, eux, dépourvus de traitement, meurent en grand nombre. Ho chi Minh appelle à l’aide Mao Zedong qui lui fait parvenir des ravitaillements entiers de qing hao ou artemisia annua. Le remède fonctionne. Les soldats vietnamiens résistent à la malaria et remportent la guerre. Depuis, artemisia annua est intégrée à l’alimentation des Vietnamiens, en décoction, infusion, poudre, ou en légume.  Un programme chinois contre le paludisme En 1967, Mao Tsé Toung initie un programme secret de recherche sur le traitement du paludisme, afin d’isoler les molécules actives des plantes médicinales de la tradition chinoise, parmi lesquelles l’Artemisia annua. Responsable des recherches, le Dr Tu Youyou isole l’artémisinine qu’elle considère comme son principe actif le plus efficace. Elle recevra en 2015 le prix Nobel de médecine pour ses travaux. Présentée dans un congrès international sur la chimiothérapie du paludisme en 1981, l’artémisinine intéresse des firmes pharmaceutiques, qui en produisent alors des dérivés semi-synthétiques et commercialisent les premiers médicaments en 1986. Ces copies de synthèse se révéleront pourtant moins efficaces que les synergies du totum de la plante. En effet, l’artémisine naturelle est présente dans ses feuilles, tandis que les flavonoïdes type quercétine sont dans ses tiges ; d’où l’importance d’associer toutes ses parties pour faire la tisane, ou fabriquer la poudre plus efficace que la tisane. Un substitut à la chloroquine La chloroquine, jusque-là traitement privilégié contre la malaria, perdant de son efficacité au fil du temps, l’OMS recommande en 2004 l’utilisation de l’artémisinine en association avec d’autres molécules « classiques » (les ACT, ou Artemisinin Combined Therapy). Son succès fait vite croître la demande mondiale, avec son prix.  Dans ce contexte, un programme de plantation d’Artemisia annua est lancé à Madagascar, avec des résultats exceptionnels. 10 000 paysans y adhèrent, cette culture leur offrant un meilleur bénéfice que celle du riz. D’autres pays suivent : Cameroun, Sénégal, Pérou. Mais la production sert avant tout à la fabrication du médicament et est vendue à l’exportation. Méconnaissant son usage, les populations n’utilisent pas la plante elle-même pour se soigner. Des recherches empêchées systématiquement Un chimiste luxembourgeois à la retraite, Pierre Lutgen, va se passionner pour l’artemisia annua au sein d’une ONG qui accompagne des programmes de plantation en Afrique et en Amérique Latine, avec l’aide du Ministère luxembourgeois de la coopération. L’OMS et les industries pharmaceutiques interviennent rapidement pour mettre fin à ce financement et au programme. L’association La maison de l’artemisia, fondée par Lucile Cornet-Vernet, reprend le flambeau avec des recherches cliniques menées en France et au Congo par les docteurs Jérôme Munyang et Michel Idumbo, afin de comparer l’efficacité des infusions d’armoise au traitement classique du paludisme. Résultat : l’armoise guérit 99,5 % des crises de paludisme contre 79,5 % avec les médicaments antipaludéens. Avec cette spécificité qu’avec la tisane les parasites ont disparu alors qu’il en reste avec l’artémisinine. Ces études et leurs résultats sont étouffés à leur tour par Big Pharma. En 2016, le Dr Jérôme Munyang réalise une deuxième étude, en faisant boire de la tisane deux fois par jour, à titre préventif, aux 500 élèves de l’école de son village natal. La consommation en prévention de l’artemisia annua chinoise comme de l’artemisia afra pourtant dépourvue d’artémisinine, démontre une nette efficacité sur l’absentéisme des élèves, moins touchés par le paludisme.  Ces études de terrain en Afrique sont confirmées en laboratoire par le Worcester Polyclinic Institute au Massachusetts. Après y avoir étudié pendant des années l’artemisia annua, Pamela Weathers en conclut que la synergie du totum de la plante favorise l’assimilation de l’artémisinine par le corps, l’armoise annuelle contenant au moins une dizaine d’autres molécules actives contre les parasites.  400 principes actifs ont ainsi été identifiés dans cette précieuse plante.           Pour lire l’article en entier Reflets 38 pages 22 à 25

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Equipe de rédaction Reflets 19 janvier 2021 Aucun commentaire

Victime de la détresse d’un autre, Jean-Jacques Gérard

Victime de la détresse d’un autre   Jean-Jacques Gérard Le parcours de Jean-Jacques Gérard est celui d’un gamin des cités du 93 dans les années 50. Le parcours de Jean-Jacques Gérard est celui d’un gamin des cités du 93 dans les années 50. Avant la trentaine, il exerce une quinzaine de métiers, puis il crée des lieux d’accueil pour adolescents en grande détresse. Ensuite il exerce comme consultant psycho-éducatif auprès de professionnels de l’enfance en danger. Plus tard il devient psychanalyste et psycho-victimologue clinicien. Très engagé dans les sentiers des préventions des comportements violents, il est souvent consulté en vue d’un accompagnement psycho-victimologie clinique par des personnes ayant perdu un enfant ou encore victimes de viol et/ou d’inceste. Dans ces années, vers 1984, six mois après la mort de mon fils François, violé et tué par un jeune homme de 18 ans, je relançais mon projet d’accueil d’hébergement et de suivi d’adolescents dont les histoires étaient souvent semblables à celle de celui qui avait tué mon fils. Qu’avaient-ils tous en commun ? Une enfance piégée par les humiliations, les coups, les abus y compris sexuels. Certains furent pris par tous les bouts, tous les trous !! Leurs comportements étaient des signes criants de leur détresse, de leur souffrance psychique et affective !! Mais en face de ces signes : une grande absence d’écoute de la part de nous tous, y compris des professionnels prétendument à l’écoute. Ça crie, et on n’entend pas. Ce gâchis m’a touché de plein fouet et a exigé que je me rapproche d’abord de moi. C’est ce qui m’a permis de commencer à entendre les signes de mes propres souffrances d’enfant blessé, maltraité par une mère très perturbée. Les troubles et les perturbations que j’ai découverts chez les jeunes étaient semblables aux miens. Je n’ai pas fait non plus l’économie de la souffrance de celui qui survit malgré tout à la perte de son fils, et qui pendant un certain temps ne pourra pas s’autoriser le plaisir. Il y a ceux qui tuent, certes, et puis il y a ceux qui se tuent et tous ceux qui se pourrissent la vie. Depuis une dizaine d’années, je n’accueille plus les adolescents, mais de temps en temps j’ai de leurs nouvelles d’une façon ou d’une autre. Ainsi j’ai appris que Morad s’était pendu en prison, que Marc avait poignardé une marchande de pizzas, que Sylvain avait torturé un handicapé pour lui soutirer son code de carte. Et Mohamed, qui n’était pas un ado mais un enfant de 6 ans placé dans une pouponnière dont je suivais l’équipe en région parisienne, après avoir mangé les oreilles de son chat, a tué un bébé placé avec lui. Et Nathalie, aujourd’hui, fait le tapin. Lisez bien ces paroles : « Je ne sais pas ce qui m’a pris… ça a été plus fort que moi. » Lisez bien ces paroles : « Je ne sais pas ce qui m’a pris… ça a été plus fort que moi. » Ces paroles, nous tous, nous les avons prononcées des dizaines, voire des centaines de fois dans notre vie. Rappelez-vous, et revivez ce sentiment : « Je ne sais pas ce qui m’a pris, ça a été plus fort que moi. » Ces paroles vous rappellent que vous n’êtes pas maîtres de tous vos comportements, pensées, désirs, ou pulsions, qu’on soit auteur d’agression, ou non. Si n’importe lequel d’entre nous peut à la fois reconnaître un acte qu’il a commis sans savoir ce qui lui a pris, alors l’usage du mot « responsabilité » n’a aucun sens. Je vous laisse mesurer les conséquences de ce que je viens de dire, car le plus souvent il ne s’agit pas de responsabilité ni de « folie ». C’est aussi à cela que le judiciaire tôt ou tard devra s’atteler. La psychiatrie et ses experts s’appuient sur des modèles de l’esprit humain issus d’une morale où tout serait conscient et sous contrôle. Mes expériences professionnelles et personnelles sur le terrain de la psychologie m’ont amené à mettre en lumière ce qui était enfoui. Ils m’ont révélé qu’être humain, c’est être vulnérable et par là même assujetti aux souffrances. (…) Pour lire l’article en entier REFLETS n° 38 pages 20 à 21

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Jean-Jacques Gérard 12 janvier 2021 Aucun commentaire
Equipe de rédaction Reflets

Souvenirs de Swami Prajnanpad

Colette Roumanoff nous accueille chaleureusement dans sa maison de campagne avignonnaise pour partager sur Swami Prajnanpad dont elle fut l’une des neuf disciples français. Daniel, son mari, le découvre en Inde en 1959. Colette suit la trace de son mari, les mots de Swami ne la quitteront plus. La Grandeur de l’Homme, livre paru en juin 2020 nous plonge dans l’authenticité des paroles de Swami. La vie artistique de Colette Roumanoff est riche, entre la direction de sa troupe de théâtre et l’écriture. Pendant dix ans, elle accompagne son mari atteint de la maladie d’Alzheimer. Cette expérience au quotidien l’amène à réfléchir sur cette maladie, en y posant un regard neuf et unique. Ainsi, elle écrit et témoigne pour aider les êtres à mieux vivre avec la maladie. Des ateliers de théâtre pour aidants et soignants, qu’elle anime avec beaucoup de bonheur depuis une dizaine d’années, complètent son action.  Qu’est-ce qui vous a attirés vers l’Inde, vous et votre mari Daniel ? En 1959, Daniel est parti en Inde en autostop, là où personne n’allait encore, en quête d’un maître de yoga. Il avait commencé cette activité à Paris et en était passionné. Il rencontre alors Swami Prajnanpad .  Nous nous marions en 1965, et pour essayer de mieux le comprendre – je n’aimais pas le voir méditer –, je décide de l’accompagner en Inde en 1967. Je portais en moi une question depuis l’âge de 7 ans et j’avais l’impression que je comprendrais beaucoup de choses si j’obtenais la réponse. Je l’ai posée à Swami et en deux secondes je suis devenue disciple à vie. Il a répondu par une autre question et j’ai trouvé en moi une réponse étonnante. C’est cette expérience bouleversante, racontée dans le livre Les Yeux de l’orpheline  qui a changé ma vie. Je voulais comprendre mon comportement et là, tout s’est éclairé, la question avait disparu. Je n’ai eu cesse ensuite d’approfondir mes connaissances à cette école de la Vie. Après des séjours réguliers à partir de 1967, Swami, très malade, vient en 1973 passer quatre mois dans notre famille. Il ne donne plus d’entretiens mais m’accorde le privilège d’une rencontre dix minutes par jour. De quelle manière enseignait-il ? Il disait qu’il n’avait ni enseignement, ni disciples. Il m’a amenée à plonger dans les yeux de la petite fille que j’étais dix-neuf ans plus tôt, dans ceux de l’orpheline. Pourtant avec deux parents, je vois que c’est moi l’orpheline. Expérience tellement bouleversante. Sans aucun doute, la réponse vient de l’intérieur, c’est concret et réel, en contact avec la Vie. Swami répondait par lettres, dont certaines ont pu être publiées. Des entretiens ont également été enregistrés. Ce corpus de paroles de Swami a permis à Daniel de faire une thèse de doctorat, des présentations, des ouvrages. Arnaud Desjardins a fait connaître largement cet « enseignement » en France et au Canada. Quelle influence votre vécu auprès de Swami a-t-il eu dans votre vie quotidienne ? Tout est changé. Les difficultés qui surviennent ne sont plus prises ni regardées de la même manière. C’est tout un mode de vie. Swami est mort en 1974 mais il est toujours présent. Il a semé des graines, certaines comprises plus tard. La maladie d’Alzheimer de Daniel a eu un effet transformateur sur moi. J’ai réalisé que l’autre est différent de moi. « Aimer, c’est comprendre et sentir que l’autre est différent. »  C’est très important de réfléchir, non pas dans l’affectif, mais en regardant les choses telles qu’elles sont. Les paroles de Swami ne sont pas solubles dans la Bhakti, la dévotion ou la prière. Qu’est-ce que je veux, moi, concrètement dans la vie réelle aujourd’hui ? C’est à moi de me prendre en charge. C’est ma responsabilité. Livres… Alzheimer Accompagner ceux qu’on aime (et les autres), éd. Librio   Le Bonheur plus fort que l’oubli, éd. Michel Lafon Ateliers théâtre… Les dates des ateliers pour aidants et soignants Alzheimer sont disponibles sur  www.bienvivreavecalzheimer.com  Sites et blogs… www.svami-Prajnanpad.org www.theatre.roumanoff.com  www.laconfusionite.com   www.bienvivreavecalzheimer.com   Pour lire l’article en entier Reflets 38 pages 72 à 74

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Equipe de rédaction Reflets 6 janvier 2021 Aucun commentaire
Françoise

Une force intérieure lumineuse et inspirante, Jacqueline Kelen

  Jacqueline Kelen Une force intérieure lumineuse et inspirante Jacqueline Kelen est diplômée de lettres classiques. Pendant vingt ans elle a été productrice d’émissions à France Culture. Elle a publié une cinquantaine de livres consacrés au déchiffrement des grands mythes, aux figures et aux richesses de la vie intérieure. Elle vient de recevoir le prix de la liberté intérieure 2020 pour le livre Histoire de celui qui dépensa tout et ne perdit rien, éd. du Cerf. Qu’est-ce que la foi ? C’est un élan, une ferveur, un levain qui oriente et soutient tout une existence, qui donne envie de lutter et de témoigner. Il ne s’agit pas d’un caprice passager, d’une émotion ni d’un sentiment, mais de l’adhésion de l’être entier à ce qu’il ressent comme une certitude, une belle certitude et un bien assuré. La plupart du temps, le terme de foi, relié à la sphère religieuse, se confond plus ou moins avec une pratique dévotionnelle. Mais, sur le plan terrestre, la foi peut s’exprimer en un parti politique, une association humanitaire, un changement favorable des mentalités. De nos jours, on parle surtout de la foi en l’homme, en ses capacités, en ses inventions et même en sa supériorité qui efface la transcendance divine. C’est alors que, sans l’exercice de l’esprit critique, ce type de foi risque fort de devenir une idéologie imposée à tous, interdisant la richesse et la diversité de la pensée et des comportements humains. Dans le domaine philosophique et spirituel, avoir foi en quelqu’un ou en quelque chose relève à la fois de l’espérance et de l’expérience. Ainsi, Socrate condamné à mort injustement en l’an 399 avant J.-C. dialogue en prison avec quelques amis et affirme l’immortalité de l’âme. Après sa mort, dit-il, il connaîtra un séjour bienheureux auprès des dieux. « J’ai bon espoir », répète-t-il. Car il ne s’agit pas d’une certitude rationnelle et démontrable, mais d’une évidence intérieure, d’un pressentiment radieux. Si cet article vous plait, pensez à faire un don. Le fonctionnement du site a un coût. Il n’y a pas de publicité. Vous avez un bouton « don » sur le côté. Merci de votre participation quel que soit le montant Dans le domaine de la religion, la foi se distingue de la croyance en ce qu’elle est solide Dans le domaine de la religion, la foi se distingue de la croyance en ce qu’elle est solide, puissante, claire, non fluctuante, et non imposée de l’extérieur (doctrine ou enseignement). La foi est affirmation vigoureuse et joyeuse, contenue dans le mot « Amen » qui termine une prière et qui signifie : il en est ainsi, je l’atteste ; et non pas un souhait : puisse-t-il en être ainsi ! L’apôtre Paul a défini la foi chrétienne dans son Épître aux Hébreux : « La foi est la garantie des biens que l’on espère, la preuve des réalités que l’on ne voit pas. » (He11,1). Autant dire que la foi des chrétiens est tournée vers l’invisible et la vie éternelle et qu’elle se fonde sur l’existence et la parole de Dieu, un Dieu d’amour. C’est au nom de leur foi que, à travers les siècles, des hommes et des femmes ont affronté menaces et persécutions et ont donné leur vie « pour l’honneur de Dieu », « pour l’amour du Christ ». On les appelle des martyrs, c’est-à-dire des témoins. Le terme latin fides, d’où vient le mot français « foi », a donné également le mot « fidélité ». La foi véritable requiert constance et persévérance, fermeté d’âme en toutes circonstances. Ainsi, les obstacles à la foi se nomment rationalisme, doute, scepticisme, mais aussi peur, faiblesse et lâcheté. On croit que la foi spirituelle est un remède aux maux et difficultés de l’existence On croit que la foi spirituelle est un remède aux maux et difficultés de l’existence, voire qu’elle met à l’abri de tout danger, qu’elle est une parade au malheur. En réalité, la foi a besoin d’être éprouvée profondément, dans les deux sens du terme : elle doit être ressentie de manière irréfutable, inoubliable, et aussi elle doit être mise à l’épreuve, comme au creuset, afin de montrer qu’elle n’est pas illusion, comportement conforme, facilité et agrément. C’est toute l’histoire de Job : cet homme juste mettra-t-il encore sa foi en Dieu alors que toutes les calamités se sont abattues sur lui ? Il paraît étrange de déclarer que l’on « a » la foi, ou que l’on « a perdu » la foi Il paraît étrange de déclarer que l’on « a » la foi, ou que l’on « a perdu » la foi, puisque la foi n’est pas un objet que l’on possède, mais une force intérieure lumineuse et inspirante qui rend vivant, fait tenir debout et avancer. Les personnes qui, à la suite par exemple de la mort d’un proche ou d’une grave maladie, disent « avoir perdu la foi », en réalité ne l’ont jamais vraiment expérimentée puisque la foi est justement ce qui permet de résister à tout, ce qui permet de traverser et de surmonter la plus grande douleur. (Je ne parle pas ici de la « nuit de l’esprit », où Dieu s’absente, épreuve capitale décrite par Jean de la Croix et vécue par de grands mystiques, tels que Thérèse de Lisieux et Padre Pio). La foi demande à être sans cesse éclairée et fortifiée par l’intelligence et par la connaissance. L’étude, la réflexion, le recueillement silencieux sont des apports majeurs. Pour le christianisme, la vertu théologale de la foi résonne avec la vertu cardinale de la force – qui réunit courage, audace, patience et résistance. Pour lire l’article en entier REFLETS n°38 pages 62 à 64

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Françoise 30 décembre 2020 Aucun commentaire
Equipe de rédaction Reflets

LA FOI EST UNE GRACE QUI SE REÇOIT

                            Denis Marquet Normalien de formation, Denis Marquet est philosophe, écrivain et conférencier. Il accompagne des personnes en recherche dans des groupes de Voie christique. Ses derniers livres interrogent la philosophie du Christ, avec un roman, Le Testament du Roc, et deux essais, Osez désirer tout et Aimez à l’infini. https://www.denismarquet.net/lettre-dinformation/  Qu’est-ce que la foi ? La foi est une attitude existentielle qui consiste à se laisser guider par le mystère, c’est-à-dire par une transcendance, par l’inconnu. La foi ne relève donc pas de la croyance. Au contraire, si j’associe à mes croyances une forte certitude, je prétends posséder le mystère et je me ferme à l’inconnu. La foi est un abandon intérieur à ce qui nous dépasse, elle implique de lâcher ses certitudes. Dans l’expérience de la foi, on est en dialogue avec le mystère, lequel ne répond pas forcément comme on s’y attend, et souvent nous travaille par rapport à nos convictions. Sur un chemin de foi, on apprend à perdre ses certitudes. Cela ne signifie pas qu’on ne va pas se situer dans un horizon de sens. Par exemple, l’horizon de sens des églises chrétiennes tel qu’il a été créé dans le premier millénaire et qui définit de façon dogmatique la foi chrétienne est conçu pour préserver le mystère. Les dogmes chrétiens se sont créés contre des interprètes qui voulaient des certitudes rationnelles : par exemple, Jésus est soit Dieu, soit homme, mais il n’est pas rationnel de dire qu’il est les deux. Or, le mystère de Jésus, c’est justement d’être les deux. Et cela dépasse la rationalité. La foi, c’est se laisser guider par cette dimension qui dépasse notre petit mental, armé de sa sacro-sainte rationalité. L’Église, en affirmant (autoritairement certes, d’où les dogmes) que Jésus est à la fois Dieu et homme, ouvre un immense mystère, qui est en même temps le mystère de ma propre nature. Si Jésus est Dieu et homme, cela ne signifie-t-il pas que moi-même, être humain, je suis aussi de nature divine ? Ce que Jésus confirme en affirmant « Vous êtes des dieux » au chapitre 10 de l’Évangile de Jean.  Quand on a la foi, on est perpétuellement en lien avec quelque chose qui nous dépasse et nous incite à nous dépasser Quand on a la foi, on est perpétuellement en lien avec quelque chose qui nous dépasse et nous incite à nous dépasser. Si, comme Jésus, ma nature est divine, ma condition humaine doit être dépassée ! Cela incite, paradoxalement, à une grande humilité. Ce mystère, qui me dépasse et m’appelle à me dépasser, est tellement plus grand que moi. C’est par l’humilité que la foi unit. Quand deux êtres de foi authentique, mais de tradition différente, se rencontrent, ils sont unis par l’humilité qui consiste à se sentir minuscules par rapport au mystère qui les guide. Inversement, ceux qui confondent foi et certitude sont dans l’orgueil de croire posséder la vérité. C’est ce qui engendre les conflits religieux. Si cet article vous plait, pensez à faire un don. Le fonctionnement du site a un coût. Il n’y a pas de publicité. Vous avez un bouton « don » sur le côté. Merci de votre participation quel que soit le montant Peut-on augmenter sa foi et comment ? Si la foi consiste à se laisser guider par quelque chose qui nous dépasse, cela signifie qu’une de ses dimensions essentielles sera de renoncer à être l’origine de soi-même pour laisser cette place d’origine à ce mystère — qu’on peut appeler Dieu si on veut, à condition de ne jamais perdre sa dimension de mystère. Si j’ai la foi, je suis de moins en moins à l’origine des choses, car c’est Dieu qui est la Source de mes pensées, de mes paroles, de mes actes. Donc, puis-je augmenter ma foi ? Je crois que non. Dieu peut-il augmenter ma foi ? Oui. La foi est une grâce. Les religions proscrivent, en général, les conversions forcées. La foi ne se commande pas — ni aux autres ni à soi-même. Mais si la foi ne se commande pas, elle se reçoit ; et la réceptivité se commande. Je ne suis pas maître de ma foi, mais je suis libre de ma réceptivité. Je peux décider de passer d’une volonté d’être l’auteur de ma vie et l’origine de mes actes à une disponibilité à recevoir de cette Source qui est mystère. Plus j’augmente ma réceptivité, plus je peux recevoir la foi, plus ma foi peut augmenter.   Pour lire l’article en entier, REFLETS n° 38 pages 36  à 38

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Equipe de rédaction Reflets 19 décembre 2020 Aucun commentaire
L’incroyable expédition à Huntsville
Anita

L’incroyable expédition à Huntsville

Céline Thomi est présidente de l’association suisse Les Roses Rouges Sur le Bitume depuis sa création en avril 2018. Elle est engagée dans l’école Artas depuis dix ans. Mariée et maman de deux enfants, elle travaille comme formatrice en entreprise, spécialisée en gestion, management et développement personnel.  Quarante Français en route pour la prison de Wynne Unit Ce voyage à Huntsville au Texas est un rêve, une idée folle partagée par Roger McGowen à son vieil ami Bernard Montaud. L’an passé, lorsque Bernard demande à Roger ce dont il rêve pour la suite de ses actions au sein de la prison, il annonce en contemplant la salle des visites : « Que dans un an cette salle soit remplie de Français ! »  Mais qui aurait pu imaginer que quarante personnes allaient parcourir 9 000 km pour aller à Huntsville, destination touristique pas très à la mode ? Qui aurait parié qu’un groupe de Français, âgés de vingt à quatre-vingts ans, aurait affronté vingt-quatre heures de voyage pour aller s’asseoir au parloir d’une prison texane ? Quelle logique aurait pu affirmer que des hommes et des femmes, pas toujours habiles avec la langue anglaise, s’engageraient à effectuer trois visites de quatre heures chacune ? Il y a fort à parier que c’est la somme de tous les impossibles que nous avons dépassés qui ont fait de ce voyage une expérience si particulière. Première rencontre… Comment vous raconter cette aventure sans commencer par les visites ? Après avoir franchi la distance physique nous séparant de nos correspondants, un tout autre obstacle nous attend. Arrivés à Huntsville jeudi très tard dans la nuit, épuisés par douze heures de retard, le ciel avait jugé bon de tester notre motivation à entreprendre ce voyage ! Dès le vendredi matin, nous sommes saturés de questions, pétrifiés par nos craintes. Les premières visites auront lieu le lendemain matin. Allons-nous nous comprendre ? Qu’allons-nous partager durant quatre heures ? Comment ne pas passer à côté de cette rencontre que nous avons tellement espérée ? Mais surtout comment se retrouver face à un voleur, un dealer, un assassin, sans peur ni jugement ? À force d’interrogations surgissent des réponses. Tenter la rencontre avec un prisonnier, c’est en premier lieu identifier le rempart qui nous empêche de percevoir l’autre et la beauté de son être. Ce mur sera propre à chacun de nous, taillé sur mesure par nos projections personnelles. Ah, si vous nous aviez vus ! Apeurés par les contrôles de sécurité et la virulence des gardiens, inquiets de l’expérience qui nous attend, nous menons une guerre secrète dans nos poitrines pour fissurer le mur qui nous maintiendrait dans une douloureuse distance. Et allez savoir pourquoi, nous nous retrouvons peu à peu plongés dans une prison de  « bisounours ». Une chaleur imprègne nos échanges avec les gardiens de la prison. Le directeur passe auprès de nous pour nous guider, nous qui avons l’air si perdus. Nous arrivons les uns après les autres auprès de notre correspondant dans la grande salle des visites. Très rapidement, il est difficile de nous entendre dans cette pièce à présent pleine à craquer. Mais nos regards et notre présence suffisent pour que nos cœurs emplis de tolérance et de miséricorde soient en fête. Ce moment n’est que le premier pas dans un séjour qui nous conduira vers des niveaux de rencontres de plus en plus intenses. L’importance des familles des détenus Le lendemain, un grand rassemblement avec les familles des détenus est organisé. Nous pouvons compter sur le soutien de Veronica Rodrigues Rojas, la sœur de l’un de nos correspondants, entourée de sa famille et de ses amis, ainsi que celui du pasteur Lonnie et du prêtre de la ville. Après avoir rencontré nos amis en prison, il nous faut à présent témoigner à leurs pères, mères, conjoints et enfants présents autour de nous l’importance qu’ils ont dans nos vies. Comme un remède à la honte que ressentent ces familles à cause de l’incarcération de l’un des leurs, comme une main tendue pour que la première des réinsertions soit possible : retourner dans le monde libre auprès d’une famille qui ne vous aura pas définitivement tourné le dos. À cette occasion, Roger nous adresse un message grâce à un enregistrement audio : « Vous représentez le futur, ce qui signifie sortir de sa zone de confort pour participer aux changements qui vont remodeler la façon dont le monde voit et perçoit les prisons et les prisonniers. […] Il est incontestable qu’une personne ne peut se résumer au pire crime qu’elle a commis. C’est ici que vous intervenez avec ce que vous faites, et avez déjà fait et continuerez à faire : donner à ces hommes l’espoir, la dignité et l’estime de soi. […] Merci à tous les membres des familles qui sont venus. Vous êtes les plus importants de nous tous. C’est vers vous dans ce monde que ces hommes reviendront, et vous êtes en première ligne dans cette guerre. […] Après cette rencontre, vous ne serez plus jamais seuls ! Nous sommes une famille maintenant. » Le nouveau se crée, ici, maintenant : des repas mensuels entre les proches des prisonniers se mettent en place au Texas. Cette journée marque un tournant dans nos actions au sein de l’association Les Roses Rouges Sur le Bitume. Et ce n’est qu’un début. Nous sentons qu’une croissance majeure est en route pour la mission de Roger. Pour lire l’article en entier, REFLETS n° 36 pages 58  à 63

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Anita 24 septembre 2020 Aucun commentaire
Les Roses Rouges Sur le Bitume
Anita

Les Roses Rouges Sur le Bitume

Une association pour soutenir la tâche de Roger McGowen Quatre personnes ont donné naissance à cette association : Roger McGowen, Ronald Radford, Sanjy Ramboatiana et Bernard Montaud, d’où les quatre initiales de son nom : RRSB. Mais ce sont aussi les initiales de son nom complet : Les Roses Rouges Sur le Bitume, pour évoquer la délicatesse des actions de Roger, à travers les roses, et la dureté des conditions de vie en prison, à l’image du bitume. Composée essentiellement de jeunes, l’association organise tout au long de l’année des activités dans différents groupes afin de récolter des fonds, envoyés ensuite à Roger pour l’aider dans ses actions au sein de la prison. Des soirées utiles… Ainsi, différentes soirées sont organisées : les soirées ludiques au cours desquelles des jeux variés sont proposés aux participants comme le poker, la pétanque, etc. en échange d’une contribution financière; les soirées concert : chaque été, Ronald Radford, guitariste, organise une tournée de concerts, dont les recettes sont intégralement reversées à l’association. C’est une manière de faire connaître Roger et RRSB, tout en passant un bon moment grâce au son de la guitare de Ron. Olé ! les soirées projection du film Roger McGowen, condamné à mort #889, réalisé par Nicolas Pallay (voir encadré). Ces soirées peuvent être publiques ou privées. Des ventes… En plus de ces soirées, l’association organise des ventes : les cartes postales : certains membres de l’association créent des cartes reprenant des phrases ou citations de Roger issues de ses correspondances. Elles sont en vente sur le site de RRSB ; les friperies et brocantes solidaires : objets et vêtements devenus inutiles sont vendus et les recettes reversées à l’association. C’est une manière d’aider Roger et les prisonniers de Huntsville, tout en donnant une nouvelle vie aux objets et vêtements. Toutes ces actions pour financer cinq programmes L’argent récolté grâce à ces actions en plus de dons directs également possibles permettent d’assurer la pérennité de cinq programmes actuellement en cours dans la prison de Huntsville : la correspondance et le financement des timbres ; les « B-Days » ; les tables d’hygiène ; le programme senior qui touche environ quarante prisonniers ; le soutien financier à une cinquantaine de détenus. RRSB : un soutien total Du soutien financier au soutien affectif  et au sommet : le soutien spirituel Le soutien de l’association va bien au-delà d’une simple aide financière, même si celle-ci est indispensable. Le groupe de jeunes adultes autour des quatre fondateurs est engagé à fond. Ainsi ils sont nourris. Roger rappelle avec malice cette sentence de sa grand-mère : « Tu ne peux toucher ton cœur mais le cœur peut te toucher. » Ainsi, quelle que soit la distance entre l’Europe et l’Amérique, quel que soit l’enfermement dans une prison ou confinés pour cause de Covid-19, l’amour fait le lien. Se laissant toucher, aucun ne reste seul. L’association se tient à votre disposition pour tout renseignement complémentaire : par courrier : 23 rue Alphonse de Lamartine, 01480 Beauregard, France ; par mail : info@rogermcgowen-rrsb.org ; par le site : https://www.rogermcgowen-rrsb.org REFLETS n° 36 pages 48 et 49

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Anita 14 septembre 2020 Aucun commentaire
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