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Extrait d’article

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Compléments Revue Reflets

Extrait d’article

Compléments Revue Reflets

Extrait d’article
Surconsommation
Anita

Surconsommation, surinformation et coronavirus

par Christian Rœsch Connaissez-vous le  « jour du dépassement » ? Il s’agit du jour de l’année où nous commençons à consommer plus que la Terre ne peut renouveler. Chaque année, il arrive de plus en plus tôt : septembre en 1999 ; fin juillet en 2019. Le 29 juillet exactement. Une autre image pour réaliser notre inconséquence : Il faudrait 1,75 Terre pour supporter la consommation moyenne mondiale actuelle. Tous les indicateurs montrent que la surconsommation croissante conduit à la catastrophe. Personne n’appuie sur le frein. Le Covid-19 l’a fait. La pandémie a amené des décisions drastiques. Le confinement a fait chuter production et consommation. Était-ce le but caché ? Ou était-ce seulement conjoncturel ? Peu importe ! Le résultat est là. Le confinement a réduit la surconsommation mondiale. Nous avons fait l’expérience que nous pouvons vivre avec moins. Allons-nous continuer à être attentifs à nos achats ? C’est notre attitude de consommateur qui doit déterminer la production, et non l’inverse. La frénésie consommatrice relevait du contraire : c’étaient les producteurs, à grands renforts de moyens persuasifs, qui imposaient la consommation, la surconsommation. Une attitude nouvelle, née du confinement, aura un effet majeur. Nous achetons moins d’inutile. Moins de consommation, moins d’émission de CO 2 . Nous pouvons diminuer le réchauffement climatique et rendre de nouveau l’air respirable. Mais prudence, avoir moins demande une compensation : mieux être. C’est la partie immergée de l’iceberg, invisible. C’est la clé de cet effort. Mieux être nécessite de s’intéresser à son fonctionnement pour que les envies sortent de la consommation et entrent dans les rapports humains. Obligé par le confinement, j’ai diminué la consommation d’objets, de nourriture exotique, de biens superflus, en essayant d’être plus aimant, plus tendre, plus attentif à mes proches, à mes voisins et amis. Je vais tenter de continuer pour la santé de la Terre, pour ma santé. Pour lire l’article en entier Reflets 36 page 5

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Anita 25 juin 2020 Aucun commentaire
L’ÉGLISE
Anita

L’ÉGLISE, LA PÉDOPHILIE ET LA MISÉRICORDE

par Marie-Dominique Mutarelli et Christian Rœsch Avec les scandales d’abus sexuels révélés ces dernières années, l’Église catholique vit aujourd’hui une crise sans précédent qui la fait vaciller. La prise de conscience est douloureuse, car elle oblige tous les responsables à prendre la mesure du désastre que le silence et l’omerta, qui ont prévalu pendant des décennies, justement pour protéger l’Église des conséquences de ces atteintes, ont contribué encore plus lourdement à détruire son image et à porter atteinte à la foi des fidèles. En 2019, le pape François et son prédécesseur, le pape émérite Benoît XVI, ont pris position sur ces sujets brûlants pour faire avancer la réflexion et introduire dans l’institution les moyens indispensables pour sortir de la crise, en particulier lors d’une rencontre consacrée à la protection des mineurs dans l’Église en février 2019 [1]. Benoît XVI, pape François, Ne faites pas de mal à un seul de ces enfants, la parole des papes contre les abus sexuels, éd. Artège, 2019. Le pape émérite Benoît XVI, le premier à avoir pris en considération le problème des abus sexuels au sein de l’Église, reconnaît que, jusqu’à présent, dans les cas d’accusation d’abus sexuels sur mineurs, priorité était donnée par l’institution ecclésiastique à la protection juridique de l’accusé. « Dorénavant, dit-il, le droit canonique doit prioriser la protection de la foi, corrompue par l’inconduite des coupables et y répondre par la peine maximale pour un serviteur de Dieu : la réduction à l’état laïc. » Benoît XVI cite l’avertissement de Jésus dans l’Évangile de Marc : « Celui qui est un scandale, une occasion de chute pour un seul de ces petits qui croient en moi, mieux vaudrait pour lui qu’on lui attache au cou une de ces meules que tournent les ânes et qu’on le jette à la mer [2]. » Mais pour Benoît XVI, le terme « petits » désigne « les croyants ordinaires », et non les victimes de prédateurs pédophiles. Pour le pape émérite, la cause des attaques pédophiles est l’absence de Dieu, qui entraîne une perte du sens et de la notion de bien et de mal. « Réapprendre à reconnaître Dieu comme le fondement de nos vies » serait donc le remède, avec l’aide de la prière, du jeûne, de l’adoration de l’Eucharistie.  [2]. Mc 9, 42. Lors de la rencontre de février 2019, le pape François a resitué cette réalité ecclésiale dans un contexte social global : « Ceux qui commettent les abus […] sont surtout les parents, les proches, les maris d’épouses mineures, les entraîneurs et les éducateurs. » Il a rappelé aussi que d’autres fléaux menacent les enfants : le tourisme sexuel, la pornographie, le travail forcé ou l’enrôlement dans des guerres. Mais le souverain pontife, soulignant que l’universalité du fléau n’atténue en rien sa monstruosité à l’intérieur de l’Église, affirme que tout abus commis par un de ses membres sera affronté avec une extrême sévérité. Prenant la mesure de la souffrance individuelle des victimes, François sollicite la responsabilité de toute la communauté ecclésiale pour y répondre. Pour cela, il appelle chaque baptisé à s’impliquer dans la transformation ecclésiale et sociale. « Tout ce qui se fait pour éradiquer la culture de l’abus dans nos communautés sans la participation active de tous les membres de l’Église ne réussira pas à créer les dynamiques nécessaires à la transformation. » C’est du retour à la source de l’enseignement christique que pourront surgir de nouvelles voies créatives, avec l’aide de la prière et de la pénitence. Le souverain pontife associe aux abus sexuels les abus de pouvoir qui permettent de manipuler la conscience et la fragilité psychique et physique de l’être situé en position d’infériorité. Il invite donc « à vaincre l’appétit de domination et de possession ». Dire non aux abus commence par le refus de toute forme de cléricalisme. Enfin, François dessine des stratégies pour servir de guide à l’itinéraire législatif de l’Église : protéger les enfants contre tous les abus et donner la priorité aux victimes plutôt qu’à la sauvegarde de l’institution ; livrer à la justice quiconque aura commis de tels délits ; améliorer la sélection et la formation des candidats au sacerdoce ; réaffirmer l’application des mesures qui ont valeur de normes : aucun abus ne doit jamais être couvert ni sous-évalué ; accompagner les victimes d’abus, avec tout le soutien nécessaire ; tenir compte des nouvelles formes d’abus sexuels qu’offrent le monde digital, la pornographie ou la détention d’images pédopornographiques ; lutter contre le tourisme sexuel dans le respect radical de la dignité de chaque être humain. Cette réflexion a été formalisée dans la lettre apostolique Vous êtes la lumière du monde qui encadre la protection des mineurs et des personnes vulnérables et précise les procédures à suivre.   Pour lire l’article en entier, RELETS n° 35 pages 11 à 14

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Anita 16 juin 2020 Aucun commentaire
PMA : nouvelle loi adoptée
Françoise

PMA : nouvelle loi adoptée en réponse à une inégalité…

PMA : nouvelle loi adoptée en réponse à une inégalité… Laurence Maillard Depuis le début du XIXe siècle, où les premières inséminations artificielles sont réalisées en France, la procréation médicalement assistée (PMA) n’a cessé d’évoluer. En 2018, elle représente 3,4 % de la natalité française. Elle a été jusque-là accessible à des couples rencontrant des problèmes d’infertilité. L’article 1 du texte de bioéthique, qui autorise désormais l’extension de la procréation médicalement assistée aux couples de femmes ou célibataires, a été voté le 15 octobre 2019 par l’Assemblée nationale et adopté de justesse par le Sénat le 4 février 2020. Son objectif étant de répondre à une « profonde inégalité », le « critère médical d’infertilité est supprimé », soulignait le projet de loi. REFLETS s’interroge : d’autres « inégalités » ne vont-elles pas alors émerger dans le futur ? Les neuf premiers mois de la vie : l’histoire la plus fascinante des aventures humaines », titre la revue Science & Vie dans un hors-série de 1995, dans lequel, mois par mois, nous découvrons comment nous passons d’œuf à embryon, puis à fœtus pour devenir l’être le plus évolué aujourd’hui sur terre : un être humain . Combien de performances ont dû être réalisées avant nous, dans les règnes précédents, pour que cela soit possible ! Magnifique aventure issue de deux êtres qui se sont donnés l’un à l’autre dans un élan d’amour pour transmettre la vie à leur tour. Cependant, il arrive que la vie ne réponde pas à nos attentes, que cet élan d’amour ne se concrétise pas. La science trouve alors le moyen de combler ce manque grâce à la procréation médicalement assistée qui va permettre à de nombreux couples, dits stériles, de connaître la joie de donner la vie. UNE LOI POUR TOUTES LES FEMMES… Les premières lois de bioéthique de 1994 encadrent ces « pratiques cliniques et biologiques permettant la conception in vitro, le transfert d’embryons et l’insémination artificielle ainsi que toute technique d’effet équivalent permettant la procréation en dehors du processus naturel ». Ces pratiques étaient jusqu’alors réservées aux couples homme/femme, vivants, en âge de procréer, mariés ou pouvant justifier de deux ans de vie commune. La loi évolue en 2004 et 2011 jusqu’à aujourd’hui avec l’élargissement de l’accès à la PMA aux femmes célibataires ou en couple homosexuel. Cela soulève déjà une question : qu’en est-il des hommes, en couple homosexuel ou célibataires, qui souhaiteraient également assumer le rôle de père, hors adoption ? La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a déclaré que « la gestation pour autrui (GPA) est clairement contraire à nos principes éthiques ». Mais au nom de l’égalité, comme cette nouvelle loi le prouve avec l’accès à la PMA à toutes les femmes, rendre possible la GPA pour les hommes n’est-elle pas probable ? Selon le philosophe Dominique Folscheid, à l’annonce du projet de loi : « La PMA pour toutes les femmes permettrait l’ouverture d’une « brèche » vers l’adoption d’une loi autorisant la GPA pour les couples d’hommes homosexuels […] ne pas étendre la possibilité d’avoir des enfants aux couples d’hommes homosexuels alors que la technique le permet relève d’une discrimination sexiste. » ÉVOLUTION DU MODÈLE FAMILIAL Cette nouvelle loi indique que le modèle familial (père, mère, enfants) évolue. Depuis de nombreuses années, il s’est déjà transformé à travers les familles recomposées. Jusqu’à l’entrée à l’école, l’enfant est tourné vers sa maman, sa référence. Puis lors de l’enfance, il apprend les lois de la famille sous l’autorité paternelle. Le papa devient le modèle à suivre. Avec cette loi disparaît officiellement l’autorité paternelle. Quels seront les nouveaux repères de l’enfant ? Sans modèle distinct, sans respect vis-à-vis de la vie en général. RÉPARATION D’INJUSTICES, JUSQU’OÙ ? Cette notion de « sacré » conduit à une autre réflexion sur une faille du projet de loi, dont un article avait été retiré avant adoption par le Sénat : il concernait la levée de l’autorisation de garder des ovocytes congelés uniquement pour raisons médicales. Certes, il a été retiré, mais la loi protège-t-elle suffisamment ce qui était interdit jusqu’à présent ? Le rêve de créer la vie à la place de Dieu ne cessera pas, à travers la fabrication de clones, de chimères consistant à mélanger des règnes : humain-animal, humain-végétal. Les sénateurs ont-ils perçu que « fabriquer » la vie, c’est la tuer ? Celle-ci ne peut être qu’inattendue, surprenante, sinon elle est morte d’avance. ( …) Pour lire l’article en entier, RELETS n° 35 pages 22 à 25

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Françoise 10 juin 2020 Aucun commentaire
Ta planète
Equipe de rédaction Reflets

Ta planète, tu la préfères bleue ou bien cuite ?

  Le 8 décembre dernier se déroulait à Paris une marche pour le climat, la dernière de l’année 2019. Les participants étaient majoritairement des jeunes, confirmant ce qui se passe depuis le 18 août 2018, quand Greta Thunberg, 16 ans à cette époque, s’assoit seule, devant le Parlement suédois, initiant une grève scolaire qui va se répandre sur toute la planète.                                                                                                                                                              par Maxime Mocquant à quoi ça sert d’aller en cours si on n’a pas d’avenir ? Cela va faire deux ans maintenant que des jeunes se prennent en main et pratiquent, partout dans le monde, les Fridays for Future, un mouvement qui prône la grève de l’école le vendredi. Quand ces jeunes sont interrogés sur leurs motivations, la réponse est souvent la même : à quoi ça sert d’aller en cours si on n’a pas d’avenir ? Aux USA, d’après une étude réalisée par The Washington Post et la Kaiser Family Foundation, un adolescent sur quatre a déjà participé à une manifestation. 70 % d’entre eux estiment que le dérèglement climatique « causera du mal » à l’ensemble de leur génération. En France, le magazine féminin Tapage a fait une étude sur sa communauté (des femmes de 15 à 30 ans) : 96 % d’entre elles n’ont pas confiance dans les mesures des autorités nationales en faveur du climat, 7 % sont engagées dans une association, et 70 % pensent que l’engagement passe avant tout par le partage sur les réseaux sociaux et par la volonté d’éveiller les consciences. Durant l’été 2019 a eu lieu en Alsace un camp Climat En septembre 2018, l’appel des 700 scientifiques français, à réduire d’urgence l’émission de gaz à effet de serre et à passer de l’incantatoire à l’acte, a provoqué une vraie prise de conscience chez les jeunes et les pousse à se détourner des administrations et des associations, qui ne font pas avancer ce processus. Durant l’été 2019 a eu lieu en Alsace un camp Climat, organisé par différentes O.N.G., pour se former à la « désobéissance civile ». se former à la « désobéissance civile » Plus de la moitié des participants étaient âgés de 18 à 30 ans. Sixtine Dano, 22 ans, un pilier de l’association Action non violente Cop 21, revendique la désobéissance civile afin de forcer le gouvernement à agir pour le climat en sortant – entre autres – des énergies fossiles. Avec d’autres membres de l’association, elle décroche et emporte les portraits d’Emmanuel Macron des mairies. Son objectif était fixé à 125 portraits pour le G7 qui s’est tenu fin août 2019 à Biarritz. Les mouvements Youth for Climate et Extinction Rebellion Les mouvements Youth for Climate et Extinction Rebellion prônent aussi la désobéissance civile. Anaïs Darenes, responsable projet et plaidoyer au sein de l’association REFEDD (Réseau français des étudiants pour le développement durable) explique que chacun doit pouvoir mener sa bataille militante sur son front. Elle constate une individualisation du rapport avec la politique et, par là même, une individualisation des actions à mener pour défendre le climat. D’ailleurs, le REFEDD pense à changer de nom, car le développement durable implique une croissance, même si celle-ci est plus équitable. Ils se battent contre les notions de croissance et finance vertes. Greta Thunberg est devenue en moins de deux ans l’égérie d’un mouvement mondial et le porte-drapeau d’une « génération Climat ». Elle est adolescente, atteinte du syndrome d’Asperger.   Pour lire l’article en entier, REFLETS n °35 pages 20 à 21

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Equipe de rédaction Reflets 3 juin 2020 Aucun commentaire
DONNER DE L’ESPOIR EN ZONE DE GUERRE
Anita

DONNER DE L’ESPOIR EN ZONE DE GUERRE

                                                  Elise Boghossian Dès les premières secondes de la rencontre, je sais que j’ai affaire à une grande dame. Elle a des yeux empreints de douceur, un front qui montre sa détermination. Tout au long de l’entretien, je suis touchée par sa capacité à recevoir les souffrances humaines. Élise Boghossian, acupunctrice, est la fondatrice de l’O.N.G. EliseCare dont la vocation première est d’apporter une aide médicale d’urgence aux populations civiles vivant en zone de conflit. Mais c’est surtout une aide psychologique qu’elle apporte aux survivants ; je dirais même une aide d’amour. Elle rencontre et soutient femmes et enfants qui ne sont « plus rien ». Depuis 2002, une semaine par mois, laissant sa famille, elle part dans les endroits dangereux d’Irak et de Syrie. Quelle foi humble et puissante en l’humanité ! Votre histoire personnelle vous a-t-elle motivée pour partir soigner en zone de guerre au Moyen-Orient ? Au début, je ne faisais aucun lien. C’était un appel, une envie d’être là où les gens n’ont pas notre chance, où les femmes qui élèvent leurs enfants n’ont pas les facilités que j’ai ici. J’ai eu envie d’aider les oubliés et les miséreux qu’on enterre dans une indifférence scandaleuse. C’est plus tard que j’ai fait le lien avec ma propre histoire et les terribles injustices qu’a vécues ma communauté en tant que minorité religieuse.  Aujourd’hui, je me sens encore plus engagée, et je consacre tout mon temps à ces missions. Cela fait partie de ma vie et de mon quotidien. Quelle qualité demande une telle action ? L’empathie. La misère, la famine, le manque d’eau, la guerre, nous savons tous que ça existe. C’est la capacité à se mettre à la place de l’autre qui conditionne notre passage à l’acte. C’est une valeur importante lorsque l’on veut s’engager. Quand vous vous rendez dans des pays en guerre, avez-vous peur de ne pas revenir ? Je sais toujours que je vais revenir parce que j’ai ma famille ici. C’est très important d’avoir un ancrage, parce que le doute est là en permanence, ce sentiment d’écrasement que, quoi que nous fassions, quels que soient l’énergie et l’investissement que nous mettons dans nos actions, la misère, l’injustice, la guerre sont là, et les victimes aussi. Arrivez-vous à soigner en profondeur ces femmes que vous appelez « esclaves sexuelles » et qui sont traumatisées ? Est-ce que l’on guérit vraiment d’un traumatisme ? Est ce héréditaire ? Comment vivre avec ? Ces femmes sont victimes de trafics sexuels, de tortures, d’humiliations ; elles ont perdu leur famille et leur honneur, avec le risque en plus de se retrouver enceintes. « Réparer » les mutilations sexuelles, assurer les suivis de grossesse ou les thérapies, cela suffit-il ? Où l’action humanitaire s’arrête-t-elle ? Quoi qu’on fasse, ces femmes ne retrouveront pas leur village ni les membres de leur famille. C’est la même chose pour les enfants soldats, embrigadés, enrôlés et entraînés à tuer, parfois des membres de leur propre communauté. Ces enfants ont dû faire des actes horribles pour ne pas subir le même sort. Ils n’ont plus conscience ni de leur corps ni de qui ils sont À un moment donné, sous l’effet des mauvais traitements et de la drogue qu’on leur administre, ils n’ont plus conscience ni de leur corps ni de qui ils sont, et ils passent à l’acte avec ce permis de tuer qui lève toutes les inhibitions. Ces enfants sont porteurs de tels traumatismes que nous nous demandons s’ils pourront un jour se reconstruire selon les codes dictés par la société pour devenir demain des citoyens normaux. Ce sont des questions pour lesquelles nous n’avons pas totalement les réponses parce qu’il faudrait les suivre jusqu’à l’âge adulte. Cependant, lorsque de tels enfants arrivent à retourner à l’école, à retrouver un lien de confiance avec un adulte, ou lorsque des jeunes femmes arrivent à s’occuper de leur bébé ou à retrouver des membres de leur communauté, ce sont des indicateurs positifs de la vie qui reprend, mais sur un gouffre que nous ne serons jamais capables de combler. Plusieurs générations sont parfois nécessaires pour réparer cela. Et nous devons, en tant qu’humanitaires, accepter nos limites. Définir la limite et décider du moment où un soin ou un accompagnement s’arrête. Notre rôle pourrait se résumer à stimuler le processus de la résilience. Vous avez des équipes qui gèrent ce processus ? Oui, nous avons créé, il y a un an, le programme Paix et Résilience pour les enfants soldats. Au départ, c’était pour les enfants victimes de tortures et de violences. C’était aussi une manière de prévenir le terrorisme, parce qu’aujourd’hui on parle de prévention de la radicalisation ; nous n’en sommes pas là. Nous sommes plus en amont par rapport à ce qui conduit à un comportement violent, issu des discours haineux transmis aux enfants comme des graines plantées dans leur esprit. Qu’est-ce qui fait qu’à un moment donné, cela conditionne une telle haine que toute la personne est habitée par l’envie de tuer ou de venger au point d’aboutir à un acte à caractère terroriste. Nous soignons des quantités d’enfants de terroristes. Nous ne les considérons pas comme tels, mais comme des enfants. Jusqu’à un certain âge, ils ont un cerveau très immature, élastique, malléable, adaptable, ce qui constitue une brèche où nous pouvons agir en détricotant ce processus de violence. Pour lire l’article en entier, REFLETS n°35 pages 69 à 75

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Anita 3 juin 2020 Aucun commentaire
Splendeur du silence dans l’art de soigner
Daniel Chevassut

Splendeur du silence et de la grâce dans l’art de soigner

Splendeur du silence et de la grâce dans l’art de soigner Dr Daniel Chevassut Daniel Chevassut, médecin homéopathe spécialisé dans la souffrance au sein des hôpitaux de l’assistance publique de Marseille est aujourd’hui retraité. Son expérience l’a conduit à intervenir dans le cadre du diplôme de soins palliatifs et dans l’enseignement universitaire. Il est pratiquant bouddhiste. Lors de ses nombreux séjours en Inde, il a rencontré différentes médecines traditionnelles, si bien qu’il promeut une médecine éthique et intégrative. Son dernier livre, Lisa, Amour et médecine, l’indispensable union  en témoigne. Avoir l’opportunité dans sa vie d’exercer la médecine est une chance merveilleuse. C’est quelque chose d’extraordinaire pour peu que l’on en réalise le sens profond. Ce sens, c’est la joie qui s’éveille tant chez le malade que chez le médecin (ou le soignant), lorsque la guérison se manifeste ou lorsque la souffrance disparaît ou s’atténue. Un sens totalement dépourvu de désir d’argent, de pouvoir et de notoriété. Seul compte le bien-être de l’autre, de celui ou de celle qui souffre. La motivation dans l’art de soigner est donc un facteur important de réussite manifestée dans les sourires, lorsque la médecine s’est avérée efficace. Le médecin, comme ses patients, tombera malade, vieillira et sera confronté aux souffrances de l’agonie. Or, lorsqu’il quittera cette terre, ce sont tous ces sourires qui l’accompagneront dans l’épreuve et qui lui procureront de la joie dans les derniers instants. j’avais évoqué une expérience proche de la mort qui m’avait conduit à un choix de vie essentiel pour moi Dans un article de la revue REFLETS 3, j’avais évoqué une expérience proche de la mort qui m’avait conduit à un choix de vie essentiel pour moi : autant de pratique spirituelle que d’activité médicale. En réalité, je n’avais plus le choix. C’est comme si la Vie m’avait dit : « Tu vois, l’existence est comme un film… n’oublie pas qu’il y a l’écran immaculé, vaste, pur, jamais affecté par ce qui se passe dans le film : s’il y a un incendie, l’écran ne brûle pas ; s’il pleut, il ne mouille pas… Relève tes manches et mets-toi vite au travail, va vers l’essentiel. » Et c’est ce que j’ai fait sans aucun regret, mais plutôt avec la conviction croissante qu’il y a bien une Réalité indicible qui nous dépasse, peu importe le nom que nous lui attribuons : Dieu, le Soi, la Claire Lumière, le Grand Esprit, Yahweh, etc. Alors, qu’est-ce que la pratique spirituelle ? Sans prétendre tout savoir ni répondre correctement à cette question, voici le témoignage de mon ressenti sur la question en assumant mes erreurs et mon ignorance. LA GRÂCE EST L’ÉNERGIE LUMINEUSE QUI VIENT DE L’INDICIBLE RÉALITÉ Tout d’abord, il est important de se souvenir de la dimension anthropologique de l’être humain. Celui-ci a un corps (corpus/soma), un psychisme (anima/psukhê) et un esprit (spiritus/pneuma) – ou une conscience. Ainsi même une personne athée possède cette graine de l’Indicible, car c’est la physiologie même de l’être humain. Ensuite, libre à nous de la faire croître. Une grande majorité d’êtres humains privilégient la croissance du corps et de l’intellect au détriment du spirituel. Ce qui peut faire croître cette dimension spirituelle, c’est d’abord notre motivation : « Je veux quoi vraiment ? » et un chemin authentique qui a fait ses preuves au fil des siècles, qui s’adapte à l’évolution (ou l’involution ?) des différentes générations, mais qui, dans tous les cas, garde un axe central pur, indestructible et authentique comme un joyau merveilleux. le sens de la religion, dont le mot vient du latin religare : ce qui nous relie, C’est (ou c’était) le sens de la religion, dont le mot vient du latin religare : ce qui nous relie, ce qui relie notre état actuel à cette dimension indicible, ce qui nous unit à Elle. Certains mots, comme « dévotion » paraissent un peu vieillots aujourd’hui. La dévotion, c’est simplement l’amour intense pour cette Réalité qui nous dépasse tout en étant éternellement présente. Elle s’incarne parfois sous une forme humaine pour mieux communiquer avec nous. C’est le rôle du maître spirituel. Il y a aussi la foi, c’est-à-dire la confiance dans l’existence de cette Réalité et dans le chemin que l’on suit pour s’y fondre. Chemin qui implique le sacré, à savoir le sacrifice de l’égocentrisme – sacré et sacrifice ont la même racine. Sur ce chemin, la culture du silence est un facteur essentiel : le silence quand s’estompe le bruit extérieur, le silence lorsqu’on cesse de parler, le silence quand les pensées se calment dans la méditation, et enfin le silence dont la saveur est inexprimable, paradoxalement à la fois vide et plein. Dans l’art de soigner, c’est ce silence qui favorise l’intuition, le miroir dans lequel l’autre se révèle dans sa maladie, sa souffrance et sa complexité. Dans la transparence de soi transparaît la réalité de l’autre. Ce silence permet au médecin, en complément de son savoir scientifique, de ressentir la maladie et de trouver le traitement le plus efficace. Pour lire l’article en entier, REFLETS n °35 pages 31 à 33

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Daniel Chevassut 28 mai 2020 Aucun commentaire
CONCENTRATION DES MÉDIAS
Anita

CONCENTRATION DES MÉDIAS

                                                                                 par Alain Pamart   Nécessité d’une mise en place de garanties efficaces, pour empêcher le risque de corruption et d’influence du capitalisme dans l’information À la Libération, le paysage médiatique, essentiellement la presse écrite, s’est restructuré de fond en comble sur la base des directives élaborées par le comité de la Résistance. Une ordonnance du gouvernement provisoire a vite posé, comme socle intangible, la nécessité d’une mise en place de garanties efficaces, pour empêcher le risque de corruption et d’influence du capitalisme dans l’information. Cette période de post-Libération s’est doublée d’une émancipation accordée aux journalistes, leur offrant une totale liberté d’écriture, avec pour seule consigne de respecter la couleur politique et la ligne éditoriale du journal. Cette « nouvelle presse » voulait ainsi être débarrassée des intérêts privés et en corollaire, bannir toute possibilité de concentration. Vœu pieux ; rompant avec la promesse de la Libération, la libre concurrence est réinstaurée par l’État dès 1947. la presse écrite se déploie pour répondre à la concurrence audiovisuelle Dans un premier temps, les tirages augmentent considérablement. Puis, dans les deux décennies de 1960 et 1970, la presse écrite se déploie pour répondre à la concurrence audiovisuelle en presse spécialisée. Cependant, cela n’endigue pas pour autant un fléchissement, puis une réelle décroissance du nombre d’éditions, surtout celles visant le grand public. Pour contrecarrer cette désaffection du lecteur, les lignes éditoriales se convertissent, choisissant des sujets en fonction de leur supposé potentiel d’audience et écornant quelque peu la déontologie journalistique. Sans oublier aussi un impératif laissé un peu sous le coude : l’équilibre des comptes. Les décisionnaires encore issus principalement du monde journalistique doivent alors s’astreindre à comprimer les charges de dépenses de personnel, poste budgétaire le plus important. La ressource publicitaire, qui initialement n’avait qu’un caractère supplétif, devient de plus en plus cruciale, pour devenir peu à peu une clé de voûte de l’équilibre des comptes. L’ARRIVÉE DE GRANDES ENTREPRISES REMODÈLE LE PAYSAGE COMPLET  DE LA PRESSE ÉCRITE Deux coups de butoir atteignent ainsi la profession, celui d’une réduction quelquefois drastique du nombre de journalistes statutaires, et celui, plus insidieux, de l’encadrement du contenu des articles aux fins de flatter – ou tout au moins de ne pas fâcher – le lecteur. Ceci au détriment d’une fidélité des faits, d’une véracité trop dérangeante ou trop rude ou encore trop perméable à son libre arbitre. La précarité du secteur journalistique devient de plus en plus problématique. Autour de 2015, l’arrivée de grandes entreprises dans le secteur jusque-là réservé du journalistique remodèle le paysage complet de la presse écrite. L’appétit des grands meneurs d’industries trouve en effet dans ce secteur un élargissement de leur notoriété et de leur influence, sans négliger l’acquisition à très bon prix des organes de presse. Ces derniers, très rentables au cours de leurs premières années de parution, sont désormais en situation de réelle fragilité. La seule issue est l’arrivée d’une nouvelle source de financement. 90 % de l’information  est régie par des entreprises du CAC 40 Ces grands groupes industriels et financiers se sont graduellement et opportunément déployés. La mise en place d’une concentration des organes de presse en fait aujourd’hui les quasi seuls acteurs décisionnels du secteur. Il ne faut pas être devin pour énoncer cette évidence :  les magnats d’industrie ont pour priorité cardinale une entreprise rentable au mieux des potentialités du marché. La concurrence furieuse existant au niveau mondial leur sert d’atouts, au moins en partie légitimes, pour défendre une stricte discipline de gestion, d’autant plus contraignante qu’ils ont à la fois à consolider l’entreprise et à rémunérer « correctement » les actionnaires. Dans le contexte journalistique présent, arrimer à leur parc d’entreprises hautement rentables une activité qui, par nature, ne l’est plus, et de surcroît concurrencée par l’audiovisuel sous toutes ses formes, se révèle au premier abord une aberration économique. Désirent-ils peser plus puissamment dans le débat public Il s’ensuit qu’une raison majeure, autre que commerciale et financière, s’imbrique dans leurs desseins. Désirent-ils peser plus puissamment dans le débat public et devenir un partenaire incontournable des décisions et orientations politiques ou jouer avec les consciences, en muselant habilement – ou en manœuvrant subtilement – l’esprit critique du citoyen client, également électeur Pour lire l’article en entier REFLETS n°35 pages 36 à 39

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Anita 27 mai 2020 Aucun commentaire
Grandir en amour et en liberté
Françoise

Grandir en amour et en liberté

Philosophe, sociologue et historien des religions, Frédéric Lenoir est l’auteur de plus d’une quarantaine d’ouvrages. Nous l’avions rencontré en 2015. Il nous présentait ses projets, constatant son manque d’ancrage dans le concret. Depuis il a créé deux associations, Savoir-Être et Vivre Ensemble et Ensemble pour les Animaux. Nous le retrouvons, encore plus occupé, le jour même de son retour du Népal où il tournait un documentaire. Malgré la fatigue, il est disponible, souriant, enjoué. Cet homme de foi incarne les valeurs qu’il développe dans ses livres. En particulier dans le dernier, La Consolation de l’ange, aux éditions Albin Michel. Vous aviez aussi l’idée d’avancer dans l’engagement associatif. J’ai eu envie de transmettre de plus en plus, d’où l’écriture du livre La Consolation de l’ange et, depuis 2015, j’ai créé deux associations dont une qui s’appelle SEVE (Savoir Être et Vivre Ensemble), dont le but est d’aider des enfants à grandir en humanité, et pas simplement en connaissances. Ce qui manque à l’éducation, c’est la transmission de ce qui permet d’être meilleur en tant qu’être humain. Pour cela, j’ai développé les ateliers SEVE, avec d’abord une pratique de méditation, qui permet à l’enfant d’être plus attentif, plus présent à lui-même et plus à l’écoute des autres. Suit un temps d’échange appelé « les ateliers philo » où une question est lancée, et chaque enfant donne son avis, en s’écoutant mutuellement. L’idée, c’est de les aider à développer leur pensée personnelle, leur esprit critique et l’écoute des autres dans la bienveillance. Le concept existe depuis cinquante ans Le concept existe depuis cinquante ans, je ne l’ai pas inventé. N’ayant pas pu randonner, j’ai fait, pendant un an, le tour du monde des « ateliers philo » et vu ce qui se faisait à l’étranger. J’en ai pratiqué une centaine dans les pays francophones : Canada, Côte d’Ivoire, Suisse, Belgique, etc. J’en ai fait un livre, Philosopher et méditer avec les enfants, sorti en 2016, et qui vient de sortir en poche. L’association SEVE vise à former des enseignants ou des animateurs à mener ces ateliers : 4 000 personnes l’ont été en quatre ans. Aujourd’hui, nous avons dix salariés. Grâce à l’agrément du ministère de l’Éducation nationale, nous allons faire des ateliers de philosophie dans les écoles, surtout publiques, en priorité dans le primaire, pour les six à onze ans. Des enseignants du secondaire suivent aussi la formation SEVE en vue de les pratiquer au collège ou au lycée dans le cadre des cours d’instruction morale et civique. Plus de 200 000 enfants en ont bénéficié. Ils adorent ça. Le sens de la vie se résume-t-il aux trois conquêtes que vous citez souvent : de la peur à l’amour, de l’ignorance à la connaissance et de l’inconscience à la conscience ? C’est mon expérience de vie. Les trois conquêtes ont été d’apprendre de plus en plus. Au fond, cela résume deux quêtes, celle de la liberté et celle de l’amour, qui sont les deux plus grandes valeurs humaines pour moi. Elles s’épaulent mutuellement : plus on est libre, plus on aime, et plus on aime, plus on est libre. On est capable de quitter son ego, d’être en communion avec la vie, avec les êtres. Alors que, limité dans sa liberté, esclave de ses passions, de ses addictions, il est difficile d’aimer vraiment. J’essaie d’incarner concrètement cette croissance de l’amour à travers mes engagements citoyens, pour que cela ne reste pas seulement des idées. Comment voyez-vous les temps qui viennent, du point de vue sociologique, spirituel et chrétien ? De moins en moins de gens entrent dans la formulation dogmatique d’une religion quelle qu’elle soit. Ils font le tri, prennent les choses auxquelles ils adhèrent et rejettent le reste. Ils vont parfois à la messe sans suivre la morale prônée par l’Église. La norme n’est plus la tradition, c’est l’individu qui va chercher dans la tradition ce qui l’intéresse et qui rejette ce qui ne l’intéresse pas. À l’échelle de l’histoire de l’humanité, c’est une révolution : l’individu devient plus important que la tradition. Les institutions, n’ayant plus de pouvoir sur les individus, explosent, et je dirais tant mieux. D’un point de vue spirituel, c’est une très bonne chose, car, me semble-t-il, une religion qui contrôle les gens joue un rôle politique. La spiritualité, ce n’est pas contrôler les individus, c’est leur permettre d’être autonomes et de s’émanciper. Je pense que l’infantilisation des individus par les institutions religieuses est une époque révolue. Mais certains individus ont besoin d’être infantilisés. Psychologiquement, ils sont en insécurité et cherchent des gourous et des religions pour leur dire la vérité : où est l’erreur, où est le salut, où est la perdition. Tant que des gens auront ces besoins-là, les religions telles qu’on les a connues continueront d’exister. Il y aura toujours des institutions pour les gens qui ont besoin d’être rassurés. Et les autres seront soit dans l’indifférence religieuse, soit dans une spiritualité plus personnelle. Qu’est-ce qui donne du sens à la vie ? Pour moi, c’est grandir en humanité, s’améliorer comme être humain. Le plus important pour y parvenir, c’est de grandir en amour et en liberté, les deux grandes valeurs qui, selon moi, donnent du sens à notre vie. Aujourd’hui, ce qui donne du sens à la mienne, c’est d’incarner ces valeurs : d’abord à travers les livres que j’écris pour aider les gens à mieux se connaître, donc à être plus libres et peut-être à aimer un peu plus, et à travers mes engagements associatifs qui me donnent le sentiment d’être utile aux autres. Savoir Être et Vivre Ensemble (SEVE) : asso.seve.org Ensemble pour les animaux : www.ensemblepourlesanimaux.org Pour lire l’article en entier REFLETS n°35 pages 62 à 67

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Françoise 13 mai 2020 Aucun commentaire
Informations à vendre
Anita

Informations à vendre

                                             Sophie Eustache Sophie Eustache écrit dans la presse professionnelle (Industrie & Technologies), syndicale (La Nouvelle Vie ouvrière) et généraliste (Le Monde diplomatique). Elle est journaliste diplômée de l’Institut européen de journalisme, promotion « Yannick Bolloré ». Elle coanime, sur Fréquence Paris Plurielle, l’émission La suite au prochain numéro. En outre, elle a écrit un ouvrage pour les jeunes, Comment s’informer ?, éd. du Ricochet. Les médias délivrent des informations selon une ligne éditoriale plus ou moins explicite ; l’information est-elle nécessairement partisane ? Pour moi oui, une ligne éditoriale est forcément politique, surtout si on parle d’actualité générale. La presse généraliste parle d’économie, de projets de société. La vision est partisane mais pas partitaire, même s’ils ont tous une ligne politique. L’honnêteté intellectuelle voudrait que ce soit clairement dit, pour savoir d’où parlent les journalistes. À Médiapart, chaque journaliste publie une fiche de transparence où il parle de ses convictions politiques. Cela me paraît intéressant et mérite d’être discuté. Ce n’est pas le cas de beaucoup de journaux, comme Le Monde ou Libération, par exemple. Cette ligne éditoriale n’est-elle pas soumise aussi aux diktats économiques ? En fait, la concurrence économique entraîne une homogénéisation des grands journaux : ils se copient pour être sûrs de ne pas passer à côté d’une information. Par ailleurs, dans les années 2000, Le Monde est passé de la sociale démocratie au social libéralisme avec des cahiers thématiques : « Argent », « Entreprise », pour attirer aussi bien un lectorat qu’un capital économique, des investisseurs, des entrepreneurs. Le rachat du Monde par de grands actionnaires a été facilité par un positionnement de plus en plus favorable aux patrons, au libéralisme, à la flexibilité du marché du travail. Dans votre livre, Bâtonner, vous semblez développer l’idée que les groupes de presse qui, petit à petit, ont racheté presque tous les titres, influent sur le contenu éditorial. C’est certain. Il y a la pression économique conjoncturelle due aux crises avec Internet où, à part le Monde Diplomatique et le Canard Enchaîné, tous les journaux se sont mis à faire de l’info en continu. D’où une baisse de qualité et une homogénéisation. Les travaux de l’économiste Julia Cagé indiquent que 64 % de l’information sur Internet par les grands médias généralistes, c’est du copié-collé, prouvé par les algorithmes. Le rachat par les actionnaires devient une menace de censure directe. La plupart du temps, c’est implicite, il y a de l’autocensure chez les journalistes. Ils reprendront avec des pincettes ce qui passe par l’AFP, en essayant d’être factuels. Il peut aussi arriver qu’on censure pour ne pas perdre des revenus publicitaires. Ainsi Géo Mag n’a pas parlé de la collaboration de LVMH avec le nazisme, parce que c’est leur premier publicitaire. Tous ces enjeux économiques se croisent et sont néfastes pour les conditions de travail et la qualité de l’information. Liez-vous la qualité de l’info aux conditions de travail ? La plupart des journalistes font ce qu’ils peuvent ; ce n’est pas un problème de morale. Les conditions matérielles de travail offrent très peu de marges de manœuvre. Le Monde sort quelques affaires de temps en temps : les Panama Papers, Alexandre Benalla, quand elles ne menacent pas les intérêts de Xavier Niel. Ils s’attaquent à la morale des élites qui commettent des actes illégaux ; un article est donc possible, quand il ne s’attaque pas aux fondements du libéralisme. Sortir de telles affaires – qui font vendre – quand on travaille au Monde, rend supportable le métier en interne. Cela reste à l’intérieur d’un cadre. Le problème, c’est que ce cadre répond à des intérêts industriels privés. Ces intérêts politiques sont discutés collectivement. Le rapport de force n’est pas équilibré. Qu’entendez-vous par intérêts privés ? Dans les télécoms, les industriels dépendent des régulations de l’État français. Les conflits d’intérêts sont  très forts. En Allemagne, d’énormes groupes de presse sont possédés par des gens très riches, mais ils n’ont pas d’autres activités économiques dans d’autres secteurs industriels qui dépendraient des commandes de l’État. En France, Bouygues, SFR ou Free dépendent des régulations étatiques. Free – Xavier Niel (Le Monde) – utilise  l’infrastructure réseau d’Orange détenue par l’État. D’où l’intérêt de disposer de ce mastodonte de l’information au crédit important pour négocier avec les politiques. À Canal avec Vincent Bolloré, c’est toujours explicite : il censure, supprime des émissions sans hésiter. Cela a le mérite d’être clair. Les autres le font de manière plus subtile. Bâtonner : action de copier-coller une dépêche fournie par une agence de presse en la remaniant à la marge. Par cet ouvrage, Sophie Eustache montre que l’information est une marchandise comme les autres. Elle sert à vendre les journaux qui cherchent à vendre le plus d’espaces publicitaires possibles afin de rémunérer les actionnaires. L’information – et avec elle, les journalistes – est sujette à toutes les manipulations afin d’accroître sa productivité. Ceci dans une concurrence effrénée avec le numérique captant de plus en plus la publicité… et le pouvoir. Pour lire l’article en entier, REFLETS n° 35 pages 40 à 43

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Anita 5 mai 2020 Aucun commentaire
Qu’est-ce que la vérité ? Christian Roesch
Françoise

Qu’est-ce que la vérité ?

Les informations, quelle que soit leur forme, reflètent le « spectacle » du monde. Comme une pièce de théâtre où se passerait constamment un rebondissement. Plus les évènements sont graves, plus l’émotion est excitée. La vie quotidienne nous fournit son lot de petits problèmes, d’agacements, de contrariétés. Mais pas de quoi en faire un plat : juste ce qu’il faut pour penser du mal de soi et des autres. Tout en restant inaperçus, car contrebalancés par quelques instants de bonheur nous évitant d’aller creuser. Les informations médiatiques sont une caisse de résonnance amplifiant ce mécanisme. Le monde va mal ; il y a des malheurs partout, la terre est pourrie ! Mais il y a des évènements heureux, de belles personnes. Et nous voyons parfois des paysages époustouflants donnant espoir pour la planète. Mais quel est ce mécanisme qui rend si important des étrangers sans lien de parenté ? L’ambiance d’informations permanentes, dans laquelle nous sommes baignés (journaux, radio, télé et surtout écrans numériques), met notre système nerveux à rude épreuve. Il est à la fois excité et miné. Excité au point d’en devenir addict, car les évènements du monde nous donnent par procuration le sentiment de vivre intensément. Miné, car ils atteignent notre moral et insidieusement altèrent notre être. Quelques jours plus tôt, une voisine me dit avoir acheté Gala à cause de Meghan et Harry. Elle ajoute, les yeux embrumés, qu’elle se fait du souci pour Harry : il a quitté la famille royale, sa famille ; il s’est lancé dans une vie affairée, poussé par sa femme. Il risque de se faire avoir. Sous-entendu : je ne sais pas comment ça va finir, mais je m’en doute. Devant mes sourcils relevés de surprise pour cette inquiétude qui l’envahissait, elle se tait et se renferme sur elle-même. Je sens sa déception de ne pas partager son émoi. Mais quel est ce mécanisme qui rend si important des étrangers sans lien de parenté, sans lien historique ni géographique, au point de rompre un instant de connivence entre voisins ? Pourquoi souffre-t-elle pour Harry ? Je réalise qu’elle est divorcée. Elle a peur que Harry se fasse avoir par Meghan, comme elle-même s’est fait avoir par son ex-mari. Souffrir pour Harry lui masque sa propre douleur, encore si présente. Elle vit par procuration en étant procureur et juré invité au tribunal : dans cet instant, elle ignore sa propre souffrance. Elle accuse Meghan comme elle accuse son ex. Elle la juge, faisant de Harry une pauvre victime, comme elle pense l’être elle-même. En fin de compte – de procès, pourrions-nous dire – elle condamne Meghan. La sentence n’est pas exprimée à haute voix, l’instant n’y étant pas favorable, mais dans sa tête, cela doit ressembler à : « Quelle salope ! » Ainsi, le mécanisme émotionnel est identifié : – une victime, à plaindre, à réhabiliter ; – un bourreau, à accuser, à juger, à condamner. Cette voisine ne peut pas entendre d’autres points de vue possibles, comme celui, d’ailleurs tout aussi faux, que Meghan est victime et Harry, bourreau. Elle ne peut davantage entendre que ni Harry ni Meghan ne sont des victimes. Ils sont, autant l’un que l’autre, responsables de leur couple, et chacun de sa souffrance. Peut-être du bout de l’oreille ? L’entendre vraiment nécessiterait qu’elle aperçoive le miroir renvoyé par le couple mis à l’écart de la famille, qu’elle voie sa responsabilité dans la séparation avec son mari. Elle pense qu’elle s’est fait avoir. Mais est-ce la réalité ? Prenons du recul sur cet exemple :  notons l’attirance pour les médias qui nous parlent des bonheurs (mariage royal en grande pompe) et des malheurs du monde (exil au Canada) ; ainsi nous projetons-nous dans les évènements, sans nous rendre compte que ceux qui nous émeuvent sont ceux qui nous mettent en lien avec notre histoire. Toujours, il y a une victime et un bourreau,     même quand celui-ci n’est pas identifié ; cette façon de voir, spontanée, est un mensonge. Les relents de notre histoire faussent notre perception. La dualité bourreau-victime est une illusion ; la vérité, c’est-à-dire la compréhension de l’évènement sans jugement, n’est accessible que par la compréhension de sa propre histoire ; aucune technique journalistique ne peut permettre d’accéder à la vérité comme le fait la connaissance de soi ; seulement la miséricorde sur sa propre histoire procure la miséricorde sur les évènements du monde. La connaissance, la compréhension consolatrice nous réconcilient avec nos soi-disant bourreaux. Nous passons du besoin de séparation au besoin d’union ; la vérité de notre histoire, par un travail intense sur soi, est une vérité relative. Notre imperfection humaine est définitive ! il n’y a pas de vérité avec un grand V. Où est la cause des causes ?   Pour lire l’article en entier, REFLETS n °35 pages 49 à 50

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Françoise 27 avril 2020 Aucun commentaire
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