Le dimanche 7 janvier 2024,
dans le secteur escarpé de Skull Rock à Palisades, à l’ouest de Los Angeles, de jeunes randonneurs en promenade filment un départ de feu. Il s’ensuit d’autres foyers au nord de Los Angeles, nommés selon leur localisation géographique, tels les feux Kenneth, Archer, Hurst, Lidia, Sunset et surtout Eaton qui a causé la destruction de nombreuses habitations et infrastructures, avec un bilan humain non définitif début janvier de 25 morts. « À la frontière entre la ville et la nature, les zones d’interface « habitat-forêt » sont naturellement exposées
au risque d’incendies, le défi ne consistant pas d’empêcher le feu de forêt de s’y déclarer mais aussi de s’y propager », précise France info, site Internet, le 15 janvier 2024.
Pour l’historien du feu Stephen Pyne,
cité par le Los Angeles Times, regarder une ville brûler, « c’est comme assister au retour de la polio ». En dépit des siècles de progrès en matière de construction, la menace d’incendies urbains, mortels et destructeurs, renaît à la faveur de l’expansion des villes dans les zones forestières, couplée aux conditions météo extrêmes favorisées par le changement climatique.
Los Angeles est une mégalopole très peuplée
entourée par le chaparral, un maquis typique du sud californien : laisser vivre une population dans ces zones à haut risque d’incendies semble « suicidaire ». Si les causes des incendies n’ont toujours pas été déterminées, il s’avère que l’ampleur de ces nombreux feux, est sans précédent dans l’histoire de la Californie. Les impressionnants feux européens ibériques, corses ou bien d’Océanie, bien que ravageurs, restaient localisés et maîtrisables.
Le mercredi 22 janvier, soit 15 jours après les premières braises de Skull Rock, un autre départ de flammes à 50 km au nord de Los Angeles mobilise à nouveau 45 000 pompiers ; 31 000 habitants reçoivent l’ordre d’évacuer et pour 23 000 autres Californiens, c’est un message d’alerte, selon les sources de France info.
La Californie avant-gardiste
Comme le soulignait le journal Le Monde
sur son site Internet le 29 septembre 2023, la Californie est un État qui se veut à l’avant-garde de la défense de la planète. Son gouverneur Gavin Newsom, lors d’un sommet au siège des Nations unies, New York, a fustigé les compagnies pétrolières pour leur pratique de déni du dérèglement climatique, engageant des poursuites contre cinq des principales compagnies mondiales.
Outre ces plaintes,
le gouvernement californien a promulgué une loi obligeant les grandes entreprises opérant sur son territoire à rendre publique leur empreinte carbone. Malgré le contexte politique affichant un engagement écologique affirmé, les responsables de l’État de Californie n’ont pu empêcher ces catastrophes, les obligeant à remettre en cause leur politique d’urbanisme.
Les habitants n’ont pu éviter les conséquences de ces incendies
et sont maintenant confrontés à des difficultés majeures.
Le feu destructeur mais aussi purificateur
Les éléments se déchaînent
indifféremment sur les populations pauvres et celles qui sont plus aisées. Celles-ci
qui se considéraient plus sécurisées se trouvent aussi démunies que les naufragés de Valence en Espagne ; par contre ceux-ci ont bénéficié d’une solidarité sans pareille. La nature s’emballe de plus en plus.
Et si les feux de Los Angeles venaient crier à nos oreilles d’humains
qu’une certaine folie humaine est à l’origine de ces risques ? Je me sens touché. En quoi ces événements me concernent-ils ? Le rapport avec le feu ne m’est pas étranger. Il y a plus de 20 ans, tandis que je brûlais des branches dans mon jardin, une braise s’est diffusée dans la haie de thuyas, provoquant un feu de 7 mètres de haut heureusement éteint par toutes les pompes à eau du voisinage avant l’arrivée des pompiers. Ouf !
Ce n’est que quelques années plus tard
que j’ai compris : mon absence de quelques secondes à surveiller le feu de branches était due à une inconscience liée à ma désespérance d’évolution professionnelle. Comme un ultime appel au secours d’un homme usé par les plaintes de ses patients, démuni et sans solutions pour eux à cette époque ?
Le monde n’est-il pas démuni, sourd à ses souffrances ? Toutes nos colères, nos peurs ou nos tristesses non transformées sont des feux intérieurs qui nous alourdissent et nous rendent bien trop souvent impuissants.
Pour lire l’article en entier, Reflets n°55 pages 9 et 11



