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Extrait d’article

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Compléments Revue Reflets

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Compléments Revue Reflets

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Ideas Box
Françoise

Ideas Box, une médiathèque mobile en kit, pour les réfugiés

Ideas Box, une médiathèque mobile en kit, pour les réfugiés Marie Dominique Mutarelli Créée en 2007, l’association Bibliothèques Sans Frontières participe à inventer la bibliothèque du XXe siècle. Son objectif est que la bibliothèque soit un instrument d’intégration et de reconstruction au service des populations les plus vulnérables, un incubateur d’idées et de projets sociaux. Bibliothèques Sans Frontières œuvre pour que chacun, à travers le monde, puisse s’épanouir par un accès libre aux livres, à l’information et à l’éducation, reprendre sa place dans la communauté humaine et se projeter dans l’avenir. Entre autres, elle a  inventé deux outils novateurs pour répondre à son projet : l’Ideas Box et le Koombook L’Ideas Box, une médiathèque mobile en kit, est née d’un constat : le temps moyen passé par un réfugié dans un camp est de 17 ans, pendant lesquels, la plupart du temps, il n’a le droit ni de sortir de ce camp, ni de travailler. 17 années sans rien faire, voilà ce que vivent aujourd’hui plus de 50 millions de personnes réfugiées ou déplacées dans le monde. Or une fois leurs besoins immédiats couverts, les populations doivent se reconstruire, recréer des liens, sans aucun moyen à leur disposition. Il était urgent d’inventer quelque chose de nouveau, pouvant servir à toutes les populations vulnérables, partout dans le monde. Sur la base de ce constat, la campagne « L’Urgence de Lire » est lancée en 2012, pour alerter sur la nécessité d’une meilleure prise en compte des besoins intellectuels de l’être humain en danger. Appel rejoint par des personnalités du monde entier dont neuf prix Nobel. La réponse s’est concrétisée avec l’invention de l’Ideas Box, imaginée avec le créateur Philippe Starck et le Haut-Commissariat aux Réfugiés : une médiathèque en kit, standardisée, facile à transporter et à déployer sur le terrain, autonome énergétiquement. Chaque unité dispose ainsi d’une connexion Internet, de 15 tablettes, 4 ordinateurs portables et 40 liseuses ; d’une bibliothèque papier de 250 livres et de milliers de livres électroniques ; avec de nombreuses ressources en droit, santé, éducation (Khan Academy, Wikipédia, etc.) ; un module cinéma riche de nombreux films, des caméras HD ; des jeux de société, des jeux vidéo, des marionnettes et un atelier théâtre. Autre invention innovante complétant le dispositif : le KoomBook, bibliothèque numérique ultraportative, autonome et qui fonctionne sans connexion Internet. Il permet de diffuser le savoir et l’information dans les zones les plus reculées. De la taille d’un livre, le KoomBook crée un point d’accès wifi permettant aux utilisateurs de se connecter avec un Smartphone, une tablette ou un ordinateur. Avec plus de 30 connexions simultanées possibles, donnant accès à des milliers de ressources éducatives, culturelles ou de formation, ou permettant de se connecter à un téléviseur ou un vidéoprojecteur pour des activités de groupe. Connecté à Internet, le KoomBook se met à jour et partage dans le cloud avec les autres utilisateurs tous les contenus créés localement. Plusieurs Ideas Box sont opérationnelles en France. Dans les centres d’hébergement d’urgence Pierre Semard à Ivry et Jules Siegfried à Nanterre, l’Ideas Box facilite l’insertion des résidents, demandeurs d’asile et réfugiés, familles et hommes isolés. Grâce au travail collaboratif de Bibliothèques Sans Frontières, de l’association Aurore, des médiathèques et des associations locales, une équipe d’animateurs dédiée propose des ateliers pédagogiques et créatifs pour leur permettre de mieux appréhender les codes culturels de leur pays d’accueil, faciliter leur apprentissage de la langue, mais aussi renforcer leurs connaissances en termes d’accès aux droits, au logement ou à la santé. Cet espace est aussi créateur de sécurité et de confiance, étape fondamentale pour une intégration réussie. www.bibliosansfrontieres.org   Pour lire l’article en entier, Reflets n° 29 pages 14 à 16  

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Françoise 4 octobre 2018 Aucun commentaire
Jean-François Pignon
Françoise

Jean-François Pignon, Les chevaux de la foi

Jean-François Pignon, Les chevaux de la foi Christian Geniller Jean-François Pignon est l’un des plus célèbres dresseurs de chevaux au monde. Il a inventé la discipline du travail en liberté et s’est produit sur tous les continents dans des spectacles de renommée internationale : de France jusqu’en Chine en passant par l’invitation de la princesse Stéphanie au festival international du cirque de Monte-Carlo et par les 90 ans de reine Elisabeth II. Il participe au film Danse avec lui, avec Mathilde Seigner et Sami Frey en  2007. Puis il produit, réalise et joue le film de sa propre vie dans Gazelle(2014) , nom de son premier cheval. Il anime des stages de dressage de chevaux. C’est sa conversion à Dieu en  2000 qui va bouleverser sa vie avec les chevaux et avec les hommes. Près de Nîmes, dans la campagne, un petit chemin de terre nous conduit jusqu’au chalet en bois de Jean-François Pignon. Son épouse Sylvie nous reçoit chaleureusement à l’entrée avec ses deux jolis petits chiens. D’emblée, nous parlons avec simplicité de leur passion. Jean-François est un homme affable et authentique qui va nous raconter son histoire. Comment vous est venue votre passion pour les chevaux ? À l’âge de 7 ans, j’ai commencé à dresser un agneau en liberté. J’étais guidé par l’envie de travailler cet animal. J’imitais sa mère, j’utilisais son langage. Et quand mon père m’a offert Gazelle, je voulais reproduire cette relation. En me laissant bercer par mes pensées intuitives, sans le vouloir et petit à petit, j’ai inventé la discipline du travail en liberté avec les chevaux qui est aujourd’hui plus répandue. En 1991, vers mes 20 ans, je me suis rendu compte de l’impact auprès du public et du monde professionnel. Les journalistes m’ont mis en avant comme une star. J’ai changé et je suis rentré en rivalité avec mon frère. De l’agneau, je suis passé à Gazelle et de Gazelle à l’orgueil. Est-ce que ce sont les chevaux qui vous ont conduit vers Dieu ? Par Gazelle est venue la découverte du cheval puis du métier d’artiste équestre et enfin ma croyance en Dieu. Un ami fauconnier m’apprend qu’il est devenu croyant. Je me suis un peu moqué au début, mais le plan de Dieu s’est orchestré. Un jour, Gazelle était malade, presque condamnée et cet ami était là pour m’aider. Il a prié pour elle. Là, j’ai senti quelque chose, des larmes sont venues. Gazelle s’est rétablie deux jours plus tard. Alors j’ai commencé par faire de petites prières. Dans mes stages, je lance une prière du cœur au début quand nous sommes en cercle. Puis la lecture de la Bible m’a aidé. Je me suis réconcilié avec mon frère. Un virage incroyable dans ma vie. Aujourd’hui, quelle relation avez-vous avec vos chevaux ? Si l’homme a été créé dominant sur les animaux, il est important de ne pas surjouer cette domination. Ne faisons pas d’abus de pouvoir. Ma domination naturelle avec le cheval s’ajuste sur le respect de Dieu et du cheval. Pour le dressage, un oui est un oui et un non est un non. Il faut aimer tous les chevaux, pas seulement ceux qui travaillent bien. À chaque lecture de la Bible, j’avais en parallèle une épreuve dans ma vie pour progresser. Une anecdote : un jour on m’a confié deux chevaux. Un que je trouvais magnifique, un autre que je trouvais laid. Le magnifique progressait rapidement, l’autre non. Le cheval est un scanner sur pattes, il sent notre intériorité beaucoup plus que l’humain. Je comprends qu’il me faut mieux l’aimer. Alors j’imagine que le cheval m’est envoyé par Picasso. Je n’aime pas trop ses peintures. Je m’aide à l’aimer et, en trouvant de l’amour pour lui, je vois qu’il rattrape en deux jours le niveau de l’autre. Le pire, je crois, est de sentir ce manque d’amour. Chez l’humain, c’est pareil, même si le scanner est selon moi moins au point ! Ce jour-là, j’ai mesuré combien Dieu pouvait m’accompagner à aider les chevaux, mais aussi les humains. Avec les chevaux, vous devez exiger le respect, mais dans l’Amour Que vous enseignent les chevaux, et que les hommes n’ont pas ? Les chevaux n’en ont rien à faire que je m’appelle J-F. Pignon, célèbre artiste équestre. J’arrive comme un petit homme devant eux. Le cheval me prend comme monsieur Personne. Et une méthode sans un bon état d’esprit d’amour ne vaut rien. Nous avons d’ailleurs l’idée d’un documentaire qui se déroulerait en Patagonie où j’arriverais au milieu des chevaux sauvages. Pour lire l’article en entier, Reflets n° 28 pages 78 à 81

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Françoise 20 septembre 2018 Aucun commentaire
Pff ! Ça sert à quoi la poésie ? !
Françoise

Pff ! Ça sert à quoi la poésie ? !

Pff ! Ça sert à quoi la poésie ? ! Poèmes choisis par Jean-Marie Henry et Alain Serres, Illustrations de Laurent Corvaisier, éd. Rue du monde La poésie, c’est un peu comme les arts plastiques. Certains se demandent pourquoi les humains sont allés s’inventer des activités aussi inutiles ! L’automobile ou l’informatique, on le comprend volontiers, mais la poésie… quand même ?! Pourtant, dès que l’on imagine les bonnes entrées pour inviter les enfants à ces découvertes, ils ressentent aisément qu’ils ont besoin de l’eau du poème pour grandir plus libres, plus sensibles à tous les trésors de la nature et de l’humanité, plus proches de la troublante complexité du monde. Le poème sait souvent exprimer ce que l’on ne sait pas dire. Dans sa langue si différente de celle du quotidien, il nous emporte vers des réalités nouvelles qui semblent à portée de main. Cette anthologie donne la parole aux poètes pour tenter d’éclairer ces mystérieuses raisons d’être de la poésie, mais la force de cet ouvrage réside aussi dans les réponses des poètes d’aujourd’hui aux questions directes et dérangeantes que leur posent les enfants. D’autres poésies d’auteurs plus connus révèlent leurs richesses dans ce recueil pour petits et grands, les illustrations mêlent quotidien et imaginaire, comme les poèmes. (…) Pour lire l’article en entier, Reflets n° 28 pages 56 à 57

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Françoise 12 septembre 2018 Aucun commentaire
Nos qualités nous rendent heureux
Françoise

Nos qualités nous rendent heureux, Dagpo Rimpoché

Nos qualités nous rendent heureux Dagpo Rimpoché Né en 1932 au Tibet, le vénérable Dagpo Rimpoché a été reconnu par le XIIIe dalaï-lama comme la réincarnation du très grand maître Dagpo Lama Rimpoché. Il donne des conférences et des enseignements sur le bouddhisme depuis 1978, et il a fondé des centres d’étude et de pratique dans de nombreux pays d’Occident et d’Asie. Son centre principal en Europe, l’institut Ganden Ling, se trouve près de Paris, à Veneux-les- Sablons, où Reflets l’a rencontré. Comment en êtes-vous arrivé à enseigner le bouddhisme ? J’ai travaillé en France pendant trois ans avec des amis « tibétologues ». Lorsque les Tibétains sont arrivés en Inde en 1959 comme réfugiés, beaucoup de maîtres, dont moi-même, ont été invités en Occident. Un grand nombre de personnes étaient attirées par le bouddhisme tibétain et me posaient des questions. Mais moi, je ne m’occupais pas trop de cette partie-là. Je laissais cela à d’autres lamas invités à cet effet. Ces personnes semblaient touchées par l’enseignement, mais je pensais que c’était de la simple curiosité et que ça n’allait pas durer. Et puis j’ai remarqué que ceux qui suivaient un enseignement devenaient plus heureux, plus détendus. Alors j’ai réfléchi et pensant que le bouddhisme avait peut-être quelque chose à apporter à l’Occident, en 1977 j’ai décidé d’enseigner. De plus mes propres maîtres m’y encourageaient depuis un certain temps. Je l’ai fait à deux conditions : sans rétribution, parce que l’enseignement de Bouddha n’a pas de prix, et en me donnant un an pour voir le résultat. J’ai commencé avec une trentaine de personnes. Je travaillais en même temps et je les rencontrais une soirée par semaine. À la fin de l’année scolaire, nous nous sommes réunis pour faire le bilan. J’ai été très surpris, ils étaient tous très heureux. J’ai donc continué. De quoi manque l’Occident ? En Occident, vous étudiez beaucoup. Vous êtes très instruits. Vous voulez toujours avancer. Dans votre culture, on ne parle pas du tout d’observer son esprit. Dans le bouddhisme, on travaille sur son propre esprit pour qu’il devienne plus souple, plus large. Ça donne du recul, alors on est moins stressé. En Occident, il n’y a pas beaucoup de conseils pour améliorer son esprit. On ne l’apprend pas aux enfants. Autrefois oui, quand il y avait l’enseignement religieux. C’est dans ce domaine-là que le bouddhisme a quelque chose à apporter. La science est de plus en plus développée, mais il n’y a aucune contradiction entre la science et le bouddhisme. Le but de la perfection, c’est l’aide ? En tant que bouddhiste, l’objectif est de devenir un bouddha dans un but altruiste. C’est pour devenir quelqu’un capable d’aider le plus de personnes possible. Pour cela, il faut progressivement éliminer ses défauts et développer ses qualités au maximum. Quand on a complété ce travail, on est devenu quelqu’un, qu’on appelle dans le bouddhisme, un bouddha, qui a toutes les qualités et les forces nécessaires pour venir en aide à tout être qui existe. Cela prend du temps. Il faut des vies et des vies. Qu’est-ce qui vous apparaît le plus important dans votre accomplissement ? J’ai étudié l’enseignement de Bouddha, qui est immense. J’ai appris des choses à propos de mon esprit, sa nature, ses qualités, ses défauts et à y travailler. J’essaye de transmettre cela aux personnes intéressées, d’aider les étudiants, les personnes en difficulté qui me demandent conseil, les personnes âgées. Les études philosophiques bouddhistes m’ont beaucoup protégé de nombreux risques dans ma vie. Aussi m’ont-elles fait énormément progresser. C’est ce qu’on a appris qui permet de s’améliorer. Sa traductrice, également son élève, nous livre quelques mots : Malgré son grand âge, il continue à enseigner beaucoup. Nous lui sommes très reconnaissants. Je ne peux pas parler de ses qualités parce qu’il est extrêmement modeste… sa sagesse, sa compassion et l’énorme patience dont il fait preuve pour supporter nos défauts. Malgré notre lenteur à progresser, il continue à nous aider à nous améliorer. Pour lire l’article en entier, Reflets  n° 28 pages 66 à 69

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Françoise 4 septembre 2018 Aucun commentaire
La vie en vegan
Françoise

La vie en vegan

La vie en vegan Christian Geniller Christian Roesch Le Véganisme de définit comme un mode de vie. Ce phénomène sociétal grandissant consiste à ne consommer aucun produit du  monde animal ou de son exploitation, mais  aussi en une  volonté de ne pas utiliser ni tuer un animal.   Le terme « vegan » date de 1944, avec la Vegan Society fondée en Angleterre par Donald Watson. Depuis, une multitude d’associations sont référencées sur l’internet. Le bestseller titré Antispéciste Réconcilier l’animal, l’humain, la nature, d’Aymeric Caron, a été vendu à 45 000 exemplaires. « Le mouvement vegan incarne une nouveauté idéologique. Ça dépasse largement la question de défendre les animaux, de juste être sûr qu’ils ne souffrent pas. C’est une autre manière d’envisager l’humanité. On se positionne en tant qu’humain qui veut absolument se soucier des plus faibles », développe l’auteur. L’antispécisme contrairement au spécisme ne place pas moralement l’espèce humaine au-dessus de l’animal. La noble intention d’être attentif au monde animal semble en expansion dans le monde. Le nombre de flexitariens (personnes consommant de la viande mais tout en réduisant considérablement leur quantité) est en nette progression, pour atteindre selon les enquêtes publicitaires 34 % de la population française. Dépassant l’alimentaire, la cause vegan touche aussi la cosmétique, l’habillement, les bijoux. Parallèlement, un commerce « juteux » trouve son expansion : sur le site du développement économique de Vegan France, nous pouvons acheter des produits pour l’après-tatouages, du maquillage, du vernis à ongles, des produits de coiffure, du parfum, des savons et éponges, des chaussures et textiles. Le site Vegan Pratique déconseille les loisirs qui affaibliraient nos amis les animaux : cirques, chasse, pêche, zoos, parcs aquatiques. Un des fondements du véganisme semble être l’empathie pour le monde animal. Rappelons que l’empathie signifie la capacité à ressentir ce que l’autre ressent. C’est déjà très difficile entre humains mais que savons-nous de ce que ressentent les animaux quand ils sont tués ? Nous risquons inconsciemment de projeter nos émotions sur le monde animal, ce qui est bien différent. Le bouddhisme, ainsi que les voies spirituelles authentiques proposent un travail intérieur qui rejaillit sur nos faits et gestes. Apprendre à se connaître permet de découvrir notre fonctionnement « animal ». Comment réagissons-nous instinctivement lorsque nous nous sentons agressés ? Soit, selon les circonstances, en prédateur, en attaquant celui qui semble nous menacer, soit en proie, en essayant de fuir la menace. C’est notre fonctionnement naturel basique.   Pour lire l’article en entier, Reflets n° 28, pages 20 à 22

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Françoise 29 août 2018 Aucun commentaire
Le haïku
Françoise

Le haïku, peu de mots pour dire plus

Le haïku, peu de mots pour dire plus Pierre Tanguy Pierre Tanguy est journaliste, écrivain et poète. Originaire de Lesneven dans le Nord-Finistère, il vit à Quimper après plusieurs années passées à Rennes. Il est l’auteur d’une quinzaine de recueils (dont quatre de haïkus) publiés dans une large majorité aux éditions La Part Commune. Dernière parution : Silence hôpital (2017) qui raconte précisément l’hôpital sous forme de haïkus. Pierre Tanguy a obtenu en 2012, pour l’ensemble de son œuvre, le prix de poésie attribué par l’Académie littéraire de Bretagne et des Pays de la Loire. Le haïku est un genre poétique d’origine japonaise et aujourd’hui « mondialisé ». Il s’agit de capter l’instant à la manière d’un flash photographique et de le traduire dans une écriture poétique comprenant, dans sa forme classique, trois principes de base : la brièveté (trois vers), une allusion plus ou moins explicite à la saison, une césure qui donne une respiration interne à ce poème qualifié de « plus petit poème au monde » ou encore de « nano-poème ». Mais – on s’en doute – le haïku n’est pas qu’une affaire de technique d’écriture. Il nous parle bien plus que ne le laisseraient penser ces simples trois lignes sur une page. Ce genre littéraire m’a d’abord séduit par son caractère concret et sensoriel (une vraie ouverture aux cinq sens), son art de l’ellipse (exprimer plus en disant moins), par ses affinités avec la nature et sa sensibilité particulière au passage des saisons. Autant de caractéristiques que le haïku partage d’ailleurs avec la poésie celtique au sens large et notamment bretonne. Et, à vrai dire, au début, j’écrivais des haïkus (ou l’équivalent) sans le savoir. J’ajoute que le haïku fixe des instants dans leur précarité avant qu’ils ne disparaissent. Il leur redonne vie. Une manière d’affronter le dépérissement et la mort. « La lumière qui se dégage des choses, il faut la fixer dans les mots avant qu’elle ne s’éteigne », disait Bashô, le poète japonais (1644-1694) considéré comme le fondateur de ce genre poétique. Le haïku est, enfin, porteur de thématiques que je qualifierai volontiers de « spirituelles ». Qu’il s’agisse de l’art du dépouillement et de l’ascèse. De la tendresse envers la nature et les créatures, des plus grandes aux plus petites. De l’attention particulière à l’infime, à ce que l’on méprise ou ignore. Qu’il s’agisse encore de l’art de déceler l’inconnu ou le merveilleux au cœur du familier, de l’ordinaire. On dit volontiers qu’avec le haïku on part du banal pour sortir du banal, comme dans ce merveilleux haïku du poète japonais Issa (1763-1827) : Tuant une mouche j’ai blessé une fleur Toutes ces caractéristiques rattachent implicitement le haïku à une forme de spiritualité que je qualifierai personnellement de franciscaine, dans un monde où dominent le désir de puissance, la confusion et le brouhaha, l’art du paraître et la logorrhée verbale. C’est cela, ce qui me passionne dans ce genre littéraire. C’est pourquoi j’en écris, à l’image de celui-ci : Du bruit partout – je quitte mon écran pour regarder la neige (…) Pour lire l’article en entier, Reflets n° 28 pages 36 à 38

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Françoise 21 août 2018 Aucun commentaire
Comprendre le caducée
Françoise

Comprendre le caducée

Comprendre le caducée Yoann Fleurice, thérapeute, formateur et philosophe, enseigne de tai-chi-chuan dans le nord depuis quinze ans. Il travaille sur les enjeux de santé et d’épanouissement humain en s’appuyant sur l’énergétique traditionnelle chinoise, la psychologie et la symbolique des maladies. Le caducée est un symbole lié à la santé, cela chacun le sait, mais peu savent ce qu’il veut vraiment dire… Il s’est vidé de son sens, devenant une enseigne, un appel visuel de type commercial publicitaire. C’est à travers le tai-chi-chuan que j’ai commencé à comprendre ce qu’il signifie : les origines légendaires de cet art martial chinois parlent en effet du combat entre un oiseau (yang/ciel) et un serpent (yin/terre)… deux symboles présents dans le caducée. La tradition chinoise pose la triade terre, homme, ciel : La terre, c’est la nécessité, le besoin, le concret ; c’est notre côté animal qu’explore notamment le décodage biologique par les liens avec les réflexes animaux de survie. C’est la contrainte-nécessité, la survie, la dépendance (de l’enfant par exemple). L’homme, c’est le travail relationnel, l’ouverture à l’autre, l’émotion, c’est le lien entre les deux. C’est être altéré (alter=autre), modifié, « sculpté » par le lien. C’est l’axe de toute thérapie par la parole… Le ciel, c’est la liberté, la vie, la symbolisation, le langage, l’abstraction, les idéaux, l’art, l’intuition et la quête du sens ; c’est un effort de mise en cohérence du vécu, du monde et de soi, dans une dialectique relationnelle qui nous fait converger vers nous-mêmes : « Va vers toi ». » Une thérapie se doit de réunir ces trois aspects, et d’accueillir l’être dans toutes ses dimensions et dans son rapport aux forces de vie qui le traversent. L’homme doit donc « joindre les deux bouts » comme le dit si bien l’expression : faire coïncider en lui et par lui la terre et le ciel. Il ne peut le faire que s’il est dans un juste rapport des deux : dans son axe. Cet axe, c’est la ligne verticale du caducée. L’axe de quelqu’un, ce n’est pas sa colonne, mais une ligne qui se fait repère interne. Je pense que le seul moment où cette ligne est tout à fait concrète, matérielle et visible, est celui de l’embryogenèse où apparaît le nœud de Hensen, et surtout la ligne primitive, vers la troisième semaine de développement. C’est d’ailleurs le moment où l’embryon passe d’une structure en deux feuillets à une structure en trois feuillets : l’endoderme – terre, le mésoderme – homme, l’ectoderme – ciel. Les serpents sont symboles de nos énergies internes, psychiques (désirs, émotions, projections, angoisses, etc.). Toute une ménagerie animale chaotique (une arche de Noé au milieu d’un déluge ?) qui doit retrouver un axe, qui doit se redresser pour sortir de l’horizontalité. Car si la verticale est universelle, l’axe de chacun est on ne peut plus personnel, j’allais écrire intime. La seule façon de vraiment pouvoir être proches les uns des autres, d’être « frères », de communier et de sortir de la violence, c’est par l’axe de chacun, c’est-à-dire la conscience active de l’inaliénable et profonde responsabilité de toute personne. C’est en partageant cette fondamentale nécessité d’incarner, d’assumer notre propre être qu’une sortie de la violence peut se profiler : m’étant reconnu moi-même, ayant conquis mon axe, je me rends apte à reconnaître l’autre en tant que faisant le même chemin, en tant qu’un autre moi-même en devenir… « Je suis pleinement responsable de ma vie, de chacune de mes paroles, de chacun de mes gestes ». L’autre est tel que moi en tant qu’il s’efforce comme moi d’être mieux lui-même : la différence est alors sacrée et n’empêche pas la fraternité puisque l’effort même pour se distinguer devient le bien commun reconnu comme socle d’un véritable rapport à l’autre. Conquérir son axe, sa responsabilité propre est la seule façon d’être vraiment proches les uns des autres : individualisme n’est pas égoïsme s’il s’enracine dans une conscience responsable, c’est même tout l’opposé. Mon axe, c’est ma façon à moi d’être au monde, pleinement, d’assumer le plus complètement possible ma liberté d’être. Le chemin de la santé : se donner un axe À la lumière de ce que je viens d’évoquer, l’on comprend pourquoi quelqu’un qui est malade dit qu’il n’est « pas d’aplomb » : il a perdu son axe. D’ailleurs un jeune enfant ne se connaissant pas n’a pas encore d’axe propre ; le parent va donc lui en offrir un provisoirement, il est son « tuteur » c’est-à-dire son axe provisoire ; l’enfant s’en sert pour grandir, pour « tendre vers le ciel ». (…) Pour lire l’article en entier, Reflets n° 28 pages 25 à 27

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Françoise 16 août 2018 Aucun commentaire
Christian Bobin
Françoise

Christian Bobin, La poésie, une contemplation,

Christian Bobin, La poésie, une contemplation Christian Bobin , nous l’avions rencontré , chez lui, voici plusieurs années (Reflets n° 14). Aujourd’hui, il nous répond de sa belle écriture qu’il n’est aps disponible pour une interview. Cependant à sa lettre, il nous joint son dernier recueil Le plâtrier siffleur, Ed POESIS, qui répond largement à nos questions. Christian Bobin nous autorise à publier des extraits, ce dont nous usons largement avec reconnaissance. EXTRAIT DU PLÂTRIER SIFFLEUR… Je crois qu’habiter poétiquement le monde, c’est l’habiter aussi et d’abord en contemplatif. Contempler est une manière de prendre soin. C’est casser tout ce qui en nous ressemble à une avidité, mais aussi à une attente ou un projet. Regarder et s’émouvoir de l’absence de différence entre ce qui est en face et nous. J’ai là sous les yeux, dans cette forêt, quelque chose qui est beaucoup plus riche que tout ce qu’un musée ne pourra jamais s’offrir. Dans l’ordre, un peu de mousse, un peu plus loin des ronces, une fougère que le soleil traverse comme un vitrail. Cette fougère est sainte par sa mortalité, par sa fragilité, par le fait qu’elle va connaître le dépérissement. Que faire de mieux que de saluer ceux qui sont dans le passage avec nous ? Ce serait beau de bâtir toute une conversation autour de cette fougère… Le monde est rempli de visons qui attendent des yeux. Les présences sont là, mais ce qui manque ce sont nos yeux. Qui la voit cette petite fougère prise dans une branche épineuse ? Le vent la connaît, le vent lui parle. La contemplation est ce qui menace le plus, et de manière très drôle, la technique hyperpuissante. Et pour une raison très simple, c’est que les techniques nous facilitent la vie apparemment. Mais c’est un dogme d’aujourd’hui qu’on ait la vie facilitée. Qui a dit que la vie devait être facile et pratique ? Est-ce qu’aimer c’est pratique ? Est-ce que souffrir, est-ce qu’espérer c’est pratique ? La technique nous éloigne de ces choses-là, et fait grandir une lèpre d’irréel qui envahit silencieusement le monde. La contemplation, ce qu’on appelle la poésie, c’est le contraire précisément. ( …) C’est peut-être ça d’ailleurs la vertu de la poésie, tendre le langage au maximum. Mais il y a un moment où chacun est obligé de comprendre d’une autre manière que par la compréhension analytique. Il faut peut-être comprendre par l’arrière de la tête, ou par ses yeux, ou par l’enfant qu’on était. Mais surtout ne pas comprendre par l’adulte qu’on se croit tenu d’être. Il me semble que la poésie est comme une explication, mais qui n’explique rien. Elle est comme une science, elle est la seule science qui ne maltraite pas son objet. Peut-être parce qu’elle ne le traite pas en objet, justement. La poésie entre dans le monde comme dans une maison amie, elle révèle l’objet, elle l’amène à se révéler, elle ne le force pas. (…) Pour lire l’article en entier, Reflets n° 28 pages 33 à 35

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Françoise 1 août 2018 Aucun commentaire

Fake news, une lutte inégale

Fake news, une lutte inégale Pierre Sabanier Qu’est-ce qu’une fake news ? C’est une fausse information diffusée sur le Net. Cette notion a été mise en avant lors de l’élection de Donald Trump à la présidence. De fausses informations semblant provenir de Russie auraient interféré sur les résultats. Trump lui-même a beaucoup utilisé ce terme le rendant populaire. À quoi sert une fake news ? D’abord elle a un but économique : vendre son produit. Mais ce qui est typique d’Internet, c’est l’utilisation du système. Il existe des « fermes » à fake news, ou contenus sponsorisés, écrivant à la chaîne de fausses nouvelles rémunérées par les clics et les like. Si bien qu’il existe aussi des fermes à clics ! Le modèle Internet au départ avait un but démocratique. N’importe qui pouvait s’exprimer, partager une nouvelle, la commenter. Le modèle économique des GAFA a pris le dessus. L’activité est rémunérée. Évidemment, plus elle est importante, plus elle rapporte. Cette activité enrichit les algorithmes. Nous sommes tous fichés, surveillés et ciblés afin que les contenus sponsorisés aillent au bon destinataire. Nous sommes devenus la marchandise avec une valeur marchande, et vendus à notre insu aux marchands qui ont quelque chose à nous vendre. Vous suivez ? La fake news a également un but politique : puisque nous sommes si bien ciblés, nous intéressons aussi le monde politique pour influencer nos votes. La technique et les outils sont les mêmes. On nous dégoûte de ceci, on nous fait adhérer à cela de façon très personnalisée. La loi de fiabilité et de confiance de l’information, voulue par le président Macron, peut-elle lutter contre ce système ? La proposition de loi déposée par le député Richard Ferrand à l’Assemblée nationale le 21 mars 2018 et renvoyée en commission ne changera rien sur le fond. En période électorale seulement, la surveillance sera renforcée pour l’actualité politique. Les juges pourront faire cesser, sous quarante-huit heures, la diffusion d’informations jugées fausses, jusqu’à faire supprimer le compte initiateur. Comment, en un délai si court, juger de l’authenticité d’une nouvelle ? Quid de la liberté d’expression ? Lutter contre les excès sera donc possible, mais sur les principes, rien de nouveau. Le modèle économique repose sur la mise en relation des personnes ayant les mêmes centres d’intérêt. Prenons un exemple : il est interdit de faire de la propagande pour le racisme et de tenir des propos racistes. Mais on ne peut pas interdire d’avoir des pensées racistes. Par les algorithmes, ces personnes sont regroupées. Il n’est pas interdit de leur envoyer préférentiellement les actes délictueux qui peuvent alimenter leur point de vue, du genre : « Un assassinat sordide a été commis par une personne d’origine africaine… ». Les sous-entendus suffisent. Le discernement est difficile. (…) Pour lire l’article en entier, Reflets n° 28 page 12

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Françoise 24 juillet 2018 Aucun commentaire

Les enfants sont des Poètes, Jean-Luc Pouliquen

Les enfants sont des Poètes Jean-Luc Pouliquen Jean-Luc Pouliquen est poète. À partir de ses nombreuses interventions dans les écoles, en France et à l’étranger, il a élaboré une méthode pour amener les plus jeunes à l’écriture poétique qui s’intitule Les enfants sont des poètes. L’enfant n’a pas à recevoir de l’adulte le goût de la poésie, il l’a déjà en lui. Il est encore spontané, mêle dans sa perception du monde le réel et le rêve et sa relation toute fraîche avec le langage est propice aux trouvailles, aux inventions verbales. Les conditions sont alors réunies pour vivre avec lui une belle expérience poétique et humaine. Elle va consister à lui faire prendre le chemin des mots pour exprimer ce qu’il porte au plus profond de lui. L’enfant devra pour cela se mettre à une table et écrire comme il le fait à l’école mais l’exercice n’a rien de scolaire, il ne se situe pas sur le registre de la connaissance. Cette fois le langage est à son service, il est à la disposition de sa sensibilité, de ce qu’il désire communiquer. Peu à peu, il va l’apprivoiser, se l’approprier et découvrir qu’il peut par son intermédiaire exprimer quelque chose d’unique que lui seul pouvait dire. À la différence de l’école, il n’y a pas de bons et de mauvais élèves en poésie, chacun existe dans sa singularité. Et bien souvent le pédagogue qui saura se placer sur ce terrain découvrira chez ses élèves des richesses qu’une situation classique d’apprentissage n’avait pas permis de révéler. Dès lors, tout va se construire dans la relation et, aux côtés de celui qui va être à l’initiative de l’expérience (enseignant, bibliothécaire, médiateur culturel), le poète invité va pouvoir jouer son rôle de déclencheur. Il sait comment vient l’inspiration et va créer un climat, fait de confiance, d’écoute et d’encouragement, qui leur soit propice. Il n’aura pas beaucoup d’efforts à faire pour que vienne l’écriture. Les enfants n’attendent que son signal et la clef qu’il va leur donner pour ouvrir la porte de leur imaginaire. (…) Pour lire l’article en entier Reflets n° 28 pages 53 à 55

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Françoise 18 juillet 2018 Aucun commentaire
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