De quoi parlons-nous ? Qu’est-ce que le sacré ?
Partons de l’axiome : le sacré, c’est l’unité avec Dieu.
Au commencement
– Béréchit dans la tradition judéo-chrétienne, big bang pour la science moderne – tout est UN.
C’est dans la fusion l’union parfaite,
potentialité de l’Univers, de la vie. Puis l’homme (Adam) prend conscience de lui-même et s’éloigne de Dieu. Cet homme, tribal, développe sa personnalité jusqu’à ce que, étant tellement préoccupé par sa personne, il finisse par oublier Dieu.
L’homme moderne est un humain profane.
Ne se reliant plus à Dieu,
il souffre du manque d’amour. L’affectivité, le collectif de ressemblance ne sont que de pâles ersatz de l’Amour sacré.
Pour compenser cette perte, l’homme a inventé les mythes et les rites. Tout rituel est un substitut du sacré. Les mythes racontent l’éloignement de Dieu. Ils parlent de la séparation, ils ravivent la mémoire de l’union perdue. Les rites rejouent l’union. Ils ont pour but d’unir à la divinité. Tous les rituels, païens, religieux, spirituels fonctionnent ainsi.
Le sacré païen
– être ensemble unis – s’exprime dans la fête nationale, dans la célébration des victoires militaires (le 11 novembre), dans le Panthéon, l’Arc de Triomphe, etc. Et aussi par les idoles vivantes : chanteurs, acteurs, sportifs rassemblant les fans…
Le sacré religieux
a aussi ses rites rappelant l’union du Ciel et de la Terre. Le pèlerinage à La Mecque, au fleuve Gange, à Jérusalem par exemple. Le sommet du sacré pour les chrétiens se manifeste dans la messe. L’eucharistie, au centre, relie intimement la personne au Christ.
Le sacré spirituel
s’incarne dans la pratique de retournement intérieur. Je me sépare dans un geste de colère, de haine, de mésentente. Je me réconcilie dans un geste de paix, d’écoute, d’amour. Par cet acte, je suis uni à moi-même, à l’autre, à l’amour divin. Ainsi je suis dans un instant sacré ; mon être est sacré ; la vie est sacrée.
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Les trois aspects du sacré se complètent.
Ils résument l’histoire humaine tout autant que l’histoire individuelle. À la naissance, je fus séparé du TOUT. Puis je m’en suis éloigné. L’édification de la personnalité a permis de compenser le sentiment de manque d’amour. Elle s’est appuyée sur les rites familiaux, scolaires, sociaux. Mais le manque s’est intensifié et j’ai éprouvé le besoin de retrouver cet amour perdu.
Le processus de désacralisation est donc normal.
Il est même nécessaire pour déclencher le désir d’union, afin de rétablir le lien avec Dieu. Les actes qui unissent resacralisent la vie.



