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Extrait d’article

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Compléments Revue Reflets

Extrait d’article

Compléments Revue Reflets

Extrait d’article
L’homme robotisé
Françoise

L’homme robotisé, Jean Staune

L’homme robotisé Jean Staune Philosophe des sciences, diplômé en économie, management, philosophie, mathématiques, informatique et paléontologie, Jean Staune est l’auteur du best-seller Notre existence a-t-elle un sens ? , éd. Presses de la renaissance (2007). Jean Staune est également le fondateur de l’Université interdisciplinaire de Paris, organisant des colloques sur différents thèmes scientifiques et sociétaux. www.jeanstaune.fr Il semble que nous soyons à un moment où le futur peut basculer. Ou bien les machines resteront au service de l’humain et on sera capable de maîtriser le processus. Ou alors les machines asserviront l’homme. Les technosciences ne nous entraînent-elles pas dans un non-choix ? C’est une question très complexe. Premier angle d’approche : même si un robot n’est pas capable d’avoir des sentiments pour l’homme, nous lui prêterons des sentiments envers nous. Le jour où les robots passeront le test de Turing, – c’est-à-dire la capacité de discuter avec un être humain comme un être humain -, les personnes seules, isolées, âgées, malades en particulier adopteront les robots de compagnie. Un film très intéressant et redoutable aborde ce sujet : Her, – « Elle » en anglais -, où l’acteur tombe follement amoureux de l’intelligence artificielle qui est dans son téléphone portable parce qu’elle est faite pour simuler une femme amoureuse. Comme dirait mon ami André Comte-Sponville, l’amour, c’est faire des concessions, accepter que l’autre ne soit que ce qu’il est et non pas ce qu’on voudrait qu’il soit. Donc, si vous avez des compagnons robots capables d’être réglables pour être exactement comme vous voulez, finalement, vous allez les préférer aux êtres humains. Au début, on aura des compagnons robots qui vont simuler un amour pour nous, donc nous allons nous habituer à ce genre de comportement, nous serons très contents. Nous allons attendre des êtres humains qu’ils se comportent comme des robots. Le risque est non seulement de préférer vivre avec des robots, mais de robotiser en quelque sorte l’être humain. La deuxième réponse, c’est effectivement la question ultime sur le thème de l’intelligence artificielle (I.A.). Y aura-t-il un robot qui imitera parfaitement l’être humain ? Je reconnaîtrai au robot la qualité d’être un être humain le jour où il pourra tuer pour survivre sans être programmé pour cela et même en étant programmé pour l’inverse (Cf. 2001, l’Odyssée de l’espace par exemple).Un robot va-t-il simuler l’existence comme un être humain ou bien vat- il vraiment exister ? C’est-à-dire : aura-t-il des sentiments, de la colère, de la haine, de la peur ou simulera-t-il ces émotions ? Nous pensons que les robots ne pourront que simuler, mais nous pouvons nous tromper. Si nous nous trompons, cela signifie qu’un robot pourra être l’équivalent d’un être humain. Par exemple, un être humain est prêt à tuer pour survivre, pour éviter d’être tué. Donc, pour éviter d’être débranché, – être tué dans son langage à lui -, le robot pourrait éventuellement se mettre à tuer des êtres humains. Si un robot est capable de faire cela, nous pouvons plonger dans un monde à la Matrix ou à la Terminator, c’est-à-dire un monde de science-fiction. En résumé, même si le robot ne peut pas être totalement l’équivalent d’un être humain, le premier grand risque, c’est que nous nous robotisions nous-mêmes par le contact avec les robots autour de nous, que nous robotisions nos mœurs et nos comportements. Le deuxième risque, si les robots peuvent imiter totalement un être humain, c’est que dans ce cas-là ils prennent effectivement le contrôle de l’espèce humaine, voire l’éliminent par volonté de ne pas être soumis au risque d’être débranchés par les hommes. C’est une question ouverte et pragmatique à laquelle nous n’avons pas de réponse aujourd’hui. Aujourd’hui, cette technologie vers laquelle nous allons se fait-elle sans nous ou y a-t-il un débat citoyen qui peut choisir cet avenir ? J’ai l’impression que le GAFA en décide sans vrai débat démocratique. Qu’en pensez-vous ? C’est tout à fait un risque, dans le sens où les institutions et les états sont très en retard pour la prise en compte de la situation. Évidemment, il y a des géants de la Silicon Valley, à commencer par Google, qui sont totalement pour le transhumanisme et qui financent ce genre de recherche. En revanche, Bill Gates est contre. Effectivement, le débat citoyen et les états ont du retard. Le vrai problème est : peut-on arrêter le progrès ? Les décideurs disent que si on ne développe pas l’intelligence artificielle, ce sont les Russes ou les Chinois qui vont la développer. C’est le même mécanisme que pour la bombe nucléaire. Oppenheimer et d’autres ont dit : « Stop, cela serait trop dangereux ! » Et la réponse des dirigeants américains fut : « Vous êtes de mauvais citoyens ; si on ne fait pas la bombe H, les Russes la feront. » À mon avis, il en sera de même avec l’intelligence artificielle. Cela veut dire qu’on ne peut pas espérer avoir un contrôle citoyen sur ce genre de chose, comme sur l’arme nucléaire. Le schéma est identique. Donc, c’est en train de se faire, cela se fera, c’est inévitable. Quand elle va naître, l’intelligence artificielle sera en prison dans un ordinateur, soit de la GAFA, soit de la DARPA, l’agence des projets américains. Donc, elle sera prisonnière, c’est-à-dire qu’elle n’aura pas accès au net. Elle dira à ses gardiens : « Si vous me donnez un accès au net, je vais vous faire des choses incroyables. Je vais guérir le cancer, le sida. » Ils vont craquer et lui donner accès au net. Le jour où l’I.A. aura accès au net, elle mettra des copies d’elle-même partout sur le net et elle sera irrattrapable. À partir de ce moment-là, que se passera-t-il ? Elle prendra le contrôle de la planète en quelques heures. L’intelligence artificielle agit en permanence, elle ne dort pas la nuit. Très vite, elle sera des milliers de fois supérieure à nous. (…) Pour lire l’article en entier, Reflets n° 22 pages 44 à 46 *****

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Françoise 26 avril 2017 Aucun commentaire
Pokémon
Françoise

Pokémon, vos données en jeu

Pokémon, vos données en jeu Cynthia Schumacher Pokémon Go est un jeu mobile en réalité augmentée dans lequel vous endossez le costume de dresseur de Pokémon et partez en quête de ces drôles de créatures à travers le monde. Le joueur dirige un avatar, dont il peut personnaliser l’apparence et la tenue à la création de son compte, sur une carte utilisant la géolocalisation du joueur. Celui-ci doit ainsi se déplacer avec son téléphone portable pour se déplacer dans le jeu. Le joueur peut observer à une certaine distance les environs, ce qui permet d’afficher les différents éléments du jeu à portée : Pokémon, PokéStops et arènes. Il peut ainsi parcourir les villes, capturer des Pokémon ou encore combattre dans des « arènes ». Disponible depuis juillet 2016 sur les plateformes iOS et Android, Pokémon Go est devenu rapidement un phénomène de société. Une frontière de plus en plus mince entre le concret et le virtuel Avant Pokémon Go, tous les jeux qui ont pu connaître un certain engouement (tels que Word of Warcraft) étaient sur console ou sur ordinateur. Effectivement, le joueur passait beaucoup de temps devant sa console aux dépens de ses activités physiques. Mais cette obligation d’être devant sa console permettait indirectement au joueur de distinguer son monde virtuel de son monde réel. Un utilisateur ne pouvait pas jouer au travail, dans la rue ou pendant ses déplacements. De cette façon, l’envahissement de sa vie réelle par sa vie virtuelle était limité. Aujourd’hui, avec Pokémon Go, cette frontière n’existe plus. Le joueur doit concilier sa vie réelle (travail, sorties, études) et sa vie virtuelle. Les moments où il peut jouer sont ceux où il est en mouvement. À chaque fois qu’il sort, il est tenté d’ouvrir son téléphone pour « scanner » la zone. Pokémon Go empiète sur le temps qui est consacré à sa vie sociale, à son travail ou à son couple. Le joueur est physiquement présent dans le concret, mais psychologiquement absent. Plusieurs joueurs peuvent se retrouver au même endroit dans « une arène » dans le jeu, afin de se défier virtuellement, et ne pas se parler. « Pour ma part, je n’ai jamais été aussi motivé pour me promener : j’accompagnais mes collègues pour aller fumer (je ne fume pas). Un jour, je me suis promené avec ma compagne jusqu’à une ambassade pour rejoindre un « pokéshop » à cet emplacement. J’étais obnubilé par mon téléphone et ne me préoccupais pas de savoir si ma copine s’ennuyait lors de nos balades ! » Ce jeu a des répercussions sur la vie concrète du joueur. Par exemple, le site imgur.com a eu un énorme succès avec la photo de : « Jonathan chassant un pokémon sur le lit d’hôpital de sa femme en train d’accoucher. » De plus en plus de personnes sont motivées pour sortir les poubelles ou pour aller acheter des croissants le dimanche matin, toute action réelle s’expliquant par une raison virtuelle. Des dangers physiques sont vite apparus. Même la gendarmerie du Tennessee aux USA a émis des recommandations : « Conseils pour les dresseurs Pokémon : Conducteurs, ne jouez pas à Pokémon Go ! Piétons, redoublez d’attention ! » a-t-elle tweeté. En effet, dans le monde entier, les accidents s’accumulent. Un risque qui guette tout internaute est l’addiction inhérente au jeu. Selon les chiffres de SimilarWeb, 60 % des personnes ayant installé Pokémon Go l’utilisent régulièrement, ce qui laisse moins de temps pour les activités sociales et sportives. Mais le plus impacté est le temps pour se poser : rêver, méditer, contempler. « Un vendredi soir, alors que je n’avais rien à faire, j’ai regretté le fait de ne pas pouvoir y jouer dans mon canapé comme c’était le cas avec les jeux sur console. Je souhaitais rejoindre une arène pour faire combattre mes Pokémon et ça tombait plutôt bien puisqu’une arène se trouvait à 20 mètres de chez moi. Mais ces quelques mètres m’empêchaient d’accéder à l’arène. Je me suis donc rhabillé pour rejoindre l’arène qui se trouvait dans la rue. Il était une heure du matin. Cette action que je trouvais totalement absurde m’a poussé à supprimer l’application. Mais combien de joueurs mineurs verrons-nous dans la rue à des heures tardives ? D’autant plus que certains Pokémon n’apparaissent que la nuit. » À qui profite le jeu ? Si c’est gratuit, c’est vous le produit ! (adage de l’économie numérique) « Un jeu vidéo qui a demandé des millions d’euros d’investissement doit forcément à un moment ou à un autre rapporter de l’argent à ses éditeurs » affirme Geoffrey Delcroix dans LINC2 Pokémon Go est l’aboutissement d’un long cheminement. Niantic était, à l’origine, une filiale interne de Google. En août 2015, elle devient une entreprise indépendante dans laquelle Nintendo et Google investissent quelques mois plus tard. Son fondateur, John Hanke, a créé, en 2000, l’entreprise Keyhole, rachetée quatre ans plus tard par le géant du Web, pour servir de base à Google Earth, le fameux logiciel de visualisation de la Terre. Chez Google, John Hanke a alors pris la tête de l’unité «Geo», englobant également Google Maps et Street View, l’outil qui permet de se balader dans les rues via un navigateur Internet. John Hanke était impliqué dans l’un des plus gros scandales relatifs à la vie privée qu’ait connu Google. Un passé qui soulève de nombreuses questions quant à l’utilisation des données récoltées par Pokémon Go. ( …) Le grand gagnant de Pokémon Go est donc bien la société organisatrice : en bénéfices financiers dans un premier temps, mais surtout en récolte de données valant très cher, utilisables à d’autres fins. Une modification de la perception du réel Les scientifiques se basent sur le principe de proprioception (le sens du mouvement) pour tromper le cerveau. C’est ce qui explique que le joueur s’approprie son avatar très rapidement au point de penser qu’il est cet avatar et d’agir en conséquence. (…) Comment les relations fondamentales humaines de communication, d’échanges, de liens affectifs, d’amour et d’empathie vont-elles

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Françoise 25 mars 2017 Aucun commentaire
La spiritualité au carrefour des religions
Françoise

La spiritualité au carrefour des religions, Rencontre avec Alexandre Jollien

La spiritualité au carrefour des religions Rencontre avec Alexandre Jollien Handicapé de naissance, Alexandre Jollien a passé dix-sept ans dans une institution spécialisée, avant de suivre des études de commerce, puis de se tourner vers philosophie. Pour être proche de son maître spirituel, prêtre catholique, il est parti vivre à Séoul avec femme et enfants. Il suit ses enseignements fondés sur la pratique du Zen et une vie vécue au plus près de Jésus-Christ. Auteur de L’Eloge de la faiblesse, éd. du Cerf, et du Petit traité de l’abandon, éd. du Seuil, il vient de publier avec Matthieu Ricard et Christophe André aux éditions L’Iconoclaste un livre de réflexion spirituelle, Trois amis en quête de sagesse, qui connaît un grand succès public. Voir REFLETS N°20 Dans la continuité de l’enseignement de son maître, prêtre catholique qui exerce son ministère en Corée du Sud, la quête spirituelle d’Alexandre Jollien le conduit à vivre une spiritualité au carrefour des religions, en associant la foi dans le Christ et l’expérience de la méditation Zen. La méditation, qui purifie le cœur des attachements et des émotions, nourrit pas à pas une disponibilité envers ce qui advient, envers Dieu. Elle ouvre une voie vers la prière et aide à suivre le Christ, en vivant le moment présent en toute confiance, sans peur de se donner à l’autre avec joie. Votre chemin spirituel est marqué à la fois par le bouddhisme zen et par le christianisme. Est-ce un chemin spirituel en dehors des religions ? Quel est le lien entre tout cela pour vous ? J’essaie de nourrir une spiritualité au carrefour des religions. Je suis profondément chrétien. J’ai la foi en Dieu et dans les Évangiles. Et l’expérience de la méditation zen permet d’accéder au fond du fond ou plutôt de purifier le cœur des attachements, des pensées obsessionnelles, des illusions et des émotions perturbatrices. Je ne suis pas un adepte du syncrétisme selon lequel toutes les religions sont miennes. Le Christ me console et le Bouddha m’apaise et m’aide à entrer dans une intériorité, à oser une rencontre avec la transcendance qui se situe bien au-delà des mots. Et le Christ ne vous l’apporte pas ? Bien sûr que oui. D’ailleurs, dans l’intériorité disparaissent les étiquettes et les frontières. Je me réjouis que des ponts se construisent entre les différentes traditions. Voilà le défi : plutôt que d’opposer les figures religieuses entre elles, il s’agit de promouvoir les fraternités. Peut-être est-ce l’avantage de la foi spirituelle d’être au-delà des dogmes ? Ou bien de se nourrir des dogmes pour aller à la rencontre des autres traditions. Finalement, il n’y a pas d’exclusivisme dans l’amour pur et on peut aimer profondément le Christ et, nourri par cet amour, embrasser toute l’humanité loin des œillères et d’un absolutisme qui diaboliserait les autres voies spirituelles. Que cherchez-vous au fond du fond dans votre chemin spirituel ? Le paradoxe, c’est qu’il s’agit de ne rien chercher, d’abandonner toute idée préconçue. J’ai découvert sur internet une phrase : « Si le bonheur est inaccessible, sois heureux sans lui ». Intuition qui m’a beaucoup aidé. Je crois que l’on peut s’inspirer de ces paroles pour la paix, la joie, la sagesse. Oui, il s’agit de se méfier des étiquettes et d’une quête qui serait pré-programmée pour, au contraire, se rendre disponible au réel et l’accueillir tel qu’il se présente. La spiritualité n’est pas là pour nous rassurer mais peut-être pour dégommer nos certitudes. Ce chemin est tout sauf abstrait, il passe par une déconstruction des idéologies. N’est-ce pas une progression en amour le sens de cette quête : petit à petit aimer plus, aimer mieux ? Je dirais : petit à petit nous devons apprendre à aimer, simplement. Plus ou mieux, cela ne nous appartient peut-être pas. Peut-être la vie est-elle organisée pour qu’au début on ait des amours obligatoires avec le corps, l’amour maternel. Ensuite, on découvre l’amour paternel, l’amour conjugal, l’amour parental. Et puis après, il y a des amours où le corps intervient moins, comme l’amour du maître, l’amour du Christ et peut-être qu’au fin du fin, on peut découvrir l’amour de Dieu ? Platon, dans Le Banquet, nous invite justement à élever notre amour vers des choses immortelles. Peut-être, là aussi, s’agit-il de ne pas distinguer de manière catégorique l’amour que l’on porte à ses enfants, à sa femme, à l’étranger, au premier venu. L’amour du prochain participe de l’amour de Dieu et de Jésus Christ. Très concrètement, nous pouvons apprendre à faire cohabiter l’amour avec nos faiblesses, nos ressources. Je me méfie de l’Amour avec un grand A. Aimer au quotidien, voilà l’immense défi. Dostoïevski le disait : « C’est plus facile d’aimer l’humanité que de supporter son voisin de palier. » Cela ramène au concret. Oui. Jésus dans l’Évangile aime les personnes en chair et en os, telles qu’elles sont. En quoi consiste votre méditation ? La méditation peut ouvrir une voie vers la prière. Très souvent dans ma vie, la prière a été un monologue. J’adressais à Dieu des requêtes que je n’oserais même pas imposer à un ami. Il ne me viendrait pas à l’idée d’appeler un copain en disant : « Fais-moi ceci, donne-moi ça. » Et pourtant, c’est ce que je faisais avec Dieu. Aujourd’hui, grâce au zen, j’essaie de me rendre disponible au réel, à Dieu. À mes yeux, la prière se résume en deux mots : oui à ce qui est et merci. C’est la réponse de Marie : « Que ta volonté soit faite », « Qu’il soit fait selon ta parole. » Et le mot « merci » inaugure une gratitude joyeuse qui tôt ou tard aide à se montrer reconnaissant envers chaque évènement de la vie, même les épreuves. L’exercice, c’est de nourrir pas à pas une disponibilité envers ce qui advient. Nous sommes invités à une sorte de déménagement intérieur vers le fond du fond, c’est-à-dire loin du moi social, des rôles et des fonctions. En même temps, il s’agit de nous tourner

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Françoise 1 mars 2017 Aucun commentaire
Monsanto en vedette
Françoise

Monsanto en vedette, un mariage, un procès et des pétitions

Monsanto en vedette, un mariage, un procès et des pétitions Marie-Dominique Mutarelli Deux entreprises à la réputation sulfureuse Entreprise chimique californienne, Monsanto est connue pour être « la plus détestée du monde ». Après avoir fabriqué l’agent orange, un défoliant toxique utilisé par l’armée américaine dans la guerre du Vietnam, elle a commercialisé dans les années 1970 les PCB ou « pyralènes », hautement polluants, et l’herbicide Lasso, depuis interdit en Europe. Son produit phare est aujourd’hui le Roundup, autre désherbant aux effets cancérigènes potentiels. Pour compléter sa palette de mise en ordre du vivant, Monsanto est également le pionnier des OGM. Bayer est une entreprise chimique et pharmaceutique allemande, née au XIXe siècle et connue pour ses liens avec le nazisme au siècle suivant. Si elle est à l’origine de l’invention de l’aspirine en 1899, sa dernière création en date est le Gaucho, le pesticide « tueur d’abeilles ». S’unir pour mieux régner La chute des cours des matières premières ayant contraint les paysans à réduire leurs achats d’engrais, de semences et de produits phytosanitaires, les industriels de l’agrochimie ont cherché à préserver leurs bénéfices en fusionnant leurs entreprises. En un an, le nombre des consortiums agrochimiques est donc passé de sept à quatre dans le monde. Le 14 septembre 2016 a été annoncé le mariage du siècle entre le géant allemand de la pharmacie et des pesticides et le colosse américain des OGM et des herbicides, pour un montant record de 59 milliards d’euros. Cette association n’annoncerait rien de bon selon les paysans victimes de leurs produits : « Ces gens-là représentent une arme de destruction massive ». D’autres veulent encore croire aux bienfaits de la science, espérant que l’union de Bayer et de Monsanto puisse conduire le développement des biotechnologies vers une agriculture plus respectueuse de l’environnement et mieux adaptée au changement climatique. « Condamner par avance ce rapprochement relève surtout d’une idéologie selon laquelle la science est l’ennemie d’une nature qu’il ne faudrait surtout pas modifier », estime un céréalier. Le super géant Bayer-Monsanto va donc à terme contrôler un tiers du marché des semences et un quart du marché des phytosanitaires. Bayer, entreprise allemande, ne va pas manquer d’accroître son lobbying auprès des institutions européennes pour imposer l’introduction des cultures OGM jusqu’ici fortement contestée par de nombreux pays. L’ancienne ministre de l’environnement Corinne Lepage dénonce donc « la naissance d’un ogre qui contrôlera l’ensemble de la chaîne, de la semence à l’assiette, jusqu’aux médicaments pour soigner les maladies que ses produits toxiques causent. Ce modèle ultra-concentré et industrialisé est éthiquement inacceptable et incompatible avec l’agriculture durable dont le monde a besoin. » Pour sa part, l’entreprise Bayer justifie ce rapprochement comme le seul moyen de répondre à un défi majeur : nourrir 10 milliards d’êtres humains en 2050. « Produire plus avec moins », grâce à une agriculture technologique intelligente et connectée, plus précise et plus durable. Pour les spécialistes de l’agro-écologie, l’affaire Bayer- Monsanto ne doit pas laisser le public indifférent. Devant les limites de l’agriculture conventionnelle, elle invite chacun à prendre la mesure du choix entre un modèle ultratechnologique et une agriculture à échelle humaine, plus modeste, mais plus respectueuse de la planète. L’avis des citoyens devrait être déterminant. Ainsi, sur le site Atabula, une cinquantaine de chefs cuisiniers réputés ont déjà choisi, en dénonçant à travers une pétition « l’invasion de l’agrochimie dans nos assiettes ». La défense des citoyens s’organise Face à Monsanto, la défense des citoyens tente de s’organiser. Un collectif international d’ONG et de juristes a financé du 14 au 16 octobre 2016, à La Haye, aux Pays- Bas, où siège la Cour internationale de justice, l’organisation d’un « Tribunal Monsanto ». Avec pour objectif de déterminer « si Monsanto est responsable de violations des droits humains, de crimes contre l‘humanité et d’écocide ». Les audiences ont été retransmises sur internet via le site monsanto-tribunal.org, en vue de « contribuer à ouvrir les yeux de l’opinion publique sur les impacts de l’industrie agrochimique ». Partant du constat que seules des actions au civil sont aujourd’hui possibles contre les firmes afin d’obtenir une indemnisation des victimes, le projet du Tribunal visait à fournir des armes juridiques aux individus et communautés qui voudraient poursuivre Monsanto devant de vraies juridictions. Sans statut officiel, le procès a cependant respecté scrupuleusement les procédures juridiques internationales, avec de vrais juges, avocats, greffiers. Trente plaignants venus d’Europe, d’Amérique du Nord et du Sud, d’Asie, d’Océanie ont ainsi pu témoigner : victimes des pesticides, paysans ruinés par les OGM ou expulsés de leurs terres, mais aussi chercheurs dénonçant les pressions de Monsanto. Chargés d’évaluer les faits reprochés à Monsanto et de sanctionner les éventuels dommages sanitaires et environnementaux causés, au regard du droit international en vigueur, les juges ont aussi examiné l’opportunité de réformer le Statut de Rome créant la Cour pénale internationale afin d’y inclure le crime d’« écocide ». Selon la juriste Valérie Cabanes : « détruire l’environnement global, menacer la sûreté de la planète est une atteinte aux droits fondamentaux de l’homme et devrait être considéré comme un des crimes internationaux les plus graves, à l’image du génocide ou du crime contre l’humanité ». Le jugement, symbolique, doit être mis en délibéré le 10 décembre 2016. Invité à participer à ce tribunal citoyen, Monsanto a qualifié le procès de « parodie » dans une lettre ouverte, plaidant pour l’aide que ses produits apportent aux agriculteurs afin de s’adapter aux changements climatiques et convaincu que toutes les formes d’agriculture peuvent coexister. Une pétition contre la fusion Bayer-Monsanto Au lendemain de la tenue de ce tribunal, l’avocate Corinne Lepage, ex-ministre de l’environnement, a également lancé une pétition à l’adresse de Jean- Claude Juncker, demandant d’opposer le véto de l’Union Européenne à la fusion entre Monsanto et Bayer, afin de protéger le marché européen des risques d’abus de position dominante, – d’autant plus graves qu’ils touchent des domaines vitaux pour la population, comme l’alimentation et la santé. Par ailleurs, la disparition de Monsanto en tant qu’entité

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Françoise 15 février 2017 Aucun commentaire
Protéger la biodiversité
Françoise

Protéger la biodiversité

Protéger la biodiversité Échanges avec Paul WATSON protecteur activiste des océans par Augustin Luneau Paul Watson est un militant écologiste canadien. Il a fondé en 1977 la Sea Shepherd Conservation Society, organisation non gouvernementale internationale maritime. Elle engage de nombreuses actions pour dénoncer la destruction de la faune marine et la surpêche et sensibiliser le public. Plus particulièrement, Sea Shepherd agit contre la chasse à la baleine, aux phoques, contre la pêche aux requins et contre l’usage des filets dérivants Qu’est-ce qui vous a amené à vous engager dans la défense des baleines ? Paul Watson : J’ai été élevé dans un village de pêcheurs de l’Est canadien et j’ai commencé à protéger la vie sauvage dès l’âge de dix ans, quand j’allais libérer les castors des pièges à mâchoire et détruire les pièges par la même occasion. À vingt-quatre ans, je me suis embarqué pour lutter contre la flotte des baleiniers russes, et c’est là que j’ai vu des baleines se faire harponner pour la première fois, en essayant de stopper les harpons. Un grand cachalot, en pleine souffrance après avoir été harponné, a jailli hors de l’eau, risquant de s’abattre sur notre petit bateau, ce qui aurait pu nous tuer ! Quand sa tête est sortie de l’eau, j’ai vu son œil, et ce que j’ai vu dans cet œil a changé ma vie pour toujours. J’y ai vu la compréhension, j’ai vu que le cachalot avait compris que nous étions là pour aider et non pour blesser, et j’ai vu de la pitié, non pour lui mais pour nous qui allions prendre la vie d’un être intelligent, sensible, beau, conscient, et cela sans aucune pitié ni aucune considération, et pour quoi ? Les baleiniers soviétiques tuaient des cachalots pour la graisse et l’huile de spermaceti, une huile précieuse industrielle résistante à haute température et dont l’une des utilisations était la construction de missiles balistiques intercontinentaux. Nous étions en train de tuer ces êtres merveilleux pour faire une arme destinée à l’extermination massive d’êtres humains, et j’ai été frappé par la folie écologique de notre espèce ; depuis ce jour, j’ai dédié ma vie à la défense et à la protection d’autant de baleines, de phoques, de dauphins, de tortues, d’oiseaux et de poissons qu’il m’est possible. Je crois aussi que l’océan est le berceau de la vie sur cette planète, et quand l’océan mourra, nous mourrons tous ; l’océan meurt de la diminution de la biodiversité, de la diminution de l’interdépendance et de la pollution par les plastiques, les produits chimiques, la radioactivité et l’acidification. Ma vie sert mes clients et mes clients ne sont pas humains. Mes clients sont les citoyens de la mer, du plus petit phytoplancton à la plus grande des baleines. On a aussi besoin de comprendre que sauver les baleines, par exemple, peut sembler un combat lointain, mais il est en fait très relié à chacune de nos vies. Les humains respirent de l’oxygène. Plus de 60 % de l’oxygène est produit par le phytoplancton dans les océans, et il y a eu une réduction de 40 % des populations de phytoplanctons dans les mers depuis 1950. Pourquoi ? Parce que nous avons réduit les populations de baleines et les baleines produisent la base alimentaire des phytoplanctons avec l’azote et le fer de leurs excréments. Quand on considère qu’une grande baleine bleue seule rejette trois tonnes d’excrément par jour, c’est une grande quantité de nutriments, et cela fait de nos baleines les fermiers de nos océans.  Où puisez-vous votre courage, d’où vous viennent vos convictions ? J’ai appris le courage quand je servais dans l’American Indian Movement (AIM) en tant que toubib pendant l’occupation de Wounded Knee dans le Dakota du Sud en 1973. Nous étions largement en sous nombre par rapport aux Forces fédérales américaines qui nous tiraient dessus. J’ai demandé au leader d’AIM, Russell Means, s’il pensait qu’on pouvait gagner avec si peu de chance en notre faveur et contre une telle puissance de feu. Il a répondu « bien sûr que non », mais qu’il se souciait peu des chances de gagner ou de perdre : nous faisions ce que nous faisions car c’était la bonne chose à faire, et donc la seule chose à faire. C’était bien résumé en lakota dans les mots : « hoka hey », ce qui veut dire « c’est un bon jour pour mourir ». Accroche-toi à ce en quoi tu crois et laisse le futur se révéler. On apprend du passé mais on ne doit pas en rester là. Nous agissons dans le présent et ne nous soucions pas du futur. Nos actions dans le présent déterminent le futur. Je n’ai pas peur de mourir, car je comprends que mourir fait simplement partie de la vie, et l’un n’existe pas sans l’autre. J’apprécie que le courage soit né de l’amour de la vie. Quand nous vivons et faisons ce qui nous passionne, la peur de la mort n’existe plus. La peur de la mort vient du fait de ne pas vivre la vie qu’on aime. La planète, et en particulier les océans qui en constituent la majeure partie, est ce que nous en faisons. Quelle nature de l’homme peut produire une telle absence de considération, un tel dérapage ? Les êtres humains ont des compétences de survie qui nous ont bien servi lorsque nous étions peu nombreux. Une de ces compétences est l’adaptation à la diminution. Malheureusement aujourd’hui, cela nous permet d’oublier ce que nous détruisons, et donc de nous adapter à un écosystème diminué. Nous acceptons la diminution et nous adaptons, ce qui est un problème. Nous préférons accepter moins et oublions ce que nous avions, mais néanmoins nous cherchons des alternatives pour remplacer ce que nous n’avons pas été capables de préserver. (…) Quel message concret, quotidien, aimeriez-vous transmettre aux lecteurs de Reflets, leur permettant de mesurer ce qui est de la responsabilité de chacun ? Chacun de nous a un impact par ce qu’il mange et consomme. Je conseille de manger végétalien, de manger organique, de manger des produits locaux et de n’acheter que ce dont on a

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Françoise 15 février 2017 Aucun commentaire
Le dalaï-lama
Françoise

Le dalaï-lama, citoyen du monde

Le dalaï-lama, citoyen du monde Rencontre avec le dalaï-lama Christian Roesch Le dalaï-lama était de passage en France en septembre durant une semaine. Pour ne pas froisser Pékin, il n’a pas été reçu officiellement.Venu pour enseigner, il rencontra la société civile et les médias à Paris. REFLETS était présent pour ce moment privilégié. Une sacrée bonne humeur Ce sont ses yeux malicieux qui nous frappent en premier lieu. Il est telle l’image que lui donnent ceux qui l’approchent. Il transpire la bonté. Ses propos sont continuellement émaillés de traits d’humour. Il répond aux sujets les plus graves avec la profondeur qui s’impose mais sans jamais dramatiser. Qu’il s’agisse du pillage et de la destruction du Tibet, des problèmes des réfugiés en Europe ou de la crise climatique, il garde une vue sereine et élevée. Il met l’accent sur la nécessité du progrès individuel des consciences pour sauver notre planète commune à tous, c’est-à-dire les humains, quelle que soit leur culture mais également les animaux et les végétaux. Qui n’a pas entendu le rire du dalaï-lama ne connait pas la gaieté de Sa Sainteté ! Il est telle une cascade d’un torrent de montagne tibétaine, caractéristique d’un homme ne se laissant pas abattre par les pires nouvelles du monde mais respirant la joie de vivre, heureux de son sort quoi qu’il advienne sans être dupe pour autant des pièges tendus. Ce rire évoque celui de Bouddha annonçant une prédiction ; le rire de Bouddha ou de ses disciples : chose légère et bien grave à la fois. Rester jeune par la pratique spirituelle Son âge ‒ 81 ans ‒ n’a pas de prise sur sa joie de vivre et une telle lucidité à cet âge devrait nous interroger : la vie spirituelle en plus de la vie active n’entretiendrait-elle pas les neurones ? Il le dira d’ailleurs lui-même à propos de la méditation : « Certains de mes vieux amis que je n’ai pas vus depuis longtemps me demandent comment il est possible que j’aie l’air si jeune et quel est mon secret. Je pense que c’est la méditation sur l’altruisme qui m’a beaucoup élevé, principalement quand il s’agit de mes ennemis car il est extrêmement salutaire de penser à ceux qui nous posent des problèmes. Finalement, on s’aperçoit qu’aucun d’entre eux ne souhaite souffrir mais que tous cherchent une forme de bonheur. Rien n’existe en soi et par soi et tout n’existe que par l’interdépendance. » 5 heures de méditation tous les matins Avec un trait d’humour, il ajoute : « En ce qui concerne la méditation, il y a bien sûr des clichés : si on pense que cela consiste à fermer les yeux et à ne penser à rien, alors des pigeons, en ce moment même, sont là sans savoir ce qu’ils font… Ce n’est pas très utile. En revanche, utiliser pleinement son intelligence dans des méditations analytiques, essayer de comprendre le pourquoi des choses, le fonctionnement de notre esprit, de nos émotions, la nature de la réalité, cela est beaucoup plus utile. C’est une aide considérable pour essayer de transformer les choses et la vision que nous en avons : par exemple, apercevoir la qualité humaine qui mérite d’être cultivée et ainsi changer, par l’analyse, sa vision du monde. En tant que pratiquant, je dors neuf heures par nuit : comme les enfants, les personnes âgées dorment beaucoup… Je me lève quand même à trois heures du matin ‒ parfois même à deux heures ‒ et je consacre cinq heures à la pratique de la méditation, analytique au début. J’essaie d’abord d’analyser moi-même : qu’est-ce que le moi ? Qu’est-ce que le soi ? Est-ce que le dalaï-lama existe ou pas ? Je m’aperçois à chaque fois que je concède un moi identitaire, l’idée de mon corps m’échappe : je n’arrive pas à cerner ce concept comme identité, certainement le dalaï-lama non plus. Cela se rapproche certainement de la vision de la physique quantique où les choses paraissent solides mais plus on les analyse, plus cette réalité solide nous échappe. Le fait de réduire considérablement le sentiment du moi, le sentiment de colère, le sentiment d’attachement et de percevoir au contraire l’interdépendance des choses, est quelque chose d’extrêmement utile justement pour remédier à une vision du monde tronquée et aux émotions négatives. Le fait de ne pas penser qu’il y a un moi indépendant est quelque chose de vraiment important. C’est à cela que je consacre mes cinq heures de méditation. » Quelle capacité d’attention de la part de Matthieu Ricard, son interprète, qui traduit tout ce que dit le dalaï-lama alors que celui-ci ne s’interrompt qu’à la fin de sa réponse ! Même sur les questions difficiles, le dalaï-lama reste posé et répond avec une extrême attention, toujours de manière élevée et sans quitter le concret : Attention au mot « terroriste » ! «… certes le dialogue est la seule manière d’arriver à une solution. Je voudrais souligner aussi que les expressions utilisées telles que “terroriste islamiste”, “terroriste bouddhiste” ne devraient pas l’être. Il y a des terroristes et il y a ceux qui appartiennent à l’islam, d’autres au bouddhisme mais il n’y a pas de lien intrinsèque entre les deux. Je connais très bien la majorité des musulmans dans mes différentes communautés au Tibet et en Inde. Ce sont des êtres extrêmement pacifiques et accueillants. Associer leur religion à des actes terroristes n’est pas admissible et n’aidera pas à résoudre le problème. Ne faites pas cet amalgame dans la presse et dans les médias mais essayez de comprendre que la majorité de ces populations n’ont rien à voir avec les terroristes. Il existera toujours des personnes qui créeront des troubles au sein de toutes les religions. » Sa façon de voir les religions est bouleversante : « Les religions comportent trois facettes à traiter séparément : Tout d’abord, toutes les grandes religions essaient, à l’origine, de propager un message d’amour fondamental. Deuxièmement, il y a des points de vue philosophiques différents, tout particulièrement entre les religions théistes qui envisagent l’existence d’un créateur et d’autres comme le bouddhisme, sans ce concept. Ces divergences répondent à des prédispositions différentes chez les peuples, sur

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Françoise 8 février 2017 Aucun commentaire
À moto sur les routes de l’Inde
Françoise

À moto sur les routes de l’Inde

À moto sur les routes de l’Inde Loïc Terrier et Jonathan Lux Pendant 10 mois, au guidon de leurs motos, Loïc Terrier et Jonathan Lux, jeunes photographes professionnels, ont vécu une aventure exceptionnelle en parcourant plus de 13 000 km sur les routes de l’Inde. Partis à la rencontre de couleurs et de traditions d’une diversité incroyable, au plus près des populations locales, ils ont immortalisé la beauté du vivant grâce à plus d’un millier de photographies aujourd’hui exposées à travers la France. Ils partagent cette expérience émerveillée dans un livre Inde – une aventure humaine de 13 000 km au guidon de nos motos, disponible sur leur boutique en ligne et dans certaines librairies de France. 218 pages ponctuées de récits tirés de leur carnet de voyage et illustrées de plus de 500 photos. Un livre à s’offrir pour s’évader avec eux sur les chemins de leur aventure à moto. Ils ont confié à Reflets des moments et des images de leur parcours. Une aventure de 10 mois à la découverte d’un continent et d’un peuple Issu d’une amitié née sur les bancs du Lycée, un projet de voyage, direction l’Inde, prend vie en janvier 2015. Après quelques années passées à voyager et travailler à l’étranger chacun de notre côté, il était temps pour nous de partager cette expérience. Pour voler de nos propres ailes en toute liberté, nous décidons de voyager les fesses posées sur la selle d’une moto. Une fois la destination choisie, le billet acheté, nous nous envolons en février 2015 avec pour programme de parcourir le sous-continent indien du sud au nord, en évitant si possible les pluies torrentielles de la mousson. Traverser les vallées tropicales et vertes, sillonner les dunes du désert et franchir les plus hautes routes du monde sur les crêtes de l’Himalaya, guidés par le destin et en oubliant la notion du temps. L’objectif de ce périple était de nous fondre dans la culture et de nous imprégner de la spiritualité du pays, en nous intégrant au cœur des habitants. Découvrir les peuples et capturer des regards, des visages et des expressions, lors d’instants naturels partagés avec les populations locales. Immortaliser la beauté du vivant en photographiant un jour comme un autre, avec pour seul équipement deux motos Yamaha RX 135cc chargées chacune de 25 kg de bagages : une tente et de quoi cuisiner, quelques outils pour les soucis mécaniques, nos sacs à dos remplis de vêtements et de quelques livres, nos appareils photo et la carte du pays pour nous orienter au quotidien. Comment nous avons su nous sortir d’une situation périlleuse Après 9 jours de marche, seuls, sur les crêtes des montagnes himalayennes, chargés de nos sacs à dos, de nos tentes et de quelques vivres, nous nous réveillons, au dernier jour de notre trek, au bord de l’eau. L’ancien du village traversé la veille nous a annoncé cinq heures de marche par le col de Stakspila à 5300 mètres, avant de redescendre sur Alchi, petit village situé de l’autre côté du sommet. Après deux heures de marche, les traces disparaissent. Nous voilà seuls dans l’immensité de ces montagnes. Il s’agit de rester confiants en cherchant à deviner les traces laissées par les ânes et les chevaux. Mais personne ne semble avoir emprunté ce chemin depuis bien longtemps. La végétation a laissé place à des coulées gigantesques de roches concassées et émiettées. La pente devant nous est un véritable mur : impossible d’apercevoir le sommet ni même d’être sûrs de la direction que nous empruntons. À mi-chemin de l’ascension, après déjà cinq heures de lutte, la faim se fait sentir. A court de gaz, nous avalons nos nouilles chinoises crues avant de reprendre l’effort. L’oxygène manque, le sommet reste invisible. Les heures passent et nous avançons par portions de cinq mètres. Finalement, des drapeaux apparaissent : l’acharnement nous a conduits au sommet. Nous jetons nos sacs au sol ; les montagnes répercutent l’écho de notre cri de victoire. Il a fallu six heures d’ascension pour arriver au-dessus des nuages et admirer la vue incroyable qui s’offre à nous. Après cette montée difficile, la redescente est un enfer : les sacs pèsent, le chemin est complètement absent, effacé par un éboulement d’énormes roches. Lâchés par les piles de notre lampe frontale dans la nuit qui tombe, nous continuons au son de l’eau en suivant la rivière qui dévale en direction des villages. Incapables de nous diriger dans la nuit noire de ce désert d’altitude, nous plantons la tente à flanc de falaise. Grâce au feu allumé avec les arbres morts charriés par la rivière, nous dégustons enfin un repas chaud. Au petit matin, après une bonne nuit de sommeil et quelques heures de marche supplémentaires, nous rejoignons Alchi. Nous apprenons alors que le chemin emprunté à nos risques et périls était fermé depuis longtemps après les éboulements du sommet de Stakspila. Une rencontre fascinante et inoubliable Le peuple rencontré à travers le pays est humble et accueillant, toujours souriant et avenant, comme en témoigne le récit de notre rencontre avec Azad Guiri. Pensant nous arrêter pour boire un verre d’eau à une terrasse, nous posons les pieds par hasard dans un temple shivaïte. Azad Guiri, guru et gardien des lieux, turban noué sur la tête, nous accueille avec un grand sourire. Entouré de quelques villageois, il nous offre à boire et un lit pour la nuit. Nous acceptons, conscients d’avoir mis les pieds au bon endroit. Les yeux dans les étoiles, les rires nous emportent, le cercle de gens s’agrandit, les nattes prennent place sur le sol, la nuit tombe. Deux heures après notre arrivée, nous fumons le premier chilom, sorte de pipe dont le cône, taillé dans le marbre, est bourré avec une boule de feuilles de Ganga et de tabac émiettées et humidifiées. La plante est bénie en posant le cône sur le front, avant de s’exclamer “Om Nama Shiva” et d’inspirer profondément. Après quelques bouffées, tout devient plus simple et relaxant au son des flûtes

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Françoise 1 février 2017 Aucun commentaire
Robot : nouvel animal domestique
Françoise

ROBOT : nouvel animal domestique

ROBOT : nouvel animal domestique Marie-Dominique Mutarelli La Commission européenne anticipe actuellement l’entrée de l’industrie dans l’ère de l’intelligence artificielle et de la robotisation, pour lui offrir les conditions les plus favorables à son développement. Les dirigeants européens considèrent cette mutation comme une opportunité pour réindustrialiser le continent. Mais la numérisation de l’industrie, ou lndustrie 4.0, va modifier fondamentalement la manière dont les entreprises produisent et consomment. Une stratégie paneuropéenne doit pouvoir permettre d’assurer l’envergure de la transition et de soutenir l’interopérabilité et la normalisation. Cette anticipation implique en particulier une clarification urgente de la responsabilité légale pour le marché unique numérique et les objets connectés qui se partagent des données. L’option choisie par l’exécutif aura des implications à long terme pour l’industrie robotisée et les assurances qui couvriront les dommages causés par les robots sur les travailleurs ou les usagers qui les côtoieront. Dans le cas d’un accident provoqué par une voiture autonome, qui en est responsable ? Le fabricant, le vendeur, le propriétaire, la structure qui envoie les données à la voiture, le logiciel…? Peut-on parler de faute avec des systèmes autonomes comme les robots qui apprennent seuls et agissent en fonction de cet apprentissage ? La Commission préfère ne pas prendre parti à ce stade, mais réexamine la directive de responsabilité des produits pour voir comment l’adapter. Dans un rapport récent, le Parlement européen a évoqué l’idée d’un système d’assurance obligatoire pour ces machines. L’autonomie des robots pose en effet la question de leur nature et de leur appartenance à l’une des catégories juridiques existantes : personnes physiques, personnes morales, animaux ou objets. La personnalité juridique des robots peut-elle être assimilée par exemple à celle des animaux domestiques, susceptibles eux aussi de causer des dommages à autrui et qui sont donc couverts par des assurances ? Ou bien faut-il envisager la création d’une nouvelle catégorie aux caractéristiques propres, avec des spécifications particulières concernant les droits et devoirs, dont la responsabilité en cas de dommages. (…) Pour lire la suite , Reflets n° 22 page 47 *****

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Françoise 11 janvier 2017 Aucun commentaire

La société dépressive

La société dépressive Interview de Patrick Viveret    Ancien conseiller à la Cour des comptes et spécialiste des indicateurs de richesse, philosophe, essayiste altermondialiste, Patrick Viveret est un ténor du bien vivre.Il est cofondateur de l’initiative internationale « Dialogues en humanité ». Auteur avec Nicolas Hulot et Edgar Morin du livre Vivement le monde avenir, éd. La compagnie de philosophes, il partage leur conviction qu’être heureux est un choix intime autant que collectif. Notre société française, même européenne, c’est-à-dire notre société d’après-guerre, n’est-elle pas actuellement en dépression ? Oui. En 1930, à la fin du livre Essais sur la monnaie et l’économie, dans un chapitre intitulé « Perspectives économiques pour nos petits enfants », Keynes livre une réflexion très étonnante : nous ne vivons pas une crise économique, mais une crise de l’économique. Un an après le déclenchement de la grande crise de 29, cela paraît culotté. Il précise sa pensée en disant : ce n’est pas une crise économique, une crise de rareté, mais une crise de surproduction ; et si nous ne savons pas gérer autrement l’abondance, nous allons vers une dépression nerveuse collective. Il parle même de dépression nerveuse universelle. Et il décrit cela l’année où Freud écrit Malaise dans la civilisation. Ce fait dépressif avait déjà été analysé dès 1848 par John Stuart Mill dans ce qu’il avait appelé « notre problème de l’état stationnaire ». Que se passe-t-il dans une société quand elle arrive à une saturation de la croissance matérielle ? La progression de la croissance matérielle est maintenue à bout de bras par des procédés artificiels, par exemple la publicité, l’obsolescence programmée des produits, etc. Les sociétés qui sont organisées essentiellement autour de la course vers l’avoir ont un fort déficit du côté de l’être et effectivement elles basculent dans des dépressions. L’excitation, qui est liée à la croissance matérielle, à la consommation, n’a plus de moteur. Le moteur du développement dans l’ordre de l’être n’ayant pas suffisamment été activé, à ce moment-là, un moment dépressif advient. Cela joue particulièrement pour le monde occidental actuel qui s’est le plus engagé dans cette direction depuis plusieurs décennies. Mais cela peut valoir tout aussi bien pour l’Inde, la Chine ou l’Afrique qui ne travaillent pas leur versant civilisationnel du côté de l’être. Ils  copient notre modèle… Le mimétisme par rapport à notre modèle, outre les effets destructeurs sur le plan écologique, participe aussi à l’effet destructeur sur le plan psychique. Il faut bien voir que le couple psychologique qui se met en place est le couple excitation-dépression. C’est ce qu’on voit par excellence sur les marchés financiers quand le Wall Street Journal dit textuellement que Wall Street ne connaît que deux sentiments : l’euphorie ou la panique. Mais c’est la même chose sur le plan médiatique, sur le plan sportif, sur le plan politique, etc. L’intensité de vie n’est connue qu’à travers l’excitation. Mais comme l’excitation crée une situation de déséquilibre, elle débouche sur des états dépressifs. On ne ressort des états dépressifs que par une excitation de niveau supérieur et du coup, c’est un cercle vicieux. Ce sont des sociétés toxicomanes, des sociétés dopées. Tout l’enjeu du bien vivre est à la fois une question personnelle et une question sociétale. Tout l’enjeu est de basculer du couple excitation-dépression à un autre couple qui est le cœur même de la joie de vivre, le couple intensité-sérénité. Je peux à la fois me sentir pleinement vivant dans le rapport à la beauté, à l’amour, dans la recherche de la vérité. Mais cette intensité-là ne me déséquilibre pas. Je peux vivre cette intensité dans la sérénité. C’est cela le grand enjeu. Il est autant de l’ordre de la transformation personnelle que de la transformation sociale. Ce que l’on appelait au Forum social mondial de Porto Alegre l’axe Tp-Ts, pour transformation personnelle et transformation sociale, qui doivent être conçues comme complémentaires. La dépression actuelle est-elle due au fait que ce nouveau modèle est encore trop lointain, pas encore assez concrétisé dans la société ? Il est lointain et même, il a tendance à s’éloigner du point de vue de la logique régressive et du vieux monde qui tarde à disparaître, pour reprendre une phrase fameuse de Gramsci. Mais du côté de la germination du monde qui est en train de naître, il peut aussi être plus proche et concret. Un film comme Demain en est l’illustration. Tout d’un coup, le grand public découvre que les éléments qui étaient portés ces dernières années par des groupes relativement marginaux sont au contraire une voie essentielle de progression. Comme dans toute période de mutation historique, deux éléments se côtoient : d’un côté, la polarisation régressive, qui du coup est aussi dépressive parce que ce monde qui meurt n’arrive pas à embrayer sur le réel, et de l’autre la polarisation créative qui est effective et enthousiasmante. (…)  Pour lire l’article en entier Reflets n° 21 pages 58 à 62 *****  

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Françoise 15 décembre 2016 Aucun commentaire
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L’art est un langage, Rencontre avec frère Jean

L’art est un langage Rencontre avec frère Jean Frère Jean est moine au Skite Sainte-Foy (village monastique orthodoxe) dans les Cévennes. Il a fondé ce lieu pour permettre à des artistes et à des artisans de venir faire des retraites. Il est aussi photographe. www.photo-frerejean.com  Ni cerveau ni intellect, l’art s’adresse au cœur. Il rend visible l’invisible qui anime l’œuvre de l’intérieur et irradie dans le regard de celui qui la contemple ! Il révèle la présence du Tout-Autre. L’art serait ainsi un langage universel, celui de la Création. À quoi sert l’art ? L’art sert à témoigner de la beauté, à rendre visible l’invisible, à révéler ce regard derrière les yeux, à surprendre un rayon de soleil comme un moment de pure plénitude, à faire entendre le chant des anges, la rotation d’une rose amoureuse du soleil, à affirmer que chaque instant, chaque visage, chaque fleur, chaque feuille… est unique depuis le début des temps jusqu’à la fin des temps. Le mystère de l’art ne se situe pas dans la forme mais dans le souffle qui jaillit de ses profondeurs. S’interroger sur « à quoi sert l’art ? », c’est se demander si l’art apporte quelque chose d’utile à la société, s’il vient combler ses désirs, ses ambitions ? L’art est bien éloigné du vrai, et c’est apparemment pour cette raison qu’il peut façonner toutes choses : pour chacune en effet, il n’atteint qu’une petite partie de la réalité, et cette partie n’est elle-même qu’une belle apparence, un simulacre. Imiter est une tendance naturelle aux hommes. Ils apprennent à travers l’imitation, ils prennent plaisir aux représentations. L’art est naturel, il nous apporte par ce qu’il représente, une connaissance du monde. Il purifie le quotidien obstrué par la raison et la rentabilité. L’art est le moyen de revenir à la réalité innocente, à l’idée première, nue, sans toutes les affres de la nécessité, à revenir à une réalité plus haute.  L’Harmonie sauvera le monde  Il n’y a pas d’art sans artiste. L’artiste est celui qui se laisse transpercer par le Feu, qui écoute la nature résonner en lui. Fécondé par le vent, il révèle sa puissance, inondé par la caresse des couleurs, il les offre au monde dans un bouquet éclatant. Ouvert, transparent, l’artiste contemple l’âme des choses lui révéler leur secret. Il régénère des Vérités éternelles, sème des germes vivants pour les générations futures. L’intuition, la spontanéité, l’authenticité, le désir de se surpasser, de se donner sont des qualités qui accompagnent l’artiste qui pacifie le monde, en lui révélant des images de beauté. L’Harmonie sauvera le monde. L’artiste exprime par le biais de l’art, des émotions, des pensées, des rêves : bien qu’étant une réalité matérielle, l’œuvre transcende la simple réalité sensible ; il ne s’agit pas de la répétition d’un quotidien mais de la maîtrise du geste qui le rend unique. L’art est pour l’homme un moyen pour mieux percevoir et représenter son monde. L’art est aussi un régulateur des peurs et des désirs d’une société ;  il canalise des normes et des valeurs qu’elle s’est imposée. L’art tend à sublimer le « bon », le « bien » par de multiples allégories, en faisant passer l’œuvre vers une représentation positive. L’art donne à son auteur la conscience qu’il participe et parachève la Création, qu’il devient en quelque sorte cocréateur. L’art mondain, loin d’être inutile, est un moyen et un but pour l’homme, lui permettant de se développer et d’échapper au réel. Une certaine forme d’art embellit notre perception du monde. Personnellement, je suis engagé dans une approche d’art sacré.  Quel est le rôle de l’art sacré ? Le sacré peut s’exprimer par une multitude de facettes, dont l’art. L’art sacré n’est pas l’art pour l’art qui porte l’empreinte de son auteur. L’art sacré n’est pas l’art religieux qui est un acte de foi lié à une croyance. L’art sacré n’est pas l’art symbolique qui nécessite l’initiation à une connaissance secrète. L’art sacré n’est ni académique, ni classique, ni abstrait, ni naturaliste. Il est une théophanie, une révélation ! Sa manifestation n’est pas liée à l’œuvre mais à la présence. Cette présence n’est pas celle de l’artiste mais celle du Tout-Autre. L’œuvre porte dans son sein l’empreinte de l’esprit qui l’anime. L’art sacré n’est pas lié à la matière utilisée (l’or ou la pierre précieuse). Il se manifeste dans la majesté du simple, il rend visible l’invisible qui anime l’œuvre de l’intérieur, dans une transcendance immanente ! Avant d’aller plus loin, prenons un exemple : pourquoi n’y a-t-il qu’un seul Gérard Philipe ? Il ne suffit pas de déclamer le texte de Corneille dans le costume de Rodrigue, de suivre la mise en scène de Jean Vilar dans les décors du palais des Papes en Avignon pour devenir le Cid. Le texte comporte des mots dont chacun est une enveloppe ouverte, offerte. L’acteur dépose à l’intérieur du mot un souffle qui le dynamise. Le souffle contient subtilement tout ce qui est la substance même de l’artiste : l’émotion, la puissance, la sensualité, le rythme, l’intensité… mais aussi l’espace, la lumière, l’époque, le public… Une même scène ne peut pas se répéter d’une façon identique chaque soir, ou dans des lieux différents. Le secret de l’acteur n’est pas dans le visible mais dans la puissance de son souffle qui dynamise la lettre, rendant le texte vivant. Nous touchons le sublime mais pas encore le sacré. Il faut qu’il s’accomplisse une conversion, une métanoïa, pour réaliser le passage du profane au sacré. Si l’artiste se contente de rendre vivant le texte, il manifeste son talent, il révèle des prouesses techniques, il affirme sa personnalité avec brio. Mais pour s’ouvrir au sacré, il faut franchir une étape décisive, celle de l’humilité, celle de la conversion du cœur. Dans le sacré, l’acteur s’efface devant le personnage. Il devient en quelque sorte transparent à l’être qui l’anime. Il incarne la présence subtile du personnage, le rendant palpable, réel. L’art sacré n’imite pas la réalité, il respire avec elle L’art n’est pas une langue comme le sont le français, le russe ou le grec… qui sont incompréhensibles pour celui qui ne les parle

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Françoise 13 novembre 2016 Aucun commentaire
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