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Extrait d’article

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Compléments Revue Reflets

Extrait d’article

Compléments Revue Reflets

Extrait d’article
Temps libres et loisirs
Françoise

Temps libres et loisirs, Interview de Jean Viard

Temps libres et loisirs Interview de Jean Viard Jean Viard est directeur de recherches CNRS au CEVIPOF (Centre de recherches politiques de Sciences Po). Diplômé en économie, docteur en sociologie, un de ses domaines de spécialisation concerne les temps sociaux dont les vacances et le temps libre. Ancien président des groupes de prospective tourisme au Commissariat au Plan et à la DATAR (délégation interministérielle à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale), il est conseiller aux entreprises et aux collectivités territoriales. Conférencier, il est également l’auteur de nombreux ouvrages, dont le dernier, Quand la Méditerranée nous submerge, éd.L’Aube, paru en 2017. Le temps libre augmente-t-il actuellement ? Oui, car l’espérance de vie moyenne, environ 700 000 heures en Europe, augmente et la part du travail, environ 70 000 heures, diminue. Il y a à peu près un siècle, le temps de vie était de 500 000 heures et la durée moyenne du travail de 200 000 heures. Sauf catastrophe écologique toujours possible, l’espérance de vie d’un enfant qui naît aujourd’hui sera d’environ 800 000 heures, et il n’est pas prévu, a priori, d’augmentation de la durée du travail dans les 50 ans qui viennent. En moyenne, on gagne trois heures de vie par jour et on dort trois heures de moins qu’il y a un siècle. L’équilibre de la journée a beaucoup changé parce qu’évidemment on travaille moins. Y a-t-il une corrélation entre l’augmentation du temps libre et les loisirs organisés ? Dans une vie, nous passons environ 100 000 heures devant la télévision. Travailler et étudier prennent autant de temps et travailler, étudier et regarder la télévision est équivalent au temps passé à dormir. Maintenant, la télévision peut être considérée comme un loisir. Si on prend un autre indicateur, celui de l’évolution des départs en vacances qui est une activité typique de loisir, 60 à 70 % des gens partent en vacances depuis à peu près 25 ans. Les activités culturelles (entrées dans les musées, les théâtres, l’opéra…), sont accessibles à moins de 20 % environ de la population. La démocratisation de tous les loisirs est en fait extrêmement inégale. Certains loisirs restent coûteux et dépendent alors de votre bonne fortune. C’est une activité totalement privée. Il est très compliqué de mesurer les choses et il est clair qu’il y a des inégalités en matière de loisirs et il n’y a pas de politique du temps libre. En effet il y a des loisirs coûteux mais il y a aussi des loisirs simples comme la récupération physique, le repos, la plage… Je ne mesure pas les différents temps libres parce qu’il y a des gens pour qui un dîner en famille est un loisir. Si vous prenez l’activité d’aller à la plage par exemple, qui est très liée à l’endroit où l’on habite, elle s’est extraordinairement démocratisée simplement parce que les gens vivent à proximité. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles le taux de départ en vacances stagne. Les plages ont été embellies dans beaucoup de villes et du coup leurs habitants s’y rendent quasiment tous les jours. Et ainsi peut-être ne partent-ils pas en vacances. Dans un autre domaine, on constate que les ventes de livres n’ont pas cessé d’augmenter en France depuis un siècle. Les bibliothèques se sont développées. Et puis, il y a toute l’activité associative. (…) Les loisirs reflètent-ils notre société ? La société que l’on a connue au XIXe siècle était tournée vers le travail avec la révolution industrielle. Les sociétés antérieures n’étaient pas structurées par le travail car celui-ci n’était pas partagé entre tous les groupes sociaux. Certains travaillaient beaucoup. Par exemple sous Napoléon, un homme travaillait 70 % de sa vie éveillée contre à peu près 15 % aujourd’hui. D’autres ne travaillaient pas hors domicile comme la plupart des femmes. Leur rôle était de s’occuper de leur maison et de leurs enfants. Il n’y avait pas de machines et les tâches ménagères prenaient beaucoup de temps. On pourrait presque dire qu’aujourd’hui, travailler est un objet de distinction. Les femmes ont gagné leur autonomie. En 40 ans, le nombre de celles qui travaillent est passé de 50 à 80 %. Au fond, la part des différents temps a changé : les études sont plus longues, il y a la retraite, et les femmes sont entrées massivement sur le marché du travail. De 25 à 60 ans, 80 % de la population travaille. Ceci pose d’ailleurs le problème de nos sociétés où l’on fait tout en même temps : on fait des enfants, on achète sa maison, et l’homme et la femme travaillent. C’est un modèle qui n’a jamais existé dans l’histoire de l’humanité. Ce mouvement va s’accélérer parce que les études sont en cours d’allongement. Le taux d’emploi des femmes va probablement augmenter encore dans les années qui viennent et puis l’âge de la retraite va revenir à 65 ans. Mais en même temps, on va gagner beaucoup plus en espérance de vie : 82-85 ans actuellement, contre 65 ans en 1945. Le temps libre, c’est aussi celui de la religion, de la vie intime, de l’affection. Le travail n’est plus qu’une petite partie de la vie des gens. Très rare est celui qui habite à côté de son travail et donc très rare est celui qui est défini par son travail dans son quartier. Auparavant, il y avait les quartiers rouges à côté des usines, les quartiers de bourgeois au premier étage au-dessus des commerces. Cette organisation a changé en 50 ans. L’essentiel des ouvriers français habitent à la campagne. Donc, statistiquement, ils sont à la campagne mais dans la réalité, ils sont dans le tissu industriel péri urbain. Donc le phénomène de la mobilité et de la distance joue beaucoup dans les analyses. Celui qui est postier, par exemple, parce qu’il a un très beau jardin dans son quartier ne sera pas connu comme postier, mais comme celui qui a un beau jardin. Comment voyez-vous l’arrivée massive des écrans, d’internet ?Cela ne modifie-t-il pas les modalités des loisirs ?

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Françoise 18 juillet 2017 Aucun commentaire
Roger McGowen
Françoise

Roger McGowen, un sur-vivant

Roger McGowen, un sur-vivant   Roger McGowen, Pascal et Béatrice Bernard Roger McGowen a passé 30 ans dans le couloir de la mort au Texas pour un meurtre qu’il n’a pas commis. Sa seule erreur est d’avoir reconnu sa culpabilité après 6 heures d’interrogatoire, suite à la promesse qu’il avait faite à sa mère, juste avant de mourir, de prendre soin de son frère aîné, Charles, délinquant récidiviste. Il avait eu l’espoir, un instant, que cet aveu aiderait son frère à revenir dans le droit chemin et que ses alibis, son travail et sa réputation le disculperaient. Il pensait aussi que son frère avouerait le moment venu. Malheureusement, celui-ci s’est fait tuer dans un braquage peu de temps avant la condamnation à mort de Roger. La justice texane donnant bien peu de chances à ceux qui sont nés dans une famille pauvre du district 5 de Houston, Roger eut un procès bâclé, et les portes du couloir de la mort se refermèrent sur lui en 1987. Il était désormais le condamné à mort numéro 889 et sa vie allait prendre une tournure qu’il n’aurait jamais pu imaginer. Roger a accepté le deal Une dizaine d’années plus tard, un petit groupe de personnes, émues par son histoire, commencèrent à correspondre avec Roger. Quand celui-ci apprit sa date d’exécution, ils contactèrent Pierre Pradervand, un écrivain suisse, connu pour défendre des causes difficiles. Une amitié s’installa rapidement entre les deux hommes, Pierre ayant découvert en Roger un homme bon et remarquable. Il embaucha un avocat, Anthony Haughton, spécialisé dans les condamnations à mort. En charge de la défense de Roger depuis bientôt 15 ans, il remporta tous les appels dans le but d’obtenir un nouveau procès que la Cour suprême des États-Unis accordera en 2013. Cependant, les chances de gagner ce procès sont très faibles : c’est en effet la même cour du Texas que celle 27 ans plus tôt qui doit rendre à nouveau son verdict. Bien qu’il n’y ait aucune preuve de la soi-disant culpabilité de Roger, hormis son aveu sur lequel il est d’ailleurs revenu, son avocat n’a malheureusement pas pu prouver son innocence de façon irréfutable. Aussi, devant le risque d’être recondamné à mort, Roger a accepté le deal proposé par le procureur de l’État du Texas, consistant à faire 20 années supplémentaires de prison. Roger a donc quitté le couloir de la mort, en 2016. Il est maintenant incarcéré à Wynne Unit à Huntsville. Son avocat travaille désormais à l’obtention d’une réduction de peine tout en continuant à essayer de prouver son innocence. Ne pas devenir fou Alors que tout poussait Roger à haïr un système et des hommes qui ne lui avaient donné aucune chance il y a trente ans, il commença un long travail sur lui-même qui allait le conduire pas à pas vers le pardon. Il le fit tout d’abord pour ne pas devenir fou et désespéré devant tant d’injustice. Puis après quelques années, alors qu’il sentait toujours la haine l’envahir à chaque nouvelle brimade, il décida que plus rien ni personne ne le conduirait désormais à succomber à ce sentiment. Il prit alors l’engagement de garder le contrôle de ses émotions et de sa vie. Ne plus sombrer dans une rage dévastatrice pour lui et pour les autres était le seul moyen de ne pas mourir, consumé par sa propre haine, avant que l’exécution prévue par injection ne l’emporte. Pierre Pradervand écrivit deux livres 1 regroupant les lettres que Roger avait échangées pendant plusieurs années avec d’autres amis. Un magnifique documentaire, primé à plusieurs reprises, fut également tourné par Nicolas Pallay 2. Toutes ces démarches permirent de faire connaître Roger et son incroyable message d’amour. Les frais de justice, pour essayer de prouver son innocence et le faire sortir du couloir de la mort, furent financés par des conférences, par la vente des livres et du film, mais aussi par de nombreux dons. Puis ce fut au tour de Bernard Montaud, un écrivain conférencier français, d’être bouleversé par Roger et plus particulièrement par sa capacité à pardonner et à aimer. Il fonda alors, avec quelques amis, le Comité français de soutien à Roger McGowen, aidant ainsi Pierre Pradervand dont les frais de défense devenaient de plus en plus importants. C’est alors que Pascal et Béatrice Bernard, des pilotes de ligne français qui allaient régulièrement à Houston, entrèrent dans le Comité de soutien et participèrent activement à l’aide apportée à Roger. Jusqu’à présent, Pierre et certains de ses amis européens venaient le voir une fois par an. Pascal et Béatrice, en lui rendant visite tous les mois, prirent progressivement une place prépondérante dans sa vie. Une amitié profonde se tissa entre eux au fil des ans. On peut toujours décider de sa vie Aujourd’hui, tous trois partagent mensuellement deux visites de quatre heures dans le parloir. Ensemble, ils tentent de devenir meilleurs et d’apporter du sens à leur vie. Alors que leurs expériences au quotidien sont aux antipodes : Roger, cloîtré dans une cellule de deux mètres sur trois, 23 heures sur 24 depuis des années, tandis que Pascal et Béatrice sillonnent la terre à longueur d’année avec une liberté incroyable, ils découvrent ensemble qu’ils ne sont pas si différents. Bien souvent, ils ont des difficultés de même nature : comment se pencher sur ses douleurs sans accuser continuellement les autres d’en être responsables ? Comment accéder au pardon envers autrui lorsqu’il nous blesse ? Ils réalisent tous les trois que c’est la clé vers la liberté intérieure, que l’on soit d’un côté des barreaux ou de l’autre. Ils découvrent aussi que l’on peut toujours décider de sa vie où que l’on soit et que l’on souffre finalement d’une seule chose : être inutile aux autres. C’est le chemin qu’ils tracent ensemble aujourd’hui, instant après instant, visite après visite, dans la nouvelle prison de Roger. En vue de la révision du procès, pour l’envoi des dons : www.lesamisderogermcgowen.org Rester en vie Roger McGOWEN Qu’est-ce que pardonner ? Il est dit que le pardon est

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Françoise 7 juin 2017 Aucun commentaire

Le pardon, clé du vivre ensemble,

Le pardon, clé du vivre ensemble Philippe Dautais Père Philippe Dautais est prêtre orthodoxe (Patriarcat de Roumanie). Fondateur et co-responsable avec son épouse Elianthe du Centre Sainte-Croix en Dordogne, il y anime des sessions et retraites depuis 30 ans. Il enseigne notamment une pratique de la voie spirituelle chrétienne dans l’héritage de la tradition philocalique et hésychaste, laquelle exprime l’essentiel de l’expérience chrétienne du premier millénaire. Il est délégué à l’œcuménisme pour la région sud-ouest par l’Assemblée des Evêques Orthodoxes de France (AEOF) et impliqué depuis 18 ans dans le dialogue inter-religieux. Le père Philippe Dautais définit le pardon comme une ouverture du regard et du cœur. Il est le fruit d’un chemin intérieur qui conduit à la réconciliation avec soi-même et avec l’autre. Le pardon est un acte d’amour gratuit qui n’attend pas la réciprocité, mais permet cette réconciliation. Prier « pour ceux qui nous maltraitent » comme nous y invite le Christ permet de les rencontrer en profondeur, dans leur grandeur et leurs failles. Qu’est-ce que le pardon ? L’idée que l’on se fait du pardon est trop souvent réduite à des clichés ou à des conceptions erronées. On pense que le pardon c’est « passer l’éponge », excuser, minimiser la faute, trouver des circonstances atténuantes ou encore accorder sa pitié à une personne pour laquelle nous n’avons pas une grande considération. Or, le pardon est l’expression de l’amour et le fruit d’un chemin intérieur qui conduit vers la réconciliation avec soi-même et avec l’autre. Il est une voie royale vers l’unité, vers la pacification du cœur et la possibilité de rompre avec l’enchaînement et le déchaînement de la violence. Le pardon est une clé pour le « vivre ensemble ». Le pardon rime avec vérité En premier, le pardon rime avec la vérité, la vérité des faits, de l’agression, de l’offense, du préjudice. Le pardon n’est pas oubli. L’oubli est en général lié aux tendances à l’évitement, au refoulement ou encore à l’indifférence. On préfère oublier plutôt que de se confronter à des réalités ou à des souvenirs qui dérangent. L’évitement conduit au pardon des lèvres, au pardon superficiel mentionné plus haut, où la relation de l’agresseur à nous-même n’est pas assumée. Le pardon véritable, au contraire, aide la mémoire à guérir. Celui qui ne veut pas faire mémoire du passé reproduira les mêmes erreurs dans le futur. La mémoire nous aide à prendre en compte l’expérience passée pour être plus apte à assumer l’avenir. Sur le plan collectif, l’histoire nous offre plusieurs exemples. Le plus marquant pour nous, en France, est celui de la réconciliation de la France avec l’Allemagne, fondée sur la reconnaissance et la mémoire des faits, ce qui a motivé la construction d’une Europe de la paix. Le pardon, par la reconnaissance du mal subi, permet de rompre avec la logique mortifère La parole est nécessaire à la vérité. Il est essentiel que la victime soit entendue dans sa souffrance, qu’elle puisse dire ce qu’elle a vécu. Cette phase lui permettra de se situer par rapport aux faits. L’incapacité à formuler l’offense subie, à nommer l’agression, – par exemple le harcèlement moral, sexuel, le viol,…-, peut évoluer en culpabilité. Une victime qui ne peut dire le mal subi tend à considérer qu’elle est responsable de ce qui lui arrive. Si cette personne est fragile, elle se laissera gagner par un malaise intérieur, une confusion mentale, puis la culpabilité qui peut dégénérer en processus d’autodestruction. On se fait mal à cause du mal subi. Ce processus a été bien mis en évidence dans le dossier de la maltraitance. Pour résumer en une phrase un sujet qui mérite notre attention : un adulte qui peut nommer en quoi il a été maltraité dans son enfance ou son adolescence ne deviendra pas forcément maltraitant. Celui qui n’a pu reconnaître cette maltraitance pour divers motifs, notamment la loyauté vis-à-vis de ses parents, deviendra presque à coup sûr un maltraitant. Le pardon, par la reconnaissance du mal subi, est la possibilité de rompre avec la logique destructrice ou mortifère. Il est la promesse d’un avenir autre qui ne soit pas la reproduction du passé par l’ouverture de la conscience et le chemin de transformation intérieure qu’il suscite. Ce chemin implique la notion clé de « désidentification ». Le pardon se conjugue avec la condamnation des actes destructeurs, non de leurs auteurs. Le pardon s’adresse à la personne. Il n’est pas la négation des faits ou de l’agression, mais la réhabilitation de la personne associée à la condamnation des actes violents ou des paroles agressives. Notre tendance habituelle est de juger l’autre. Juger signifie identifier l’autre à ce qu’il a dit ou à ce qu’il a fait. Juger, c’est enfermer la personne toute entière dans une action : il a volé, donc c’est un voleur, il a tué, donc c’est un tueur, il a raté son examen, donc il est nul. Souvent, nous entendons dire : « Il est comme ceci, elle est comme cela ». La personne est cataloguée, cela « lui collera à la peau ». Le pardon, au contraire, est ouverture du regard et du coeur, il est l’expression de l’amour. La bienveillance pour la personne ne supprime pas la nécessité de la sanction. En faisant cette distinction, on ne condamne pas la personne, mais les actes qui ont été préjudiciables au vivre ensemble, donc à la vie sociale. Cette « désidentification » offre à l’auteur du préjudice la possibilité d’une prise de conscience pour un changement de comportement et met en évidence la dimension pédagogique de la loi. La loi pose les limites nécessaires de la vie sociale, limites qui sont au service de la structuration des êtres et de leur édification. La loi a pour vocation de nous conduire vers la conscience de l’autre, vers le respect de l’intégrité de la personne. Comment faites-vous pour pardonner ? Disons-le clairement : le pardon n’est pas d’ordre psychologique, mais spirituel. Le pardon suppose de renoncer à la volonté d’avoir raison, de renoncer à toute rumination

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Françoise 29 mai 2017 Aucun commentaire
Professeur Henri Joyeux
Françoise

Professeur Henri Joyeux, un lanceur d’alerte

Professeur Henri Joyeux, un lanceur d’alerte Henri Joyeux est professeur honoraire de cancérologie et de chirurgie digestive à la faculté de médecine de Montpellier. Déjà connu pour ses importants travaux sur la chirurgie du foie et la régénération, les insuffisances digestives, l’alimentation et la prévention du cancer, il a lancé en 2015 une pétition demandant le retour du vaccin DT-Polio simple sans aluminium pour nourrissons, devenu introuvable. Cette pétition est signée à ce jour par 1 090 900 personnes. Avec pour conséquence sa radiation de l’Ordre des médecins en juillet 2016, dont il a fait appel, suspendant ainsi l’application de cette décision. Il considère en effet que sa mission de médecin est de protéger la santé des patients. Et donc d’alerter sur des dérives thérapeutiques dangereuses propagées dans les médias à travers des publicités ou des allégations trompeuses, à but essentiellement commercial. Il vient de publier Lutter contre le stress, un remède anti-cancer, aux éditions du Rocher. Vous militez sur de nombreux sujets tant médicaux que sociétaux. Quelles sont les convictions fermes auxquelles vous ne dérogez pas ? Ma passion, c’est l’anthropo-logique, en deux mots. S’il y a une anthropologique, il y a une anthropo-illogique, à savoir que l’homme peut être dans des situations contraires à son bien.  Qu’est-ce que la logique et l’illogique ? Quand vous êtes dans le domaine de la santé, comme je le suis, vous arrivez à comprendre ce qui ne va pas quand des organes sont malades. Dans un livre intitulé Le Onzième commandement paru en 1992, André Glucksmann a développé une idée qui m’avait frappé : connaître mes faiblesses, être conscient de toutes les conneries dont je suis capable, pour en faire moins. Car si je n’en suis pas conscient, je vais faire des erreurs. Par exemple, si je suis conscient de l’utilité de ma main droite, je vais faire attention à ne pas la casser. Si je suis conscient de mon foie, je vais le respecter, en sachant que mon foie se régénère tous les ans (ce que savent peu de personnes). Mais si je l’abîme avec de l’alcool, des produits toxiques, des médicaments inutiles ou de la drogue, au lieu de vivre entre 100 et 120 ans – durée de vie à laquelle tout humain peut prétendre à sa naissance, à mon avis – je n’atteindrai ni cet état ni ce temps. Comprendre ce qui est bon pour l’être humain m’a pris du temps. J’aime la pédagogie qui consiste à vérifier que ce qu’on a dit a été bien compris. Si mon enseignement est excellent, mais que les gens comprennent l’inverse, cela ne peut pas coller. Donc, je donne de nombreuses conférences, suivies d’un temps de questions plus important que celui de la conférence elle-même, pour vérifier si les gens ont pigé ce que j’ai dit et où ils en sont. Le grand public peut m’apprendre  beaucoup, plus parfois qu’un prix Nobel. La vérité se cherche, il faut du temps pour la trouver, un siècle n’y suffit pas. Ce qui suit après la mort permet de la trouver au-delà. Mais donner la vérité avant son départ, quel qu’en soit l’âge, personne n’en est capable. C’est mon point de vue. Votre point de vue sur la vaccination, est-ce important pour vous ? Extrêmement important. Je suis un citoyen respectueux de l’État. La loi rend la vaccination des enfants obligatoire avant deux ans – ce qui est logique pour trois maladies : la diphtérie, le tétanos, la polio. Mais l’imposer à tout le monde, cela peut être discutable aujourd’hui, parce qu’il n’y a plus de diphtérie, moins de polio et qu’il y a encore du tétanos. En revanche, certains enfants peuvent en avoir vraiment besoin, des enfants réfugiés par exemple qui arrivent dans des états de santé catastrophiques. C’est donc imposé par la loi, je la respecte. Cependant la loi est aussi faite pour évoluer, donc ce serait bien qu’elle évolue. Mais les ministres – Roseline Bachelot à droite ou Marisol Touraine à gauche – et leurs conseillers sont dépendants des lobbies et de l’empire vaccinal, et je pèse mes mots. Un empire vaccinal est un empire de pouvoir et d’argent qui peut acheter des décisions, des experts, etc. Ainsi, 40 % au moins des experts des comités de vaccination ont des liens d’intérêts avec l’empire vaccinal. Comme experts, leur avis a valeur de parole « évangélique », les autres 60 %, considérés comme non experts, n’ont alors qu’à se taire. Voilà comment cela se passe. Je connais bien le sujet. La ministre veut me faire taire : croyez-moi, elle n’y arrivera pas. Je serai plus longtemps médecin qu’elle ne sera longtemps ministre ! N’y a-t-il pas là un aspect fondamental d’aliénation de la liberté ? Oui, c’est évident. Il faut considérer la maladie dans ce qu’on appelle « les pathologies de groupe ». Si demain un nouveau virus risque de tuer un certain nombre de personnes et que le vaccin existe, il faut l’imposer à la population pour que les gens en bonne santé se protègent les uns les autres. Mais le problème, c’est que l’Institut de veille sanitaire est composé d’experts liés à Big Pharma. Big Pharma est un véritable empire dont l’intérêt est de considérer que les gens en bonne santé sont plus nombreux que les malades. Si vous êtes en bonne santé, Big Pharma va vous dire : « Vous arrivez à un certain âge, vous risquez un accident vasculaire cérébral, vous allez avoir la ménopause, prenez ce médicament préventif. » Donc, Big Pharma soigne les gens malades, comme il se doit. Mais en même temps, il propose des statines contre le cholestérol, en paramétrant le taux maximum de cholestérol à 2 grammes par litre au lieu de 3 grammes. Donc, si vous êtes entre 2 et 3 grammes, vous devez vous soigner, prendre un médicament. De même, on paramètre le bon taux de vitamine D à 40 : tant que votre taux n’est pas à 40, on vous propose de prendre de la vitamine D en comprimés, en

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Françoise 22 mai 2017 Aucun commentaire
La vérité de l’expérience
Equipe de rédaction Reflets

La vérité de l’expérience, Interview de Sofia Stril-Rever

La vérité de l’expérience Interview de Sofia Stril-Rever La vie de Sofia Stril-Rever, née au Maroc, est marquée par les voyages. Proche de soeur Emmanuelle, elle signe plusieurs livres avec elle. Elle est la biographe française du dalaï-lama. Elle est également co-auteur du film Dalaï-lama, une vie après l’autre, Arte 2008. Enseignante spirituelle, elle guide des retraites de méditation et de mantra yoga, donnant aussi des récitals de mantras sacrés. Co-directrice du portail internet BuddhaLine, elle anime le programme « Vivre la paix et la guérison intérieure » à Menla Thödöl Ling, « Le Jardin du Bouddha de Médecine », centre situé dans la vallée de l’Eure près de Paris. Elle est également l’initiatrice du programme « Droit et Conscience » avec le Barreau de Paris, en tant que porte-parole fondatrice de l’association Paix & Responsabilité Universelle. www.responsabilite-universelle.org Enfant, aviez-vous une prédisposition à la vie intérieure ? Toute petite, j’ai eu la chance d’être élevée par un grand-père merveilleux, simple et bon, un homme de la terre avec toutes ses valeurs, un héros anonyme de la Résistance. Il n’avait pas beaucoup de livres : une encyclopédie de l’histoire de France, la Bible. Il affectionnait particulièrement l’Évangile de Saint Jean. Comme j’étais malade et qu’il ne savait pas trop comment m’occuper, il m’a appris à lire. Ainsi, à l’âge de 4 ans, je savais lire et écrire. J’ai été fascinée par cet Évangile que je connaissais par coeur puisque j’avais appris à lire en le découvrant. Pour moi, c’était LE livre, le seul. L’histoire de Jésus me fascinait. Toute petite, j’aimais les livres que je trouvais captivants. Ils communiquent en effet avec l’invisible. Ensuite, par ma famille, j’ai rencontré sœur Emmanuelle, étonnée de voir cette petite fille qui lui récitait par cœur l’Évangile de Jean. J’ai de beaux souvenirs de sœur Emmanuelle avec laquelle j’avais le soir, des conversations, d’enfant bien sûr. Elle a toujours su se mettre à la portée des enfants et des personnes qu’elle rencontrait. Elle a apporté dans ma vie quelque chose de magnifique. Elle a été mon premier maître-guide spirituel, et je l’ai retrouvée ensuite quand j’avais 17 ans. J’avais réussi à obtenir l’argent du billet d’avion, à arracher de mes parents l’autorisation pour aller la rejoindre au Caire. Ce fut là aussi une rencontre fabuleuse, au moment où j’avais d’autres questions sur le monde. Elle n’était pas encore connue ni médiatisée. Mais elle était en plein dans cette oeuvre incroyable qu’elle a entreprise au Caire. J’étais vraiment guidée depuis toujours par cette quête spirituelle. Je n’imaginais pas à cette époque que j’irais un jour à Dharamsala. Je connaissais très peu l’histoire du Tibet, du dalaï-lama. Je n’avais aucune raison d’y aller. J’ai eu l’intuition qu’il fallait que je m’y rende, c’est tout. C’était en 1992. J’y suis arrivée le Samedi saint, et le lundi de Pâques, je me suis trouvée sur le chemin du dalaï-lama. Il est venu vers moi et il y a eu un contact. J’ai ressenti beaucoup de choses, mais je n’étais pas prête. Mon parcours ne m’avait pas encore préparée à entrer sur la voie du bouddhisme tibétain. Je suis retournée en Inde en 1997. Entre-temps, des graines avaient été semées : je m’étais mise toute seule à étudier le sanscrit. Ce fut vraiment une reconnexion avec mes mémoires antérieures. J’ai commencé à traduire pour des lamas tibétains peu après 1992. En 1995, j’ai traduit pour Sa Sainteté Sakya Trinzin, guide de l’école sakya du bouddhisme tibétain, quand il est venu à Paris. Je lui ai posé beaucoup de questions sur le corps subtil, sur les canaux énergétiques, les chakras. Il m’a dit : « Toutes les réponses sont dans un livre intitulé Le Tantra de Kalachakra… Puisque  tu étudies le sanscrit, ce serait bien que tu traduises ce texte. ». Il avait été traduit en mongol et en tibétain, mais jamais en langue occidentale. Là aussi, j’ai suivi mon intuition. En quête de ce texte rare, j’ai rencontré à Rome un grand orientaliste qui m’a indiqué : « Ce livre, tu le trouveras à Sarnath, près de Bénarès en Inde centrale, dans une grande bibliothèque reconstruite par des lamas tibétains et les pandits indiens, des érudits qui connaissent le sanscrit ». Donc, je suis allée à l’Institut des Hautes Études tibétaines de Sarnath, un lieu totalement dédié à la sagesse. La bibliothèque m’a paru extraordinaire, avec ses livres enveloppés dans des brocarts, ces tissus brodés d’or et d’argent de couleurs différentes. J’y ai trouvé le texte que je cherchais. Puis, un pandit indien m’a donné les bases et les clés linguistiques de compréhension du texte, mais j’avais besoin d’approfondir. L’unité de mesure cosmique est la respiration humaine Matthieu Ricard devait me faire rencontrer à Katmandou, un lama qui pouvait m’introduire au sens profond du texte. Mais le directeur de cette université tibétaine, – c’était Samdhong Rinpoché, compagnon d’exil du dalaïlama depuis la première heure qui fut Premier ministre du gouvernement tibétain en exil de 2001 à 2011-, m’a dit : « Ce n’est pas à Katmandou qu’il faut aller, mais à Dharamsala ». Je m’y suis donc rendue pour la deuxième fois, car je n’y étais pas retournée depuis 1992. Il avait demandé à un lama très âgé de me recevoir danstous les matins. En fait, ce monastère était à deux pas de celui du dalaï-lama, et ce lama était lui-même un maître de celui-ci qui lui avait donné la transmission ésotérique du Tantra de Kalachakra. Donc là, j’ai reçu une transmission du sens profond de ce texte sur les corps subtils. C’est un livre d’une intensité inouïe où tout – le monde, les planètes – est calculé en cycles de respirations humaines : l’unité de mesure cosmique est la respiration humaine. Mon maître, un yogi, un être vraiment extraordinaire, avait passé près de vingt années en retraite. Il pouvait, sans quitter son corps et grâce à ses pratiques du souffle, connaître les positions des planètes en fonction du transit des souffles internes sur ses chakras. Je l’ai vu

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Equipe de rédaction Reflets 16 mai 2017 Aucun commentaire
Pardonner
Françoise

Pardonner, aimer, une autre vie, Meena Goll

Pardonner, aimer, une autre vie Meena Goll Infirmière en pédopsychiatrie pendant 10 ans, Meena Goll devient ensuite psychothérapeute en gestalt et analyse jungienne. Elle se consacre aujourd’hui à l’accompagnement de ceux qui se sentent prêts au changement et à créer leur vie au lieu de la subir. Elle donne des conférences et anime des séminaires. Formatrice en libération des mémoires cellulaires, elle est une des pionnières en France de la méthode Access Consciousness. Auteure du livre Apprivoiser le pardon, éd. Le courrier du livre. www.meena-compagnon.com Comment évoquer le pardon sans parler de la gratitude ? La gratitude d’être là avec vous qui cherchez à aller au-delà des apparences. La gratitude du chemin parcouru envers et contre tout. La gratitude de cette conscience qui grandit au fur et à mesure de la traversée des épreuves. La gratitude de s’émerveiller devant la splendeur de la vie terrestre tout en pensant au grand passage avec sérénité. Ce passage que nous franchirons tous un jour ou l’autre mais dont la date butoir reste un mystère pour la plupart d’entre nous. Peut-on vivre l’expérience du pardon sans vivre celle de la gratitude ? Je ne le crois pas. Et pourtant, aussi curieux que cela puisse paraître, vu que j’ai publié un livre dont le titre est « Apprivoiser le pardon », je n’ai jamais cherché à pardonner. Un jour, sans que je m’y attende, le pardon est venu à moi. Ce jour-là, j’ai su dans mon cœur ce que signifiait « PAR DONNER ». Il m’a fallu un deuil terrible, celui de mes enfants, pour que tout bascule dans ma vie d’une façon irréversible. La nuit du 8 mai 1985, mes enfants ont disparu avec leur père dans l’incendie de notre maison. Pas un accident ! Un suicide orchestré parce que j’avais demandé le divorce ! Un de ces faits divers qu’on lit dans les journaux et qui semble ne jamais devoir nous concerner. Comment imaginer même de continuer à vivre ? Une histoire d’amour intense, de beaux enfants et puis le décalage entre moi qui deviens indépendante, plus autonome, plus mature, plus sûre de moi et un homme qui a du mal à me voir grandir, évoluer et ouvrir mes ailes. Un besoin qui s’est transformé en amour toujours présent mais moins fusionnel de mon côté et qui blesse narcissiquement cet homme qui a séduit mes 18 ans. Une névrose cachée à tous et qui se réveille brutalement par la réactivation d’une vieille blessure impensable. Un homme doux et bon qui commet le geste fatal avec la complicité d’un destin peut-être déjà tracé. Des concours de circonstances étranges, des synchronicités qui semblent avoir tout ficelé pour que ce drame aboutisse. Je ne m’appesantirai pas sur les détails de ces moments terrifiants. Les mots « pas mes enfants !! pas eux ! » que je hurlerai pendant des heures résonnent encore à mes oreilles. Comment entendre l’inacceptable ? Comment imaginer même de continuer à vivre ? C’est étonnant combien la vie est puissante ! Une descente aux enfers inéluctable ! Le gouffre devant moi. Les amis qui disparaissent, le travail que je ne peux plus assumer, la belle-famille qui me traite d’assassin, le médecin légiste et le commissaire de police qui m’interrogent comme si j’étais un suspect ! Le cauchemar ! Plus rien à quoi m’accrocher, aucune spiritualité, aucun psy ne peuvent adoucir la douleur. Même pas de colère ! Je la contacterai plus tardivement quand le chagrin aura parcouru toutes mes cellules et que je ferai le choix de vivre avec la force de celle qui n’a plus rien à perdre. C’est étonnant combien la vie est puissante ! Elle tisse des chemins nouveaux à notre insu pour peu que le choix de vivre crée la vibration nécessaire à cette magie de se lever jour après jour. (…) Il va me permettre de choisir de vivre. JE CHOISIS pour que mes enfants ne soient pas morts pour rien ! Ce rien devant moi, ce non-désir de perdre mon temps me poussaient à aller à l’essentiel (…) D’une certaine façon j’étais en train de mourir à moi-même pour renaître de mes cendres. Chaque expérience prenait forme de chemin initiatique ! Quel paradoxe pour moi qui ne pratiquais aucune religion ni spiritualité ! J’avais beaucoup trop peur d’y perdre mon intégrité. Je n’ai jamais été une suiveuse. Je trace ma voie à ma guise en allant m’abreuver à des sources qui renouvellent mon énergie. Mais toujours, je continue mon chemin, sans dogmes ni consignes figées. De voyages initiatiques en thérapies non orthodoxes, de rencontres en rencontres, d’expériences en expériences, le chagrin, la colère se sont peu à peu éloignés, presque à mon insu. Les émotions accueillies ne m’avaient pas détruite et ceci, sans aucun support médicamenteux que j’avais toujours refusé. Vivre, oui ! Mais pas comme un zombie ! Des prises de conscience énormes m’avaient également sortie de la peau de la victime. J’avais compris peu à peu que l’univers vibratoire m’avait amenée à être active inconsciemment de ce drame. Je découvrais que nous portions en nous des mémoires cellulaires qui ne nous appartiennent pas et qu’il nous est donné de nettoyer. C’est ce que je faisais en dépassant cette épreuve au lieu de rester figée dedans, dans une impuissance destructrice. (…) Le pardon, c’est quand on réalise qu’il n’y a rien à pardonner (…) Je me retourne sur le chemin parcouru et une gratitude immense m’envahit dans tout mon être ; je pleure, je ris ! UN GRAND MERCI sort de mon cœur et enveloppe tous ces êtres que j’ai tant aimés et dont le départ m’a anéantie. J’observe le chemin parcouru. Je n’en reviens pas : guérie, je suis guérie ! C’est la fin du deuil et le début du véritable amour. Libérée du chagrin, je peux enfin aimer totalement ceux par qui je suis arrivée ici ! Le sens du mot « PAR DON » prend alors toute son ampleur. Le pardon, c’est quand on réalise qu’il n’y a rien à pardonner.

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Françoise 10 mai 2017 Aucun commentaire
Au-delà de la mort
Françoise

Au-delà de la mort, la vie !

Au-delà de la mort, la vie ! Jean-Jacques Charbonier Jean-Jacques Charbonier, né le 16 mai 1956, est un médecin anesthésiste réanimateur français, connu pour ses recensions de témoignages validant selon lui l’hypothèse de vie après la mort, l’expérience de mort imminente et l’existence d’une conscience indépendante de l’activité neuronale. Lors de ses conférences et dans son ouvrage, Les 7 bonnes raisons de croire en l’au-delà, il explique comment il est passé du rationalisme acquis au cours de son cursus universitaire à son adhésion aux hypothèses de la survivance de la conscience après la mort. Alors que vous vous destinez à devenir médecin généraliste, vous êtes confronté à un évènement particulier qui vous conduit à changer de cap pour devenir médecin réanimateur. Pouvez-vous nous en parler ? Je terminais mes études pour devenir en effet médecin généraliste et j’étais alors sur le point de racheter la clientèle d’un médecin traitant. Je me suis inscrit à un stage de SAMU au cours duquel j’ai vécu une expérience qui m’a fait comprendre que nous sommes  un esprit dans un corps. Avant cette expérience, je n’y croyais pas du tout. Comme tous mes collègues matérialistes, je pensais que la mort était le néant et que le cerveau était un organe qui fabriquait la conscience. Cette expérience en SAMU m’a prouvé le contraire. Alors que j’étais le seul médecin à intervenir sur un accident de la route, j’ai dû perfuser rapidement un jeune blessé coincé dans les tôles de la voiture pour empêcher l’arrêt cardiaque. Du fait de mon émotion et de mon incompétence, je ne suis pas arrivé à le piquer et il est mort sous mes yeux. Étant très près de son visage, j’ai vu la pupille se dilater et j’ai perçu une lumière qui émanait de ce regard mais j’ai surtout senti une présence qu’il est difficile d’exprimer avec nos mots terrestres mais qui m’a frôlé le visage sur la droite. C’était à la fois vivant et joyeux. C’est alors devenu une évidence pour moi : on est un esprit incarné et, au moment de la mort, cet esprit quitte le corps. Quand je suis rentré chez moi, ma décision était prise de ne plus être médecin généraliste mais réanimateur. J’ai voulu alors étudier ces fameuses expériences de mort imminente que l’on appelle maintenant expériences de mort provisoire. Je tiens beaucoup à cette nuance. On sait que dans les quinze secondes qui suivent l’arrêt cardiaque, on a un électroencéphalogramme plat. On a pu le mesurer et dans les conditions optimales de surveillance de l’activité cardiaque dans une unité de soins intensifs de réanimation, on a une période incompressible de deux minutes avant de faire repartir le cœur. Donc pour les cœurs réanimés en SAMU, sur la voie publique ou ailleurs, les quinze secondes sont passées. On peut donc dire aujourd’hui sans se tromper que toutes les personnes qui ont vécu un arrêt cardiaque ont bien été en mort clinique. Dans un certain nombre de cas, elles nous racontent ce qu’elles ont vécu. C’est une expérience complètement transcendante. De l’autre côté, on ne leur dit pas la valeur de leur compte en banque, ni combien de personnes les dirigent dans leur vie, c’est-à-dire toutes les valeurs de notre société matérialiste occidentale que l’on inculque à nos enfants, non. Un être de lumière leur demande : « Qu’as-tu fait de ta vie ? Qu’as-tu fait pour les autres ? ». Alors, je ne sais pas qui est cet être de lumière. Je ne fais pas de prosélytisme. Beaucoup de récits relatent qu’il y a cette confrontation : « Qu’as-tu fait de ta vie ? Qu’as-tu fait pour les autres ? » comme si le plus important sur cette planète était d’aimer les autres et de donner aux autres. Ce n’est pas du tout l’objectif traditionnel. Par conséquent, les croyants, ce sont les autres, les matérialistes. Il n’y a aucun livre qui s’intitule La preuve de la mort au néant. Les croyants sont ceux qui sont intoxiqués par ce dogme matérialiste, qui pensent que nous ne sommes que de la matière, et que, lorsque celle-ci meurt, il n’y a plus rien. C’est une croyance sans preuve. Est-il important de prouver scientifiquement qu’il y a une vie au-delà de la mort ? Les preuves existent déjà. Mon livre, Les 7 bonnes raisons de croire à l’au-delà, met en évidence les preuves scientifiques d’une vie après la vie. Seulement, on reçoit tant d’informations stipulant le contraire durant notre enfance, notre adolescence et plus tard, au cours des années universitaires que beaucoup de médecins pensent encore, par idée reçue, qu’il n’est pas possible de revenir de la mort. Il est quand même surprenant que des gens soient capables, avec un cerveau qui ne fonctionne plus ou presque plus, de décrire leur propre réanimation, ce qui se passe dans une autre pièce ou à des kilomètres de là, sans se tromper. Et même s’il y avait une activité résiduelle, elle ne pourrait pas expliquer un hyperfonctionnement. C’est comme si on disait qu’une voiture roule plus vite quand le moteur est au ralenti ou éteint. Ce serait bien alors la preuve que ce n’est pas le moteur qui fait avancer la voiture plus vite. Ici, on a un cerveau qui se comporte comme un récepteur qui capterait des informations depuis ce que j’appelle une conscience intuitive extraneuronale qui serait complètement dissociée de la matière comme le sont les « Iclouds » perçus par nos ordinateurs. Finalement, nos informations sont délocalisées ; elles ne sont pas dans un lieu géographique particulier. Pensez-vous que les matérialistes athées seront un jour convaincus ? Oui, je le pense. À force d’entendre ce discours, ils vont peut-être commencer à douter puis à changer leur point de vue, car leur discours matérialiste ne tient pas : le cerveau sécréteur de conscience, glande sécrétrice de conscience, comme le foie sécrèterait la bile, c’est tout simplement impossible. N’y a-t-il pas une expérience de foi, c’est-à-dire de transformation intérieure, qui donne le goût d’une vie au-delà de la

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Françoise 2 mai 2017 Aucun commentaire

Le GPS du bonheur, Tim Guénard

Le GPS du bonheur Tim Guénard C’est toujours un grand bonheur de retrouver Tim et Martine Guénard. Ils nous reçoivent, cette fois-ci chez eux, dans la montagne près de Lourdes, où ils ont accueilli tant de personnes en souffrance. L’histoire de Tim est incroyable. Non pas parce qu’il fut un enfant martyr, puis un délinquant et un marginal, mais parce qu’il est parvenu à se libérer de la haine en ayant trouvé le pardon. Il n’a de cesse de propager son message d’amour en sillonnant l’Europe. Qu’est-ce que pardonner ? C’est se déparasiter soi-même de ses rancunes, de ses séquestrations. Si on ne peut pas pardonner, c’est que l’on est prisonnier d’une histoire passée. Du coup, on s’empoisonne et on empoisonne les gens autour de nous. Le pardon est une façon de s’alléger. C’est un peu comme un voyage en montgolfière : si tu veux aller plus haut et plus loin, tu dois lâcher du poids et pour moi, le pardon, c’est ça. Si tu te trimbales tout le temps avec tes rancunes, tes tristesses, tes colères, qui sont les amis du non-pardon, tu te mets en état de pollution et tu vis, ce que j’appelle, des petites morts. Le jour où l’on découvre le pardon est déjà un grand cadeau. Découvrir la rancune ou la colère ne pose pas de problème. Quant à la tristesse, c’est presque une respiration naturelle. En revanche, découvrir le pardon, c’est comme si tu recherchais quelque chose dont tu ne connais rien. Le pardon est la plus belle découverte de ma vie. C’est le « déparasiteur » des temps modernes. Nos plus grands ennemis qui nous guettent et nous séquestrent sont les rancunes, les comparaisons, les colères, les « je n’oublierai pas », les « je ne veux plus le voir ». Le non-pardon crée des distances avec le bonheur. Et pardonner, c’est un outil pour s’en rapprocher. Quelle a été votre expérience fondatrice du pardon ? Ce sont les blessures avec mon papa qui ont pollué ma vie. La rancune, la colère étaient le moteur de ma vie. Je suis resté handicapé à cause de l’alcoolisme de mon père et je me suis dit que j’allais remarcher un jour pour aller le tuer. Mais, sans connaître Dieu ni même avoir d’apprentissage spirituel, il y avait un paradoxe en moi : j’avais beaucoup de colère mais en même temps, j’étais en tel manque d’amour que je rêvais que mes parents passent dans une machine à laver et qu’ils arrivent tout propres. Il y a des gens qui lavent leurs habits. Moi, j’avais envie de laver mes parents. C’étaient ces petits instants d’étincelles que je vivais, après de grands moments de colère. Sans le savoir, j’étais habité par les prémices de la foi, du divin, du beau, et nous le sommes tous, mais souvent, on refuse d’être beau à cause de nos blessures et de nos souvenirs. Alors il va falloir accepter, non pas de se plaindre mais d’aller faire un câlin au petit que l’on a tous été. Sinon, on va éprouver des manques et on n’est pas fait pour ça. Il y a les dates anniversaires de la naissance mais il y a aussi celles de tes souffrances et tant que tu ne deviendras pas leur ami, elles vont venir taper à la porte et prendre de plus en plus de place. Le pardon, c’est sculpter son devenir Le non-pardon peut être un moteur au démarrage. La haine, pour moi, c’était un moteur. Mais le moteur, il s’encrasse. C’est comme si tu roulais dans un tunnel avec beaucoup de circulation, les fenêtres ouvertes. Quand tu ressens de la colère, tu rencontres beaucoup d’autres personnes qui en ont également. On se retrouve alors tous dans le même tunnel, celui de la colère. On se pollue les uns les autres, et on donne de l’énergie à notre colère. On se donne des raisons d’être dans cet état et on est enfumé. Ça nous rend malade, c’est cela la pollution. Donc le pardon, c’est apprendre à devenir l’ami de sa propre histoire. Tu ne pourras jamais rien changer à hier mais ton bonheur se situe aujourd’hui qui prépare demain. Demain, ce n’est pas seulement le jour, ce sont aussi tes deux mains. Le non-pardon te conduit à des peurs et des manques de confiance. Le premier pardon avec soi-même, c’est de dire oui à son histoire. Et tout cela, vous l’avez trouvé tout seul ? Oui, sans faire exprès, je ne suis pas un surdoué. Celui qui est perdu, il cherche, mais il ne sait pas chercher. Du coup, c’est dur de trouver. Mais il y a ce que j’appelle la providence. Elle se met sur ton chemin et te guide mais tu ne le sais pas. La découverte que tu as faite, c’est la providence qui te l’a donnée. Je n’ai pas cherché la haine, elle est venue à moi, mais quelque part, je n’ai pas cherché le pardon, et il est venu à moi aussi. Même si Tim Guénard l’a utilisé, ce n’est pas lui qui l’a découvert. D’autres personnes l’ont vécu avant moi et l’ont partagé, et à leur suite, j’ai voulu découvrir mon propre pardon. C’est l’importance des rencontres. Tu ne peux pas aller vers le bonheur si tu n’acceptes pas de découvrir le pardon. Quand on a été blessé, une fois que l’on a fait la paix et que l’on devient l’ami de son histoire, on gomme mais il y aura toujours une petite trace, tout simplement pour nous rappeler le mal que ça nous a fait et pour éviter de le revivre. C’est ce que j’appelle les archives du cœur. J’ai plein de cicatrices physiques qui existaient et qui sont peu à peu en train de s’effacer. J’en suis, année après année, devenu l’ami, à tel point qu’elles s’estompent avec le temps. Le pardon, c’est sculpter son devenir. Ne pas pardonner, c’est rester une pierre, c’est subir. Le pardon à soi-même, c’est faire un câlin à son histoire. Bien

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Françoise 26 avril 2017 Aucun commentaire

Les candidatures citoyennes à la présidentielle

Les candidatures citoyennes à la présidentielle Pierre Sabanier Les médias nous ont rebattu les oreilles avec les primaires, de droite comme de gauche. L’élimination des leaders montrait déjà une distanciation par rapport aux hommes politiques en vedette. Puis se sont ajoutées fin janvier, les affaires Le Pen, Pénélope Fillon et autres casseroles sur le monde des politiques, candidats, ou députés et sénateurs. Un vote de dernière minute a coupé la route des élections aux candidats ayant eu une condamnation judiciaire. Il a fallu attendre février 2017 pour que cette interdiction ait lieu comme si, auparavant, il n’était pas important d’avoir des représentants propres. Mais tout ceci a contribué à éloigner de nombreux citoyens du modèle politique actuel, c’est-à-dire des candidats provenant d’une carrière politique, adoubés par les partis qui ne représentent en fait qu’une petite minorité de la population. Le constat est implacable : le programme du candidat sur lequel il est élu ne sert à rien. Celui-ci s’assoit gentiment dessus et fait toute autre chose. En réalité, il fait la politique escomptée par les véritables soutiens financiers de la candidature. La puissance financière se conjugue avec la pression sur les médias plus ou moins directement : directement, par l’actif de grands groupes dans les médias (journaux quotidiens, périodiques, radios et télés) ; indirectement, par le poids de la publicité. Les lobbies pèsent lourd auprès des députés et sénateurs. Les citoyens sont amenés à se regrouper en associations et malgré le peu de moyens essaient de faire contrepoids en usant de pétitions et manifestations. C’est toujours d’actualité pour remplacer le nucléaire, développer les énergies renouvelables, limiter l’usage des pesticides, protéger les abeilles, permettre des choix de santé différents. Par conséquent, plusieurs représentants de la société civile ont encouragé les candidatures dites « citoyennes », c’est-à-dire ne provenant pas du bercail politique. Mais comment les faire connaître alors que les médias essaient de nous polariser sur les candidatures des partis ou proches des partis (comme celle de E. Macron) ? Trois organisations différentes ont monté des sites pour que des citoyens puissent se présenter. Il faut savoir que le système de candidature est suffisamment verrouillé pour passer de candidat autoproclamé à candidat éligible. La loi prévoit 500 signatures dans 30 départements différents. De plus, depuis cette campagne, les maires doivent porter à la connaissance du public les soutiens qu’ils donnent. Inutile de souligner la difficulté pour un maire, élu avec le soutien d’un parti, de donner sa voix ailleurs… Ces trois sites ont donc organisé des primaires chacun à leur façon, ce qui ne favorise pas la clarté, certes. Cependant les modalités, bien différentes de celles de la droite et de la gauche, montrent une autre vision de s’occuper de la vie citoyenne. – laprimaire.org a mis en évidence une candidate : Charlotte Marchandise – lavraieprimaire.fr se veut le porte-voix de la société civile. Elle est initiée par Émile Servan-Schreiber spécialiste des marchés prédictifs – laprimairedesfrançais.fr se présente comme l’initiative de mouvements citoyens suivants : Génération Citoyens : Jean-Marie Cavada Cap 21- LRC : Corinne Lepage Nous Citoyens : Nicolas Doucerain La Transition : Claude Posternak Bleu Blanc Zèbre : Alexandre Jardin Le Pacte Civique : Jean-Baptiste de Foucauld Bien sûr, parmi les candidats, certains n’ont d’autre ambition que de faire connaître un point particulier. D’autres relèvent d’une utopie simpliste. Mais parmi les 70 environ restant en lice à la fin du mois de février, une dizaine d’entre eux montre une capacité à s’installer dans le fauteuil de président avec la ferme intention de gouverner autrement. Instaurer un nouveau type de démocratie est leur point commun. Donner le pouvoir aux citoyens est leur raison de se présenter. Citons, sans exclusive, Charlotte Marchandise Franquet, candidate issue de « laprimaire.org », Alexandre Jardin avec le mouvement « Les citoyens » ou Emmanuel Toniutti préconisant l’humanisme en entreprise comme au cœur de la politique. Le silence médiatique sur les candidatures citoyennes rend difficile leurs chances de se mesurer aux candidats politiques. (…) Par quel pourcentage réel de citoyens le prochain président sera-t-il élu ? Pour lire l’article en entier Reflets n° 23,  pages Actualités *****

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Françoise 26 avril 2017 Aucun commentaire
À la racine du pardon
Françoise

À la racine du pardon, la consolation

À la racine du pardon, la consolation Sanjy Ramboatiana Sanjy Ramboatiana est fondateur de plusieurs organisations de service. Il est aussi enseignant dans l’école Artas où il développe une application de l’enseignement de Bernard Montaud pour les jeunes. Marié, père de deux enfants, il a publié plusieurs ouvrages en ressources humaines aux éditions Pearson, Flammarion, Gereso. Et en janvier 2017, il est co-auteur d’une bande dessinée Jysan et la Cité des hirondelles, éd. Édit’as. Quand je pense au pardon, me revient ce souvenir d’adolescent. J’avais 16 ans et je finissais de lire La Force d’aimer de Martin Luther King. Les conseils qu’il donnait dans ses sermons pour aimer ses ennemis m’avaient ému. Même en prison, sous les coups de matraque, il soulignait la nécessité de pardonner : « En premier lieu, nous devons développer et entretenir notre aptitude au pardon. Celui qui est incapable de pardonner est incapable d’aimer ». J’étais impressionné par son exigence de pardon sans concession : « Pardonner ne signifie pas ignorer ce qui a été fait ou coller une étiquette fausse sur un acte mauvais. Cela signifie plutôt que cet acte mauvais cesse d’être un obstacle aux relations… » J’admirais cet homme qui, dans les pires injustices, décidait quand même de pardonner à ses bourreaux, de convaincre et non de vaincre. Je l’admirais, lui qui refusait le pardon bon marché. Je me questionnais quand même sur comment faire. Mais, à 16 ans, on a encore tellement le temps. J’ai vu ses yeux pleins d’incompréhension Quelques années plus tard, en repensant à Martin Luther King, je constatais que, malgré mes enthousiasmes littéraires, le pardon n’avait pas pénétré ma vie. Je venais de me marier et, même avec celle que j’aimais, je me surprenais possédé par la colère et les accusations faciles. Comment mon comportement pouvait-il à ce point s’opposer à mes sentiments ? J’ai cherché pendant quelques années, en quête de solution. Puis, un jour, j’ai rencontré un enseignement, celui de Bernard Montaud. J’y ai découvert que je ne pourrais pas pardonner aux autres ce qu’ils font ou ce qu’ils sont si, auparavant, je n’avais pas pris le temps de me pardonner à moi-même ce que je fais ou ce que je suis. Je me souviens d’un jour où j’étais rentré en conflit avec mon épouse. Ce soir-là, comme j’étais de retour chez moi après une journée de travail harassante, elle n’avait pas levé les yeux de ses tâches ménagères, ne serait-ce que quelques instants, pour m’accueillir. Je lui reprochais son désintérêt pour ma personne : moi qui, soi-disant, en faisais tant pour tenir ce couple à bout de bras, ne méritais-je pas un peu plus d’amour ? Furieux, je suis sorti marcher quelques instants pour tenter de me calmer et de lui pardonner. Puis, n’y tenant plus, je suis retourné chez nous avec précipitation pour, enfin, lâcher ma colère contre elle. J’ai vu ses yeux pleins d’incompréhension se lever sur moi. À cet instant, j’ai perçu l’incongruité de la situation. Quelque chose n’allait pas. Alors, je suis sorti de la pièce pour m’asseoir seul et relire les événements. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir qu’en fait, au moment de rentrer, j’avais une profonde envie de prendre ma femme dans mes bras et que, par pudeur mal placée, je m’étais refusé de le faire. Son désintérêt imaginaire n’était que le résultat du désintérêt de ma personne à ses propres besoins. Je m’étais laissé prendre par la fureur parce que je n’avais pas eu moi-même le courage de mes inclinations profondes. Ma femme était innocente. Je venais de faire un premier pas vers le pardon. J’ai pénétré dans ce rendez-vous secret que nous offre la vie intérieure Restait une interrogation majeure : que valaient mes intentions de pardon face aux agressions supposées des autres, si je refusais de considérer ma propre responsabilité dans le déroulement des événements ? N’était-ce pas à moi-même au fond que je devais pardonner ma propre maladresse ? Et cela n’était pas simple. En effet, j’étais à deux doigts de basculer dans le jugement contre moi et de me reprocher mes agissements. Heureusement, ce jour-là, la curiosité l’emporta. Je ne percevais pas les causes profondes de mon comportement. Pourquoi tant de pudeur à prendre mon épouse dans mes bras ? Quelles étaient les raisons qui m’empêchaient de suivre mes besoins premiers ? Sans ces réponses, je le sentais, impossible de me pardonner. L’enseignement d’Artas me permit de me sortir à nouveau de l’ornière. En effet, j’y ai appris la consolation pour se pardonner à soi-même. Dans la consolation, il faut nous laisser prendre par un souvenir de notre enfance qui fait écho à la situation du présent et dire au petit enfant du souvenir les mots qui le consoleraient. (…) Je pénétrais ainsi le secret de mes blessures intimes et j’étais touché par celles de mon bourreau de circonstance. Alors, j’ai senti cette ambiance intérieure de pardon à moi-même me prendre… (…) Je rentrais dans un état de réconciliation où il n’y avait ni bourreau ni victime. C’était cela le pardon de moi-même : la perception de mon innocence dans ce qui se déroulait dans le passé. Je venais de faire un deuxième pas dans le pardon. (…) Alors, troisième pas, j’ai levé les yeux sur ma femme avec un tout autre regard, un regard de miséricorde qui cherche à comprendre l’autre plus qu’à l’accuser. (…) Bien sûr, je parle de pardon dans l’ordinaire de la vie. Mais, je crois que c’est un entraînement pour qu’un jour, comme Martin Luther King sous les matraques réelles ou fictives, nous puissions dire que les coups que nous recevons n’expriment jamais ce que notre agresseur est profondément, c’est-à-dire un humain qui porte au fond de lui un enfant qui a besoin d’être consolé. Pour lire l’article en entier Reflets n°23 pages 41 à 42 *****

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Françoise 26 avril 2017 Aucun commentaire
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