
Vastitude
Ce matin je me réveille, écrasé par l’idée de Dieu. L’immensité me paralyse.
Qui est Dieu ?
Je me sens infiniment petit. Infiniment petit pour répondre.
Je cherche un qualificatif pour me raccrocher à une notion.
C’est le mot « père » qui me vient.
Je l’entends et le susurre en silence auréolé d’un amour infini.
Puis je retombe dans la léthargie de l’aube abyssale.
« Père » me semble ne concerner que les humains, que cette Terre.
Et l’univers incommensurable, comment le nomme-t-il ?
L’« innommable ».
C’est laid !
Je suis de plus en plus petit.
J’ai de petites choses à faire aujourd’hui. Elles me paraissent si insignifiantes qu’elles en sont presque ridicules.
Et pourtant je sens que je « dois » les faire pour me sentir appartenir à l’univers.
Ne pas être rien du tout.
Tellement petit, est-ce différent de rien du tout ?
Je suis pris d’un haut-le-cœur, malmené entre l’infiniment grand et mon infiniment petit.
Je n’ai pas le courage de me lever pour sortir de ce vide nauséeux.
C’est trop… !
Trop quoi ?
Je me rendors.