
INVENTERRE
Que dire en ce moment ?
La guerre ?
Les médias ne cessent d’en parler. Overdose.
Le temps maussade ?
De l’eau, de l’eau, de l’eau.
Mais où est le printemps ?
Il arrive, aussi désordonné que les élections municipales.
Je ne vois rien à dire d’intéressant.
Sauvons-nous grâce à la poésie.
Elle peut être folle, comme le monde est fou, mais elle ne fait pas de mal.
Elle nous emmène sans frais, sans effort, là où ni le cerveau, ni les drones,
ni les écrans ne peuvent aller.
INVENTERRE
Prairie verdoyante
Cigale musicienne
Baobab imaginaire
Fraise des bois
Garantie sur facture
Mal-à-la-tête
Chenil assourdissant
Garde-chiourme
Presse-purée cassé
Mirador pointe sur toi
Malade sous surveillance
ChatGPT, où es-tu ?
La logique s’esquive
Les neurones s’emballent
Bal de fainéants endimanchés
Garce embottée
Pluie azurée désespérée
Grelot de la brebis évadée
Volcan chatoyant
Gare routière à midi
Cordon de ouate endormi.
Je suis là. Je suis ailleurs.
Tout est bon.
Il n’y a rien à jeter.
Et pourtant rien à garder.



