
Le poids, c’est la voie
Cette phrase est restée longtemps mystérieuse pour moi. Le poids évoquait la lourdeur, la matière, tout ce qui tire vers le bas.
Comment cela pouvait être la voie, menant vers le léger, vers la lumière, censée nous élever ?
Or depuis des années, participer activement à une vie spirituelle, fonder une revue donnant un point de vue spirituel sur le monde, cela m’a donné, à mon insu, un certain poids. Modeste mais réel.
Récemment, des personnes proches qui avaient des responsabilité associatives bénévoles, les ont quittées. Elles avaient certes leurs raisons, mais la principale était la peur de l’engagement. Peur de se retrouver dans un processus qu’elles ne maîtrisaient pas ; peur de responsabilités plus grandes qui allaient dévorer leur temps, leur argent, leur énergie. Alors le besoin de liberté vient appuyer sur la peur pour inciter à quitter.
Devant mon désarroi, vint la réponse au mystère de cet aphorisme :
« Le poids, c’est la voie »(1)
Sans engagement,
C’est la fausse liberté
De ceux qui n’ont pas de poids
Sur terre.
Je comprends : les responsabilités, quand nous sommes engagés, vont avec leur lot de difficultés, de contrariété, de conflits de points de vue, d’oppositions.
Le but est de trouver les solutions par le dialogue intérieur avec notre lumière, de résoudre avec bienveillance, d’apaiser les conflits par la miséricorde, d’aimer chacun des protagonistes avec sa personnalité.
Ceci est la voie.
Sans engagement, les occasions de se dépasser sont moins consistantes donc l’amour reste éthéré.
Bien sûr, nous avons le droit de redouter de nous engager. C’est l’inconnu. Mais si nous succombons à la peur, si nous ne répondons pas aux appels de la vie, que vaut notre existence ?
Ne me serais-je pas trompé sur l’idée de la pesée des âmes après la mort ? Notion que l’on retrouve dans bien des religions.
Ce ne serait pas le poids de nos erreurs qui serait sur la balance, mais le poids de ce que nous avons tenté sur terre, concrètement, comme actes d’amour, qui pèserait sur le plateau en notre faveur.
1. Dialogues avec l’ange Gitta Mallasz – Entretien 15 avec Gitta




