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Extrait d’article

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Compléments Revue Reflets

Extrait d’article

Compléments Revue Reflets

Extrait d’article
La terre et les hommes sont malades
Anita

La terre et les hommes sont malades

 par Christian Geniller Médecin homéopathe et acupuncteur, conférencier international, écrivain, chercheur, Olivier Soulier est, depuis plus de vingt-cinq ans, à l’origine du mouvement sur la compréhension du sens des maladies et des évènements de notre existence. Sa vision très concrète s’enrichit de sa pratique en cabinet. Ses actions s’inscrivent  dans une réalité scientifique et spirituelle. Il a mis en place ce qu’il appelle une « médecine du sens ». Nous l’avons rencontré à Marseille où était organisé cette année le Salon international de médecine naturelle. Comment votre parcours de médecin vous a-t-il amené à faire une conférence sur la terre et les hommes ? Mon travail de médecin homéopathe ainsi que mes recherches sur l’autisme m’y ont conduit. J’ai toujours aimé la terre, la nature, les arbres. Dans mon enfance, j’étais un amoureux des indiens à plumes. Ils nous ont montré ce qu’était l’écologie. L’homéopathie m’a amené à la médecine naturelle. Je suis passé de médecin à «lanceur d’alertes» grâce à la découverte de l’autisme. Selon les données statistiques d’évolution, il pourrait bien y avoir un enfant sur deux qui soit autiste dans vingt-cinq ans. Ce serait la fin de l’espèce humaine. Il fallait que j’agisse. Se mobiliser pour soigner l’homme et la terre me paraissait essentiel. Nicolas Hulot en parle très bien : notre système économique est fait pour la destruction de l’écologie. Ce système criminel de profit financier en bonne partie géré par des ordinateurs ne tient pas compte des facteurs nature et environnement. Ce n’est que du profit ! Attention ! Nous allons nous retrouver rapidement sur une planète totalement invivable. À quel moment avez-vous entrepris une recherche sur l’autisme ? Il y a quelques années, j’ai rencontré une journaliste belge, Senta Depuydt, avec qui j’ai organisé un congrès sur l’autisme. Son fils Mattéo était atteint d’autisme grave à l’âge de deux ans, et avec des techniques de détoxification, elle a réussi à le guérir totalement. Mon métier m’a amené à travailler sur le sens des maladies, le fonctionnement des êtres humains, le sens de la physiologie humaine pour aider les gens. Ma théorie des cinq cercles est basée sur le passage de maladies aiguës aux maladies intermédiaires et chroniques qui, non résolues, amènent la génération suivante à tomber malade, sur la base du transgénérationnel, avec le risque de se répandre sur le monde. Les grands dictateurs qui ont mis la terre à feu et à sang : Hussein, Mao, Staline, Hitler, etc.  n’ont pu régler leurs soucis dans leur enfance et ont contaminé la totalité de la planète, ce que j’appelle le passage au monde. On le retrouve aussi dans les épidémies, la grippe espagnole qui suit la Première Guerre mondiale et ses horreurs, la peste noire qui accompagne la Renaissance, la tuberculose durant l’ère industrielle, et la peur qu’éprouvent les gens à ne pas pouvoir survivre dans ce monde de pavés et de béton non naturels. Il est plus facile d’être pauvre à la campagne qu’en ville : on ne peut pas attraper des lapins sur du béton, ni déterrer des racines. Au-delà des maladies des humains, il y a celles de la terre. Le système économique est géré principalement par des personnalités totalement psychotiques. Un gestionnaire de bourse est capable de faire de l’argent même si cela doit tuer des gens, de spéculer sur les marchés alimentaires en sachant que cela peut provoquer une famine en Asie ou en Afrique ! L’autre n’existe plus quand on fait cela, c’est ce qui définit l’état psychotique. Le patron de Goldman Sachs, par exemple, dit qu’il fait le métier de Dieu. Celui qui se prend pour Dieu dans la tradition, c’est le Diable. C’est la problématique actuelle où une certaine folie anime certains secteurs de la planète. Les marchés financiers en sont l’emblème, ils ont perdu la tête et le cœur. Vous citez Dom Helder Camara : « Sans justice et amour, la paix sera toujours la grande illusion. » « Il y a trois violences à l’heure actuelle et la plus importante est la violence institutionnalisée qui engendre les deux autres », disait-il. Aujourd’hui, tout le système financier est mis en place pour « pomper » les plus pauvres et enrichir les plus riches. Les gens sont mis en concurrence avec des salaires de plus en plus bas. Les banques fabriquent l’argent, prêtent à l’État et font du racket en prenant des intérêts dessus. L’intégralité de la dette est virtuelle, elle est issue de taux d’intérêt qui ne devraient pas exister, si les états avaient gardé leur autonomie. Pour redémarrer le monde, il faudrait annuler intégralement la dette des États. De l’argent qui ne correspond à aucun niveau de travail est complètement artificiel. Cette déconnexion à la réalité est malsaine et dangereuse. Comme le dit Jean Ziegler, économiste et philosophe suisse : « on n’a pas réformé l’esclavagisme, il est tombé. » Un monstre comme ça ne peut que tomber, mais pas être réformé. C’est le sens des manifestations actuelles ; comme ce gilet jaune où il est inscrit : « Qui sème la misère récolte la violence ! » C’est intéressant qu’en tant que médecin, je parle d’une société et d’un système malades, avec des malades qui gouvernent. Les attaques contre l’homéopathie quand 75 % des gens y sont favorables par expérience sont à ce titre caractéristiques d’un petit groupe qui veut imposer des valeurs « rentables » pour le business, mais plus du tout humaines. Le crime de l’homéopathie est de soigner 30 % de la population avec seulement 3 % des dépenses de santé. Parce qu’aujourd’hui, il est interdit de ne pas dépenser. Pour lire l’article en entier, Reflets n 31 pages 24 à 26

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Anita 13 mai 2019 Aucun commentaire
Horéa
Françoise

Horéa, artiste plasticienne

Confidence d’artiste Horéa, artiste plasticienne Horéa nous reçoit dans son atelier-galerie, un après-midi de janvier. Il fait froid à Strasbourg, mais l’ambiance va vite se réchauffer. Horéa est une femme d’un dynamisme éclatant, pleine d’une énergie à faire monter la température de ce grand espace. Elle est tellement passionnée par son travail, par l’aide qu’elle donne à la fondation Asalya  et l’association Les amis d’Emma  qu’elle en oublie de parler d’elle. Ce qui lui importe, c’est la démarche de peindre et la relation à l’autre. Elle peint, colle, ponce, travaille la cire d’abeille, gratte, décolle, insère, arrache. Elle peint l’esprit du sujet, pas le sujet. Elle nous livre son parcours et ce qui la motive… Horéa est mon prénom, et cela fait vingt-cinq ans que je vis de mon art. J’ai axé ma démarche sur un thème qui me permet de me promener entre l’abstrait et le figuratif, c’est l’héritage. Il y a eu deux étapes : les paysages et le corps. Puis, quinze ans après le début de ma carrière, j’ai profité de présenter la cathédrale de Strasbourg, un monument qui me touche et que j’ai pu observer durant toutes ces années de fond en comble, pour essayer d’en peindre l’esprit. C’est pour moi un sujet très important, car il rejoint le paysage intérieur. Je suis plasticienne : je peins, je coupe, je déchire, je colle. Ce n’est pas seulement de la peinture, c’est multifonction. Cela rend mon travail très pictural, très riche et complexe dans sa lecture. Mon atelier à Strasbourg est divisé en deux : une partie atelier et une galerie. Je suis toujours en train de ranger, entre mon chaos d’un côté et mon joli chaos de l’autre. Cela me permet d’accueillir les gens et de leur expliquer ma démarche. Je suis une vraie sportive de la peinture et j’ai éprouvé le besoin d’enseigner. Il fallait que je fasse sortir toute cette énergie créatrice. Depuis des années, les gens me donnent ; j’ai eu besoin de rendre et de donner aussi à travers un enseignement. Ainsi ai-je été amenée à verbaliser tout ce que je faisais spontanément, et surtout d’accepter tout le monde : celui qui a envie de peindre, celui qui a peur de peindre, celui qui rêve de peindre, celui qui veut approcher ce moyen d’expression. Une peinture traverse celui qui la lit Dans ma démarche, j’ai choisi d’aider les associations qui font tout ce qu’elles peuvent pour améliorer le quotidien des enfants malades et de leurs parents, parce que c’est terrible des deux côtés. Depuis cinq ans, je me concentre sur l’association Les amis d’Emma. Je fais des expositions personnelles, et aussi avec mon groupe d’élèves que j’ai appelé Aeroh (reflet de mon prénom) : ce sont des artistes en herbe, que j’essaie de guérir de leurs peurs d’exposer, d’approcher le public, de recevoir la critique. Non seulement ils vont peut-être créer une émotion chez l’autre, mais en plus le profit des ventes est reversé aux Amis d’Emma. L’association et son président, Alain Léonard, ont évolué vers la fondation Asalya qui permet d’aider de gros projets. L’art est le moyen que j’ai trouvé pour les aider à trouver de l’argent, et me permettre du même coup de me tourner vers les autres. Emma est une enfant atteinte de microcéphalie, – je ne suis pas diplômée d’art thérapie – j’ai juste un incroyable instinct, et je peux lui parler. Elle ne parle pas, elle crie juste son nom. En revanche, c’est une vraie artiste. L’œuvre d’art, ce n’est pas un tableau que l’on accroche, c’est de la chance. C’est la partie qui consiste à peindre. Cela va sortir, c’est orgasmique, vous allez vous énerver, ou pas ; suer, ou pas. Vous allez oublier le temps, une musique va s’installer dans votre tête, avec un battement de cœur particulier. C’est cela la peinture, c’est l’acte de peindre. Pour lire l’article en entier, Reflets n 31 pages 70 à 72

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Françoise 5 mai 2019 Aucun commentaire

Dérive sectaire et dérive de l’état de droit

   Par M-D Mutarelli Originaire d’Inde, Neelam Makhija a fondé et dirigé au Canada pendant 23 ans une entreprise spécialisée dans l’électronique haute technologie. Aujourd’hui âgé de 71 ans, il passe sa retraite entre le Canada et l’Inde. Une amie canadienne, Cécile Tousignant, coach de vie et professeur de méditation selon des pratiques inspirées par Maître Osho, mystique indien reconnu, l’invite en France pour participer à ses stages de méditation. En novembre 2014, à la suite d’un signalement auprès du Centre contre les manipulations mentales par le père d’une ancienne élève, les gendarmes font irruption sur le lieu du stage en cours. Ils arrêtent Cécile Tousignant et son ami indien, sous l’accusation de manipulation mentale et d’appartenance à une secte. Venu en France en touriste, Neelam Makhija ne parle pas français et ne comprend pas pourquoi les autorités françaises s’en prennent à sa culture.  En effet, la Miviludes a inscrit sur la liste des mouvements à risque sectaire tous les enseignants spirituels indiens reconnus dans leur pays et dans le monde entier, criminalisant ainsi les pratiques traditionnelles et le patrimoine spirituel et culturel indien. Après deux mois passés en prison, sans procédure régulière devant un tribunal où il aurait pu s’exprimer, et après avoir payé une caution de 50 000 euros, M. Makhija est interdit de sortie du territoire. Pendant deux ans et demi,  il devra rester en France sans procès ni possibilité de se défendre, les multiples demandes de ses avocats pour lui permettre de rentrer au Canada étant rejetées par les juges. L’Indo-Canadien constate : « La présomption d’innocence n’existe pas en France. » Finalement, au terme de l’enquête, le procureur est contraint, en l’absence de preuves, d’abandonner toutes les accusations de manipulation mentale et de blanchiment d’argent, aucun des participants soi-disant victimes n’ayant déposé plainte. Ils ont pourtant été considérés comme des simples d’esprit manipulés par la seule « présence silencieuse » de l’Indien. L’affaire embarrassante est prestement jugée, Neelam Makhija étant condamné à une amende symbolique pour avoir donné à son amie quelques conseils au téléphone pour l’apaiser. Dans cette affaire montée de toutes pièces, Neelam Makhidja a perdu des années de vie pour rien, coupé de sa famille et de ses affaires. La Caimades (gendarmerie spécialisée dans l’emprise mentale), conditionnée par la Miviludes avec la complicité du juge d’instruction et de l’expert-psychiatre, a cherché pendant deux ans à étayer un dossier pour justifier les accusations portées : sans résultat. Source : www.ouvertures.net Pour lire l’article en entier, Reflets n 31 pages 23

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Equipe de rédaction Reflets 30 avril 2019 Aucun commentaire
Les ingrédients d’une vraie bonne santé
Françoise

Les ingrédients d’une vraie bonne santé

Les ingrédients d’une vraie bonne santé Bernard Woestelandt Médecin homéopathe, Bernard Woestelandt possède par ailleurs un diplôme d’études approfondies en psychothérapie ainsi qu’un diplôme de troisième cycle en bioéthique, éthique médicale et éthique de la recherche sur l’homme. Il a écrit un certain nombre de livres dont les principaux sont De l’homme cancer à l’Homme Dieu, Je le pansais, Dieu le guérit et L’Avenir, plus beau que tous les passés où il raconte son parcours de médecin, d’homme et de chercheur. Chaque année, en janvier, nous avons l’habitude de souhaiter autour de nous : « Bonne année ! Bonne santé ! », en croyant souvent très naïvement qu’être en bonne santé, c’est ne jamais tomber malade ! Eh bien ce n’est pas l’avis du sociologue Georges Canguilhem qui écrivait : « Sans intention de plaisanterie, la santé c’est le luxe de pouvoir tomber malade et de s’en remettre. » Il nous appelle, par cette provocation, à philosopher, c’est-à-dire à nous questionner, nous interroger sur ce que nous pensons à propos de notre bien le plus précieux : la santé. Dans le traité De la Bienséance, Hippocrate, le père de la médecine, nous appelle lui aussi à philosopher : « Il faut rallier la philosophie à la médecine et la médecine à la philosophie, car le médecin philosophe est égal aux dieux. » Aujourd’hui ce ne sont malheureusement pas les philosophes qui deviennent médecins mais les scientifiques. Ainsi, la médecine a péché en oubliant que l’homme est une personne, une et indivisible. Elle a privilégié le corps physique en le découpant en mille parties et a dû, par là même, former un grand nombre de médecins techniciens devenus ignorants du mystère de la personne. L’œuvre de santé en deviendra obligatoirement incomplète et nécessairement dépendante de béquilles qu’il sera de plus en plus difficile de soustraire. Cela ne peut que nous amener à une réflexion sur l’homme, sur la vie, sur le sens d’une existence, sur la souffrance, sur l’humain. Être en « vraie santé » nous oblige donc à philosopher et comprendre tout d’abord que celle-ci n’est pas obligatoirement l’absence de maladie, car nous pouvons être porteur d’une maladie et nous sentir en bonne santé. Inversement, nous pouvons n’avoir aucune maladie décelable et nous sentir malade. Avoir une maladie et être malade, ce n’est pas la même chose. Kant dans Le Conflit des facultés a écrit sur ce sujet : « On peut se sentir bien-portant… mais l’on ne peut jamais savoir que l’on est bien-portant ». Le médecin n’est pas un garagiste, ni l’homme un assemblage de pièces mécaniques Ces quelques remarques font de la santé « un objet hors du savoir », nous dit Georges Canguilhem. Il devient donc difficile de savoir qui est malade et qui ne l’est pas, ce qui est normal et ce qui est pathologique. L’homme est un être à part dans le monde des vivants et se questionner sur la santé, c’est être obligé de s’interroger sur la maladie, la mort, la vie et en définitive se questionner sur soi-même. (…) Pour lire l’article en entier, Reflets n 31 pages 30 à 32

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Françoise 22 avril 2019 Aucun commentaire
Se reconnecter avec la Terre
Anita

Se reconnecter avec la Terre

Dominique Bourg est philosophe, professeur à la faculté des Géosciences et de l’Environnement de l’université de Lausanne. Il a également été président du conseil scientifique de l’ex-fondation Hulot. Ses domaines de recherche concernent la durabilité. Dans son dernier ouvrage Une Nouvelle Terre. Pour une autre relation au monde, aux éditions Desclée de Brouwer, il dégage les causes de l’effondrement de la modernité et propose des pistes du côté de la spiritualité. Comment voyez-vous l’effondrement de la civilisation industrielle ? Il y a déjà un effondrement politique et social : l’installation de partis populistes, les élections de D.Trump ou de J.Bolsonaro, sans oublier les croyances stupides telles que celles des « platistes ». Nous sommes dans une période charnière, où souvent dans un premier temps, des choses délirantes s’affirment. Il y a des raisons différentes d’effondrement qui évidemment vont se cumuler. La première, c’est celle du climat. Les gens commencent à comprendre, au vu du seuil de mobilisation qui est en train d’exploser. Le changement climatique devient un phénomène présent dans l’existence des gens. Une des choses qui se fera sentir à l’avenir, c’est l’atteinte aux capacités de production alimentaire. Le climat touche la possibilité d’habiter la Terre. Cet effondrement va donc commencer par des difficultés dans le domaine de l’agriculture où l’on va s’apercevoir que l’agriculture industrielle est incapable de répondre aux problèmes qui se posent. Elle est fragile. La photosynthèse, pour toutes les plantes, cesse entre 40 et 45 degrés ; pour les céréales, au-delà des 30 degrés, elle ralentit. L’énergie qu’elle continue à capter ne va pas dans la graine, mais dans les racines pour que la plante continue à subsister. On a cru un temps que le côté fertilisant du surcroît de CO2 compenserait les vagues de chaleur et de sécheresse, en vain. Nous connaissons également des périodes de précipitations très irrégulières dont certaines très violentes comme dans les Pyrénées ou dans l’Aude, entraînant des ravages énormes sur les sols et les cultures. Le climat, ce n’est jamais que les conditions optimales d’existence d’un certain type d’espèces sur Terre, parce que toute la biodiversité est liée. C’est quasiment la moitié des espèces d’insectes qui déclinent fortement. En fait, le vivant sur Terre est très mal en point. C’est un peu comme une voiture qui perdrait des tôles, des boulons depuis des décennies. À un moment donné, la voiture va s’arrêter de rouler. Nous en sommes à-peu-près là avec le vivant en général. C’est une raison majeure d’effondrement. La deuxième raison est liée à l’énergie. Si nous prenons le pétrole, nous consommons cent millions de barils par jour, dont vingt-cinq ne sont plus du pétrole conventionnel, mais des non- conventionnels très coûteux à exploiter. Même s’il est relativement stable depuis 2006, le pétrole conventionnel va s’amenuiser, ce qui sera une raison de clash énergétique énorme. La dernière raison concerne les matériaux, minéraux ou minerais. Leur coût énergétique d’extraction et de traitement augmente sensiblement. Nous savons que la viabilité de la civilisation thermo-industrielle est comptée aujourd’hui. Personne ne pourra vous dire quand les choses vont s’effondrer, mais imaginer que cela va durer indéfiniment est absurde.  Une prise de conscience ne commence-t-elle pas à émerger ? Elle est très forte chez les jeunes. Ce sont eux qui sont dans les manifestations. J’ai 65 ans. Je ne me bats pas pour moi, mais pour les plus jeunes. Comment passer de cette prise de conscience à un changement d’attitude concret ? Il faudrait une coordination internationale. Avec le développement des groupes populistes, il semble qu’on ne puisse rien attendre des politiques. Pour le moment, non. Mais depuis 2018, la mobilisation de masse s’intensifie. Nous avons dix ans pour bouger. La tendance aujourd’hui est en effet plutôt au populisme qui a pour trait commun le déni des questions environnementales. Sur le plan européen, il y a deux forces politiques qui montent, une qui avance une sensibilité écologique à des degrés divers et l’autre, populiste, qui peut nous faire perdre les dix ans que nous avons devant nous pour éviter les plus grosses catastrophes, et il y a de fortes chances pour qu’ils nous fassent perdre ces dix ans. Et la spiritualité dans tout cela ? Elle est fondamentale, mais je propose de donner deux sens à ce mot. Bien que différents, ils sont très reliés. Le premier sens de la spiritualité, c’est ce qui met en forme notre relation au monde. Effectivement, vous n’avez pas de société sans qu’il y ait une forme de relation au « donné naturel » qui est généralement respecté et respectable. Il n’est pas de vie humaine et sociale, sans que nous n’accueillions et parfois transformions, ce que nous ne créons pas, le milieu. Le deuxième sens que je donne au mot spiritualité, c’est la réalisation de soi et l’accomplissement de son humanité, qui varie selon qui on est : pour un Amérindien, ce sera être en harmonie avec la forêt, contacter les esprits ; pour un Grec classique comme Aristote, ce sera parachever sa dimension proprement humaine, rationnelle, et mettre en forme sa sensibilité par les arts ; du côté des grandes religions, on n’est plus dans l’accomplissement, mais dans le dépassement, la sainteté ; pour le bouddhisme, vous serez plutôt du côté de l’éveil. Et vous avez la spiritualité moderne, le consumérisme, où accomplir son humanité, c’est acquérir des biens matériels.  Aujourd’hui, elle prend une autre part. Plus personne n’y croit.    (….) Pour lire l’article en entier, Reflets n 31 pages 17 à 20

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Anita 16 avril 2019 Aucun commentaire
Une vie intérieure:un bienfait pour la santé
Françoise

Une vie intérieure : un bienfait pour la santé

Une vie intérieure : un bienfait pour la santé Thierry Janssen Chirurgien devenu psychothérapeute, Thierry Janssen est l’auteur de plusieurs livres consacrés à une approche globale de l’être humain, au développement de ce que l’on appelle la « médecine intégrative » et à une vision plus spirituelle de la société. Il est le fondateur de l’École de la présence thérapeutique (www.edlpt.com) à Bruxelles. Son dernier ouvrage Écouter le silence à l’intérieur est paru récemment aux éditions L’Iconoclaste. Qu’est-ce que la bonne santé ? Lorsque l’on parle de bonne ou de mauvaise santé, il convient de définir clairement le mot santé. Je pense que sa meilleure définition est la capacité de s’adapter aux circonstances et aux évènements de la vie afin de pouvoir rester en vie. On est en bonne santé tant que cette capacité d’adaptation est préservée. On est en mauvaise santé dès que cette capacité d’adaptation est perturbée et moins efficace. Dans cette perspective, la maladie peut être considérée comme une conséquence de la mauvaise santé. Elle est, comme le disait le médecin et philosophe français Georges Canguilhem (dans son ouvrage intitulé Le Normal et le pathologique), une tentative de l’organisme de retrouver un équilibre dans une situation perturbée. Si la capacité d’adaptation reste déficiente et/ou si les causes du déséquilibre perdurent, les symptômes qui constituent la maladie s’installent durablement et peuvent s’aggraver. Il est donc important de supprimer les causes d’une maladie et, en même temps, favoriser la restauration des capacités d’adaptation de l’organisme. Parfois les dérèglements engendrés par la maladie s’installent durablement voire définitivement mais, moyennant un traitement pour pallier ces dérèglements ainsi que des mesures adéquates pour restaurer la capacité d’adaptation, un nouvel état de bonne santé apparaît malgré l’existence de la pathologie. Ainsi, par exemple, une personne cardiaque qui a bénéficié d’une dilatation des artères coronaires et qui prend soin de sa bonne santé, en veillant à une meilleure hygiène de vie physique et psychique, peut vivre très longtemps en s’adaptant à toutes sortes de perturbations qui ne la plongent pas forcément dans un état de maladie. Quelles sont les conditions pour acquérir la bonne santé ? La bonne santé ne s’acquiert pas, elle se cultive. Il s’agit de préserver nos capacités naturelles d’adaptation. Bien sûr, certains enfants naissent avec des capacités réduites du fait d’une anomalie constitutive, mais pour la plupart d’entre nous, nous venons au monde en bonne santé. Il convient donc de ne pas abîmer ce capital. Cela demande de comprendre que la nature n’aime ni le trop ni le trop peu. Nous devons alors faire attention aux carences ou aux excès qui pourraient empêcher le bon fonctionnement de notre organisme. Tout est une question de tempérance, d’équilibre et d’harmonie. Et ce, à tous les niveaux du vivant, car nous sommes un être multidimensionnel (physique, émotionnel, intellectuel, spirituel) en lien avec notre environnement (les autres êtres vivants et la nature dont nous faisons tous partie). Dès lors il paraît très important de bouger et de bien nourrir notre corps, de nous apaiser émotionnellement et de ne pas nous tourmenter mentalement. De la même façon qu’il paraît indispensable de prendre soin des autres et de la planète sur laquelle nous vivons. Nous sommes tous reliés et interdépendants, la bonne santé des uns finit par favoriser la bonne santé des autres. Hélas ! le contraire est vrai également. Ainsi, par exemple, si les végétaux ou les animaux que nous mangeons sont pollués et en mauvaise santé, nous finirons par devenir pollués et en mauvaise santé également. Quelle est la place de la vie intérieure dans la bonne santé ? La vie intérieure est celle de la conscience. Au contraire de notre mental qui pense (analyse, se souvient, compare, juge, commente, tire des conclusions, échafaude des raisonnements et élabore des croyances), la conscience ne pense pas, elle constate ce qui est, tout simplement. On pourrait dire que la conscience accueille tout ce qui est sans condition, qu’elle aime inconditionnellement. (…) Pour lire l’article en entier, Reflets n 31 pages 48 à 49

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Françoise 9 avril 2019 Aucun commentaire

ÉNERGIE DE CONSOMMATION ET ÉNERGIE DE VIE

Par Alain Pamart Avons-nous suffisamment conscience que notre qualité de vie et notre aisance du quotidien sont très largement asservies aux énergies que nous consommons copieusement et de façon, aujourd’hui encore, quelque peu inconsidérée ? Toutefois, semble se dessiner dans une fraction croissante de la population, une certaine prise en compte de cette immodération surtout face au tarissement à terme des énergies fossiles. L’âge d’or de l’énergie fossile inépuisable est révolu L’immense défi posé aujourd’hui à l’humanité entière est désormais celui de produire suffisamment d’énergie sous quelque forme que ce soit pour répondre à une demande toujours croissante, industrielle, collective, individuelle. L’équation n’est pas mince surtout en présence de deux autres facteurs qui viennent en trouble-fêtes, la démographie galopante de certains pays et l’élévation du niveau de vie attendu et légitime de nombreuses populations telles que celles de la Chine, de l’Inde, du Brésil, des pays africains et d’autres encore. Nos décideurs institutionnels tous pays confondus et l‘ensemble des filières industrielles mondiales seraient d’une insouciance folle, funeste s’ils n’empoignaient pas le problème à sa juste mesure. Cependant, ils n’ont guère d’autre alternative que d’affronter fermement le caractère violemment exponentiel de la demande mondiale d’énergie pour les décennies à venir. Au rythme actuel effréné de l’accroissement constaté des consommations industrielles et celles liées aux transports y compris maritimes, pour ne citer qu’elles, les ressources traditionnelles auront vécu dans très peu de temps. Un autre facteur viendra-t-il encore en compliquer la donne ? comme celui hautement vraisemblable où un certain nombre d’États opteront pour créer ou maintenir leur propre autonomie énergétique, incluant à l’évidence les actuels pays exportateurs, ces derniers priorisant désormais leur demande interne. La décentralisation de la production énergétique, passage obligé ou simplement opportune ? Un remodelage complet et un rééquilibrage aiguisé et efficient devraient en toute logique émerger sans tarder. Tous les acteurs décisionnels sont aujourd’hui au pied du mur pour planifier et hiérarchiser l’organisation la plus adéquate face à ce panel d’énergies nouvelles. Le pétrole est de nature quasi exclusivement fossile. Le pétrole issu du végétal est technologiquement réalisable mais de rendement médiocre. L’électricité est à la fois fossile par transformation de la houille et renouvelable dans sa définition hydraulique et marémotrice, et plus récemment par l’éolien, le solaire, la biomasse… Dans la quadrature de ce cercle décisionnel devrait aussi s’y adjoindre un déterminant dernier cri, à savoir une structuration de production d’énergies fortement décentralisée, plus irrégulière mais de gestion plus flexible. À titre d’exemples : pour l’éolien, leur localisation d’implantation peut être facteur de nuisances. Pour l’exploitation des algues, elles se caractérisent par leur dispersion le long des côtes. Il s’agit d’une sujétion spécifique pour leur rentabilité. En ce qui concerne la biomasse issue des déchets organiques par hypothèse, éparpillés sur le territoire, leur exploitation n’est compatible économiquement qu’avec un maillage proche des unités de transformation. Nous voyons, par ces seuls trois exemples, les impératifs posés d’ordre technique et aussi les critères de pertinence économique. À la faveur du maintien par la France de son énergie nucléaire, la projection de ses besoins énergétiques est en quelque sorte un peu allégée, en considération notamment du caractère d’ajustement du pétrole pour une ou deux décennies encore. Pour bien marquer nos esprits de la complexité des choix globaux et de la problématique de chacune des énergies sollicitées, prenons l’exemple de la voiture électrique. Distinguons d’abord la voiture électrique intégrale et l’autre, hybride. Celle qui est électrique à 100 %, disposant aujourd’hui d’une autonomie suffisamment confortable, réclame une énergie qui est finalement produite par les sources traditionnelles et largement, pour la France, par le nucléaire. Elle impose par ailleurs une batterie spécifique réclamant l’apport de minéraux rares et par nature épuisables, de surcroît d’un coût élevé et peu recyclable à ce jour. Quant à la voiture hybride, encore consommatrice principalement de carburants pétroliers, elle dispose d’une autonomie électrique grâce à la force cinétique de la voiture donc, par nature, énergie renouvelable. Si, récemment, cette autonomie s’est étendue technologiquement, elle demeure toujours tributaire de la fraction d’utilisation du moteur thermique. Elle réclame aussi une batterie spécifique moins puissante mais globalement, avec les mêmes caractéristiques que le modèle électrique exclusif. En poursuivant l’analyse se pose le facteur d’investissement. La voiture complètement électrique réclame l’installation de bornes sur le territoire, induisant le problème de son financement par les collectivités locales, et donc au final par les contribuables. Les bornes installées à domicile sont bien sûr financées par les détenteurs de voitures électriques, mais un autre problème d’envergure se présente : si le parc de voitures électriques atteint une certaine densité dans un périmètre géographique donné, le circuit d’acheminement électrique sera insuffisant, l’infrastructure actuelle des lignes électriques devra donc être renouvelée. Là encore se pose le problème de son financement et de sa production. On perçoit là encore l’imbroglio que génère une telle prospective. À défaut de nouvelles lignes électriques, les nouveaux amateurs de véhicules électriques ne pourront maintenir leur choix. Autre épine, s’il en fallait une encore, comment asseoir un prélèvement fiscal sur l’utilisation du véhicule électrique en correspondance avec la fiscalité du carburant pétrolier utilisé par le véhicule thermique ou encore l’hybride ? L’État ne s’est-il pas tiré un coup de fusil dans le pied si par hypothèse le parc automobile électrique devient dominant ?  Pour en rester sur le plan de la voiture, l’hydrogène sera-t-elle la solution d’avenir ?  Pour lire l’article en entier, Reflets n 31 pages 10 à 12

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Anita 2 avril 2019 Aucun commentaire
Le bonheur
Anita

Le bonheur, quête infinie de l’infini

Imam français né en 1959 au Maroc, Tareq Oubrou est un autodidacte en sciences religieuses. Il est connu pour ses prises de position publiques en faveur d’un islam libéral. Il affirme notamment que le Coran serait mal interprété, notamment par méconnaissance du texte et de l’histoire contemporaine de Mahomet. Il est imam de la Grande Mosquée de Bordeaux. Pour vous, qu’est-ce que c’est que le bonheur ? C’est une question très difficile. La plus difficile. Néanmoins, le bonheur n’est pas forcément le plaisir et la jouissance. À ne pas confondre ici bonheur et eudémonisme ou hédonisme. Il est surtout en rapport avec l’âme et l’esprit. À cet égard, il peut être vécu à partir de rien. Il se conjugue avec l’être et non l’avoir. C’est un état intérieur qui n’est perturbé ni par une possession d’une chose ni par sa dépossession. Il est ce qui reste avec vous lorsque vous êtes seul dans le silence, loin des bruits et des lumières. Il est forcément discret. Il est dans ce qui est caché et non dans l’ostentatoire. Pour moi, en tant que croyant, la question du bonheur est en lien avec la transcendance et la question du salut. Pouvez-vous préciser ? Le bonheur est quelque chose qui s’acquiert dans l’effort, et peut-être même parfois dans la douleur. Il est en lien avec un idéal et par conséquent, on ne peut le goûter que dans le dépassement de soi. Je pense surtout que le bonheur s’accueille mais ne se cueille pas, car il s’agit parfois de rester disponible et patient pour le recevoir, et il vous vient comme une grâce. À cet égard, il relève d’une expérience mystique et contemplative, une sorte de révélation : des choses qui nous viennent de l’extérieur de façon inattendue et qu’on ne cherchait pas auparavant. Le bonheur, il faut le reconnaître, est très difficile à définir, parce qu’il admet une dimension d’imprévus, de surprises et d’étonnements. Il ne relève pas d’un rationnel démontrable, ni même de l’émotionnel. Le bonheur est un cheminement plus qu’un aboutissement Est-ce le plus important dans l’existence, la quête du bonheur ? Je pense que tout être humain aspire à son bonheur, mais de lui-même, il ne parvient pas toujours à le savoir. En effet, comment définir le bonheur par rapport au malheur, alors qu’il ne pourrait s’agir que d’une pièce à deux faces qu’il suffit de tourner pour renverser le malheur en bonheur et vice versa ?   Pour lire l’article en entier, Reflets n° 30 pages 60 et 61

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Anita 14 mars 2019 Aucun commentaire
ACTU migrants Aquarius : bloqué à quai
Françoise

ACTU migrants Aquarius : bloqué à quai, Maxime Mocquant

ACTU migrants Aquarius : bloqué à quai Maxime Mocquant L’Aquarius ne peut plus battre pavillon panaméen. En un mois, Gibraltar puis Panama l’on retiré de leurs registres, suite à la pression du gouvernement italien de Matteo Salvini. Aujourd’hui, ce bateau, bloqué au port de Marseille, ne peut aller à la rencontre des migrants qui quittent les côtes libyennes pour rejoindre l’Europe. L’ONG française SOS Méditerranée lance un appel au secours, car l’Aquarius était le seul bateau qui sillonnait encore la Méditerranée. Pour certains, les passeurs mettaient à l’eau des embarcations de fortune, instables, présentant de gros risques pour les dizaines de migrants à bord. Les secourir revient à dire que l’ONG est complice des passeurs. Pour les autres, c’est apporter secours à ces migrants qui, quoi qu’il arrive, tenteront la traversée. Le gouvernement italien, qui se fait l’écho de sa population, se sent trahi par les autres États européens qui avaient promis d’apporter de l’aide pour une meilleure répartition des populations migrantes. Devant les tergiversations des uns et des autres et le non-respect des engagements, le gouvernement italien, élu démocratiquement, a mis en place la politique qu’il avait annoncée. Et si les migrants décident de s’aventurer sur les eaux avec des bateaux ne présentant aucune sécurité, c’est à leurs risques et périls. Mais quand on n’a plus rien à perdre ! Contrairement à certaines idées reçues, seulement 3 % de la population mondiale sont considérés comme migrants, et cette proportion est restée stable au cours des cinquante dernières années. Parmi eux, 37 % ont migré d’un pays en développement vers un pays développé. En revanche, 7 % sont des réfugiés dont la plupart s’installent à proximité de leur pays d’origine. C’est le cas des réfugiés syriens au Liban. En 2010, cinquante millions de personnes étaient des réfugiés environnementaux. Le Haut Commissariat des Nations unies estime que ce chiffre dépassera les deux cents millions en 2050. La vraie crise migratoire est donc devant nous. Alors si les Occidentaux ne veulent pas voir arriver des vagues incessantes de migrants dans leurs villes et campagnes, s’ils ne souhaitent pas partager ce qu’ils ont gagné par leur travail, ils devront construire des murs pour se protéger des envahisseurs, et les empêcher d’accoster sur leurs côtes. Le repli sur soi est-il une solution ? Le rejet de l’autre attise la haine, d’un côté comme de l’autre. Cette haine se transforme en guerre sous toutes ses formes, et comme le rapport de force est inégal, les armes utilisées sont de moins en moins conventionnelles. Pendant les six premiers mois de l’année 2018, on compte plus de mille morts en Méditerranée : malgré une diminution constatée du nombre de migrants, le taux de mortalité ne cesse de progresser. Dans une tribune du journal Libération, Bertrand BADIE, professeur des universités à l’Institut d’étude politique de Paris, titrait : « Le migrant est l’avenir du monde ». Provocation ? Peut-être. Pourtant, si nous regardons notre civilisation, nous sommes bien obligés de constater son usure. Plus personne ne peut encore croire que la consommation superflue apporte la joie de vivre. Nos valeurs fondées sur la croissance infinie et la technologie sont périmées. Nous n’avons plus qu’à défendre nos acquis. Les migrants ont tout quitté pour sur-vivre. Ils sont des SUR-vivants. Les accepter, c’est renouveler nos critères de vie et remplacer la consommation excessive par le partage et la solidarité. De nouveaux codes apparaîtront : réussir, c’est aider, au lieu de : réussir, c’est consommer. Être vivant, c’est être solidaire, au lieu de : j’ai, donc je suis. (…) Pour lire l’article en entier, Reflets n° 30 pages 20 à 21

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Françoise 6 mars 2019 Aucun commentaire
Donner du sens à sa vie
Anita

Donner du sens à sa vie

Docteur en psychologie, Jacques Lecomte a enseigné à l’université Paris Ouest Nanterre La Défense (anciennement université Paris X) et à la faculté des sciences sociales de l’Institut catholique de Paris. Il est le président d’honneur de l’Association française de psychologie positive et, par ailleurs, l’auteur de nombreux ouvrages dont La Bonté humaine Altruisme, empathie, générosité ; Le Monde va beaucoup mieux que vous ne le croyez ; Guérir de son enfance ; Les entreprises humanistes Comment elles vont changer le monde. Son blog : http://jacques-lecomte.fr/506/ Pour notre dossier sur le bonheur, j’ai trois questions à vous poser parce que vous en parlez dans votre livre. La première question est : qu’est-ce que le bonheur ? Dans la philosophie grecque, le bonheur c’est la raison d’être de l’existence. Mais en fait, il y avait deux courants, deux mots qu’aujourd’hui  on  traduit  toujours  par « bonheur » mais qui étaient très différents chez les philosophes grecs. Il y avait ceux qu’on appelait « les hédonistes » : ils disaient qu’en  gros,  le  bonheur,  ce  sont  les  plaisirs  de  la  vie,  c’est une accumulation de plaisirs momentanés. Et, c’est moins connu,  il  y  avait  «  les  eudémonistes  »  comme  Aristote, Socrate, Platon qui disaient que le bonheur, c’est d’une part une  activité  philosophique,  et  d’autre  part  l’engagement dans la cité. C’était il y a très longtemps, mais ça a du sens aujourd’hui, que je résume en disant que d’un côté vous avez le bonheur exprimé par le bien-être, ce sont des émotions momentanées, et puis le bonheur qui est plutôt de l’ordre du sens. Ces philosophes se critiquaient très fortement à ce sujet. Moi, il me semble que le bonheur, c’est précisément l’association des deux. Ce n’est pas l’un ou l’autre mais l’un et l’autre, c’est-à-dire lorsqu’il y a à la fois du bien-être et du sens. Le bien-être  est  de  l’ordre  de  l’émotionnel,  du  momentané, tandis que le sens rejoint la réflexion, le cognitif, dans une notion  plus  durable.  Mais  les  deux  sont  importants :  par exemple, passer du bon temps avec des amis peut donner du bien-être si c’est un moment agréable, et du sens si ce moment  est  marqué  par  une  certaine  intensité  dans la relation. Mais cette association des deux n’est pas forcément  au  même  instant  :  si  je  regarde  un  film comique, je peux être dans le bien-être, mais pas dans le sens. On peut être heureux, sans avoir forcément ces deux facettes au même moment. Vous avez dit au début que pour les anciens, le bonheur est la raison d’être de l’existence. Est-ce que pour vous sa recherche est la chose la plus importante ? Non,  je  pense  que  c’est  un  piège.  Les  gens  les  plus heureux ne sont pas obligatoirement ceux qui sont en quête de bonheur. Le bonheur est quelque chose qui arrive  de  surcroît,  sans  qu’on  le  cherche  forcément. Je  donne  un  exemple  que  j’ai  notamment  décrit  en détail dans mon livre sur la bonté : on sait que les gens altruistes  ont  un  niveau  de  bonheur  supérieur  à  la moyenne.  Je  ne  dis  pas  qu’ils  sont  tous  heureux.  Ce comportement les rend heureux mais ils ne l’ont pas fait pour cela, ils n’ont pas été en quête du bonheur. Ils ont simplement cherché à répondre au besoin d’autrui. C’est un peu comme l’insomnie : si vous luttez pour trouver le sommeil, vous risquez de ne pas le trouver ; si vous cherchez à tout prix le bonheur, vous risquez de ne pas le découvrir. Et qu’est-ce qui vous paraît le plus important dans l’existence ? Pour moi, il n’y a pas « le plus important dans l’existence » parce que ce qui est le plus important pour quelqu’un n’est pas forcément la même chose pour une autre personne. Donc je dirai, globalement, que c’est peut-être donner du sens à sa vie. Et la manière de donner du sens peut être très différente d’une personne à l’autre.   Pour lire l’article en entier, Reflets n° 30 pages 43 à 45

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Anita 25 février 2019 Aucun commentaire
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