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Extrait d’article

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Compléments Revue Reflets

Extrait d’article

Compléments Revue Reflets

Extrait d’article
Effondrement et renouveau ? 
Louis Fouché

Effondrement et renouveau ? 

  Louis Fouché, médecin réanimateur en poste à l‘hôpital de la Conception de Marseille jusqu’à l’automne 2021, est l’un des ambassadeurs du collectif RéInfo Covid créé pendant la crise sanitaire, composé de nombreux soignants et artistes. L’auteur du livre Tous résistants dans l’âme mène un combat non violent, à l’image d’un pratiquant en art martial, pour préserver le vivant en ce monde. Montrant les failles et les revers de la politique sanitaire de l’Etat, il est devenu malgré lui une voix qui compte sur les réseaux sociaux. Nous avons écouté un homme passionné et passionnant, érudit et modeste, convaincu par la nécessité de se confronter à « frottement dur » avec le Réel.     Qu’est-ce qui vous motive profondément au-delà du désaccord  avec l’autorité médicale sur la vaccination ? C’est beaucoup plus profond qu’un désaccord sur la vaccination. Nous sommes frères et sœurs humains sur Terre à essayer de prendre soin de celui qui ne va pas bien, à avancer sur ce chemin de souffrance qu’est l’existence. Siddhârtha sort de son palais et rencontre la vieillesse, la maladie et la mort. Il rencontre la dukkha, la souffrance universelle. Il renonce à son destin de roi pour devenir un sage et essayer de trouver un remède à cette souffrance.  Cette souffrance, c’est la rencontre à frottement dur avec le réel pour s’individuer, sortir de la matrice et prendre sa place. A mon sens, il y trois ordres de remèdes à cette souffrance ontologique de l’humain : celui symbolique de donner du sens à la souffrance et faire que le chemin s’éclaire devant nous. Etre malade, mourir, vont alors faire sens. Celui social de se serrer les coudes entre frères et sœurs humains quand l’un d’entre nous ne va pas bien. Enfin, celui technique de créer des artefacts pour aider ou diminuer la souffrance (un médicament, une maison, des habits, etc…). Nous avons désinvesti les champs symboliques et sociaux pour surinvestir le champ technique de remédiation à la souffrance. Jusqu’à l’idée que la technique pourrait nous éviter ce frottement dur au réel et permettre de ne jamais souffrir. L’existence serait un programme informatique qu’on déroule sans bugs. Une optimisation de notre « expérience-utilisateur » de la vie, prémunis de tout danger et de survenue d’imprévu. Les GAFAMS veulent nous faire un « technococon » définitif pour qu’il n’y ait plus aucune souffrance. La Covid a donné un grand pouvoir au numérique et aux GAFA, est-ce un problème de fond ? Ce n’est pas qu’une crise sanitaire, scientifique, démocratique, scolaire, sociale, médiatique ou environnementale. C’est tout cela à la fois. Et au centre, il y a la peur de la mort ; et la volonté d’un monde contrôlé et prédictible. L’humain a créé des religions, des outils sociaux, de la technique pour tenter de s’affranchir de la souffrance. Mais il souffre quand même. Il a tout mais ne peut contrôler la mort.  L’idéologie transhumaniste, devenue prégnante chez nos gouvernants, veut justement s’affranchir de la mort. Elle vise à un humain qui deviendrait Dieu. Un des cadres de Facebook a créé sa religion de l’intelligence artificielle. Il a créé une Eglise aux Etats-Unis qui vénère l’I.A. comme un dieu. C’est l’hubris des grecs, la volonté de puissance de l’humain, la folie des grandeurs, l’orgueil de vouloir devenir Dieu à la place de Dieu. C’est Prométhée qui vole le feu aux dieux pour le donner aux hommes . C’est Icare qui cherche à monter près du soleil pour devenir l’égal des dieux.  Le monde occidental puise à son propre profit les ressources, au mépris des conséquences. Les chaînes de montage industrielles veulent transformer la Nature, en faisant un objet fini calibré, parfait. Il faut alors se séparer de l’humain, cette chose instable qui crée de l’imprévu et de l’erreur. L’ouvrier devient un robot.  L’humain est perdu dans ce monde déshumanisé, courant après le temps et la machine comme dans Les temps modernes de Chaplin.  Les GAFAM cherchent à enlever l’humain des variables de l’équation en le remplaçant par des systèmes techniques numérisés. Ce mouvement arrive à son paroxysme. Et il s’agit maintenant de tout mettre en nombres, de parvenir à un idéal mathématique, où le monde serait enfin réduit à l’épure de sa perfection numérique. C’est une illusion car il y a toujours des variables imprévues. Et le Vivant par nature échappe à sa modélisation numérique. Henri Laborit et Edgar Morin ont développé «   la pensée complexe », signifiant que la pensée binaire du bon-mauvais, blanc-noir, n’est pas le réel. Notre cerveau n’arrive pas à intégrer un système complexe.  D’où deux nobles tentations : celle de la science de comprendre le réel en proposant des modèles théoriques mais qui sont toujours des appauvrissements par rapport au réel. Celle de la spiritualité qui, constatant le monde trop complexe, s’ouvre au mystère et à la beauté en acceptant que l’humain n’est qu’un élément de cette complexité. Ces deux façons de voir peuvent se rapprocher, les grands scientifiques sont souvent de grands mystiques.  La Covid est le révélateur de la Xe tentation d’hubris de l’humanité. Rien de neuf sous le soleil. Il est venu comme une chance nous proposer de revenir à notre humaine condition et de cesser le délire de toute puissance de nos sociétés matérialistes. L’hubris chez les grecs est toujours puni par la Nemesis : la colère des dieux qui ramène l’humain à sa condition. La Covid est la Nemesis de nos sociétés occidentales. Est-ce que vous avez l’espoir que les gouvernants adoptent une certaine sagesse face à cette situation ? C’est comme si nous attendions un sauveur mais, si nous sommes chrétiens, il est déjà venu. En psychologie, c’est le triangle bourreau, victime, sauveur. Nous sommes toujours le bourreau de quelqu’un ou la victime de l’autre, le sauveur d’un troisième. Cela s’appelle le triangle dramatique de Karpman. Il faut en sortir. Attendre des gouvernants la sagesse, c’est avoir un désir sur l’autre. Nous ne pouvons que nous changer nous-mêmes, et c’est déjà pas mal. Si vous le faites, il va s’ensuivre une transformation du réel autour de vous par effet de contamination. Ça commence à l’intérieur. Vous ne pouvez pas trouver la paix

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Louis Fouché 25 mars 2022 Aucun commentaire
Ateliers Écriture Reflets

COP 26, La victoire de l’immobilisme

Alok Sharma, le président, clôturant la COP26 visiblement ému, s’est dit profondément désolé, en soulignant la difficulté de trouverun consensus entre 196 pays. Les pays réunis à Glasgow n’ont pas trouvé d’accord qui soit efficace sur le réchauffement climatique – beaucoup de discussions houleuses sur les énergies les plus polluantes. Les pays utilisant le charbon en quantité comme les USA et la Chine refusent les restrictions. Lesbanques continueront à financer de nouvelles installations. Mais on n’a pas trouvé de financement pour les pays pauvres qui subissent en premier chef le dérèglement climatique. Le problème principal, qui n’a pas été abordé, est de mettre un frein à la surconsommation. C’est le sujet de fond qui remettrait en cause nos systèmes économiques, bancaires et politiques. Les décideurs du monde voient les choses de tout autre manière. C’est la numérisation qui nous sauvera : le monde virtuel. Selon l’entreprise informatique américaine Cisco, le trafic décuple actuellement tous les 10 ans. Suivant cette « loi », il serait multiplié par 1 000 d’ici 30 ans ! Aujourd’hui, un tel débit est impossible : l’infrastructure cuivre-4G ne le permet pas. La 5G et la fibre optique rendraient possible une telle évolution. De toutes parts, on se passionne pour l’I.A. (intelligence artificielle). L’avenir de l’automobile ne semble plus pouvoir être pensé hors du véhicule autonome. Microsoft envisage un marché de 7 milliards de joueurs en ligne. L’e-sport se développe. L’industrie 4.0 et l’internet des objets (IdO) sont présentés comme des évolutions irréversibles. Le Big Data est le pétrole de demain. Le hic, l’industrie numérique est très consommatrice d’énergie électrique. Elle fait croire qu’elle n’est pas polluante, pas gaspilleuse, inventive de solutions. C’est faux. Et nous y participons sans le savoir. Une étude réalisée par l’ADEME démontre qu’un courriel avec pièce jointe de 1 Mo envoyé à une personne émet environ 20 grammes de CO 2 , soit l’équivalent de la consommation électrique d’une ampoule de 60 watt pendant 25 minutes, jusqu’à 50 grammes pour un long courriel avec des pièces jointes, soit deux heures ! Ce courriel, stocké dans un Data Centerpendant un an, émet 10g de CO 2 . Ainsi, un e-mail entraîne l’émission de 30 grammes de CO 2 (même non ouvert). 300 milliards de mails sont envoyés chaque jour. 1000 millions de tonnes de CO 2 par an sont ainsi générés. La pollution ne concerne pas que le CO2 . Le matériel informatique, dont nos Smartphones, utilise des métaux et des terres rares, très polluants et énergivores à la fabrication . Il n’y a pas de solution simple. Jeff Besos , venu prêcher pour sa paroisse numérique, lance des fusées spatiales. Si bien que les pays qui en ont les moyens se tournent vers le nucléaire qui est en plein développement. Au Moyen-Orient, après Israël et l’Iran, les Émirats, l’Arabie saoudite construisent des centrales ; en Asie, c’est la Chine et la Corée du Nord. Le motif officiel : peu de rejet de CO 2 . Mais c’est sans tenir compte de la production du combustible et de son élimination. La pollution nucléaire est invisible mais affecte la vie à long terme. Les centrales nucléaires sont le socle de l’arme atomique. La course a repris. Au danger de la bombe détenue pardes nations dictatoriales s’ajoute celui du cyber terrorisme. Des hackers peuvent faire croire à une attaque qui déclenche automatiquement une riposte… Le scénario à la James Bond devient très plausible. Pour lire l’article en entier REFLETS n° 42 pages 5 à 6

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Ateliers Écriture Reflets 1 mars 2022 Aucun commentaire
Sylvie Regnault et Severine Matteuzzi

Le plaisir déchiré, fondement du traumatisme de l’enfance

  Depuis quarante ans que nous accompagnons des personnes à la découverte de leurs traumatismes, c’est-à-dire les quatre instants décisifs* qui ont définitivement teinté leur personnalité entre la naissance et l’adolescence, nous nous émerveillons encore de tout l’amour contenu dans le cœur des enfants et des adolescents que les analysé(e)s retrouvent. Quel amour et quel manque d’amour à la fois leur a-t-il fallu pour traverser ces quatre événements majeurs auxquels la psychanalyse corporelle apporte sens et miséricorde ! En naissant, dans 100 % des revécus, les psychanalysés ressentent un immense sentiment d’injustice au contact de l’amour si imparfait des humains. Le bébé, comblé pendant les 9 mois de la grossesse, se trouve totalement désespéré lorsqu’il découvre que les hommes sont imparfaits et qu’ils ne se supportent pas ainsi. À cet instant, il se sent profondément mal aimé et n’aura de cesse, toute sa vie, de rechercher son amour perdu. C’est habité de cette quête profonde qu’il vivra plus tard chacun de ses traumatisme     COMMENT CELA SE JOUE-T-IL DANS L’ENFANCE ? Le traumatisme de l’enfance, appelé traumatisme de l’ambiguïté sexuelle, a lieu généralement entre 5 et 8 ans. L’enfant va découvrir, dans les yeux d’un adulte, quelque chose d’incroyable : le plaisir mêlé à la honte. Avant le traumatisme, il est incapable de ressentir ce curieux mélange. C’est un géant de sensualité qui goûte les sensations sans aucune connotation sexuelle ni honte. C’est en allant chercher l’exclusivité de l’amour d’un adulte poussé par le manque de cet amour initial perdu, qu’il se confronte à cette découverte. Comme dans les autres traumatismes, l’intériorité de l’enfant va être violemment déchirée entre deux réalités contradictoires. Ici, il s’agit du plaisir et de la honte, forces antagonistes d’égale intensité. Dans cet immense conflit intérieur, l’enfant devra choisir, pour sauver son équilibre, une seule version du monde en renonçant à l’autre. C’est alors, dans un paroxysme de douleur, qu’il va s’amputer d’une part de sa sensibilité. Cette première expérience de nature plus ou moins sexuelle va le faire renoncer à une partie de lui-même. À cette occasion, il se confrontera aux interdits, ce qui structurera sa personnalité. Dorénavant le plaisir sera adapté aux normes, aux limites qu’il aura perçues ABUS DANS LE TRAUMATISME DE L’ENFANCE La Psychanalyse Corporelle nous a permis de découvrir combien l’enfant perçoit les souffrances du couple de ses parents souvent liées à leur sexualité. À sa quête d’amour, s’ajoute alors la perception d’une douleur qu’il pense pouvoir régler, en intervenant directement sur ces adultes en souffrance. Cela s’accompagne, dans le traumatisme de l’enfance, d’un sentiment de pouvoir de l’enfant sur l’adulte. Parmi les nombreux traumatismes retrouvés, la notion d’abus est présente** qu’il s’agisse d’abus avéré, symbolique ou d’une maladresse. Grâce à la profondeur du revécu corporel, le psychanalysé est en mesure de découvrir ce qu’il s’est réellement passé. Cela est d’autant plus capital qu’à un certain niveau de revécu les psychanalysés ont souvent le sentiment d’avoir subi des violences sexuelles alors que parfois un simple regard a suffi pour que le traumatisme ait lieu. La perception de la réalité est totalement subjective. Le témoignage de Joëlle qui suit, revécu d’un traumatisme de l’enfance en psychanalyse corporelle, nous donne à percevoir toute l’intériorité de l’enfant. Il nous permet aussi de comprendre la profondeur de la réconciliation vécue par la psychanalysée. Sa vie de femme est totalement ré éclairée par la découverte de son traumatisme de l’enfance. L’HISTOIRE D’UNE PETITE FILLE COMME TANT D’AUTRES Joëlle vit seule avec sa maman au dixième étage d’un grand immeuble. Son papa est parti à l’étranger rejoindre sa nouvelle compagne. Le chagrin d’amour de sa maman ternit l’atmosphère de la maison et la petite fille de 7 ans se sent elle-même perdue tant son papa lui manque. Heureusement au même étage, vit une famille vivante et joyeuse. Christine et Paul reçoivent avec plaisir Joëlle, qui a le même âge que leur aîné, Éric. Joëlle vient tous les jours rejoindre son ami. Elle est heureuse de se sentir faire partie de cette famille.   Pour lire l’article en entier REFLETS n° 42 pages 21 à 23  

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Sylvie Regnault et Severine Matteuzzi 1 février 2022 Aucun commentaire
Thomas d?assembourg

LA PAIX, ÇA S’APPREND

    Anciennement avocat au barreau de Bruxelles et conseiller juridique, Thomas d’Ansembourg s’est engagé comme bénévole dans une association d’aide aux jeunes connaissant des problèmes de délinquance, violence, prostitution et dépendances de toutes sortes. Par cette double approche, juridique et sociale il s’est impliqué dans la gestion des conflits et la recherche de sens. Puis il devient psychothérapeute accompagnant les personnes dans les processus d’ouverture du cœur et de la conscience. il est aujourd’hui un des pionniers francophones de l’enseignement de la Communication non Violente, inventée par Marshall Rosenberg Que veut dire changer le monde pour vous ?  Cela veut dire y apporter les valeurs qui nous tiennent profondément à cœur, en témoigner par notre façon de vivre et laisser autant que possible une sorte de sillage de contribution pour que ces valeurs soient vivantes. Qu’est-ce qui a changé et qu’est-ce qu’il faudrait changer ?  Notre système de pensée. Nous nous sommes laissés encoder dans une impression de séparation, des visions de cloisonnement et notamment de séparation de la nature. Nous sommes de la nature comme un enfant est de sa famille. C’est un sentiment qui s’est perdu, je pense, avec l’arrivée de la société industrielle et le fait que, de plus en plus de gens, vivent hors sol et donc hors du rythme des saisons. Ce qui est à changer aujourd’hui, c’est retrouver l’inclusion, le sens du tout, le sens du nous et pas juste un « nous autres », un « nous tous » comme tous les passagers humains et non humains, passagers du vaisseau terrestre. C’est la conscience à laquelle j’essaie de contribuer comme beaucoup de contemporains qui sont dans cette démarche de co-créer le nouveau paradigme. Dessin de Nelly Chobaz Qu’est-ce qu’il faudrait comme conditions pour changer, des conditions intérieures à l’humain ? Est-ce qu’il y a aussi des conditions extérieures ? Nous avons besoin d’apprendre à transformer notre façon de concevoir la vie, le vivant, l’incarnation. Nous créons des sociétés qui correspondent à nos systèmes de pensée. Si je pense en termes de division et de séparation, je crée des structures séparées, divisées et des rapports humains séparant, divisant. Et inversement, si je pense en termes d’inclusion, je vais générer, par exemple le management participatif, la collaboration,  la collégialité, la cohabitation des différentes sphères du vivant, comme en permaculture où tout sert à tout, les cycles sont respectés, les choses se mutualisent, pollinisent, collaborent. Je crée des synergies. Mais si je pense en termes de séparation, par exemple en culture, je suis propriétaire du terrain, et j’en veux le plus grand profit. Je mets n’importe quel produit pour engraisser ou pour tuer les parasites, j’entretiens de la division-séparation et tôt ou tard, ça meurt. Donc, nous avons besoin de transformer le système de pensée et ce travail n’est pas nécessairement confortable parce que nous sommes très habitués à vivre dans un connu inconfortable mais qui a le bénéfice d’être connu. Nous gardons des routines, des automatismes, des croyances limitantes, des pensées souvent négatives. Mon travail s’inspire beaucoup de cette formule de Paul Watzlawick, le père de l’analyse des systèmes relationnels, de l’analyse systémique, un des fondateurs de l’école de Palo Alto qui observait les systèmes humains, l’écologie relationnelle et qui disait qu’une des premières lois de tout système, c’est que, si on fait ce qu’on a toujours fait, on obtient ce qu’on a toujours obtenu. C’est évident ! Et bien sûr pour les enjeux du réchauffement climatique ou de la biodiversité, nous devrions faire autrement. Et la plupart du temps, nous éludons ce qui préside à ça, c’est : « Comment vas-tu faire autrement si tu penses pareil ? » C’est juste impossible. La seule façon d’obtenir autre chose et donc de faire autrement, c’est de penser autrement. Mais c’est très inconfortable puisque je dois sortir de mon traintrain de pensée habituel, me remettre en question, m’asseoir avec moi-même, dans la chaise de l’intériorité, la chaise du discernement qui me permet de prendre du recul et de me remettre en question. Peut-être je pourrais m’enhardir à penser plutôt comme ça et à faire plutôt comme ceci et peut-être à ce moment-là obtenir un résultat qui sera plus favorable, tant pour moi que pour mes frères et sœurs humains, que pour la planète. Voilà un travail de pivotement à l’intérieur, pas forcément confortable mais absolument nécessaire.   Si cet article vous plait, pensez à faire un don. Le fonctionnement du site a un coût. Il n’y a pas de publicité. Vous avez un bouton « don » sur le côté. Merci de votre participation quel que soit le montant     Pour lire l’article  REFLETS n°39 pages 58 à 60

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Thomas d?assembourg 23 janvier 2022 Aucun commentaire
Bernard Devert

UNE OCCASION DE GAGNER EN fraternité

    Ancien promoteur immobilier lyonnais, il devient prêtre à l’âge de quarante ans. La création d’Habitat et Humanisme, qu’il fonde en 1985, est le résultat de deux élans : son génie immobilier et sa soif de justice. Quinze ans après il crée l’association La Pierre Angulaire, réseau de maisons d’accueil et de soins pour personnes âgées à faibles ressources. Bernard Devert est aussi un bâtisseur de liens. Il est connu par ses interventions régulières dans les médias et auprès des politiques, sur la question du mal-logement, de l’insertion des personnes en difficulté, de l’accueil des personnes âgées, de l’économie sociale et solidaire. Le 7 juillet 2021, il a été nommé président du Haut Comité pour le Logement des Personnes défavorisées et le suivi du droit au logement opposable. Changer le monde, qu’est-ce que cela veut dire pour vous ? La question porte sur des enjeux massifs et disproportionnés au regard de mes possibilités. Mon premier ressenti est celui d’un dépassement, d’une impuissance, mais ce monde est aussi un village dont je perçois, à partir des réseaux sociaux et les médias, les convulsions, les espoirs et les drames. Je suis un citoyen du monde, blessé par ces voix qui vous parlent avec suffisance et arrogance au nom d’une souveraineté qui est d’abord la leur – bâtir des murs pour que l’étranger ne trouve pas place dans leur chez eux, conçu comme un entre soi, bien décidés à en faire une forteresse. Que de regards sur le monde, celui de la peur, de l’inquiétude ou au contraire de cette confiance et même de cette joie de voir, à partir de cultures différentes, une chance de grandir en humanité ! L’humanisme n’est pas un concept, il est une attitude intérieure, une sagesse, au sens où Platon parle de la philosophie comme fille de l’étonnement qui se présente comme les premiers pas vers une filiation qui a pour nom la fraternité, source d’émerveillement. Ce ne sont pas des mots faciles, ils sont ceux d’une reconnaissance qui n’est pas étrangère à ces rencontres qui vous font naître à de singulières ouvertures. Je pense à ce garçon Burkinabé, Wahabou Tarama, qui a quitté sa terre natale à l’âge de 14 ans pour avoir tout perdu, un père, une mère, une famille. Il n’a rien, ni argent ni bagage, il ne sait pas lire et a seulement mémorisé quelques mots de français. Il est accueilli en France comme mineur non accompagné (M.N.A). Qui donnerait cher de sa vie? Elle est minuscule et pendant quelques mois, elle ne s’exprimera que par des majuscules. Aide Sociale à l’Enfance (ASE), Médecins du Monde (MDM), Mission d’Évaluation et d’Orientation pour Mineurs Étrangers (MEOMIE), Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides (OFRA), Police aux Frontières (PAF). France Vergely, bénévole, va lui ouvrir un horizon ; elle lui apprend non seulement le français, mais lui fait cadeau d’un accompagnement riche d’amitié et de bienveillance. Une autre planète se fait jour pour Wahabou qui découvre en lui des capacités qu’il ne soupçonnait pas et c’est ainsi que l’idée d’un récit de vie surgit. De cette amitié naît un petit livre de 106 pages dont le titre Mot par mot. Et gravir ce monde est repris dans le 7e album du rappeur Oxmo Puccino, La Voix lactée. Que s’est-il passé ? Une hospitalité, qui ne l’est que si elle est une fraternité, est offerte à Wahabou. Quittant une planète hostile, il apprivoisa, tel le Petit Prince, celle que France lui fit découvrir. Là, les yeux grands-ouverts, il refuse l’oppression des fatalités, se libérant des inquiétudes et de la mémoire funeste des événements qui ont détruit son enfance. Le chemin de Wahabou et de France a rejoint le mien: une ouverture au monde nous invitant à faire nôtre la réflexion de Gandhi : « Sois le changement que tu veux voir surgir ». « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs », comme le rappela Jacques Chirac lors du IVe sommet de la Terre, en 2002. Je sais les choses, dit Rimbaud, mais j’avais les yeux fermés et les oreilles closes. S’ouvrir à l’autre, c’est nécessairement changer. Aucun regard, ni réelle écoute, ne permettent l’indifférence face aux différences parfois abyssales qui conduisent à côtoyer la cruauté du monde, ces barbaries triomphantes, dit Edgar Morin. Que faire si ce n’est changer ? Il me fut donné au Conseil Économique Social et Environnemental d’intervenir dans un colloque sur ce thème. Il y eut cette question qui m’habite : qu’est-ce que changer ? Un grand silence s’est ensuite établi dans l’amphithéâtre, puis une voix a retenti : « Que faire… devenir meilleur ». Quelles sont les conditions pour changer le monde ? Attendre le grand soir est une illusion, d’autant que la violence opère de par sa brutalité des changements qui sont ceux de la puissance, portant en elle-même la semence des conflits meurtriers et des rancunes assassines. Simone Veil, la philosophe, introduit comme nécessité l’intelligence éclairée par l’amour, ce que reprend François Cheng dans son ouvrage « de l’âme » : la bonté ne se réduit pas à quelques bons sentiments ou sympathies de circonstance, encore moins à une sorte d’angélisme naïf ou bonasse ; elle est d’une extrême exigence. Le sujet n’est pas de renverser la table, ce qui ne serait qu’un coup de colère, mais d’inviter à cette table les acteurs du changement aux fins de verser ce qui est nécessaire pour étancher la soif de l’équité, de la justice et de ce respect de l’autre. La recherche de ce qui peut changer et que l’on doit faire changer relève d’une attente, celle d’un enfant. Alors on prépare un berceau pour accueillir la vie et soudain alors, ceux qui se penchent sur ce berceau s’interrogent : « Que va devenir cet enfant ? ».   Pour lire l’article en entier, REFLETS n° 42 pages 54 à 57 www.habitat-humanisme.org    

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Bernard Devert 15 janvier 2022 Aucun commentaire
Juliette Duquesne

L’Intelligence Artificielle : Qui décide de son usage ? 

  Journaliste indépendante spécialisée dans les thématiques environnementales et économiques. Elle a créé une collection de livres (avec Pierre Rabhi, les Presses du Châtelet) : Carnets d’alerte, et un média du même nom : www.carnetsdalerte.fr . Six livres ont déjà été publiés : Pour en finir avec la faim dans le monde, Les Semences, un patrimoine vital en voie de disparition, Les Excès de la finance ou l’art de la prédation légalisée, L’eau que nous sommes, Vivre mieux sans croissance, L’Humain au risque de l’intelligence artificielle.   Chaque enquête dure plus d’un an : plus de 60 personnes interrogées, chaque chiffre sourcé.  Auparavant, Juliette Duquesne a travaillé une dizaine d’années pour le journal de TF1. Pour en savoir plus : www.julietteduquesne.fr ; www.carnetsdalerte.fr Quel est le risque principal de l’I.A. ? Comment s’en protéger ? Il est difficile de répondre à cette question. La pollution du numérique est un risque majeur de l’intelligence artificielle. Aujourd’hui, c’est la fabrication des équipements (ordinateurs, téléphones, téléviseurs…) qui est la principale source de pollution dans le numérique (émissions de gaz à effet de serre, consommation d’eau et de métaux.) L’intelligence artificielle n’est pas directement concernée par ces équipements. Néanmoins, les réseaux sociaux, les nombreuses applications comme Waze, les enceintes connectées, les futures villes intelligentes ou les possibles voitures autonomes utilisent des programmes d’intelligence artificielle. Et c’est pour utiliser ces programmes au quotidien que nous achetons toujours plus d’équipements informatiques. Un autre risque essentiel de l’intelligence artificielle : l’humain. Voilà d’ailleurs pourquoi nous avons décidé d’intituler notre ouvrage, l’Humain au risque de l’intelligence artificielle. Afin de fabriquer un programme d’IA, dans de nombreux cas, nous passons des mots aux nombres, nécessaires à la mise en données et en algorithmes, puis au codage informatique. Chaque étape schématise et fige la réalité. Les mots sont plus subtils que les nombres.  Malheureusement, ce n’est pas parce qu’une invention ne fonctionne pas ou mal que son utilisation s’arrête. Dans le secteur de la finance, on continue d’utiliser les multiples modèles algorithmiques en partie à l’origine de la crise des subprimes… Même lorsqu’ils sont inefficients, ces modèles ont de nombreux effets sur nos vies. Ils rigidifient et rendent moins souples les interactions au sein de la société. Dans des secteurs tous les jours plus nombreux, nous échangeons avec des machines qui ne s’adaptent pas comme peuvent le faire des humains. Chacun doit entrer dans une case, sans considération de la situation et du cas particulier. Par conséquent, la principale crainte n’est pas d’être dominé par des machines, mais de simplifier nos comportements afin d’interagir avec un environnement où les programmes d’IA sont devenus légion. Cet appauvrissement est dénoncé depuis déjà plusieurs années par différents acteurs de la société civile comme le philosophe Jean-Michel Besnier.    Si cet article vous plait, pensez à faire un don. Le fonctionnement du site a un coût. Il n’y a pas de publicité. Vous avez un bouton « don » sur le côté. Merci de votre participation quel que soit le montant   Les usages actuels de l’IA nous standardisent et nous conforment.  Utiliser ces programmes nécessite d’en connaître les limites.  Nous pourrions très bien, comme le préconisent plusieurs chercheurs en intelligence artificielle, mettre en place des  procédures de validation des algorithmes. Débattre -avant sa généralisation- de l’intérêt et des effets d’un programme d’IA paraît essentiel. Nombreux sont ceux à même réclamer des moratoires dans certains domaines comme la reconnaissance faciale ou l’analyse des sentiments. Est-ce que les Gafam risquent de supplanter la démocratie ? Les algorithmes créés afin de mettre en avant la publicité, notamment par les Gafam, favorisent les fake news qui se répandent plus rapidement, nous maintiennent dans nos bulles de filtres et surfent sur les contenus colériques et clivants, beaucoup plus partagés. Il n’est pas toujours simple de distinguer ce qui provient de la construction de l’algorithme de ce qui vient de nos comportements et de nos préférences. Les algorithmes accentuent et amplifient des comportements déjà présents. Les fake news ont environ deux fois plus de chances d’être relayées sur Twitter et le sont six fois plus rapidement. Les posts exprimant la colère dominent souvent les réseaux sociaux. Une étude chinoise montre que ceux qui relaient la colère se propagent plus rapidement sur un réseau social semblable à celui de Twitter. Au cours de notre enquête, nous avons pu constater que les grands acteurs de l’Internet recherchent du flux et des interactions à seule fin de proposer de la publicité. Puisque les fake news génèrent plus d’interactions, les Gafam n’ont aucune raison de les restreindre, sauf s’ils y sont obligés par les marques qui ne souhaitent plus être associées à des contenus tendancieux ou par les autorités. Ces fake news et les propos clivants polluent le débat public et peuvent entraver le bon déroulement de nos démocraties.  Autre élément qui pollue nos démocraties :  cette surveillance par les Gafam ou par les États encourage une paranoïa généralisée de la population.  Les citoyens ne savent pas où et  par quel biais, leurs données ou leurs comportements sont surveillés. Cette paranoïa fragilise grandement nos démocraties. Je ne sais pas si les Gafam supplantent la démocratie, en tout cas, ces multinationales la déstabilisent.    Pour lire l’article  REFLETS n°42 pages 8 à 10      

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Juliette Duquesne 11 janvier 2022 Aucun commentaire
William Clapier

CHANGER NOTRE MONDE : une nécessité vitale, William Clapier

William Clapier a d’abord été attiré par les voies orientales. Puis il découvre la Bible, se rapproche de l’ Église catholique. Il entre dans l’ordre du Carmel en 1984. Il enseigne à l’Institut catholique de Toulouse. En 2007, il quitte l’état religieux. Passionné par les débats humanistes, sociétaux et inter-religieux, il s’investit dans des associations relatives à ces  sujets.  Il participe au livre collectif  Devenez pionnier du nouveau monde  sous la direction de Laurent Muratet,  éd. Jouvence. L’état de crise généralisé interpelle désormais toutes les consciences. Consenti ou contraint, un changement de notre société semble inéluctable. Vers quel horizon nous acheminera-t-il ? Le devenir de l’histoire humaine, que d’aucuns annoncent calamiteux, n’est pas écrit. Le stylo est entre nos mains. Comment le tenir avec foi en la sacralité de la vie et humanité à l’égard de tous nos semblables ? Disons-le sans détour : relever les immenses défis des crises systémiques actuelles ne pourra se réaliser sans une transformation civilisationnelle que seules les forces spirituelles peuvent assumer. CE N’EST PAS FACILE D’ENTENDRE QUE CE CHANGEMENT EST INDISPENSABLE Changer notre monde, c’est d’abord prendre conscience de ses dérives destructrices du vivant, de les identifier. Par conséquent, d’être sérieusement informé de leur gravité et plus encore de valider les données scientifiques sur ce sujet. Or force est de constater que « nous ne croyons pas ce que nous savons » . Pourquoi les alarmes des communiqués du GIEC ne provoquent-elles pas les réactions adéquates au sein des classes dirigeantes comme au sein de la population ? Par-delà les biais cognitifs et autres « gestes  barrières » psychologiques face au drame écologique,  les effondrements en cours et ceux à venir sont les symptômes d’une surdité spirituelle au principe d’une éclipse éthique perceptible jusqu’aux plus hautes sphères de la finance et de certaines élites politico-économiques . ACTER L’URGENCE D’UN CHANGEMENT DE VOIE Parallèlement aux appels à descendre dans la rue, à s’engager dans différentes actions et mobilisations, la radicalité de la situation présente nous presse avant tout à descendre en soi, à entrer au-dedans de soi pour réaliser l’œuvre majeure de l’éveil et de la conversion de notre esprit, sans laquelle nous ne pourrons guère modifier nos habitudes de vie outrageusement consuméristes et inégalitaires. Changer de cadre de pensée, de paradigme culturel, voilà la grande urgence. « Nous avons bâti un système économique qui correspond à des idées, écrivait en 2013 Dennis Meadows à propos du défi écologique. La vraie question est de savoir comment nous allons changer d’idées ». Indubitablement, « ce qui arrive maintenant nous met devant l’urgence d’avancer dans une révolution culturelle courageuse » , de poser les bases d’un monde autre que celui que nous connaissons. Un monde dont les priorités ont l’évidence de la simplicité : le respect de tout être humain et la protection des écosystèmes naturels. La conversion-révolution, à laquelle l’humanité du XXIe siècle est appelée, sera humaniste et écologique ou elle ne sera pas. Concrètement, comment collaborer à ce qu’il convient d’appeler – plus qu’un changement – une mutation de notre monde ? UN RAFFERMISSEMENT SPIRITUEL DE NOTRE EXISTENCE Alors que les avis de tempêtes sociétales ne cessent de se multiplier, que nous préconise la sagesse de l’Évangile ? Au terme de son discours inaugural, son « sermon sur la montagne », Jésus décrit dans une parabole l’attitude résiliente à cultiver, dont la portée est universelle : « Quiconque vient à moi, écoute mes paroles et les met en pratique, je vais vous montrer à qui il ressemble. Il ressemble à celui qui construit une maison. Il a creusé très profond et il a posé les fondations sur le roc. Quand est venue l’inondation, le torrent s’est précipité sur cette maison, mais il n’a pas pu l’ébranler parce qu’elle était bien construite » (Luc 6, 47-48).« Creuser très profond et poser les fondations sur le roc », c’est écouter, par tous les sens et les fibres de son être, ce qui se donne à voir, à percevoir, à entendre de la parole-présence du Christ en tout être vivant, humain et non humain : « Je Suis en tout ce qui est ». Quel est mon regard et mon comportement à l’égard de ce qui est, vit et respire ? Là réside l’âme de la contemplation au principe de l’amour du vivant et l’épicentre de la force motrice d’un changement réel, profond et durable. Autrement dit, « avoir une âme de pauvre », « être affamé et assoiffé de justice », « être miséricordieux et artisans de paix », « sel de la terre » et « lumière du monde », « aimer ses ennemis », « faire l’aumône, prier et jeûner en secret », ne point amasser ce qui est éphémère mais vivre dans une heureuse sobriété pour ce qui demeure en vie éternelle, prier avec foi, ne point juger et enfermer autrui dans une vue négative, faire aux autres ce que nous voudrions qu’ils nous fassent… toutes ces déclinaisons pratiques d’une existence vécue dans l’esprit de l’Évangile supposent un courageux et persévérant labeur de fond. Ne nous y trompons pas, l’acte primordial auquel Jésus nous appelle pour résister aux secousses des crises sociétales et transmuer leur violence en énergie créatrice est un raffermissement spirituel de notre existence par la vertu d’une écoute silencieuse et contemplative, cohérente avec ce qui a été entendu. C’est cela « creuser très profond » et bâtir sur le roc » de la présence-parole du Christ. Faute de quoi, l’effondrement ne sera guère évitable. Pour lire l »article en entier ,REFLETS n ° 42 pages 39 à 41

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William Clapier 5 janvier 2022 Aucun commentaire
Puiser aux sources de la sagesse
Lama Lhündroup Lama Lhündroup

Puiser aux sources de la sagesse

    Le chemin vers l’avenir Passe par le retour aux sources       Lama Lhündroup (Frédéric La Combe) est enseignant de la Buddha University fondée par Denys Rinpoché avec un campus online et un campus résidentiel situé au domaine d’Avallon à Arvillard (73). Après une maîtrise de chinois et des activités de traducteur, il a fait une retraite de trois ans dans la tradition tibétaine. Depuis une vingtaine d’années, il travaille au service du dharma et des programmes de la communauté Rimay. Stop, stop, arrête-toi ! Arrête-toi immédiatement ou je te tue !, crie Angulimala plein de fureur en se rapprochant du Bouddha qui marche tranquillement dans la contrée terrifiée par le rodeur avide de sang. Sans cesser de marcher, le Bouddha pose son regard souverain sur le visage de celui qui s’apprête à le tuer et lui répond : Il y a longtemps, Angulimala, que je me suis arrêté. Subjugué par la présence impavide du Bouddha, Angulimala rend les armes, renonce à la violence, pratique la méditation et parvient à l’éveil, l’état d’Arhat, vainqueur de l’ennemi. À l’origine, cet homme intelligent avait pour nom Ahimsaka, le non-violent. Puis, trompé par lui-même et par une autorité dévoyée, convaincu que le crime lui apporterait le bonheur suprême, orné d’un collier de doigts arrachés à ses victimes, il fut connu comme Angulimala, Rosaire de phalanges. Enfin, le sûtra nous dit que, transformé par sa rencontre et la pratique méditative,                   Celui qui fut jadis confus                   Mais ne l’est plus,                  Illumine le monde                 Comme la lune dégagée des nuages. Cette parabole bien connue en dit long sur le monde, la démence, la sagesse et la métamorphose possible.      nous ne changerons pas le monde de l’extérieur La violence qu’exerce notre mode de vie sur la nature est criminelle. Nous vivons soumis à notre propre aveuglement ainsi qu’à l’autorité dévoyée du système technoscientifique capitaliste dont nous sommes, bon gré mal gré, partie prenante. Notre économie fondée sur l’avidité consumériste supplante la politique du bien commun. Nous vivons selon les préceptes d’une idéologie entrepreneuriale de prédation mortifère, très performante au demeurant. Cela fait quasiment l’unanimité : « Sixième extinction massive », disent les scientifiques, « menace existentielle, nous creusons notre propre tombe », avertit l’ONU, Boris Johnson déclare : « La colère et l’impatience du monde entier seront incontrôlables, si nous ne sommes pas enfin réalistes face au changement climatique » … La jeune et ardente Greta que soutient le Dalaï-lama, crie « trahison » … Et l’épée d’Angulimala tremble toujours au-dessus de nos têtes…Pourtant rares sont ceux qui parmi nous se retournent et peuvent dire « je me suis arrêté » ; et faire ainsi basculer la terreur. À ce point, sachant que les vertes promesses ne sont pas tenues par la majorité d’entre nous, il semble qu’aujourd’hui comme hier, nous ne changerons pas le monde de l’extérieur. La révolution nécessaire est trop radicale et profonde pour que des changements significatifs se réalisent par des adaptations de circonstance. Aux fins ultimes nous devons une réponse primordiale. Le chemin vers l’avenir, comme le dit Edgar Morin passe par un retour aux sources.  Une remise en question fondamentale La bonne nouvelle est que la fin des idéologies modernes et du mode de vie matérialiste qui en découle, nous amène à une remise à zéro. Face aux carences de notre système de valeurs, nous sommes amenés à une remise en question fondamentale. Nous sommes poussés avec force à replonger dans les questions originelles, avec leurs interrogations éternelles : Qu’est-ce qu’être humain ? Qui suis-je ? Qu’est-ce que l’esprit ? Qu’est-ce que la connaissance ? Qu’est-ce que la nature ? Qu’est-ce qui est désirable et qu’est-ce qui ne l’est pas ? Qu’est-ce que le bonheur ?   « Tous les bonheurs du monde viennent De la recherche du bonheur d’autrui Toutes les souffrances du monde viennent De la recherche de son propre bonheur. »   Les Assises de la sagesse   Visioconférence les 13 et 20 février 2022 – 17 h-20 h,  « La sagesse : quels bienfaits pour l’humanité d’aujourd’hui ? »  Inscription gratuite sur :  https://www.lesassisesdelasagesse.com/        Si cet article vous plait, pensez à faire un don. Le fonctionnement du site a un coût. Il n’y a pas de publicité. Vous avez un bouton « don » sur le côté. Merci de votre participation quel que soit le montant   Pour lire l’article  REFLETS  N°42 pages 46 à 49

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Lama Lhündroup Lama Lhündroup 29 décembre 2021 Aucun commentaire
Andrée LABORDE

Noël, encore des cadeaux ! Andrée Laborde

Après  une  légère  accalmie  en  2020,  pour  cause  de  Covid, le commerce des cadeaux est reparti à    fond  pour Noël. Ces objets déversés massivement, très souvent  à connotation numérique, manifestent le triomphe de  l’avoir, pour la satisfaction de chaque ego. Au point qu’ils  masquent le sens de cette fête. Les jeunes connaissent- ils la signification de cette fête et pourquoi nous nous faisons des cadeaux ? Noël célèbre la naissance de Jésus. Il n’est pas nécessaire  d’être  chrétien  pour  entendre  sa  signification.  C’est   l’arrivée  du  nouvel  homme  sur  terre,  l’homme  habité  par la lumière, par l’amour. L’ancien  homme  est  celui  qui  a  conquis  la  terre  par  nécessité, animé par son ego et qui a fini par s’imposer.  Aujourd’hui, il a tout, mais il est toujours aussi malheureux.  Le nouvel homme est celui qui agit par amour pour la vie, pour les autres, mettant fin à ses souffrances, à leurs souffrances. Annoncé, puis incarné depuis deux mille ans, le nouvel  homme n’est encore qu’une toute petite lumière. Les deux  humanités sont en concurrence. La première semble avoir  étouffé la deuxième. Son pouvoir destructeur s’aggrave, la vie est menacée, les hommes sont égarés. L’autre humanité naissante, celle du partage, de l’altruisme est toute petite ! La paix, l’amour sont loin d’être accomplis. Cette humanité  est encore fragile, faible, discrète. Mais  pour  autant  devons-nous  laisser  faire  la  mal-vie ? Noël nous invite à espérer, à appeler la lumière à grandir  en nous. POURQUOI DES CADEAUX À NOËL? Le quotidien est fait de bons moments mais encore plus de disputes, de mésentente, de reproches, de distances. La fête est l’occasion de compenser la difficulté d’aimer par un don d’objets. Souvent il veut dire : « Tu vois, je t’aime quand même ; je t’offre ceci et tu seras heureux par la possession de ce cadeau qui témoigne de l’attention que je te porte. » Comme une sorte de rappel. Nous ne pouvons pas supprimer les cadeaux. Notre petite personne a tellement besoin de se sentir aimée même maladroitement. Quelle est l’origine des cadeaux de Noël ? Jésus, né dans une étable, posé sur la paille, représente l’humilité du nouvel homme face à l’orgueil de l’ancien triomphant. Jésus apparaît au moment où Rome est à son apogée. Auguste est nommé empereur. Le monde a les yeux sur lui. Jésus, couché dans la mangeoire, n’intéresse que quelques bergers des alentours. Étonnamment, trois mages, trois initiés, ont pressenti l’arrivée du nouvel homme. Ces astrologues ont suivi sa lumière, son étoile, qui les a conduits à Bethléem. Si cet article vous plaît, pensez à faire un don. Le fonctionnement du site a un coût. Il n’y a pas de publicité. Vous avez un bouton « don » sur le côté. Merci de votre participation quel que soit le montant. Ils déposent un cadeau au pied de l’enfant : le symbole du passage de l’ancien homme au nouvel homme. La transformation se fait en trois étapes d’où trois cadeaux qui se complètent : – la myrrhe, résine aromatique servant à faire des onguents, symbole de ce qui soigne les blessures du cœur de l’homme, la nécessité de se connaître. On frotte pour pénétrer la nature intime de la souffrance. – l’encens est un parfum, censé monter jusqu’au ciel. La blessure, par le soin accordé devient miséricorde, pivot du pardon qui monte vers Dieu. – l’or, métal qui reflète la lumière, symbole de l’acte d’amour issu du pardon, envoyé par la lumière divine. Trois cadeaux précieux, hautement symboliques de l’espérance dans le nouvel homme. Même si nous en oublions le sens, le symbole est là. Noël, au moment du solstice d’hiver est fête de la lumière naissante, précurseur du renouveau de la nature. Une semaine après, nous changeons d’année. Le nouvel an nous interroge : « Que nous souhaitons-nous ? Quelle vie voulons-nous pour l’an qui commence ? Qu’espérons-nous ? » Pour lire l’article en entier Reflets n° 42 pages 18 à 19  

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Andrée LABORDE 20 décembre 2021 Aucun commentaire
Equipe de rédaction Reflets

Dix années de belles rencontres, Bernard CAMPAN, Robert FAURE, Jacques CASTERMANE

Pour cet anniversaire nous voulons honorer les êtres magnifiques  qui nous ont encouragés, soutenus.   Bernard CAMPAN « Être vivant avant tout. » À un moment il confie : « J’ai de plus en plus confiance dans la vie. Oui j’ai une foi grandissante ». Puis il ajoute comme pour enlever de la gravité : « Chez les maîtres spirituels qui m’ont ébloui, j’ai toujours senti l’humour. « Humour » a la même racine que « humus », la terre… Donc rire c’est nous ramener au réel. Il faut se méfier des mots. Il faut différencier l’esprit de l’humour ».   Robert FAURE « Il n’existe de Dialogue Essentiel que celui qui nous fait courir un risque. Quel risque ? Celui d’une rencontre où l’on est le plus exposé. Or la rencontre la plus radicale, aussi délicate qu’une opération à cœur ouvert, est la rencontre avec soi-même. » Il fut le premier Français à exposer à la plus ancienne galerie de Pékin. Quel bonheur d’assister en direct à une création ! Nous sommes subjugués par la concentration qui précède le geste juste dans un tracé précis. Robert est un virtuose du pinceau comme un violoniste de son archet. Robert Faure suggère. Dans son silence déchiré par le bruissement du plumeau sur le papier, nous sentons la vie de la nature jusque dans son rythme.   Jacques CASTERMANE « La maladie m’a mis dans une relation au corps qui intègre la vie et la mort. » Ce qui caractérise Jacques Castermane, c’est son entièreté et sa constance. Il vit dans le présent. Au point que demain ne l’intéresse pas, encore moins après, comme la mort, ni avant l’existence. Il ramène tout au présent, à vivre le mieux possible. Ce disciple de Karl Graf Dürckheim a poussé l’enseignement de son maître au bout de la logique. Le but est de libérer sa vraie nature par la voie de l’expérience et de l’exercice.   Si ces articles vous plaisent, pensez à faire un don. Le fonctionnement du site a un coût. Il n’y a pas de publicité. Vous avez un bouton « don » sur le côté. Merci de votre participation quel que soit le montant.   Pour lire ces articles,  Reflets n° 41 pages 66 à 68

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Equipe de rédaction Reflets 7 décembre 2021 Un commentaire
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