
La faim
Nous avons faim.
Non pas de nourriture terrestre. Nous regorgeons de publicité alimentaire, d’émissions de cuisine, de recettes de chefs. La Terre surproduit la pitance nécessaire à nourrir tous les habitants, à force d’engrais chimiques pétroliers et de pesticides-poisons, d’artifices pour forcer le bétail.
Hélas, les déshérités, pour quelque raison que ce soit, ne reçoivent pas leur part. Selon l’UNICEF, cent mille enfants décèdent chaque année, 800 millions de personnes sont confrontées à la faim (dont une sur cinq en Afrique),
2 milliards sont en insécurité alimentaire.
Nous sommes désolés et même compatissants, mais que faisons-nous ?
— Ce que nous pouvons, évidemment. C’est si peu que rien ne change ; au contraire, la situation s’aggrave. Quel constat ! Surplus, gaspillages associés au manque, malnutrition, maladies, mort.
Nous sommes impuissants face à ce système mondial.
Je reconnais mon impuissance. Elle me révèle le fond. Je ne suis pas assez affamé de justice, pas assez affamé de paix, pas assez affamé de partage, pas assez affamé d’amour.
Ma tiédeur autorise l’exploitation de la Terre et l’arrogance avec laquelle sont traités la plupart des humains.
En ce mois de mai, où pousse le blé affamant, où la mémoire de la Pentecôte sombre dans l’oubli, j’appelle la nourriture céleste.
Que l’Esprit-Saint m’inspire un esprit sain, capable des actes justes, non pas pour révolutionner le monde, mais pour donner un peu d’amour à portée de main, à portée de bouche.


