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  • Extrait d'article

Brigitte Bardot : celle qu’on n’a pas su voir

  • par Christian ROESCH
  • 9 mai 2026
  • Aucun commentaire

Sommaire

Brigitte Bardot : celle qu’on n’a pas su voir

 

Comme beaucoup de personnes d’un certain âge,

j’avais une certaine admiration

pour Brigitte Bardot, teintée d’une légère ironie condescendante pour la ménagerie dont elle
s’était entourée.

À l’occasion de sa mort,

j’ai lu les articles publiés dans Paris Match n° 4001 et 4006, en particulier ceux de Christian Brincourt et d’Arthur Loustralot.

Entre les lignes, ce fut une révélation.

L’activité de Brigitte Bardot pour la protection des animaux correspondait exactement à la notion de TÂCHE selon l’enseignement de Gitta Mallasz.
Précisons ce qu’est une tâche, quels en sont les critères :
– ce pourquoi nous sommes venus sur terre ;
– elle ne peut s’accomplir qu’avec notre partie Lumière, complément invisible de notre partie matière, visible. Nommée ange, ou pour Gitta Mallasz Pareil de Lumière, ou Maître intérieur, guide ;
– le plus souvent, la tâche succède au métier. Le déclencheur est la crise de la quarantaine ;
– ainsi il y aurait deux parties dans la vie active : le métier puis la tâche ;
– plus la première partie est réussie, plus elle est un socle solide pour la seconde. La première concerne la vie affective, professionnelle et sociale ;
– la première est centripète gravitant autour du moi, conjuguant le verbe avoir ;
– la seconde est centrifuge, centrée sur « je sers », conjuguant le verbe être.

Brigitte Bardot coche toutes les cases.

Une réussite professionnelle époustouflante.
Une vie sociale internationale, artiste adulée dans le monde
entier.
Une vie affective d’avant-garde. C’est une femme libre, à l’aise avec son corps, libre dans ses amours.

Et, au sommet de la gloire, elle décide de tout arrêter.

Elle a 38 ans.
Le moment de la crise de la quarantaine est un appel, difficilement formulable, à changer de vie. Chacun perçoit
plus ou moins ce constat implacable : « Mais ma vie ne peut pas être que ça ! » Brigitte plaque tout. Elle trace son destin : adoucir la vie des bêtes confrontées à la sauvagerie humaine.

Prodigieux « saut dans l’inconnu » comme l’appelait Gitta Mallasz.

Passage délicat d’un monde connu où B.B. réussit facilement, à un monde nouveau, fondé sur des valeurs tout autres. Ce n’est plus gagner de l’argent grâce à ses talents, avec une reconnaissance publique, idolâtrique.

C’est un monde de don de soi,

d’inspiration, sans repère, quittant la matérialité, les amours éphémères pour l’engagement total, porté par un amour d’une autre nature. B.B. se consacre corps et âme aux animaux. On se trompe sur ce terme. La vigueur de sa tâche n’est pas dans l’affection qu’elle portait aux bêtes qui l’entouraient, ni même dans les refuges qu’elle a fondés. Les médias aiment à relever
cet aspect très visuel qui lui va si bien. Des chatons dans les bras, des chiens à ses pieds, âne, chèvre, poulain dans l’encoignure de la porte.

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En réalité, l’activité principale de Brigitte se passe à son bureau,

à écrire aux ministres, aux députés, au président de la République, aux grands de ce monde. C’est un combat qu’elle a mené contre l’archaïsme, les traditions sauvages, pour faire évoluer la conscience humaine, la sensibiliser aux souffrances animales. Elle a combattu la sauvagerie humaine en allant sur les lieux les plus durs.
En 1977, non sans risque, elle se rend sur la banquise canadienne pour dénoncer le massacre des bébés phoques. Elle y rencontre Paul Watson qu’elle soutiendra jusqu’au bout. Trois ans plus tard, le résultat est là : l’interdiction de
l’importation en Europe des peaux et produits dérivés des phoques. Dès 1962, elle militait pour l’étourdissement du
bétail dans les abattoirs.

En 1986, elle crée une fondation,

reconnue d’utilité publique en 1992. À ce sujet, citons Christian Brincourt : Pour financer le refuge de Bazoches, Brigitte a vendu sur la Place des Lices, ses robes, sa lingerie, ses bibelots… Plus tard elle a mis aux enchères devant 3000 personnes et 17 chaînes de télévision internationales, l’ensemble de ses objets de valeur, bijoux ou meubles. Avec les 500 000 euros recueillis, fut créée la Fondation Brigitte Bardot, baptisée avec cette formule : « J’ai donné ma jeunesse et ma beauté aux hommes, je donne ma sagesse et mon expérience aux animaux ».
Reconnue d’utilité publique en 1992, la Fondation Brigitte Bardot est aujourd’hui présente dans plus de 30 pays et
gère un budget de plus de 20 millions d’euros.

Pour lire l’article en entier, Reflets n°59 pages 6 à 7

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