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Interview

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Compléments Revue Reflets

Interview

Compléments Revue Reflets

Interview
Equipe de rédaction Reflets

Les prédictions et la surprise

  Médecin psychiatre, neurologue, éthologue, Boris Cyrulnik est ce que l’on appelait autrefois un humaniste, riche d’une connaissance dans de nombreux domaines. Tout le monde connaît aujourd’hui la notion de résilience, fondée sur sa douloureuse expérience d’enfance. Boris Cyrulnik est aussi très engagé dans la protection de l’environnement et du monde animal. Son âge (84 ans) ajoute encore de la bienveillance à son humanité et de l’ampleur à sa vision du monde. Qu’est-ce que ça veut dire pour vous : changer le monde ? Le monde passe son temps à changer. Depuis qu’il est monde, depuis que cette planète a été créée, ça change tout le temps. Avant l’apparition de l’homme, il y avait une alternance de réchauffements et de refroidissements et de glaciation. La faune, la flore disparaissaient. Une autre faune, une autre flore réapparaissaient. Ça changeait constamment sur le plan climatique, sur le plan végétal, sur le plan animal. Quand M. et Mme Sapiens, nos grands-parents, sont arrivés il y a 300 000 ans, ils ont changé le monde qui aurait changé sans eux. Et on sait que, très tôt, leur simple présence détournait les cours d’eau, modifiait le comportement des animaux. Une petite population humaine suffit à changer l’écologie. Bientôt, on sera 8 milliards d’êtres humains sur terre, vous pensez bien que ça change encore plus, l’eau, le sol, les animaux et nous-mêmes. Est-ce que ce changement va être profitable avec ces 8 milliards d’habitants ? Qu’est-ce qui va se passer avec ce changement en cours ? Comme tous les changements, certains vont en profiter et certains vont payer. Sauf qu’il y a une révolution, il y a un progrès pour une partie de la population et une autre partie de la population paie. De plus, il n’y a pas un seul progrès sans effets secondaires. Tout progrès améliore la condition du vivant et amène des effets secondaires qui altèrent la condition du vivant. Donc, je pressens, je prévois que ce sera la même chose. Il va y avoir des progrès technologiques qu’on va payer. Est-ce que vous pensez que ces progrès technologiques vont amener un mieux-être à la fois pour les humains, mais aussi pour les autres règnes sur terre ? Clairement oui et non. Oui, avec ces progrès technologiques, on voit à quel point les écrans améliorent la communication et altèrent la relation, c’est-à-dire les écrans sont une communication magique : on peut voir en temps réel ce qui se passe en Chine. On peut retrouver des publications qui ont été faites il y a 50 ou 100 ans, on peut les lire instantanément à une vitesse que je trouve incroyable. Mais on paie l’addition, on voit que nos enfants devant les écrans prennent un retard de langage énorme et présentent un trouble de l’empathie, c’est-à-dire de la représentation mentale du monde des autres. Donc, on peut prévoir le devenir de ces enfants qui manipulent les machines comme une langue maternelle, à toute allure, sans se rendre compte que pour nous, c’est un problème. Eh bien, ces enfants vont probablement développer des mentalités perverses, c’est-à-dire des mentalités centrées sur eux-mêmes où l’autre n’existe pas. C’est la définition de la perversion, un monde sans l’altérité. Alors qu’on va communiquer comme jamais, mais avec moins d’empathie, il y aura un monde sans l’autre, malgré la communication stupéfiante. Alors, qu’est-ce qu’il faut faire ? Récemment vous posiez la question : Sait-on toujours aimer ? Est-ce dans cette direction-là qu’il faudrait chercher ? Ça ne sera pas suffisant. Je ne sais pas répondre à votre question parce qu’il y a tellement de facteurs qui interviennent. Ça ne se passe pas de la même manière quand il y a une surdensité, la violence apparaît extrêmement tôt. Quand il y a eu confinement, au bout de 48 heures, le 119, le numéro d’appel des femmes battues, était débordé parce que l’enfermement et l’hyperdensité avaient fait flamber la violence. L’hyperdensité se développant actuellement, je pense que la violence va se développer aussi. On le voit dans les cours d’écoles, on le voit actuellement avec tous ces phénomènes de violence exacerbée. Face à cette surconsommation, est-ce qu’individuellement on aurait des premiers pas à faire ? Oui, il faudrait cesser de manger de la viande. Il faudrait cesser de mettre au monde des bébés. Il faudrait cesser de boire, ce n’est donc pas possible. On peut déjà se modérer là-dessus. Par rapport à cette surconsommation, c’est un effort qui serait peut-être un premier pas ? Oui, mais ça sera un premier pas probablement insuffisant. La seule chose qu’on peut prédire, c’est ce qui arrive, c’est la surprise. Je pense qu’en effet, si on ne change rien, on peut prédire une catastrophe, peut-être la fin de l’espèce humaine. C’est ce que certains disent. J’aime bien votre idée de surprise. Qu’est-ce que vous entendez par là ? Quand on fait des prédictions, c’est toujours autre chose qui se réalise. Donc, il faut faire des prédictions sans être sûr que ça va se réaliser, on verra bien. On en reparlera dans 50 ou 100 ans.   Pour lire l’article en entier REFLETS n ° 42 pages 42 à 44

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Equipe de rédaction Reflets 12 mars 2022 Aucun commentaire
construire une alternative à la guerre
Equipe de rédaction Reflets

CONSTRUIRE UNE ALTERNATIVE A LA GUERRE

    Il se définit comme un passeur-cueilleur, au confluent de disciplines et de courants de pensées différentes. Patrick Viveret est un acteur majeur des mouvements altermondialistes. En 2001, il a participé au premier forum social mondial à Porto Allegre. Il est le fondateur de « Dialogues en humanité », rencontres qui ont pris une dimension mondiale. Philosophe, magistrat, économiste, il est l’initiateur  du Mouvement SOL à l’origine de la monnaie complémentaire du même nom. Le Mouvement Sol œuvre au service d’une société plus écologique, démocratique et solidaire. Qu’est-ce que ça veut dire pour vous « changer le monde » ? Nous sommes rentrés dans une nouvelle période historique, confrontés à une nature en partie inhospitalière qui va dépendre beaucoup de ce que fait l’humanité dans la prochaine décennie. Elle est critique, selon le terme des Nations Unies, car quels que soient les cas de figure, même les plus optimistes, on subira les effets du dérèglement climatique avec une partie des terres devenue inhabitable. Il y aura une montée des eaux, des phénomènes climatiques extrêmes de type grandes tempêtes, méga feux, cyclones. Si l’humanité continue à privilégier les logiques de rivalité ou de guerre à l’égard du vivant, les situations deviendront de plus en plus catastrophiques. Le grand enjeu, c’est d’aller vers une humanité plus humaine. Je reprends volontiers l’expression d’Edgar Morin qui considère  que  le choix sera entre des logiques post humaines, du genre de ce que nous propose le transhumanisme, des logiques de régression qui sont parfaitement possibles et qui peuvent retrouver des formes guerrières ou barbares, ou la voie possible de l’humanité plus humaine. Une humanité plus sage mais pas au sens ascétique du terme. Sagesse a la même origine que saveur, donc une humanité dans laquelle le respect de la vie, le bien vivre jouent un rôle déterminant. Aujourd’hui, une grande partie de l’intelligence est mise au service de logiques destructrices, à commencer par l’armement. Je ne suis pas sûr que l’expression « changer le monde » soit bien adaptée parce qu’il y a toujours l’illusion qu’on pourrait s’extraire de l’humanité, nous sommes de toute façon de la pâte humaine. On résume ça dans les dialogues en humanité à travers ce qu’on appelle le double PFH, le « putain de facteur humain ». Si on élimine le PFH par la porte, il rentre à nouveau par la fenêtre. Nous sommes des êtres humains avec toutes nos composantes minérales, végétales, animales, conscientes. Le métier d’être humain pour reprendre une expression d’Alexandre Jollien, est  un métier passionnant mais c’est le plus difficile qui soit .Rien n’est plus difficile que de monter en qualité de conscience, de démocratie. Donc pour vous, changer le monde ça veut dire s’occuper d’abord des humains ? L’un des enjeux est le rapport entre l’humanité et le vivant, car la question de la dureté se pose aussi bien dans les rapports interhumains que dans les rapports avec la nature. L’enjeu écologique visant à ne pas aggraver les choses par rapport à la nature et aux écosystèmes vitaux est évidemment une nécessité. Mais si on ne considère que l’enjeu écologique sans s’occuper de la question interhumaine, sans voir que les logiques de guerres et de rivalités peuvent parfaitement se produire aussi dans une perspective écologique, cela donne le survivalisme guerrier. Dans les dialogues en humanité, on voit que l’humanité pèse énormément sur le mouvement même des écosystèmes. Pour l’essentiel aujourd’hui l’anthropocène se traduit sous forme destructrice.  L’autre volet, c’est la nécessité d’une l’humanité devenant généreuse, plus solidaire et mobilisant davantage son intelligence contributrice et positive. Quelles sont les conditions pour que l’humanité aille dans ce sens ? Cela se joue à toutes les échelles, de la personnelle jusqu’à la planétaire. Mobiliser une intelligence contributive plutôt qu’une intelligence destructrice, progresser en qualité de sagesse se joue à titre personnel mais aussi dans tous les problèmes sociaux, écologiques, économiques, politiques, spirituels et religieux. Si je prends l’exemple du risque de guerre de tous contre tous, le choix est vaste : nouvelles guerres de religion sur le plan spirituel, guerres internationales, civiles sur le plan politique, accroissement des inégalités sur le plan économique et social. L’alternative est la justice sociale face aux inégalités, la paix au lieu des grandes fractures de guerre et la capacité à bien comprendre que l’humanité n’est menacée que par sa propre inhumanité, non par des extraterrestres. Sur le plan religieux, l’alternative d’une logique identitaire au nom de laquelle Dieu est mobilisé pour exclure ou même tuer autrui, réside dans une démarche où la paix est centrale, partagée par toutes les traditions spirituelles. Cela redonne à la question de la démocratie une importance cruciale. Pas celle de compétition mais de délibération, de participation par la qualité d’échange interhumain pour traiter de grands défis.         Si cet interview vous plait, pensez à faire un don. Le fonctionnement du site a un coût. Il n’y a pas de publicité. Vous avez un bouton « don » sur le côté. Merci de votre participation quel que soit le montant   Pour lire l’interview  REFLETS n°39 pages 35 à 37    

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Equipe de rédaction Reflets 8 mars 2022 Un commentaire
Equipe de rédaction Reflets

Ni optimiste ni pessimiste, Interview de Pierre Rabhi

Ce samedi 4 décembre 2021, nous apprenons le décès de Pierre Rabhi. Depuis des mois, nous avions décidé de lui consacrer la rubrique « Vers la conscience » dans ce numéro. À quelques jours de mettre sous presse, nous n’avons pas le temps de modifier et d’en faire un panégyrique. Veuillez considérer cet entretien comme un ultime hommage à ce précurseur de l’écologie active et altruiste. Nous présentons nos condoléances à Michelle, son épouse, et à ses enfants. Que son âme trouve le repos qu’elle mérite !   La ferme de Pierre Rabhi, au milieu de nulle part dans la montagne ardéchoise, couverte de chênes-lièges et de châtaigniers, n’a pas changé depuis notre dernière visite en 2013 (Reflets n° 10). Quelques agrandissements pour laisser de la place à ses collaborateurs (trices). Lui-même n’a pas changé. Les années suivent leur cours, son message est toujours aussi net : aller vers la sobriété – heureuse –, arrêter de surconsommer. Cependant Pierre Rabhi semble désabusé. L’écologie, qui devait être une conscience, est devenue une problématique parmi d’autres. www.pierrerabhi.org Où en est l’humanité aujourd’hui ? L’humain a confondu aptitude et intelligence. Il faut beaucoup d’aptitudes pour concevoir une bombe atomique mais ce n’est pas intelligent de la fabriquer. Il faut essayer de retrouver l’intelligence, non pas dans les performances humaines mais dans l’esprit. Nous ne sommes qu’une petite anecdote. Si on prend le ratio de 24 heures de la vie de la planète, nous sommes présents depuis une minute et demie, deux minutes, c’est tout. Donc, nous sommes dans une sorte d’insignifiance. Il y a des espèces qui sont venues sur terre puis ont disparu, remplacées par d’autres. Le courant général de la vie est tellement énorme et gigantesque. L’homme fait beaucoup de mal à l’homme. Il tue bien plus que le virus. On est hors intelligence de la vie. Si nous sommes venus sur Terre pour nous faire souffrir, faire souffrir et finalement créer des situations tragiques sur cette merveilleuse planète, cela signifie que quelque chose ne va pas. Il y a quelques années, j’écoutais les informations peu réjouissantes. J’appelle Jean-Marie Pelt, un ami éminent scientifique. Je lui dis : « Sauf à croire que Satan existe, je ne comprends plus rien ». Il me répond alors : « Tu en doutes ? » « La plus grande ruse de Satan, c’est de laisser croire qu’il n’existe pas », disait Bernanos. Dans votre livre, il y a une phrase qui m’a marqué, parce qu’elle est très claire sur ce que vous venez de dire, « le transhumanisme, c’est l’obsession de maîtriser le vivant ». C’est bien un projet démoniaque ? On peut l’interpréter comme ça. L’être humain est trouillard. Il sait avec certitude qu’il va mourir, ce n’est pas un scoop. Même Mr Bill Gates, avec ses milliards, est inscrit sans aucune dérogation. Après reste la vie, qu’est-ce que l’on en a fait ? Que signifions-nous dans cet immense mystère, sur cette magnifique planète Terre, au milieu d’un énorme désert astral et sidéral ? Je suis admiratif et respectueux de cette vie. Pour moi, l’écologie, c’est apprendre à admirer la vie avec son mystère i n e x p l i c a b l e , vibrant à la beauté. Pourquoi nous ne le faisons pas plus que ça ? Au contraire, nous sommes des êtres tourmentés où la mort domine notre psyché. Pourquoi sommes-nous arrivés à une telle aberration de toujours plus servir la mort en détruisant la vie ? Je me pose cette grande question aujourd’hui : quel est ce phénomène que l’on appelle l’être humain ? J’en suis là mais je n’ai pas de réponse. Et la foi, ce n’est pas une réponse pour vous ? Chacun vit ce qu’il a envie. Je ne fais pas de censures. Mais, les religions et leur fondement auraient dû nous apprendre à admirer le joyau de la création divine et non pas le détruire. Chaque tradition et sa théologie pensent avoir raison. Mais on n’a pas pris en compte ce message central et extrêmement important, celui de Jésus qui n’a parlé que d’Amour, même pour nos ennemis. Cela arrête le processus négatif. Je suis chrétien, dans le sens d’adhésion à ce qu’il a révélé, même si aujourd’hui je ne me revendique d’aucune religion. Si l’Amour était la principale vibration sur cette planète, pas besoin d’imaginer un paradis. Bien sûr, il y a les scorpions. J’ai failli mourir de la piqûre d’un scorpion sous ma nuque, comme une initiation à la vie. Mais, pour s’initier à la vie, il ne faut pas être enchaîné à des croyances ou à des choses qui ne se vérifient pas. Ce Nazaréen, fils de Dieu, a essayé de remettre en question tout le précédent des croyances bibliques y compris l’aspect « machisme ». Pourquoi y aurait-il un Dieu ? Pourquoi n’y aurait-il pas une Déesse ? Et pourquoi le Dieu est-il masculin ? Pourquoi ne serait-il pas féminin ? Pensez-vous que ce message christique d’amour peut sauver la vie, sauver la vie sur terre et sauver la vie des humains ? Bien entendu, à la condition que soient libérés protestants, catholiques, orthodoxes. Au nom du Christ, on a fait les croisades. C’était pour récupérer des richesses de l’Orient, aller défendre le tombeau du Christ avec Jésus comme caution. C’est totalement mortel, anti-amour, anti-Christ et anti-divin. Est-ce qu’il ne faut pas justement que l’humanité arrive à ce fond pour pouvoir remonter de ce côté-là ? Avec ce que vous disiez sur le machisme, ne va-t-il pas y avoir ce retournement possible, une prise de conscience ? On aura beau s’agiter, la nature mettra les limites. On tue même la terre qui nous nourrit. Nous mettons des poisons dedans. C’est pour cela que je suis agroécologiste. Cet empoisonnement est une profanation du divin qui n’a pas dit « mettez des engrais chimiques ». Cette terre vivante est faite pour nous donner la vie mais à la condition que nous-mêmes, nous prenions soin de ce qu’elle est. Nous en

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Equipe de rédaction Reflets 16 février 2022 Aucun commentaire
Equipe de rédaction Reflets

La santé publique est inadaptée

     Professeur émérite au C.H.U. de la Pitié Salpêtrière, André Grimaldi est professeur d’endocrinologie, ancien chef du service de diabétologie. Il a publié de nombreux ouvrages sur la médecine. Après Les maladies chroniques, vers la 3e médecine en 2019, cette année parait Manifeste pour la santé 2022, éditions Odile Jacob. Nous l’interrogeons sur la situation actuelle dans les hôpitaux. CR : Où en est la situation actuelle dans les hôpitaux ? AG : Pour ce qui est des hôpitaux, la situation avant la Covid était déjà très critique. En novembre 2019, les hôpitaux parisiens se sont trouvés complètement débordés, avec vingt nourrissons bronchiolitiques, qui ont dû être transportés en ambulance de réanimation SMUR à plus de 200 km de Paris, crise majeure pour une épidémie programmée, attendue, pas plus grave que les années précédentes. La réanimation pédiatrique, c’est le cœur du cœur de l’hôpital public. Il y a eu un mouvement important des hospitaliers, un plan d’urgence annoncé par le Premier ministre Edouard Philippe mais aujourd’hui, la situation a empiré. Le gouvernement avait décidé 8 milliards d’augmentation sur les salaires. Le salaire des infirmières est en  28e position sur 32 pays de l’O.C.D.E. Le deuxième volet devait être une grande discussion visant à refonder le système de santé selon les propos du président qui parle de l’État providence non pas comme d’une charge mais d’une chance. Depuis plus de vingt ans, on est entré dans une logique faite de contraintes budgétaires et de gestion commerciale. Mais rien n’a changé  dans le financement des hôpitaux et le budget hospitalier voté par le Parlement, décidé par Bercy sans tenir compte des médecins et des infirmières. En septembre, à l’Assistance Publique Hôpitaux de Paris, 29 % des lits étaient fermés par manque de personnel. On en est à 20 % actuellement. Les soignants ne veulent plus travailler dans de telles conditions. On continue à traiter l’hôpital comme une chaîne de production. Avec la parenthèse de la première vague Covid, les soignants étaient au service des patients avec des moyens limités et des gestionnaires au service des soignants, ce qui devrait être la norme. Un bref temps où le service public en manque de tout ne gaspillait pas, sans question de tarification d’activité ; il cherchait simplement comment soigner au mieux les patients et avoir des lits libres pour accueillir ceux qui arrivaient.  La vraie vocation du service public, sans guerre de territoires.  Dès que la vague s’est retirée, ce fut pire qu’avant. Chacun a repris ses places : les managers, leurs codifications, leurs actes, leurs prises en charge de qualité dégradée. La situation est inquiétante malgré les sommes versées. On va entrer dans la période de fausses promesses et de mensonges puisque c’est une période électorale. Le ministre disait en août 2020 : on a 12 000 lits de réanimation. C’est faux, il y en a 5 000. Les débuts de la vaccination étaient complètement chaotiques, d’une impréparation totale. À chaque fois, on a l’impression d’être au bord du gouffre sans tomber, jusqu’au jour où ?!! Il y a des progrès dans la médecine de première ligne, des maisons de santé qui fonctionnent. Il y a des progrès technologiques avec les greffes d’organes pas assez citées. Mais en corollaire on assiste à une dégradation du système de santé où beaucoup de personnes âgées n’ont pu être réanimées et sont donc décédées. Cela n’est guère visible, car ce sont des personnes en fin de vie, soit une crise bien différente de celle du Sida et de ses jeunes.  D’un point de vue historique, il y a quatre médecines : la médecine des maladies aiguës bénignes, la gastro-entérite, la sciatique, la cystite avec une médecine de ville depuis longtemps ; celle des maladies aiguës graves et des gestes techniques complexes bien maîtrisés ;  celle de l’épidémie de maladies chroniques, diabète, insuffisance cardiaque, maladies dégénératives, addictions mal maîtrisées ; enfin, la prévention primaire pour que la population reste en bonne santé, c’est le secteur dont la crise a démontré la carence.  Le haut comité de la santé publique, nommé par le président de la République, a pour fonction officielle la prise de décisions en cas de crise sanitaire. Est-ce un conseil scientifique pour aider aux décisions ou un cabinet privé du pouvoir ? Le conseil scientifique n’a pas son mot à dire sur les élections municipales. C’est le pouvoir qui les a autorisées. Lors du troisième confinement, le conseil scientifique a publié un avis de quatre propositions avec avantages et inconvénients, puis le président a imposé la sienne. Dans le  même temps, on observe une faiblesse de la santé publique avec des résistances en France par rapport à la vaccination, aggravée par tous les scandales sanitaires, les mensonges, la confiance perdue envers le ministère de la Santé depuis l’affaire des masques. Cette épidémie a montré aussi les inégalités sociales de santé (diabète, obésité). Par exemple, le département le plus jeune de France, la Seine-Saint-Denis, a le taux de mortalité le plus élevé. Dans une logique de santé publique, on aurait mis le paquet sur la vaccination dans ce département et non en fonction de l’âge de la population. La composition du conseil scientifique ne comporte pas de non-médecins, ce qui est pourtant indispensable en santé publique. On y voit tous les défauts de notre société, y compris le défaut de fonctionnement démocratique dans la prise de décisions. Est-ce que l’hôpital peut échapper au système économique ? AG : C’est un sujet majeur. Nous dépensons beaucoup pour la santé, 11 % du PIB, comme les pays riches tels la Belgique, l’Autriche, le Canada. Est-ce qu’on dépense bien ?   Que doit demander le politique au scientifique face à une situation nouvelle ? Au moins deux positions avec des arguments contradictoires pour que les politiques  puissent faire le choix. Aucune décision n’a été expliquée (confinement, pass sanitaire, arrêt du confinement…) mais prise autoritairement créant un sentiment d’infantilisation pour 60 millions de personnes. En santé, c’est la collectivité qui paie. Nous sommes tous prêts à dépenser beaucoup plus, mais ce ne doit pas être une rente pour les nantis. Nous avons des coûts énormes (22

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Equipe de rédaction Reflets 10 février 2022 Aucun commentaire
Equipe de rédaction Reflets

PARTAGER LA FLAMME AVEC LE CHEVAL

Metteur en scène et chorégraphe, Bartabas innove en 1984, avec le Théâtre équestre Zingaro.  En 2003 il crée l’Académie équestre de Versailles dont l’originalité réside dans le fait d’associer le travail de dressage de haute école avec d’autres disciplines telles que l’escrime, la danse, le chant ou le kyudo. Aujourd’hui cet homme de selle et de scène est également écrivain. Avec D’un cheval l’autre, éd. Gallimard, il livre les coulisses du vécu avec chacun de ses chevaux, son  intimité dans un langage commun de corps et d’esprit.   Comment définiriez-vous votre art équestre ? C’est exprimer à travers la relation avec le cheval des sentiments qui touchent les humains. Parler de la relation de l’homme et du cheval, c’est parler de la relation des humains entre eux, parce que la manière dont on se comporte avec le cheval, ce qu’il nous renvoie, est le reflet de ce que l’on est. Le cheval est comme un miroir. Il vous renvoie ce que vous avez été capable de lui donner. Plus vous lui donnez de l’attention, plus il va vous rendre de l’amour, de la finesse de sentiments.  Votre art relève-t-il de l’art sacré ? Pas dans le sens religieux du terme, mais dans le sens théâtral. Pour moi, le théâtre est sacré dans ce sens où il s’agit de communier ensemble. Je ne fais pas du théâtre pour raconter des histoires comme le fait le conteur. Au théâtre, tu convoques les gens tous ensemble, assis en cercle : ensemble, nous allons communier par les sentiments. L’acteur, le musicien ou le danseur sont les vecteurs de ce sentiment. Je me rapprocherais de la notion orientale du théâtre. Quand en Inde, on va voir le Mahabharata, ce n’est pas pour se faire raconter une histoire : on la connaît déjà. Ce que j’appelle le côté sacré, c’est ce moment partagé qui est quelque chose de profondément humain. Il y a un plus dans votre art, c’est que vous entrez dans l’esprit du cheval comme le cheval entre dans votre esprit. Vous parlez de communion. Il y a une communion avec le spectateur, mais aussi avec l’animal. Est-ce dans ce sens-là ? Bien sûr. En fait, le cheval parle pour moi. Il reflète ce qu’on a été capable de construire avec lui. C’est en ça que je dis qu’il est comme un miroir. Il vous renvoie ce que vous êtes, donc ce que vous avez construit ensemble. Il est notre instrument d’expression, exactement comme un musicien s’exprime à travers son instrument, un violoniste à travers son violon par exemple, sauf que là, il s’agit d’un être vivant. C’est d’autant plus intéressant, car l’être vivant répond avec sa personnalité à ce que vous avez été capable d’exprimer avec lui. Souvent, ce qui se dégage, c’est la confiance. Le sentiment premier qu’on exprime, quel que soit le thème du spectacle, c’est d’abord le reflet d’une confiance réciproque. Le cheval est mon partenaire et j’ai confiance en lui. Puisque tu le guides, il te fait confiance pour se laisser guider. La confiance est forcément bâtie sur l’amour. Cela vous permet d’explorer des sentiments profonds. Vous parlez parfois de compassion avec l’animal. Dans votre livre, au sujet de Zingaro, vous parlez même de « révélation mystique de la terre primitive ».  A ce moment précis, c’est la première fois que je monte sur ce cheval, à la fois pas rassuré et obligé de m’abandonner complètement. Ce sont des moments de fulgurance incroyables. Tout d’un coup, je ne suis plus un cavalier avec tout mon savoir, tout mon acquis ; je ne suis plus qu’un humain transporté. Tu partages vraiment son animalité, alors qu’un cheval avec lequel tu as travaillé régulièrement et construit ton vocabulaire n’est plus tout à fait un cheval et tu n’es plus tout à fait un humain. Là, tu es un passager sur un animal qui est libre et tu partages sa liberté. Rien à voir avec le ressenti du cavalier que je suis : je ne suis plus vierge dans cette relation-là puisque c’est mon métier.  Vous captez l’instinct des animaux, c’est ça qui est assez fantastique. La relation est très particulière. Elle n’est pas comparable avec celle qu’on peut avoir avec un chien. Tu crées un langage commun avec le cheval qui passe vraiment par le corps, mais aussi par l’esprit.  Cela, je pense, n’existe qu’avec les chevaux. C’est dû au fait que l’animal se laisse monter pour développer un langage équestre avec son cavalier. Le cheval devient vraiment une partie de vous-même, il devient vos jambes…Tu construis un langage avec, tu travailles sur la qualité du geste, c’est autre chose que l’apprentissage d’un mouvement. Faire monter un animal sur un tabouret, c’est très commun : tu es un caniche, tu as un sucre ; tu es un éléphant, tu as une feuille de salade ; tu es un lion, tu as un morceau de viande ; et même tu es un humain, tu reçois un bon salaire. Tu as bien fait ton boulot, tu mérites ta rétribution. Avec un cheval, travailler la qualité du geste, ce n’est pas juste apprendre à faire ce geste, c’est maintenir chez lui cette espèce de flamme pour qu’il ait envie de vous le donner et de l’exprimer avec sentiment. Là, on passe à un autre niveau. C’est ce qui me fascine parce que c’est sans fin et ça peut se développer à l’extrême.     Si cet interview vous plait, pensez à faire un don. Le fonctionnement du site a un coût. Il n’y a pas de publicité. Vous avez un bouton « don » sur le côté. Merci de votre participation quel que soit le montant     Pour lire l’interview en entier, REFLETS n° 40 pages 46 à 50

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Equipe de rédaction Reflets 5 septembre 2021 Aucun commentaire
Equipe de rédaction Reflets

L’art pour ouvrir l’esprit

  La filmographie de Claude Lelouch n’a cessé de progresser. En 1966, avec Un homme et une femme c’est le succès à Cannes. Puis avec Les uns et les Autres c’est un tournant, illustrant combien nous sommes tous interdépendants. Puis en 1988, il amorce un troisième virage en utilisant plusieurs caméras sur le tournage d’ Itinéraire d’un enfant gâté. En 2014, en Inde  Claude Lelouch fait une rencontre marquante avec Amma. Aujourd’hui il continue à filmer car c’est SA VIE. Le cinéma est l’amour de sa vie. A plus de 80 ans il termine son cinquantième film, l’amour c’est mieux que la vie… L’art comme une façon d’exprimer l’amour : Le cinéma comme art, tel que vous le pratiquez, va-t-il dans ce sens ? Qu’apporte-t-il selon vous ? Toutes les œuvres d’art sont là, soit pour nous distraire, soit pour transmettre des idées ou un message. Il n’y a pas de livre, pas de film innocent. À chaque fois qu’on raconte une histoire, on véhicule des idées qui, si elles touchent le spectateur, ont une résonnance. J’ai fait cinquante films, chacun a laissé des traces, souvent inconscientes. Chaque histoire que l’on raconte est en soi une métaphore de ce qui peut arriver aux uns et aux autres. Effectivement, à travers tous les films, j’ai transmis des observations, mon inconscient, mon ressenti. Donc, on a la chance de faire des métiers qui peuvent, à un moment donné, avoir une résonnance pour les spectateurs. Dans ma vie, beaucoup de films, de livres, de tableaux ont laissé des traces. Les œuvres d’art sont là pour ouvrir notre esprit, nous donner à la fois de rêver et de progresser. Je fais un métier merveilleux, de transmission. À travers les cinquante films que vous avez faits, y a-t-il une ligne directrice qui vous anime ? J’ai envie de faire aimer la vie aux gens, malgré tous les défauts que l’on connaît. Je suis quelqu’un de positif et je me nourris du positif. Il y a deux sortes de gens, ceux qui veulent changer le monde et ceux qui veulent simplement s’y adapter. Et moi, j’ai toujours été heureux de pouvoir m’adapter au monde proposé. À travers mes films, j’essaie d’expliquer aux gens qu’il n’y a rien de mieux que la vie : c’est une course d’emmerdements au pays des merveilles.  Vous êtes un être spirituel. Nous vous avions rencontré quand vous filmiez Amma à la Villette. Qu’est-ce qui vous anime profondément ? Une foi en l’homme ? Est-ce qu’il y a une foi en Dieu qui vous soutient ? Non, il y a ce que l’on sait, il y a l’acquis et l’inné. L’acquis, c’est ce que l’on a eu la chance de vivre ; l’inné, c’est notre inconscient qui, lui, est immortel, vient de très loin. Donc, on a deux intelligences, l’une rationnelle et l’autre irrationnelle, et c’est ce mélange de rationnel et d’irrationnel que j’essaie de mettre dans mes films : ce que je sais et puis ce que je ressens. L’inné est là pour toujours et l’acquis, c’est le comptable du quotidien. Il comptabilise mes emmerdements quotidiens et m’aide à les régler. Et puis, l’inné – notre inconscient – nous dit que nous sommes immortels, alors que notre part de rationnel nous dit que nous sommes limités dans le temps, une centaine d’années dans le meilleur des cas.  On sent -c’est votre réputation- que vous avez beaucoup d’amour pour les acteurs. Est-ce que ça influe sur vos films ? Sans acteurs, un metteur en scène n’est rien. Les acteurs sont là justement pour trouver la façon d’exprimer les choses. Un grand acteur peut tout dire, à condition de trouver la manière de le faire. Les acteurs savent mieux que les autres dire certaines choses, même des horreurs. À un moment donné, je peux me permettre de dire à travers eux des choses difficiles à entendre : c’est la façon de les dire qui est importante. Je crois qu’on peut tout dire à condition de trouver comment le dire. Les acteurs utilisent le deuxième degré, le troisième degré, l’humour. L’humour joue un rôle très important : les gens sont plus attentifs à des acteurs qui ont de l’humour, qui dédramatisent et qui n’affirment pas. Il ne faut jamais rien affirmer, parce que personne ne détient la vérité. Donc, l’affirmation est gênante et les grands acteurs n’affirment jamais rien. Ils suggèrent, ils proposent, ils ouvrent des portes. Les gens qui affirment des choses sont très désagréables, dans un monde où personne ne détient la vérité. Et qu’est-ce qui vous motive à continuer à créer aujourd’hui ? Si je ne faisais pas ça, je m’emmerderais. Je m’emmerderais à attendre la mort. Alors, autant l’attendre dans la bonne humeur. Plus je serai occupé, moins je la verrai arriver. Quand je suis très occupé, je n’ai pas le temps de penser à la mort, parce qu’à l’âge que j’ai, normalement, je devrais y penser tout le temps. La création me permet de penser à autre chose qu’à la mort.  Et que préparez-vous actuellement ? Je suis en train de terminer mon cinquantième film que j’ai eu la chance de faire pendant la Covid. Et donc, je suis en train de finir ce film pour pouvoir le sortir dès que les salles de cinéma vont rouvrir. Il sera prêt à la rentrée, au mois de septembre.        Si cet interview vous plait, pensez à faire un don. Le fonctionnement du site a un coût. Il n’y a pas de publicité. Vous avez un bouton « don » sur le côté. Merci de votre participation quel que soit le montant   Interview paru dans la revue REFLETS n°40

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Equipe de rédaction Reflets 25 août 2021 Aucun commentaire
Barbara Soïa

ENTRE L’INCRÉÉ ET LE CRÉÉ

  Barbara Soïa a grandi dans un milieu artistique, sa mère étant peintre et sculpteur. Son école artistique fut autodidacte, celle de la vie en évoluant dans cet environnement artistique. D’abord touche-à-tout, elle a choisi la sculpture depuis une trentaine d’années, la terre étant son matériau de prédilection. Comment se passe l’acte de création pour vous ? C’est intime. C’est aller où je ne sais pas. Le mieux est d’y aller de façon candide, de manière enfantine. Se déchausser et entrer en amour. Là où j’entrevois ou je commence à percevoir, au creux de ce qui me nourrit sur le chemin intérieur. Accorder humblement l’outil que je peux être au rythme bien plus vaste, essayer de le traduire en une forme, une image, un symbole. Souhaiter que ce petit espace tangible devant moi, entre mes mains, en témoigne. En se concrétisant… la forme petit à petit m’enseigne. Je suis lente, très lente. Là rien de grave. L’équilibre, le sentiment de la beauté sont invités en juges permanents. Ils se fondent avec mon regard, mes mains, la terre, le silence, les petits bruits d’outils, l’odeur sèche et mouillée. Ensemble, nous essayons… nous osons. Rectifier, rectifier, se rectifier jusqu’à penser avoir atteint ce qui motive cet élan de création, croire y être arrivée.   La création artistique parle-t-elle du divin ? Entre l’incréé et le créé, il y a notre partie divine enfouie qui nous titille, nous donne l’ardeur de créer, nous laisse goûter notre liberté offerte. Se déshabiller avec courage, et plus l’on retire de peaux, plus on avance vers ce que l’on ne connaît pas qui nous répond. Je demande de l’aide. Je sens la réponse quand je suis absorbée par le temps arrêté, la joie simple qui ouvre l’espace dans le cœur. L’amour imperceptible. C’est comme le printemps, on se souvient, on l’attend, on l’imagine. Et quand il est là, tout nous surprend dans sa présence, tout est à découvrir. L’espoir de servir la merveille, l’espoir vers un langage, un accord juste. L’art, quelle que soit sa forme, apporte- t- il un plus sur terre ? Il y a des œuvres qui témoignent de tant de dépassement, de courage, de grâce… Elles nous propulsent vers le plus vivant de nous-même, nous mettent à nu. Elles nous fortifient et nous ragaillardissent… et peuvent nous toucher au plus profond, à la source des larmes, à la source de joie. Des œuvres qui nous dépouillent de nos égos englués, qui  nous ressuscitent de nos endormissements profonds. De quelle manière, la terre modelée participe-t-elle à votre création ? Être une simple passerelle entre la terre compacte robuste et silencieuse – ma présence au monde dans une joie silencieuse aussi – et le silence à bras ouverts. Étirer, modeler une construction de l’une à l’autre, de l’un à l’autre. La terre, bien qu’elle ait ses lois, est le plus indulgent des matériaux, notre bonne terre. Mes mains s’entendent bien avec elle. https://www.barbarasoia.com/ https://barbarasoia.tumblr.com/ Pour lire l’article en entier, Reflets n° 40 pages 40 à 43

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Barbara Soïa 16 août 2021 Aucun commentaire
Equipe de rédaction Reflets

LA MUSIQUE EST UN LANGAGE HUMAIN UNIVERSEL

  Zhang Zhang, violoniste et entrepreneur social.   Zhang Zhang, violoniste et entrepreneur social. Membre de l’Orchestre Philharmonique de Monte Carlo depuis 2000, Ambassador de Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme, de Fondation GoodPlanet de Yann Arthus Bertrand. Orateur public et leader d’opinion, Défenseur de projets humanitaires et environnementaux concrets, de l’universalisme, et critique de la Cancel Culture. Fondatrice de ZHANGOMUSIQ dans la Principauté de Monaco, en innovant sur le modèle commercial traditionnel des concerts musicaux, et en unissant les communautés par la musique en créant des concerts dont 100% des recettes sont consacrées à des projets humanitaires et écologiques en cours. Depuis 2007, plus de 70 concerts ont été créés au profit de 35 pays.  ​https://www.zhangzhang.com/ Qu’est-ce que l’art musical ?  La musique est un langage humain. Depuis la nuit des temps, les humains chantent, dansent et jouent de la musique ensemble. Partout sur la planète, chaque culture a son propre langage musical, de l’opéra de Pékin au blues du Mississippi, du chant des Masaïs à Wolfgang Amadeus Mozart. Nous sommes une espèce musicale, nous avons de la musique pour faire la guerre, pour promouvoir la paix, de la musique pour l’amour, pour l’amitié, pour célébrer la naissance et commémorer la mort. Les nations ont des hymnes, les communautés ont des chansons traditionnelles, les mères ont des berceuses, la musique est rarement absente de nos vies.  Elle nous offre du divertissement, du confort, de la compagnie et de la beauté. La musique est universelle, un pont merveilleux qui unit les gens, même si nous ne parlons pas la langue maternelle de l’autre, mais nous pouvons comprendre les chansons de l’autre. Peu importe d’où nous venons, nous pouvons tous chanter, danser et jouer de la musique ensemble.  Est-il en rapport avec votre foi ? Bien que ma famille soit chrétienne depuis la dynastie Qing, je suis née pendant la révolution culturelle, où toutes les croyances étaient interdites, je n’ai pas été élevée dans une foi particulière. Avec du temps, j’apprécie de plus en plus du taoïsme, où l’équilibre de l’univers est représenté par les principes fondamentaux du Yin et du Yang, L’équilibre atteint et perpétué par le contraste et le mouvement. Je trouve cette philosophie magnifiquement présentée dans la musique, dans toute sa sagesse et sa splendeur. Comment se passe vote intuition créatrice lors de l’interprétation d’une œuvre ? Je crois que les musiciens, en particulier les musiciens classiques, sont des traducteurs. Notre mission et notre devoir consistent à interpréter la création des compositeurs en spectacles vivants. Le processus entier est un processus de « traduction ». Le compositeur traduit ses inspirations et ses sentiments en notes sur la page, nous traduisons ces pages en musique live, l’auditeur traduit la musique qu’il entend en sentiments et en inspirations. La véritable compréhension d’un style musical spécifique est similaire à l’apprentissage d’une langue ; il faut étudier, écouter, répéter. Il existe de nombreux instrumentistes qui sont excellents dans l’exécution de leurs instruments avec une grande virtuosité, mais qui ne respectent ni ne comprennent la musique qu’ils interprètent. Les langages de Bach, Debussy, Tchaïkovski, Puccini sont différents les uns des autres, et interpréter uniquement en se basant sur son propre instinct sans tenir compte de l’intention originale des compositeurs serait comme interpréter une pièce de théâtre en mémorisant les mots phonétiquement sans réellement parler ni comprendre la langue.  Qu’apporte la musique ?  Une magnifique représentation et un témoignage de l’universalisme.  Fait-elle progresser l’humanité ? En 2020, j’ai assisté à un forum spécial au Collège de France, où des neuroscientifiques renommés d’Europe et des États-Unis ont discuté de la musique et du cerveau. J’ai été très impressionnée par leurs recherches en cours, qui explorent les raisons pour lesquelles les humains ont créé la musique, ce qui se passe dans notre cerveau lorsque nous le faisons, et quel est le but de la musique dans notre évolution : ce sont des questions qui me fascinent. Personnellement, je pense que jouer et partager de la musique, des chansons, des danses et toutes les formes d’art fait ressortir le meilleur de nous-mêmes. Si tous les enfants avaient la possibilité de faire l’expérience de la musique et des arts créatifs, le monde serait bien meilleur pour tous.  Quels sont les prochains projets de Zhangomusiq, association caritative que vous avez fondée ? Au cours des 15 dernières années, Zhangomusiq a créé plus de 70 concerts au profit de 35 pays, notamment : la construction de deux écoles pour filles en Afghanistan ; la vaccination et l’éducation d’enfants migrants en Asie du Sud-Est. le soutien de femmes et d’enfants dans des zones de conflit pour reconstruire leur vie ; des secours après une catastrophe naturelle en Asie et en Amérique du Sud ; la préservation d’espèces menacées et de la biodiversité ; l’aide aux pauvres et aux personnes âgées pour acquérir plus de confort et de dignité ; l’aide aux bourses d’études pour les enfants handicapés dans les économies émergentes.  Depuis 2017, avec le généreux soutien du Gouvernement de la Principauté de Monaco, Zhangomusiq a entamé un tour du monde pour promouvoir le modèle de la philanthropie musicale en Afrique, en Asie, en Amérique du Nord et en Europe, jusqu’à l’apparition soudaine de la pandémie de Covid-19.  Durant ces longues semaines de confinement, nous avons réfléchi à de nouveaux modèles qui nous permettraient de poursuivre notre mission. Le secteur des spectacles live a été mis à rude épreuve par la pandémie prolongée. Le modèle économique traditionnel a été mis en veilleuse, beaucoup d’entre nous ont appris nous ne sommes pas considérés comme « essentiels » dans la société et se demandent ce que l’avenir leur réserve. Personnellement, je pense que les artistes sont plus essentiels que jamais. En juillet 2020, Zhangomusiq a créé notre premier concert humanitaire En juillet 2020, Zhangomusiq a créé notre premier concert humanitaire en utilisant la technologie du cloud, le concert a eu lieu à Suzhou, en Chine, interprété par des musiciens chinois, soutenu par les industries locales, tandis que la majorité du public a assisté au concert en

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Equipe de rédaction Reflets 10 août 2021 Aucun commentaire
Equipe de rédaction Reflets

L’Art est une célébration

Inutile de présenter Eric-Emmanuel Schmitt : Ses livres, romans, nouvelles, pièces de théâtre parlent pour lui. Ils ont été traduits en une cinquantaine de langues pour autant de pays.       Alors qu’en dire ? Nous l’avions rencontré en 2014 (reflets N°11). L’ancien professeur de philo, normalien et agrégé, est resté profondément humain et humble. Son succès ne l’a pas détourné des interrogations profondes sur l’âme humaine, qu’il observe avec miséricorde, sur la destinée humaine, son origine. Actuellement il entreprend une aventure gigantesque : revisiter, de manière romanesque, l’histoire de l’humanité, avec dans une main l’inspiration, dans l’autre les connaissances scientifiques. Qu’est-ce que l’art pour vous ? Quelle est sa fonction ? L’art célèbre la vie, alors que la philosophie, la science tentent de la comprendre. La peinture célèbre le visible, la sculpture célèbre les volumes, la littérature célèbre la complexité de l’âme humaine, la musique célèbre l’ordre des sons. L’art est amour puisqu’il nous fait apprécier ce qu’il désigne. Quand j’entends des discours d’artistes extrêmement pessimistes, je me dis que leurs propos discordent avec leur activité réelle et témoignent d’une sorte de schizophrénie : ce qu’ils disent appartient à l’époque, ce qu’ils pratiquent relève d’une autre profondeur qu’ils n’ont pas mis en mots. Si la célébration est évidente chez Watteau ou Renoir, même dans un tableau de Bacon, il y a une célébration de la chair, de la décomposition des chairs, laquelle fait partie du vivant. Quel est le rapport entre l’art et la vie spirituelle ? L’art est une aide fondamentale pour la vie spirituelle. Il nous remet du côté de la vie quand nous allons du côté du néant, il encense l’être plutôt que le néant. C’est un adjuvant, voire un guide de la vie spirituelle. La musique joue ce rôle dans ma propre vie, elle me met en rapport avec mes sentiments les plus intimes ; parfois, elle me réapprend à habiter le monde de façon plus lucide, moins douloureuse, moins indifférente. Tous les arts nous conduisent à une meilleure vie spirituelle. Il y a des personnes qui ont une vie spirituelle intense sans avoir besoin de l’art. Je ne suis cependant pas loin d’y voir un aveuglement, une surdité, une privation, que je regrette pour eux. Tout art est-il sacré ? Ne sacre-t-il pas la beauté de la vie ? Tout art n’est pas sacré, mais tout art délimite un territoire sacré puisqu’il louange. Il définit ce qu’il désigne comme digne de respect et d’admiration, donc il sacralise. La peinture sacralise la lumière, la forme des objets, leurs couleurs. Mais l’art n’est pas seulement recherche de la beauté. Il est célébration de ce qui est, beau ou pas. Il donne à voir, à ressentir, à toucher, à entendre l’horrible aussi. Par exemple, dans une nature morte de Chardin représentant des arrêtes de poisson, vous verrez la densité des objets, l’accord de la lumière, l’immobilisation d’un instant fugitif rendu éternel. Il y a d’ailleurs un refus de la mort. Malraux disait : l’art est un antidestin. Si cet interview vous plait, pensez à faire un don. Le fonctionnement du site a un coût. Il n’y a pas de publicité. Vous avez un bouton « don » sur le côté. Merci de votre participation quel que soit le montant Vous avez une maîtrise de l’écriture. Quel est le rôle de la littérature comme art ? Pour moi, la littérature est un guide qui nous emmène dans le labyrinthe du monde, dans le labyrinthe du temps, dans le labyrinthe de la conscience humaine. Elle nous initie à la complexité du psychisme et de l’univers. La littérature a cette force de m’arracher à moi-même pour découvrir l’altérité. Elle abolit la distance entre l’autre et moi, elle me permet de devenir l’autre. Anéantissant tous les éloignements, temporels ou géographiques, elle m’offre le monde dans sa pluralité, dans sa diversité, dans ses singularités. C’est le sens de ce que vous êtes en train d’écrire ? Dans ce grand projet romanesque, La traversée des temps, j’entraine le lecteur dans des époques qu’il n’a pas vécues, dans le psychisme de ses ancêtres, dans des lieux qu’il ne connaît pas et qui parfois n’existent plus. Je vais donc le relier à la grande histoire humaine. Mon but se révèle aussi de créer un « nous », puisqu’au fond l’histoire, c’est notre histoire. Comment sommes-nous passés du statut de nomade, chasseur-cueilleur à sédentaire, puis à citadin, puis à national ? C’est un projet gigantesque. Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire cette histoire de l’humanité ? Le désir de comprendre. Je suis né avec. J’ai fait des études de philosophie animé par ce désir. J’écris mes livres poussé par ce désir : chacun d’eux explore un sujet de la psychologie humaine, sociale, spirituelle, que je n’ai pas encore abordé. Il y a très longtemps, je me suis demandé : « Pourquoi une fourmilière est-elle pareille aujourd’hui qu’il y a cent mille ans, tandis que la société humaine est constamment différente ? » De cette société humaine, j’ai eu envie de comprendre les strates progressives, les innovations, les évolutions, les révolutions qui l’ont constituée. C’est une histoire de l’évolution de la conscience, une chronologie sacrée ? Exactement. La littérature peut le faire mieux qu’une analyse historique, sociologique, psychologique parce qu’elle a le don de rendre vivant ce qui est mort et de nous transplanter dans un autre psychisme. Dans le premier tome, Paradis perdus, je donne au lecteur un psychisme animiste, un rapport totalement différent à la nature, où l’homme n’est pas le seul esprit et la seule conscience, mais où les esprits sont partout, y compris dans la pierre ou la rivière. Après cette expérience, j’en proposerai d’autres au lecteur selon les différentes spiritualités qui ont animé les époques.    

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Equipe de rédaction Reflets 11 juillet 2021 Un commentaire
Equipe de rédaction Reflets

LA MAISON DES JOURNALISTES, un refuge pour journalistes exilés

  Fondée en 2002 par la journaliste Danièle Ohayon et par le réalisateur Philippe Spinau, la Maison des journalistes MDJ est une initiative concrète et unique au monde. Sa vocation : défendre les valeurs fondamentales d’une information libre dans le monde en accueillant et en accompagnant des professionnels des médias venus trouver refuge en France. Aujourd’hui présidée par Christian Auboyneau et dirigée par Darline Cothière, l’association articule son action autour de trois axes principaux, avec le soutien d’entreprises, de ministères,  de collectivités territoriales et de personnalités.   Vous montrez votre engagement en faveur de la liberté d’expression. Comment définissez-vous la liberté d’expression ? Je dirais que c’est le droit qu’a tout individu de s’exprimer librement sur n’importe quel sujet. Elle s’arrête lorsqu’elle porte atteinte aux droits d’autres individus. « Porter atteinte à autrui », ce concept n’est-il pas très vague ? Il se définit à travers ses limites. C’est un phénomène planétaire qui s’amplifie avec l’avènement des réseaux sociaux qui permettent à n’importe quel citoyen de s’exprimer publiquement sur n’importe quel sujet. C’est une avancée démocratique, mais également un moyen de propager des discours de haine, de fausses informations qui circulent de façon exponentielle. On peut faire un usage toxique de ce droit à s’exprimer et c’est sa limite. Il existe un lien direct entre la liberté d’expression et la tolérance. J’ai le droit de m’exprimer, mais jusqu’à quel niveau la personne qui reçoit mon propos peut-elle tolérer une offense ou un discours qui peut la blesser ? Dans beaucoup de régimes totalitaires, cette liberté est mise à mal. Nous le voyons à la maison des journalistes, avec le parcours de nos journalistes : souvent ils ont été persécutés parce qu’ils avaient usé de ce droit.  Si cet article vous plait, pensez à faire un don. Le fonctionnement du site a un coût. Il n’y a pas de publicité. Vous avez un bouton « don » sur le côté. Merci de votre participation quel que soit le montant Comment percevez-vous l’évolution de la liberté d’expression dans le monde ? La situation semble très contradictoire. C’est un droit, n’importe quel individu peut s’exprimer et c’est une bonne chose. Mais ce phénomène affaiblit le pouvoir de la presse et des médias parce que le citoyen peut à lui seul mobiliser un ensemble de personnes ou diffuser des informations qui sont suivies et relayées par des milliers d’autres personnes. Le travail du journaliste, le pouvoir des médias sont désormais partagés, ce qui affaiblit la presse. C’est une avancée démocratique dans le sens où les citoyens peuvent s’exprimer. Mais dans le même temps, devant les ravages constatés sur internet via les réseaux sociaux, se pose la question des limites de la liberté d’expression. Peut-on tout dire quitte à offenser des gens ? Doit-on accorder une totale liberté à Facebook, à Twitter pour arbitrer, décider de ce qui peut être publié ou pas, de censurer ? Les avis étaient partagés lorsque ces réseaux sociaux ont fermé les comptes de Donald Trump. Les règles de régulation des contenus sont inexistantes dans l’état actuel des choses. Quels sont les problèmes spécifiques des journalistes réfugiés pour des problèmes de liberté d’expression ? De liberté d’expression et de liberté d’informer : ce sont des personnes qui ne faisaient que leur métier. J’ai parlé d’usage toxique de ce droit d’informer. Il est arrivé que des journalistes soient victimes de diffamation de la part des autorités de leur pays qui ont fait circuler de fausses informations sur eux pour les discréditer. Publier un dossier ou un article qui ne plaît pas au régime en place a valu pas mal de problèmes à nos journalistes qui ont dû quitter leur pays. Nous sommes une sorte d’observatoire de la liberté de la presse, de la liberté d’expression dans le monde. En dix-huit ans, nous avons accueilli près de 420 journalistes qui viennent de 70 pays différents au gré de l’actualité des répressions et des zones de conflits. Les nationalités représentées font écho à la situation des conflits dans le monde : journalistes syriens à partir de 2011, yéménites en 2014. C’est important pour nous qu’ils continuent de publier leurs articles, de s’exprimer librement, notamment à travers notre journal en ligne, nos différentes activités, parce que c’est aussi une forme de répression d’être en France et de ne pas pouvoir continuer à exercer ce droit fondamental.       N’hésitez pas à regarder notre articles ci dessous : Liberté d’expression : une valeur, un signe… Véronique Nahoum-Grappe   Pour lire l’article en entier, REFLETS n° 39 pages 40 à 43

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Equipe de rédaction Reflets 19 avril 2021 Aucun commentaire
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